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Couverture du roman Nous sommes la Haine -I- : Vengeance

Nous sommes la Haine -I- : Vengeance

Conscient de sa propre dangerosité, Yuri est rongé par une haine dévorante. Au cours d'une nuit terrifiante, cette rage intérieure le propulse vers la découverte d'une civilisation secrète, un royaume caché regorgeant de mystères. Tandis que son propre univers sombre inéluctablement dans le chaos de la guerre, le jeune homme devient malgré lui le point de convergence de ces deux mondes. Entre quête de réponses et menaces imminentes, son destin bascule.
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Chapitre 2

Yuri regarda son portable, le bus était encore en retard, comme toujours. Un vent doux s'était levé, caressant les visages et faisant virevolter les cheveux de Julia. Elle portait un parfum fruité, agréable. Enfin, le bus débarqua en trombe et la dizaine de lycéens se bouscula pour entrer, à l'exception de Yuri et Julia qui restèrent en arrière du troupeau. Yuri, par galanterie, laissa Julia passer en première puis entra, résistant contre son sommeil. Il salua le chauffeur et d'un pas lent, il se mit à chercher une place libre, sans personne aux alentours mais, au moment où il passait une rangée de siège, Julia lui attrapa le poignet et l'invita à s'asseoir à ses côtés. Il ne se fit pas prier et s'installa docilement. Pour rien au monde il n'aurait loupé une telle occasion d'être proche de celle qu'il aimait malgré le feu qui lui tiraillait le ventre chaque fois qu'elle était près de lui. Il aurait vendus son âme pour réussir à lui parler franchement !

Il bailla à s'en décrocher la mâchoire pendant plusieurs secondes et Julia lui déclara :

« Tu as une tête fatiguée Yu !

— M’ouais, mal dormis. Grommela-t-il.

— Tu vas encore t'endormir en cour !

— C'est ma grande spécialité ! répondit-il en riant, surprit de sa spontanéité.

— Essaie de ne pas t'endormir en espagnol ! »

L'espagnol était le seul cour qu'ils avaient en commun et à l'inverse de Julia, Yuri n'avait aucun talent pour cette matière, enfin non pas qu'il n'ait pas de talent mais juste aucune envie d'apprendre cette langue. Il ne s'intéressait pas à beaucoup de cours quoi qu'il arrive car il n'avait aucune idée de ce qu'il voulait faire de sa vie. Il aimait la musique mais ne savait pas jouer d'un instrument et ce n'était pas sa voix froide et dénuée d'émotion qui allait faire de lui un chanteur... Julia sortit alors son portable et une paire d'écouteurs.

« Tu aimes le métal ?

— Oui, je ne pensais pas que tu en écoutais ! »

Elle lui sourit avant de lui tendre une des oreillette pendant que Yuri se demandait sérieusement si ça chance avait tournée car Julia se montrait encore plus gentille que d'habitude. Le trajet fut très agréable, Julia, qui était fatiguée, posa sa tête contre l'épaule de Yuri pour dormir un peu, ce qui le fit légèrement rougir en plus de transformé son cœur en une batterie qui serait frappée à une vitesse incroyable. Fatigué aussi par ça nuit mouvementée, Yuri se retint cependant de dormir pour profiter de l'instant et une fois le bus arrivé, il réveilla délicatement Julia qui semblait avoir dormit une nuit complète tant elle rayonnait.

« A toute à l'heure Yu ! » lui dit-elle joyeusement.

Ce dernier brûlait d'impatience à l'idée de la revoir mais sa joie fut vite interrompue lorsqu'il se rendit à son premier cour : le cour de mathématiques. Son professeur de mathématiques, madame Trice, et lui ne s’appréciait guère, en partie dû au fait que Yuri passait son temps à dormir pendant son cour malgré son talent pour cette matière. C'était même la seule matière où il excellait sans avoir à suivre quoi que se soit. A peine eut-il franchit le pas de la porte en baillant que madame Trice lui lança sèchement :

« Dehors, ce cours n'est pas votre chambre à coucher ! »

Il pivota et prit le chemin de ce qu'il appelait le « point du jour » : le bureau du conseiller d'éducation. Pas un jour ne passait sans qu'il ne s'y rende en traînant du pied et en baillant. Il se foutait complètement de ce que pouvait penser ses professeurs ou ses conseillers. Il était bien trop désintéressé par sa propre vie qu'il se fichait bien de savoir où il allait finir. A peine vu, directement emmené en salle de permanence ou il passa deux heures à ne rien faire hormis écouter de la musique avec son portable. Et deux heures plus tard, il rejoignait Julia devant la salle d'Espagnol.

« Alors ce cours de maths ?

— Bah, renvoyé à peine rentré. déplora-t-il.

— Sérieusement ?

— Oui, j'ai baillé en entrant. » rit-il. (Et depuis quand riait-il si spontanément?!)

Julia eut un petit sourire en coin, les mains jointes dans le dos elle regardait Yuri avec insistance, sans que celui-ci ne remarque vraiment.

« Ça te dirait de manger avec moi ce midi ? »

Surprit par l'invitation, Yuri bredouilla un peu avant d'accepter, faisant sourire Julia une nouvelle fois. Elle vint l'embrasser sur la joue, Yuri, toujours aussi surprit, ne fit pas un geste, incapable de comprendre les pensées de Julia. Il liait toutes ces nouveautés à la prise d'une drogue imaginaire dont il ne se souvenait pas.

Ce midi là, malgré l'anxiété et la boule au ventre qu'avait Yuri, il passa un excellent moment avec Julia, tantôt riant, tantôt discutant de choses plus sérieuses. Il en avait oublié Rikk et l'ordre des Haineux. Le reste de la journée se déroula tranquillement, le soleil rayonnait et la température extérieure était bien loin de celle de la veille. Julia le retrouva à l'arrêt de bus, en simple débardeur à cause de la chaleur.

« C'est dingue cette chaleur, on ne sait plus comment s'habiller ! s'exclama-t-elle.

— Et ta journée ?

— Pas mal du tout et toi ?

— Disons que j'ai eu trois heures sur dix de magnifiques !

— Monsieur est enthousiaste ! » plaisanta-t-elle.

C'est à ce moment que Yuri sentit un froid glacial lui parcourir l'échine en entendant Rikk :

« Belle journée pour un pacte... »

La voix rauque lui glaça le sang et Julia remarqua son malaise :

« Ça va ?

— Euh, oui, oui ça va ne t'inquiètes pas.

— On mange ensemble demain ?

— Carrément ouais ! s'exclama-t-il.

— C'est dingue, je ne t'ai jamais vu aussi enthousiaste! » lança-t-elle alors qu'il pensait la même chose.

Ils rirent de bon cœur alors que Rikk se baladait dans la foule comme un touriste et que le soleil commençait lentement sa descente. Après une trentaine de minutes, le bus arriva dans le petit village presque désert. Un vent doux berçait les branches des arbres, le soleil baignait le village d'une lumière orangé qui se reflétait en ondulant sur l'eau du petit étang du parc ou Yuri avait « rencontré » Rikk. Alors que Yuri commençait à marcher, Julia lui prit la main. Il la serra délicatement et lui fit face, le cœur battant. Leurs yeux brillaient, il voyait ses rêves se réaliser. Ou alors il rêvait pour de vrai parce que tout ce qu'il lui arrivait était tout simplement trop soudain, surnaturel, les rêves étaient ce qu'ils étaient, des rêves, pas la réalité !

« Je...commença-t-il.

-Je sais. » répondit-elle simplement avant de l'embrasser passionnément.

Ils s'enlacèrent tout en s'embrassant, vivant un moment qui leur semblaient magique et interminable. Yuri se sentit parcourut d'un sentiment qui lui était inconnus. L'amour ? La joie ? Les deux.. ? Puis Julia le regarda droit dans les yeux, une flamme brûlant au fond de ses pupilles verte émeraude.

« Tu sais Yuri, je t'aime depuis si longtemps...mais j'ai bien faillis y renoncé à cause d'amis hypocrites, quelle idiote je peux faire.

— Pourquoi t'en vouloir, tu n'as jamais eu un comportement répressif envers moi !

— Je t'aime Yuri. »

Ils s'embrassèrent une nouvelle fois, plus brièvement cette fois, avant de la prendre dans ses bras. C'était la réalité !!! Il ne rêvait pas !!! Main dans la main, ils se mirent en route jusqu'à arriver devant la maison de Yuri. Elle l'embrassa encore, en lui tenant une main dans laquelle elle déposa un petit papier. Il voulait rester avec elle, tout le temps, son envie pour les cours et ses occupations disparurent au même rythme que Julia envahissait son esprit dans les moindres recoins.

« A demain, je t'aime. »

Il la regarda disparaître dans la ruelle à sa gauche avant d'entrer, le bout de papier toujours dans sa main, un sourire aux lèvres. C'était donc si doux d'embrasser quelqu'un ?

« Salut m'man !

— Comment ça va mon ange ?

— Super et toi ?

— Tu as l'air heureux aujourd'hui, c'est pas tout les jours.

— Je vais dans ma chambre, je suis fatigué. » termina-t-il.

Il grimpa les marches rapidement et une fois seul dans sa chambre, défroissa le papier et découvrit un mot de Julia suivit de son numéro de téléphone. -Je t'aime Yuri, parlons ce soir.- Il posa son sac à terre et enregistra le numéro de Julia. Yuri attendit quelques minutes avant de l'appeler.

« Allô ? dit-elle.

— Julia, c'est Yuri.

— Yuri, tu ne perds pas de temps dis donc.

— Tu me manques déjà.

— Moi aussi, si tu veux je peux sortir une petite heure.

— J'adorerai !

— Viens devant chez moi dans vingt minutes... »

Prit au dépourvu, Yuri se coiffa et se demanda s'il devait se changer pour l'occasion. Oui. Il enfila un jeans propre et une chemise noire - « J'avais des chemises moi ?! »- et se mit en route après avoir prévenu sa mère. Vingt minutes plus tard, Julia sortait de chez elle, vêtue d'une belle robe bleu et d'une paire de ballerine noire. Décontenancé par sa beauté, Yuri la fixa bêtement, submergé par des flots d'émotions si complexe et étrange mais tellement agréable !

« Ferme la bouche, tu vas finir par baver ! »plaisanta-t-elle.

Il l'embrassa longuement avant qu'ils ne prennent la direction du petit parc, Yuri se demandant soudainement où était Rikk. Il ne l'avait plus vu depuis qu'ils avaient quitté le lycée. Mais grâce à la présence de Julia, il ne s'en soucia guère. La nuit commençait à envahir les cieux, permettant aux réverbères de prendre la place du soleil en se reflétant dans le petit étang. Le vent soufflait doucement, envoyant le parfum de Julia chatouiller l'odorat de Yuri. Il se sentait comme réveillé après un long coma.

« Depuis quand m'aimes-tu ? lui demanda-t-elle en posant sa tête sur son épaule.

— Depuis que je t'ai vu la première fois. avoua-t-il.

— Trois ans à attendre sans rien dire, c'est que tu dois vraiment m'aimer !

— Et toi ?

— A vrai dire, presque trois ans aussi.

— Qu'est ce qui t'as fait changer d'avis ?

— J'ai ouvert les yeux, mes « amis » étaient hypocrites, je m'en suis débarrassée.

— L'amitié entre fille est compliqué.

— Je ne te le fais pas dire ! »

Soudainement, le téléphone de Julia se mit à vibrer. Elle le retira de son soutien-gorge et décrocha puis parla quelques secondes avant de raccroché pendant que Yuri était pris d'une folle envie de plonger ses mains sous la robe de sa petite amie. - « Trop tôt. » -

« Je vais devoir rentrer.

— Dommage, je vais te raccompagner. »

Après l'avoir raccompagné, non sans tristesse de la quitter même pour si peu de temps, il rentra chez lui dans le noir. Nikita était partie travailler et le « gros-porc » dormait, très certainement bourré, comme à son habitude. Et sa mère qui, malgré l'enfer que cet enfoiré déchaînait, le laissait vivre sous le même toit parce qu'elle était trop gentille pour laisser quelqu'un sans le gîte et le couvert. Il mangea seul et rapidement pendant que le stress l'envahissait.

Rikk.

Où était-il ? Les questions se mirent à tournées dans sa tête alors qu'il se rendait dans sa chambre en discrétion. Lorsqu'il appuya sur l’interrupteur pour éclairer sa chambre, il dut retenir un cri de surprise et laissa seulement un hoquet de surprise en voyant Rikk, pendu tête à l'envers au plafond.

« On rentre bien tard Yuri, Satan n'aime pas attendre !

— Bordel, ne fait plus ça Rikk ! Marmonna-t-il.

— Ah ! Les humains sont si sensibles ! Ironisa-t-il en se posant au sol. « Bref, prêt pour le grand saut ?

— Pas vraiment, explique moi en détail ce qu'il va se passé. »

Rikk jubila avant de s'asseoir sur la chaise de bureau.

« Craintif en plus, écoute, tu veux te venger, oui ou non ?

— Bien sûr que oui.

— Donc, tu ne veux pas pardonner ?

— Le pardon... conneries, je veux me venger ! assura Yuri haineusement.

— Tu es prêt à tuer par vengeance mais tu hésites à signer le pacte, grâce au pacte, tout te sera permis, tu pourras te venger.

— Un vrai commercial prêt à tout pour vendre son produit... T'étais pas vendeur dans une autre vie ? »

Rikk se mit à rire à gorge déployée, sans se retenir et pendant une bonne minute avant de se calmer.

« Bon sang, quelle arrogance, quel manque de respect, écoute bien vermisseaux, soit tu te lies, soit tu pars en « paix », si tu vois ce que je veux dire. »

Yuri ravala sa salive, une boule au ventre. Rikk venait clairement de le menacer de mort ! Il avait mal examiné la situation et ne pensait pas que Rikk pouvait représenter une menace mortelle voir pire mais en même temps, son foutus cerveau n'arrivait plus à rien sauf à penser à Julia ! Il pouvait sûrement torturé son âme pour l’éternité ou quelque chose du genre. Avant de parler, Yuri réfléchit à deux fois.

« Bon, alors explique-moi comment ça se passera après la signature du pacte.

— On ne signe pas la pacte, tu vas te lié avec Satan, tu vas mettre ton sang sur ce pacte, naturellement, si tu enfreins l'un des termes du contrat, je serai là pour faire la « paix ». Ensuite, une fois la pacte fait, nous serons des armes pour toi et toi une arme pour nous.

— Une arme ?

— Exact, se sera service contre service, tu seras un soldat de l'ordre des Haineux, mais trêves de bavardages, il faut y aller.

— Allez où ? s'étonna Yuri.

— En enfer ! » déclara Rikk alors que le paysage autour d'eux changeait radicalement.

Tout se mit à tourbillonner jusqu'à donner la nausée à Yuri. Il ne voyait plus rien, ses pieds avaient quittés le sol et son crâne lui brûlait. Il se mit à tomber, tomber, tomber... Puis il percuta le sol, non sans douleur et ses dents s'entre-choquèrent. Il se releva lentement, découvrant une grande place où une foule incroyable bourdonnait et contrairement à ce que Yuri croyait, la grand ville qui s'offrait à lui ne regorgeait pas d'étranges créatures ou de démons tous plus atroces les uns que les autres mais d'êtres humains. Comme lui. Certains plus vieux, d'autres plus jeunes. Une ville tout à fait standard. Il chercha Rikk en vain et s'avança vers une grande arche pourpre d'une dizaine de mètres de haut et aussi large que le grand boulevard où il se trouvait. Au sommet de cette arche trônait une statue de la bête à trois têtes : Lucifer. Bien ancré dans le sol au centre de l'arche se trouvait un obélisque de trois mètres de haut ou était écrit au sommet : Pandémonium. Juste en dessous quelques lignes étaient gravées dans une langue que Yuri ne connaissait pas suivit de gravures de grandes batailles.

Il fit quelques pas pour mieux voir les gravures mais Rikk le rattrapa en lui attrapant l'épaule de sa main cauchemardesque. - « J'ai pété les plombs moi en me laissant entraîner par un truc pareil ! »- se dit-il.

« Ne va pas te perdre, des démons traînent en ville.

— Mais vous êtes des démons ?

— Mais non, les démons sont bien différents et ils sortent aussi bien des enfers que du « paradis », d'ailleurs, ne croit pas que tu vas rencontrer le Satan de la bible, ce n'est qu'un titre honorifique donné au chef de notre ordre. C'est pareil pour nos homologues du Christ, c'est un titre honorifique, aucune guerre religieuse ou quoi que se soit, la seule guerre que nos deux chefs se livrent est celle des Haineux. Expliqua-t-il comme si Yuri aurait du savoir.

— Ça ne pose pas de problème que des jeunes comme moi s'entre-tuent ? le questionna-t-il.

— Il suffit de maquiller les faits, une disparition, un enlèvement mais les meurtres entre Haineux restent rares et chacun d'entre eux provoquent des tensions. Ça a bien failli finir en guerre plus d'une fois et aujourd'hui les tensions sont à leur comble.

— Pourquoi ? s’intéressa alors Yuri.

— Pas le temps de t'expliquer, il est bientôt minuit, et on avait rendez-vous à vingt trois heures trente.

— Quoi déjà ???

— Et oui, le voyage est long quand on trimballe un nouveau ! » termina Rikk en riant.

Yuri suivit Rikk et lorsque les deux passèrent devant l'obélisque, Yuri demanda :

« Rikk, qu'est ce qui est écrit sur l'obélisque ?

— Quia praelia, nam Satanas, nam et qui oderint. Du latin, ça veut dire : « Pour les guerres, pour Satan, pour les Haineux. »

Rikk poursuivit sa route sans prendre gare à Yuri qui le suivait tant bien que mal à travers la foule du grand boulevard. Il n'avait jamais vu autant de monde d'autant d'horizons et de nationalités différentes réunit en un seul endroit. Le boulevard en question, l'artère principale de la ville pourpre se terminait par un très luxueux palais haut d'une bonne vingtaine de mètres et aussi large que l'arche elle même et avait la même architecture au croisement entre l'architecture gothique et anglaise du dix-huitième siècle. Ils passèrent devant des dizaines d'établis de marché ou Yuri vit un jeune homme d'une vingtaine d'année faire l'acquisition d'un fusil Barrett M82. Le jeune homme en question était équipé des derniers gilets et équipements militaires en date. Partout ou Yuri posait son regard, il voyait des gens heureux qui déambulaient tranquillement d'étales en étales ou de bar en bar à voir la démarche de certain. Après dix minutes de marche pendant lesquelles Yuri du courir à quelques reprises pour rattraper le diable qui planait devant lui, les portes massives du palais leur faisaient face, l'une des deux, toujours ouvertes, laissait voir l'immense hall où ils entrèrent deux secondes plus tard. Les bancs qui bordaient les murs étaient tous plein de jeunes Haineux dans le même cas que Yuri mais cela ne les empêchaient pas de le dévisager sans aucunes raisons apparentes. Il y avait, là aussi, des centaines de personnes qui allaient et venaient dans tout les sens, depuis et vers les dizaines de portes plus ou moins grandes qui entouraient le hall. Certain avait une allure de tueur et Yuri cru voir quelqu'un caché sous une cape à capuche qui avait disparu au moment ou il voulut le regarder. Presque tous était armé, au moins d'une épée.

« On va attendre longtemps ? s’inquiéta Yuri qui, malgré une envie dévorante d'en apprendre le plus possible sur ce monde, devait être dans le bus le lendemain matin.

— Non, on passe devant eux, profite-en pour les faire rager un peu ! »

Yuri esquissa un sourire non rassuré, il n'arrivait pas à cerné Rikk, il n'arrivait d'ailleurs pas à grand chose hormis s’émerveiller devant le nouveau monde qui s'offrait à lui. Pour une fois, il s'intéressait à quelque chose. Rikk était un coup sympathique comme si il était un vieil ami, un coup menaçant comme s'il était son pire ennemi. Lorsque Rikk s'avança devant tout le monde, les autres Haineux jetèrent un regard assassin à Yuri, tous semblaient prêt à l'égorger, augmentant le stress de Yuri. Après s'être annoncé à l'accueil et avoir reçu un accueil de dépit de la part de l'hôtesse, Rikk conduisit Yuri jusqu'à une plate-forme étrange en forme de cercle. De toute évidence, Rikk était connus et pas forcément pour de bonnes raisons.

« C'est l'ascenseur, direction le bureau du grand chef !

— C'est pour ça qu'on passe devant, les autres ne rencontre pas Satan ?

— Non, tu es l'un des rares à avoir cet honneur cette année. »

Le simple fait de savoir cela renforça le stress de Yuri, le grand chef, Satan, et il était un des seuls à le rencontrer. Mais alors il allait devoir avoir un comportement irréprochable ! Et il ne s'était même pas préparé correctement !

« Pourquoi je suis l'un des seuls à le rencontrer ?

— Parce que d'une je suis un des plus haut gradés chez les diables, de deux j'ai personnellement entraîné le grand chef et de trois tu as fait forte impression, mais garde ça pour toi tu veux.

— Bien reçu, j'ai pas envie de faire la paix.

— Détends-toi, je suis la et Satan est un type cool. N'aie crainte, tu es ici comme chez toi.

— J'ai vraiment du mal à te cerner Rikk !

— Je fais ça à chaque fois, c'est pour éliminer les moins bon, je ne te ferais pas de mal.

— Alors en gros, tu es comme un sélectionneur ?

— Non, plus un ami qui fait de mauvaises blagues ! »

C'est un peu rassuré que Yuri découvrit le hall du bureau du « grand chef » et il fut surpris par une jeune femme qui sortait de son bureau, à gauche des doubles portes.

« Relax. » lui chuchota Rikk.

-Facile à dire- pensa-t-il. Le jeune femme s'approcha alors, d'une démarche sulfureuse.

« Rikk, la ponctualité te fait toujours défaut ! le réprimanda-t-elle.

— Sélène, toujours aussi....chaleureuse à ce que je vois. »

Et le mot était loin de suffire ! La jeune femme, Sélène, une magnifique brune coiffée en queue de cheval haute aux yeux noisettes avec un reflet rougeoyant, un visage sévère et doux à la fois, était entièrement vêtue de cuir, jeans en cuir noir, veste cintrée noire et botte montantes en cuir également et avait une silhouette élancée, gracieuse avec des courbes qui semblaient lui parfaire. Yuri se força à ne pas lui baver dessus, quelque chose en elle l'attirait, enfin pas juste quelque chose, c'était un tout. Elle. Bordel il n'avait jamais vu une femme si attirante ! Il ressentait un besoin, qu'il réprimait en permanence, d'aller vers elle.

« Et toujours pervers en prime, tu es irrécupérable Rikk, bref, tu doit être Yuri Kazaiski ?

— Euh, oui madame. Répondit-il en s'extirpant de ses pensées. - « T'es en couple ! »- se dit-il.

— Appelle-moi Sélène, et détends toi, on dirait que c'est toi qui porte un string !

— D'accord mada....Sélène. balbutia-t-il en rougissant.

— Oh, les tout jeunes... soupira-t-elle alors qu’elle ne semblait pas plus vieille que lui. « Prends « rendez-vous » avec moi un de ces quatre, allez, suivez moi. »

Yuri était totalement déboussolé, après l'apparition d'un nouveau monde, les menaces de mort, son couple récent et maintenant les avances non dissimulées. Il se demanda ce qui l'attendait ensuite... Sélène s'arrêta devant la grande double porte et leur fit signe d'attendre, bien évidemment en remarquant que le regard de Yuri s'était égaré un peu plus bas, sur ses fesses parfaitement moulée, puis elle entra dans le grand bureau. De l’extérieur, on l'entendit déclaré :

« Monsieur, Rikk et le jeune Yuri sont là.

— Fait les entrer. » répondit une voix grave.

Elle ressortit, et les laissa entrer. Rikk passa devant et alors que Yuri entrait, Sélène lui toucha les fesses. Il sursauta.

« Effectivement, c'est moi qui porte le string... »

Surprit, Yuri arriva comme un cheveux sur la soupe dans le bureau, les joues rouge, le cœur battant à rompre. Il vit enfin le « grand chef ». Et n’en revint pas. C’était un homme très musclé de deux mètres, un vrai colosse menaçant, les cheveux bruns coupés court, et... et les pupilles blanches ?! En plus d'imposer avec sa carrure de bodybuildeur, l'homme avait des pupilles hors norme !

« Bienvenue Yuri, je suis Satan, heureux de te rencontrer !

— Moi aussi, je vous imaginais plus....démoniaque. Avoua-t-il.

— Ça t'en bouche un coin ! plaisanta Satan, fier de son jeu de mot.

— Y'a aussi Satan m'habite ! renchérit Yuri qui d'un coup fut effrayé de son jeu de mot peut-être un peu trop osé mais il fut vite rassuré en voyant Satan rire aux éclats.

— Bien bonne celle la ! Mais tu as dû remarquer que quelqu'un d'autre se charge de ça mon garçon. Passons aux choses sérieuses, tu as fait forte impression hier soir, j'ai moi même ressentis ta Haine alors que, normalement, c'est le conseil des Haters qui me prévient. Sélène, rapport.

— Oui monsieur. Alors, Yuri Kazaiski, dix sept ans, un mètre soixante-dix, Haine très forte pouvant provoquer une perte partielle voire totale de la conscience, famille quasiment inexistante.

— Prédestination ?

— Visiblement.... destroyer. »

Les deux parlèrent pendant plusieurs minutes, perdant Yuri en chemin qui ne comprenait pas un mot de ce qu'ils racontaient et dont les yeux se baladaient sur les curiosités présentes dans le bureau des plus luxueux. Il remarqua des armes, des médailles militaires et des objets qui lui était totalement inconnus. Une fois leur conversation finie, Satan s'adressa à Yuri :

« Bien, tu as des armes chez toi ?

— Un katana non létal, un couteau de survie et un découpe papier.

— Hum.... pense à ton katana. »

Yuri s’exécuta sans comprendre le sens de cette requête et à sa grande surprise, son katana apparut sur le bureau de Satan.

« Quoi????? » s'interloqua-t-il.

Le chef des Haineux prit l'arme avec précaution et le sortit de son fourreau noir corbeau orné de caractères japonais. La lame était noire également et très simpliste.

« Sympa ! s'émerveilla Satan. « Le tiens fait pitié à coté Rikk !

— Eh oh, le miens à trois cents ans ! se défendit Rikk.

— Sélène, lie le katana à sa Haine, Yuri, suis-la, je dois parlé à Rikk. »

Elle prit le lame et rengaina avant de saisir Yuri par le poignet et de l'extirper hors du bureau. Sans faire attention à Yuri, Sélène avança jusqu'à son bureau où, enfin, elle le relâcha.

« Installe toi mon choux !

— D'accord, répondit-il docilement, « qu'est ce qu'on fait ici ?

— A toi de me le dire.

-Bah, euh....

— Je prélève de ta Haine ensuite, on verra. Relève, non, enlève le haut. »

Yuri retira son t-shirt, laissant apparaître un torse au muscle plutôt développés et une petite cicatrice blanchâtre juste en dessous de son pectoral gauche, souvenir de la fois ou Yuri s'était battus avec un autre ados jusqu'à traversé un abri-bus en verre.

« Ouh la, il fait chaud ici non ? lança-t-elle. « Allez, donne ton bras.

— Une prise de sang ?

— Non, pas de sang, juste la Haine, c'est beaucoup plus long, dit moi si ça ne va pas.

— Reçu. »

Elle lui enfila un harnais autour du bras puis prit une aiguille étrange qu'elle relia à un tuyau lui même relié à une urne.

« Tout va bien ?

— Oui, l'urne récolte ma haine ?

— Bien vu p'tit malin, d'autres questions ?

— Au moins un milliard oui !

— On a du temps, demande moi ce que tu veux.

— Euh... balbutia-t-il sous les avances de Sélène qui venait de s'asseoir sur le bureau de manière plus qu’aguichante, « dites moi en plus sur vous.

— Ne me vouvoie pas, alors, je suis Sélène, dix neuf ans, apprentie de Satan depuis trois ans.

— Tu vis tout le temps ici ?

— Mes parents sont morts, tués par des vampires, je le suis à moitié.

— Euh... oscilla-t-il entre peur et l'envie de s'excuser.

— N'aie pas peur, les vampires sont de sacré....cochons, ils ont un fort penchant pour les plaisirs de la chair, sexe comme cannibalisme parfois.

— Alors c'est pour ça que....commença Yuri.

— A peu près oui, j'ai hérité de ce penchant, d'ailleurs, comment tu me trouves ? Lança-t-elle et Yuri faillit s'étouffer.

— Et bien....

— Quoi, j'ai pas assez de poitrine ? s'offusqua-t-elle en se touchant les seins.

— Non, non ! se rattrapa Yuri qui, certes voyait que Sélène devait faire un quatre-vingt dix b, trouvait la poitrine de la jeune femme parfaite. « Non, tu as un beau corps en tout cas de ce que je vois mais c'est que j'ai déjà quelqu'un.

— Elle ne prête pas ? plaisanta-t-elle. « J’espère que vous serez heureux, pas comme moi.

— Hey, tu trouveras quelqu'un un jour, tu es la fille la plus sexy que j'ai jamais vu ! la rassura-t-il.

— Tout le monde ne pense qu'a me « baiser », je suis juste « trop bonne », dit-elle crue-ment en se relevant, « tout les mecs ne pensent qu'à « bourrer cette chaudasse » ! »

Yuri pouvait l'entendre, Sélène était au bord des larmes. Il se pencha en avant pour lui prendre la main. Il avait se besoin de la réconforter, de l'aider comme il le pouvait, certainement parce qu'il avait hérité ça de sa mère, et qu'elle l'avait élevé en lui répétant de ne jamais faire de mal à une femme et de toujours prêter oreille à celle qui en avait besoin et en ce moment, Yuri, avait sentit que Sélène était très fragile émotionnellement.

« Hey, pleure pas beauté fatale, je serai ton ami maintenant, OK ? »

Elle lui fit face, une flamme brûlant dans ses yeux, elle estimait Yuri.

« Si tu le pense vraiment, faisons un pacte ensemble.

— Ce que tu veux, je ne sais pas comment ça fonctionne exactement mais je le fais ! S'exclama-t-il avant de se dire que c'était peut-être une mauvaise idée mais il était trop tard pour se raviser.

— Très simple, tu « signes » de ton sang à exaucer mon dernier souhait dans le cas ou je mourrai, ça pourrait me sauver la vie.

— Alors c'est partit. »

Elle farfouilla sur son bureau en désordre et y prit un parchemin vierge qu'elle déposa à plat dans un coin en ordre du bureau, comme si elle en avait toujours un sous la main au cas ou ce genre de situation se présenterait. Elle posa sa main dessus et fit de même avec celle de Yuri et, instantanément, le parchemin vierge fût rempli d'écritures incompréhensibles. Elle sortit ensuite de dessous sa veste un couteau de combat de taille moyenne et d'un coup sec, se trancha la paume de la main et laissa son sang tacher le parchemin. Yuri faillit hurler et lui arracher le couteau des mains mais il comprit que c'était prévu. Elle passa la dague à Yuri qui fit de même, à l’exception qu'il ne pût retenir la douleur. D'un coup, le parchemin prit feu et disparut du bureau en laissant quelques cendres derrière lui sous l'air interrogé de Yuri.

« Le pacte est fait, et ton prélèvement aussi mon choux ! »

Elle le libéra du harnais et le fit se lever pour se rhabiller. Elle posa la dague sur le bureau et nettoya la plaie de Yuri. Malgré le pacte d'amitié, Yuri avait bien du mal à contenir ses instincts masculin en voyant Sélène se pencher devant lui, la veste ouverte sur son décolleté. Elle était torride, au bas mot et il essaya de se concentrer sur tout autre chose.

« Au fait, c'est quoi ces histoires de destroyer ?

— Rikk te l'a expliqué, enfin normalement.

— Non, pas du tout en fait.

— Alors Satan t'expliquera. »

Alors qu'il suivait Sélène, il se sentit tombé sans réussir à se retenir. Heureusement, Sélène le rattrapa.

« Alors, on a la tête qui tourne ?

— Merci, j'ai bien l'impression que oui.

— Je vais t'aider. »

Elle passa le bras de Yuri autour de son cou et l'aida à se déplacer.

« Sélène, j'ai la tête sur tes...

— Comme si tes instincts ne te criaient pas de les avaler ! »

La jolie brune marquait un point. Elle le posa contre le mur et s'accroupit face à lui pendant qu'il reprenait son souffle. Lentement, Sélène lui expliqua qu'en plus du prélèvement et du pacte, il découvrait beaucoup de chose en même temps.

« Dit Sélène, tu es dans quelle classe ?

— Je suis une experte, la meilleur de ses trois dernières années. Je suis spécialisée dans les assassinats rapides ainsi que les combats de hautes volés.

— Que fait un destroyer ?

— Son rôle est grand, bien souvent c'est la pierre angulaire d'une équipe, en gros, c'est le « tank » de l'équipe mais je ne suis pas sur que tu seras destroyer, peut-être que tu rejoindras une classe élite, comme moi.

— Une élite ?

— Expert, rédempteur, assassin et Titan, bien que les Titans soient de plus en plus rares.

— Titan ?

— Le dernier en date est Satan, le Titan est imprévisible, sa haine est quasi infini mais bref, allons-y. »

Elle l'aida à se relever et le lâcha lentement pour être sur qu'il ne retombe pas puis ils entrèrent dans le bureau de Satan, après avoir frappé. Yuri posait son regard partout, cherchant l'utilité de certaines curiosités présente un peu partout dans le grand bureau. De ci et là traînait des amoncellements de parchemins vierges, des boîtes aux contenus inconnus, de grandes caisses d'armes solidement enchaînées... Sur le bureau, Yuri remarqua un cadre où une photo qui semblait très ancienne montrait Satan, plus jeune, accompagné d'un autre homme au visage sévère et marqué par la peine. Lorsque Yuri reporta son regard sur Satan, il vit que ce dernier venait de jeter un coup d’œil discret en direction de la main de Sélène puis celle de Yuri avant de faire un clin d’œil discret à la jeune femme.

« Bien, Yuri, nous allons faire ce pour quoi tu es ici.

— Le pacte. Compléta-t-il la voix tremblante.

— Exact, approche. »

Il s'avança fébrilement et une fois face au chef de l'ordre des Haineux de la vengeance, il s'immobilisa et le regarda droit dans les yeux, intimidé par la montagne de muscle qui lui faisait face. Le chef imposait le respect.

« Yuri Kazaiski, acceptes-tu la Haine qui vit en toi ?

— Je l'accepte.

— Acceptes-tu de servir et protéger les Haineux de ton ordre ?

— Je protégerai mes frères et sœurs d'armes. Affirma-t-il.

— Acceptes-tu d'obéir à ton Seigneur et à tes supérieurs ?

— J'accomplirai mon devoir.

— Dans ce cas, et par mes pouvoirs de Seigneur commandant de l'ordre des Haineux vengeur, je te déclare Haineux Vengeur ! »

Yuri reporta immédiatement son regard sur le parchemin vierge placé sur le bureau qui venait tout juste de se remplir. Il savait ce qu'il lui restait à faire et pourtant il hésitait encore, après cela, sa vie changerait à jamais, plus jamais une simple vie tranquille. Oui. Une nouvelle vie, il en rêvait depuis trop longtemps pour abandonner cette chance. De toute manière, avait-il le choix ?

« Dernière précision, il en va de la vie de millions de personnes que tu gardes le secret. Lui intima Satan.

— Bien entendu.

— Allez Yuri, on doit verser notre sang ! » déclara Rikk en riant.

Le démon bossu s'approcha du parchemin et, à l'aide d'un vieux couteau en mauvais état, se coupa la paume de la main pour déverser son sang noirâtre et visqueux sur le parchemin. Une fois fait, Yuri tendit la main pour récupérer le couteau.

« Ouh la, non l'ami, on ne mélange pas le sang d'un diable avec celui d'un humain !

— Tiens mon choux, tout chaud pour toi ! » lui lança Sélène en lui donnant le couteau qui leur avait servis quelques minutes auparavant mais qu'elle avait soigneusement nettoyé.

Il saisit le couteau et hésita une nouvelle fois. Il ne fallait pas prendre de décision trop hâtive. Puis il se décida et pressa la lame contre sa paume. Le poing fermé dégoulinant de sang, il cria :

« Pour la vengeance !

— Bienvenue dans la famille Yuri Kazaiski.

— Merci.

— Bien, tu vas avoir beaucoup à apprendre garçon. Maintenant on va définir ta classe, Sélène va s'en charger, je vais chercher un petit rafraîchissement avec Rikk, j’espère que tu aimes la bière.

— Oui, merci seigneur Satan.

— Satan suffira Yuri. »

Les deux acolytes disparurent du bureau, laissant la jeune femme avec Yuri qui s'installa sur une chaise. S'il continuait de le laisser seul avec elle, il allait finir par perdre le contrôle de sa volonté !

« Désinfectons cette plaie avant de commencer.

— Mais au fait, tu es bien à moitié vampire, donc la vue du sang ne te gêne pas ?

— Question de volonté, à cet instant, je ne sais pas ce qui me retiens de te croquer et de te vider de ton sang mon choux.

— Quelle idée de me laisser seul avec toi alors !

— Rassure-toi, en trois ans je n'ai pas bu une goutte de sang.

— Ça m'arrange. Répondit-il soulagé.

— Mais je dois avoué que tu es très excitant, à croquer même. Répéta-t-elle sur un ton taquin.

— Euh, merci, je suppose.

— Allez, ferme les yeux. »

Peu confiant, il obéit, non rassuré de ne pas pouvoir voir les faits et gestes d'une vampire excitée. Il sentit la main très douce de Sélène se posée sur son front et il s'endormit instantanément. Lorsqu'il se réveilla, aidé par Sélène qui lui tapotait la joue, il se redressa d'un coup en la voyant beaucoup trop heureuse alors qu'il était à moitié débraillé.

« Qu'est ce que tu m'as fait pour être aussi heureuse ?

— Mais rien, tu es un Titan Yuri !!!

— Quoi vraiment ??!

— Oui, pour de vrai, on pourra faire équipe et je vais sûrement t’entraîner aussi !

— Dit-moi que les entraînements avec toi ne se résume pas à faire des choses pas très catholique !

— Oh ça va la sainte-nitouche, tu es aux portes des enfers ici !

— On sait jamais mais sérieusement, tu ne m'as rien fait.

— Mais non, promis ! »

A ce moment, Satan et Rikk entrèrent, un pack de bière à la main que Satan distribua.

« Alors, quelle affiliation ? demanda Satan en buvant une gorgée.

---- Titan.

— Sérieux ??! s'exclama le chef des Haineux en recrachant sa gorgée. « Voilà qui remontera le moral !

— Le moral est mauvais ? s’inquiéta Yuri.

— Plutôt ouais, les élites se font de plus en plus rares chez nous alors que nos homologues en ont à revendre.

— Ça importe peu non ?

— Pas vraiment non, et comme une guerre peut éclater en moins de deux... »

Ils trinquèrent ensembles, Sélène regarda Yuri sulfureusement pendant qu'il buvait une gorgée en regardant Rikk et Satan. Ils discutèrent de choses et d'autres au fur et à mesure qu'ils buvaient tranquillement.

« Que se passe t-il ensuite ? demanda Yuri impatient d'en découvrir plus.

— Ce soir, rien d'autre, le temps de retourner chez toi, rien d'autre. On se revoit dans deux jours, Rikk ne te raccompagne pas, j'ai beaucoup à faire avec lui, Sélène, à toi l'honneur !

— A dans deux jours alors. les salua Yuri.

— Allez en route mon choux. »

Rikk et Satan le saluèrent lorsqu'il passa le pas de la porte avec Sélène. Cette dernière ferma la porte derrière eux avant de se diriger dans son propre bureau. Elle fit attendre Yuri devant la porte avant d'entrer permettant à ce dernier de se recoiffer avec ses mains. -Les autres Haineux ne vont pas appréciés mon passage avec la femme la plus sexy des enfers.-pensa-t-il. Sélène était une femme fatale, à ses yeux au moins, ferme, sexy, et ce corps ! Et cette beauté ! Elle sortit avec un pistolet à la main qu'elle tendit à Yuri.

« C'est un...commença-t-elle

— Un Colt M1911 Tactical Warfare Handgun dernière génération, un vrai bijou !!!

— La crosse est en bois de chêne, mécanismes en parfait état, j'ai tout changé, tu sais t'en servir ?

— J'ai la théorie, pas la pratique, mais je ne peux pas me balader avec ça.

— On trouvera une solution chez toi, en route. »

Elle mit le sac à dos qu'elle avait prit dans son bureau sur son épaule puis ils empruntèrent l'ascenseur. Yuri jeta un coup d’œil à Sélène, et tourna derechef le regard lorsqu'elle le vit, ce qui fit esquissé un petit sourire à la jeune femme. Une fois dans le hall beaucoup moins rempli qu'à son arrivé, les Haineux dévisagèrent aussi bien Yuri que Sélène, mais pas pour les même raisons. L'un deux, un blond aux yeux marron un peu plus grand que Yuri s’approcha d'un pas de conquérant.

« Salut poupée, pourquoi tu traînes avec ce tocard ma belle, tu sais, y'en à qui assure pas.

— Approche mon grand. » répondit-elle de manière à attirer le blond.

Le Haineux s'approcha, persuadé d'avoir fait effet et se laissa enlacé par Sélène qui lui faisait les yeux doux. Et comment ne pas tomber sous le charme ! Mais à la place d'un baiser, le jeune blond reçu un coup de genoux dans l'entre-jambe qui le mit à genoux, les mains sur ses parties endolories, le visage pétrifié dans un instant de douleur intense.

« Tu as raison, y'en a qui assure pas, et tu en fais partis, dommage, allez viens mon choux. »

Elle poussa le blond à terre pendant que Yuri se retenait d'exploser de rire, à la fois terrifié et émerveillé par la ruse de Sélène. Elle balaya l'assemblée du regard avant de se mettre en route, suivi de Yuri. Pour une femme, elle avait des couilles ! Elle inspirait le respect et la peur sans pour autant que son côté féminin, peu apparent, ne soit délaissé...

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