
Son empire s'écroule, son amour s'envole
Chapitre 3
Une main a agrippé mon bras juste au moment où j'atteignais les portes tournantes de la tour du Groupe Dubois.
« Je suis désolé, madame. C'est un événement privé. »
L'agent de sécurité était bâti comme une armoire à glace, son expression impassible. Il était nouveau. Il ne me reconnaissait pas.
« Je suis Chloé Lambert. François-Xavier Dubois est mon mari. Je dois le voir. »
Les yeux du garde ont cillé, une lueur de reconnaissance, mais il n'a pas bougé. « Monsieur Dubois se prépare pour une conférence de presse. Il ne peut pas être dérangé. »
« Mon fils est à l'hôpital, » ai-je dit, ma voix montant avec le désespoir. « Il est en train de mourir. Je dois lui parler maintenant. »
La poigne du garde s'est resserrée. « J'ai des ordres, madame. »
« Des ordres ? De qui ? »
« De moi. »
La voix était comme de la soie et du poison. Inès Garcia est sortie de derrière le garde, une vision dans une robe de grossesse couleur crème qui ne cachait rien de son ventre arrondi. Elle m'a toisée de haut en bas, une évaluation lente et délibérée de mon manteau bon marché et de mes chaussures usées. Un petit sourire cruel jouait sur ses lèvres.
« Chloé. Quelle surprise, » dit-elle, son ton dégoulinant d'une fausse douceur. « Je pensais que tu serais terrée dans ce charmant petit appartement de Montreuil. »
Elle portait mes anciennes boucles d'oreilles en diamant. Celles que François-Xavier m'avait offertes pour notre premier anniversaire. Elles avaient l'air vulgaires sur elle.
« Je dois voir François-Xavier, » ai-je dit, ignorant sa provocation. « C'est à propos de Léo. »
J'ai essayé de garder ma voix stable, de cacher la rage et la peur. Pour Léo, je devais être calme. Pour Léo, je ferais n'importe quoi.
« François-Xavier est occupé, » dit Inès en s'approchant. Je pouvais sentir son parfum cher. « Il est sur le point d'annoncer son retour triomphal. La fausse faillite était un coup de génie, n'est-ce pas ? Il s'est débarrassé de tous les poids morts. »
Elle m'a regardée d'un air entendu. J'étais le poids mort.
« S'il te plaît, Inès, » ai-je supplié, le mot ayant un goût de cendre dans ma bouche. « Léo est malade. Il a besoin d'une opération. Ça coûte deux cent mille euros. Je sais que François-Xavier les a. »
Mon humiliation était un festin pour elle. Ses yeux se sont illuminés de plaisir.
« Deux cent mille ? » a-t-elle ronronné, posant une main protectrice sur son ventre. « C'est beaucoup d'argent. François-Xavier en a besoin pour sa nouvelle famille. Pour son héritier en pleine santé. »
Les mots ont été un coup physique. *Héritier en pleine santé*. Comme si Léo était défectueux. Vicié.
« Je ferai n'importe quoi, » ai-je dit, ma voix se brisant. Je me détestais de supplier cette femme, mais le visage de Léo, pâle et luttant pour respirer, était gravé dans mon esprit. « Je signerai les papiers du divorce. Je ne demanderai plus jamais un centime. Juste... donne-moi l'argent pour l'opération. Sauve-le. »
Inès a ri. Un son sec et laid.
« Tu ne comprends vraiment rien, n'est-ce pas ? » dit-elle en se penchant pour que seule moi puisse l'entendre. « Toute cette histoire... que tu perdes ton penthouse, ton argent, ta vie... ce n'était pas juste du business. C'était pour mon divertissement. »
Ses yeux étaient froids et durs.
« Je voulais te voir tomber bas. Je voulais te voir ramper. Et François-Xavier ? Il m'a donné tout ce que je voulais. »
« Il sait que Léo est malade ? » ai-je murmuré, le dernier morceau d'espoir s'effritant.
« Il le sait, » a-t-elle confirmé, son sourire s'élargissant. « Et il sait que tu es là. En fait, c'est lui qui a dit à la sécurité de ne pas te laisser entrer. »
Le monde a basculé. Il savait. Il savait que j'étais là, suppliant pour la vie de notre fils, et il avait lâché sa maîtresse sur moi comme un chien.
« Tu es pathétique, » a ricané Inès, savourant mon silence stupéfait. « Tu es une femme au foyer dépassée avec un enfant cassé. Tu es un obstacle. Et je suis très, très douée pour éliminer les obstacles. »
Elle s'est tournée vers le garde. « Emmenez-la à l'ascenseur de service. Montrez-lui la sortie par l'arrière. On ne peut pas la laisser gâcher le grand jour. »
Le garde a de nouveau saisi mon bras, sa poigne ferme et impersonnelle. Il a commencé à m'entraîner, dépassant les journalistes et les bannières célébrant une nouvelle ère de prospérité bâtie sur les ruines de ma vie.
Vous aimerez aussi





