
Nous sommes la Haine -I- : Vengeance
Chapitre 3
Une fois à l’extérieur, un petit vent vint rafraîchir Yuri et lui envoya l'odeur du parfum de Sélène. Un parfum incroyable, doux et épicé à la fois et attirant, très attirant. Un parfum comme jamais il n'en avait sentis. Alors qu'ils progressaient sur le grand boulevard presque entièrement vide, Sélène ouvrit la parole :
« Chargeur de huit coups, tu as quatre chargeurs de rechange plus un déjà approvisionné, je t'ai mis un silencieux en plus.
— OK, mais je vois pas comment je vais faire pour me balader avec un .45 ACP, ce serais un petit 9mm ça irait mais la...
— Tu connais même le calibre.
— Tu ne réponds pas à ma question.
— T'occupe pas de ça.
— Et mon katana ?
— Je te le rendrai d'ici une semaine. » conclut-elle alors qu'ils venaient d'atteindre l'arche.
Il leva les yeux au ciel, sentant gros comme une maison la mauvaise habitude que les Haineux semblaient avoir lorsqu'on leur posait une question. Sélène leva la main et commença une incantation qui fit apparaître un pentacle violacé en plein air. Voyant la réaction de Yuri devant cet acte étrange, elle lui expliqua :
« C'est un pentacle de téléportation, contrairement aux diables comme Rikk, je ne peux pas me téléporter d’où je veux quand je veux.
— En plus d'être une demi-vampire, tu es une sorcière donc ?
— En quelques sortes oui, prends ma main, on y va. »
Il saisit fermement la main de Sélène, en faisant attention à ne pas lui faire mal et avec la douceur des mains de Sélène, il la pensa, pendant un instant, d'une fragilité qu'elle n'osait pas affiché et, derechef, elle traversa le pentacle qui les aspira dans ce tourbillon informe et nauséeux qui fit trébuché Yuri lorsque ces pieds touchèrent le sol à nouveau. Encore une fois, elle le rattrapa au vol.
« Chut, doucement, y'a du monde chez toi ? chuchota-t-elle, la tête de Yuri contre sa poitrine.
— Quelle heure est-il ?
— Quatre heures.
— Alors personne n'est la.
— Bien, enlève le haut.
— Je vois pas en quoi...
— Exécution. ordonna-t-elle et Yuri se mit immédiatement à l’œuvre. « Tu es constamment seul ?
— Non, cinq jours par semaine minimum.
— C'est parfait, tu es presque invisible. »
Et pour la deuxième fois cette nuit là, Yuri retira son t-shirt avant que Sélène le fasse s'asseoir sur le lit. Elle se mit à genoux et Yuri mit sa main pour l'arrêté.
« Qu'est ce que tu fais ?
— Relax, je vais pas te tailler une pipe ! Détends-toi un peu, je cherche juste le bon endroit pour te faire un sceau qui te permettra de transporter le Colt sans problème.
— Un sceau, donc un tatouage ?
— C'est le prix à payer. assura-t-elle en touchant les côtes gauche de Yuri.
— Je ne peux pas, et en plus comment tu sais que je suis droitier ?
— Une intuition, sais-tu, ne serais-ce qu'un peu, contrôler ta haine ?
— Je ne pense pas non, quand j'ai vraiment la rage je ne me contrôle pas du tout. répondit-il désolé.
— Dans ce cas, il va falloir que tu réussisses à pensé très fort, on va essayer, pense au Colt, pense à une arme pour te défendre. » lui expliqua-t-elle en plaçant le pistolet dans le sac.
La tâche ne lui paraissait pas bien difficile alors il visualisa le pistolet, il le voyait dans sa main et pensa à ce qu'il y soit réellement mais au final, même après plusieurs tentatives, le pistolet était toujours dans le sac. Il essaya une dernière fois mais en vain, l'arme à feu ne bougea pas d'un centimètre.
« J'y arrive pas. déplora-t-il.
— Bon, dernier recours mais il va encore falloir te saigné.
— J'en aurais versé du sang cette nuit ! »
Elle lui prépara un parchemin qu'elle mit sur le sol, un objet dans chaque coins du papier pour qu'il ne se replie pas. Ensuite, pour la troisième fois, Yuri prit le couteau de Sélène pendant qu'elle préparait une incantation pour « activer » le parchemin. Son incantation terminée, elle fit passer le pistolet dans le parchemin et laissa Yuri verser son sang, ce qu'il fit tout naturellement, comme par habitude. Lorsqu'il remarqua que Sélène semblait un peu plus excité que normalement, il s’inquiéta et lui demanda :
« Ça va aller ?
— Oui, commença t-elle, « oups, j'ai oublié mon nécessaire de soin ! » enchaîna-t-elle sur un ton faussement désolé.
Elle prit délicatement la main endoloris de Yuri sur laquelle le sang coulait lentement avec ses mains et avec une douceur stupéfiante avant de lécher la plaie, qui disparut juste derrière la passage de la langue chaude, humide et délicieuse de Sélène. Yuri se sentit bouillir. En plus d'être agréablement surpris, Yuri priait pour qu'aucun « incident » personnel n'advienne en sentant son corps se chauffer.
« Bordel ta langue est magique en plus ?! S'exclama-t-il en s'imaginant un millier de chose.
— Et tu n'imagines même pas tout ce que je peux faire avec... » dit-elle en faisant glisser son index sur le menton de Yuri qui tout à coup sentis un ami qui voulait « s'inviter » aux réjouissances.
Elle se leva, rangea le couteau dans sa veste et plaça un rouleau pour enrouler le parchemin. - « Bordel de merde faut que je me calme, et toi aussi en bas ! »- se pria-t-il alors que Sélène, penchée en avant, exposait un profil dès plus enclin à l'imagination débordante de Yuri. Elle l’invita à essayer. Et lorsqu’il passa sa main dans le parchemin, sans que celle-ci ne dépasse de l'autre côté du papier, il sentit le contact de la crosse du pistolet dans sa main et l'extirpa hors de son enveloppe, soupesa l'arme avant de la ranger.
« Fin prêt ! S'exclama Yuri. « En revanche, je ne vais pas pouvoir prendre les chargeurs.
— Dans tes poches, ou dans ton sac ?
— Non, grillé en moins de deux.
— Hum.....réfléchit t-elle. « Tu portes quoi pour sortir ?
— Une veste en cuir, mais l'automne approche, je vais pas tarder à la troquer contre un blouson plus chaud. Répondit-il. - « Enfin sauf si tu restes constamment avec moi je finirai par tout retiré... »-.
— Apporte ta veste. »
Il descendit dans le salon, récupéra sa veste et deux canettes de soda avant de rejoindre Sélène et de lui proposer à boire, ce qu'elle accepta avec joie avant de se mettre à examiner la veste sous tout ces angles. Yuri observa aussi, mais sa veste. Il observa la jeune femme se mettre au travail en buvant son soda tranquillement, assis sur son lit, pensif. Au bout de plusieurs minutes de silence, Sélène remarqua que Yuri ne la lâchait pas du regard et elle l'extirpa de ses pensées :
« Tu veux me manger Yuri ?
— Hein ?! Euh...non. balbutia-t-il
— Alors, à quoi pensais-tu ?
— A trois fois rien.
— Petit menteur.
— On ne peut rien te cacher à toi hein ?
— Non, en tant qu'élite si on pouvait me berner aussi facilement je serais dans de beaux draps ! Les tiens sont pas mal. Ajouta-t-elle alors qu'en réalité, le lit de Yuri était un vrai bordel.
— On m'a toujours dit que je ne savais pas mentir en plus.
— J'ai fini, tiens. Basique et discret, tu peux transporté les chargeurs, le parchemin et j'ai laissé de la place pour ton insigne de Haineux lorsque tu la recevras.
— Une insigne, quand est-ce que je l'aurais ?
— Après ta première mission, et après ton apprentissage.
— Je peux voir la tienne ?
— Je ne l'ai pas sur moi, désolé.
— Je sens que dans dix ans, j'aurais toujours des choses à découvrir ! » plaisanta Yuri ce qui fit sourire Sélène.
Il récupéra sa veste et chercha ou Sélène avait mit les chargeurs. Et c'est par déduction qu'il vérifia d'abord le côté droit ou il perçut une simple ouverture dans la doublure. Sélène avait fait un travail de professionnel, les ouvertures dans la doublure étaient quasiment invisible malgré la présence des trois chargeurs.
« Beau travail !
— Je peux tout faire mon choux !
— Je te l'accorde.
— Allez, je dois y aller, il est déjà cinq heures j'ai des tas de choses à faire, à demain soir.
— A demain.
— Je viendrais te chercher, alors soit à l'heure ! » termina-t-elle en disparaissant dans un pentacle.
— Quelle...et merde ! »jura-t-il.
Il posa sa veste sur son bureau et remarqua une lettre sous la canette de soda vide de Sélène qu'elle avait en quelques sortes signé en embrassant le papier, laissant la trace de son rouge à lèvres. Yuri déplia la lettre et commença à lire les diverses explications de Sélène : les munitions de rechanges laissées dans le sac, le silencieux, le nécessaire de nettoyage pour le Colt, une boite à couture pour sa veste, et d'autres choses bizarres comme un émetteur cardiaque. Il lut les instructions du petit appareil pas plus grand qu'une carte SD. L'émetteur cardiaque, une invention militaire datant de deux mille vingt-cinq, soit deux ans auparavant, avait permis beaucoup d'avance logistique pour les transport de prisonnier important et de V.I.P., comme l'utilisation de convoi leurre sans pour autant risquer quoi que se soit. Mais Yuri se demanda comment un ordre secret avait réussi à se procurer ce genre de technologie avancée et très coûteuse. Il lut la dernière phrase : « Je serai à ton arrêt de bus, si tu as un problème, fais moi un signe de la main, sinon cligne des yeux. »
« Comment ne pas avoir de problème ? » scanda-t-il pour lui même.
Si seulement il n'avait qu'un seul problème ! Entre l'impossibilité de mettre l'émetteur cardiaque sans attirer l'attention lors des cours de sport, la peur que quelqu'un trouve le parchemin et les chargeurs et aussi et surtout, comment fonctionnait la Haine ??? N'y avait-il pas un risque qu'il l'utilise sans le savoir ?
« Ma parole ils sont tous fous ! »
C'est tout de même plus confiant qu'à son habitude que Yuri se prépara, il rangea le sac à dos de Sélène dans son armoire, tout au fond et bien caché pour que personne ne le découvre, fit un tour dans la salle de bain et une fois propre et habillé de propre, il quitta son foyer sous les doux rayons du soleil.
« BOUH !!!! » cria Julia qui l'attendait, cachée derrière lui.
Après un petit sursaut, ils s'enlacèrent tout en s'embrassant et descendirent jusqu'à l'arrêt de bus ou tout les autres adolescents semblaient étonnés de les voir ensemble. Une fois arrêté, Yuri chercha Sélène du regard, le plus discrètement possible et il la vit quasiment instantanément, adossée, tel une déesse, et c'est image lui allait bien, contre un arbre dans le fond du parc, à l'abri des regards. Il lui fit un très discret signe de la main en gardant cette dernière le long de sa jambe et Sélène réagit derechef en lui envoyant un bisou puis un clin d’œil avant de disparaître dans son pentacle, les cheveux virevoltants. Le cerveau de Yuri lui renvoya la mémoire de l'odeur du parfum de Sélène. Il frémit.
Yuri reporta toute son attention sur Julia pour l'embrasser, sa nouvelle vie commençait, plus mouvementé mais plus agréable que sa vie de solitude. Remonté à bloc, son regard se perdit vers l'avenir...
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