
Les Héritiers du Milliardaire
Chapitre 3
Chapitre 3
Ils voulaient qu'il rentre. Maintenant. Kael regarda son téléphone, les lèvres serrées. Pas de « s'il te plaît », pas de « quand tu auras le temps ». Juste une série d'ordres, comme d'habitude. Il soupira, cala son sac sur son épaule et sortit sans un mot.
L'avion privé l'attendait sur le tarmac. Pas d'excuses pour eux, les Ashford. Le luxe, la rapidité, et une putain de pression constante. Une fois installé, il fixa le ciel par le hublot sans vraiment le voir. Il y avait toujours cette boule dans son estomac chaque fois qu'il retournait chez eux. Comme si le passé s'accrochait à lui, prêt à le noyer dès qu'il franchirait leur seuil.
Quand il arriva, son oncle Harold était déjà là, debout au pied de l'escalier comme une ombre imposante.
« Tu sais pourquoi tu es là ? » Harold ne perdait jamais de temps avec des salutations.
Kael haussa les épaules, l'air nonchalant. « Pas vraiment. Mais j'imagine que ça doit être important pour que tu m'arraches à mes vacances. »
Le visage de son oncle resta impassible. « C'est plus qu'important. C'est crucial. »
Il détestait ce mot. Crucial. Harold l'utilisait à chaque fois qu'il voulait le manipuler.
« Épargne-moi le discours dramatique, oncle. Qu'est-ce que tu veux ? »
Harold tendit une enveloppe noire, épaisse, sans adresse ni cachet officiel. « Lis ça. »
Kael déchira le papier et parcourut rapidement le contenu. Le même ton impératif que d'habitude : « Présence obligatoire. Absence inacceptable. » Il plia la lettre et la glissa dans sa poche.
« Une réunion de famille ? Tu crois vraiment que c'est une bonne idée de nous enfermer tous dans la même pièce ? Ça va exploser. »
Harold le fixa, ses yeux perçants comme des couteaux. « Justement. Il faut que tu sois là pour éviter ça. »
Kael rit, un son amer qui fit écho dans le hall. « Moi ? Le trouble-fête officiel ? Tu veux que je joue au médiateur ? Tu plaisantes. »
« Pas le médiateur. Le chien de garde. » Harold s'approcha, baissant la voix. « Je veux que tu gardes un œil sur Liliana Montclair et Adrian Greyson. »
Kael fronça les sourcils. « Pourquoi eux ? »
Harold hésita, une rare fissure dans son masque de contrôle. « Parce que ce sont eux qui posent le plus de questions. Et les questions mènent souvent à des problèmes. »
Kael hocha la tête, mais son esprit était déjà ailleurs. Adrian et Liliana étaient des noms qu'il connaissait bien, mais pas au point de pouvoir prédire leurs mouvements. Ce serait intéressant.
« Et si je découvre quelque chose ? » demanda-t-il.
Harold posa une main lourde sur son épaule. « Tu viens me voir. Rien de plus. Rien de moins. »
Kael haussa un sourcil mais ne répondit pas. Harold ne donnait jamais de détails, et Kael avait appris à ne pas insister.
Dans sa chambre, il fouilla son sac pour trouver quelque chose à lire, histoire de tuer le temps, mais ses doigts tombèrent sur un carnet usé qu'il ne se souvenait pas avoir emporté. Le cuir était craquelé, les pages jaunies. Il l'ouvrit et trouva une série de symboles étranges, entrelacés comme une toile d'araignée.
Il passa une main dans ses cheveux, frustré. Encore un mystère. Mais cette fois, ce n'était pas Harold qui jouait au marionnettiste.
Il passa des heures à essayer de déchiffrer les notes, mais chaque symbole semblait plus complexe que le précédent. À un moment, il trouva un mot qu'il pouvait lire : « Obsidian ».
Il murmura le mot à voix basse, comme pour tester son poids. Il n'avait aucune idée de ce que cela signifiait, mais une chose était claire : ce carnet n'était pas un hasard.
Le dîner fut un champ de mines. Harold parlait peu, mais chaque phrase était une bombe à retardement. Kael jouait avec sa fourchette, distrait, tout en surveillant son oncle du coin de l'œil.
« Tu sembles ailleurs, » remarqua Harold.
Kael haussa les épaules. « Juste fatigué. »
« Alors repose-toi. Parce que demain, tu entres dans l'arène. »
Kael se força à sourire, mais il savait que rien de ce qui l'attendait ne ressemblait à un simple combat. C'était quelque chose de bien plus profond, bien plus dangereux. Et s'il devait plonger, il s'assurerait de ne pas y aller les yeux fermés.
Vous aimerez aussi





