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Couverture du roman Son empire s'écroule, son amour s'envole

Son empire s'écroule, son amour s'envole

À Montreuil, le petit Léo frôle la mort. Désespérée, sa mère tente de le sauver alors que son mari, le magnat François-Xavier Dubois, prétend être ruiné et caché. Pourtant, elle le découvre sur les Champs-Élysées, jetant des billets de banque aux côtés d'Inès, sa maîtresse enceinte. Confronté à l'agonie de son fils, il choisit de mentir et raccroche. Face à cette trahison ignoble et ce simulacre de faillite, elle brise ses chaînes pour sauver seule son enfant.
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Chapitre 2

Les néons de la salle d'attente de l'hôpital public étaient crus et impitoyables. Ils donnaient à tout le monde un air malade, y compris à moi. Je serrais un gobelet en carton de café froid et amer, l'odeur institutionnelle d'antiseptique et de misère s'accrochant à mes vêtements.

Léo était aux urgences, branché à des machines qui bippaient et vrombissaient, chaque son étant une nouvelle pointe de peur dans mon cœur.

Un médecin est finalement sorti. Il était jeune, fatigué, et son visage était sombre.

« Madame Dubois ? »

Je me suis levée, mes jambes flageolantes. « Je suis Chloé Lambert, » l'ai-je corrigé automatiquement. Je n'avais pas utilisé le nom de François-Xavier depuis des mois, pas depuis que notre monde était censé s'être effondré.

Il n'a pas semblé le remarquer. « Votre fils est stable pour le moment, mais son état est critique. C'est un événement neurologique à déclenchement soudain, probablement lié à son autisme. C'est très rare, et très agressif. »

Je le fixais, ne comprenant pas les termes médicaux, seulement l'effroi dans sa voix.

« De quoi a-t-il besoin ? » ai-je demandé, ma voix à peine un murmure.

« Il a besoin d'une procédure immédiate, » dit le médecin, ses yeux évitant les miens. « Ça s'appelle une intervention neuro-vasculaire. C'est complexe et ça nécessite un spécialiste. Et... c'est extrêmement cher. »

Il a prononcé un chiffre qui m'a coupé le souffle. Deux cent mille euros. À payer d'avance.

« Nous sommes un hôpital public, Madame Lambert, » a-t-il poursuivi doucement. « Nous n'avons ni l'équipement ni les spécialistes pour cela. Il faudrait le transférer dans un établissement privé, comme l'Hôpital Américain de Neuilly. Mais ils ne l'admettront pas sans paiement. »

Deux cent mille euros. Autant dire deux cents millions. J'avais soixante-treize euros sur mon compte en banque.

Le médecin a vu l'expression sur mon visage. « Son père... est-il dans les parages ? »

L'image de François-Xavier sur ce toit, jetant l'argent, m'est revenue en mémoire. L'hélicoptère. La maîtresse enceinte.

« Il est... indisponible, » ai-je réussi à articuler.

Le souvenir était si vif, si net, que j'avais l'impression de le revivre. La pluie de billets de cent euros. Le sourire triomphant d'Inès. Le mensonge facile de François-Xavier.

*Je me cache de mes créanciers dans un motel en grande banlieue.*

Ce mensonge était une chose physique, une pierre dans ma gorge.

J'ai senti une vague de quelque chose de froid et de dur remplacer la panique. C'était de la rage. Une rage pure et concentrée.

Il avait l'argent. Il l'avait, et il le dépensait pour une fête pendant que notre fils était en train de mourir.

J'ai regardé le médecin, ma résolution se durcissant. « Je trouverai l'argent. »

Il a eu l'air dubitatif mais a hoché la tête. « Vous n'avez pas beaucoup de temps. Quelques heures, peut-être. »

Quelques heures.

J'ai quitté la salle d'attente, mon esprit une page blanche à l'exception d'une seule pensée brûlante : François-Xavier.

Je suis sortie de l'hôpital dans l'après-midi gris. Je n'ai pas pris ma voiture. J'ai pris le métro, le grincement métallique du train servant de bande-son à la tempête dans ma tête.

Je me dirigeais vers la tour du Groupe Dubois. La tour de verre étincelante près des Champs-Élysées où François-Xavier avait bâti son empire. L'endroit que j'avais autrefois aidé à décorer, l'endroit où j'avais amené Léo bébé pour rendre visite à son père.

Maintenant, j'y allais comme une mendiante. Le fantôme d'une vie qu'il avait tenté d'effacer.

En m'approchant de la grande entrée, je les ai vus préparer une sorte d'événement. Une conférence de presse. Il y avait des cars de reportage et des journalistes.

Une grande bannière était en train d'être déroulée au-dessus des portes. On pouvait y lire : « GROUPE DUBOIS : UNE NOUVELLE ÈRE DE PROSPÉRITÉ. »

Je me suis frayé un chemin à travers la foule qui se rassemblait, mon cœur une pierre froide et lourde dans ma poitrine. Il ne me mentait pas seulement à moi. Il mentait au monde entier. Et j'étais sur le point de m'immiscer au milieu de sa grande performance pour exiger la vie de notre fils.

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