Couverture du roman Meurtres à Agen

Meurtres à Agen

9.6 / 10.0
Olivier Benoit mène une existence idyllique entre son succès industriel et son mariage solide. Pourtant, son quotidien bascule quand un de ses salariés est exécuté devant l'usine. Si la police privilégie d'abord un crime passionnel, la disparition puis le meurtre sauvage d'un second ouvrier changent la donne. Pris au piège d'un engrenage violent, le patron doit affronter une sombre affaire où les secrets de son entreprise semblent être le seul lien entre les victimes.

Meurtres à Agen Chapitre 1

En cette fin d’après-midi de printemps, l’allée des Jonquilles était encombrée de belles voitures : Porches, Mercedes, BMW… et il y avait même la Ferrari de ce flambeur de Stéphane ; on s’y serait cru au Salon de l’auto.

Les hommes et les femmes qui descendaient de ces superbes limousines faisaient penser à un défilé de Karl Lagerfeld.

Ils se rendaient à l’invitation d’Olivier et de Carole Benoit qui fêtaient leurs 20 ans de mariage.

Olivier avait fêté ses 47 ans le mois précédent. Avec son mètre quatre-vingts, ses soixante-huit kilos, ses yeux malicieux, son sourire moqueur et ses cheveux déjà grisonnants, il attirait naturellement le regard… des femmes en particulier.

Il était sportif et pratiquait régulièrement le tennis, le golf, et plusieurs fois par semaine, il s’adonnait à un footing. Le sport, disait-il, lui donnait l’énergie nécessaire au management de son entreprise.

On voyait en lui l’homme de caractère, déterminé, courageux qui savait concilier travail, amour et loisirs.

À la mort de son père, il avait repris l’usine « Imprimerie Jacques Benoit (IJB) » qu’il avait rebaptisée en « Imprimerie Olivier Benoit (IOB) » et, en moins de trois ans, il l’avait transformée en modernisant l’outil de production vieillissant, en n’hésitant pas à s’endetter non plus. Il avait investi dans des campagnes de communication. Parallèlement, il avait recruté de jeunes loups de la commercialisation qui avaient boosté les ventes et par conséquent le chiffre d’affaires et les bénéfices avaient vite explosé.

Si Olivier attirait le regard des femmes, Carole, sa femme n’était pas en reste et les hommes ne pouvaient demeurer insensibles à son charme tranquille. Son visage n’était qu’harmonie, lumineux. Ses cheveux châtain descendaient en souplesse sur les côtés de sa tête, de son cou et de ses épaules en en épousant tous les contours. Ses yeux verts, et sa bouche bien dessinée la rendaient séduisante.

Son corps était souple, bien proportionné. Sa poitrine était mise en valeur dans sa tenue de mariée qui laissait aussi deviner la forme généreuse de ses fesses.

Carole avait son atelier d’architecte d’intérieur sur les hauteurs de la ville. Elle avait une bonne clientèle et son style était recherché.

La villa du bout de l’allée était illuminée de guirlandes, de projecteurs laser comme un 14 juillet sur les Champs-Élysées et une sono, digne d’un concert de Johnny Hallyday au stade de France qui déversait des chansons et des rythmes des années 80.

La belle demeure blanche de l’allée des Jonquilles, aux allures bourgeoises, dominait une piscine à débordement dont l’eau était multicolorée par des projecteurs de couleurs immergés.

Entre la maison et la piscine, une grande terrasse sur laquelle étaient disposées une vingtaine de chaises.

Sur les côtés, la pelouse était occupée par des buffets chargés des meilleures bouteilles de champagne, de whisky et de divers autres apéritifs et jus de fruits.

D’autres tables étaient recouvertes de plateaux de petits fours que lorgnait une tribu d’enfants que les serveurs avaient du mal à disperser

Olivier et Carole Benoit, les hôtes de la soirée, fêtaient leurs noces de porcelaine, et, on le voit bien, ils n’avaient pas fait les choses à moitié.

C’est Olivier qui, toujours passionnément amoureux de sa femme, avait scénarisé les festivités. Il avait décidé de recréer leur cérémonie de mariage, pour montrer à tous leurs proches que les années n’avaient pas émoussé ses sentiments pour Carole. Il avait minutieusement recherché les amis qui étaient présents lors de leur mariage. Certains avaient quitté la France, d’autres habitaient très loin et ne pouvaient pas se déplacer et deux d’entre eux étaient décédés.

Son ami Victor qui était le maire de l’époque avait accepté de jouer le rôle qu’il avait tenu 20 ans auparavant.

Olivier avait convaincu Carole de s’habiller en mariée, mais comme elle n’avait plus sa robe de l’époque elle avait dû en acheter une nouvelle ressemblante. Lui était en costume blanc comme le jour de la cérémonie. Des fleurs jonchaient les marches qui séparaient la maison de la terrasse.

Ni la mère de Carole, ni son père, ni la maman d’Olivier (son père était décédé) n’avaient voulu se prêter à cette mascarade.

À 21 heures précises, les mariés firent leur apparition.

Le faux maire de ce jour, le vrai de l’époque, les accueillit. Stéphane Moirand et Isabelle Marot les deux vrais témoins des mariés jouèrent parfaitement leur rôle. Des chaises avaient été préparées à l’attention des mariés et de leurs témoins ; ils y prirent place.

Le Maire commença son discours par un solennel

« Tout d’abord, je tiens à vous dire que c’est un grand plaisir pour moi, d’être là, vingt après, pour célébrer le triomphe de l’amour de mes deux amis Olivier et Carole »

Puis il termina, comme le veut la tradition, après avoir échangé leurs alliances qu’ils avaient ôtées avant la cérémonie, Victor dit, toujours sur le ton de la solennité :

— Levez-vous, Olivier et Carole.

Ils s’exécutèrent et le faux Maire poursuivit :

— Je suis heureux de vous unir par les liens sacrés du mariage.

J’espère que vous battrez le record de longévité de vie du mariage, détenu actuellement par Charlotte et John Henderson qui ont fêté leur noce de chêne ; il ne vous reste donc plus que 60 ans à vivre ensemble pour atteindre ce record. L’assemblée rit et applaudit à ces paroles.

— Levons tous nos verres en l’honneur des jeunes mariés !

L’assemblée ne se fit pas prier et se mit à scander :

— Les témoins, un discours, les témoins, un discours…

Martine prit le micro et dit, en s’adressant aux époux :

— Je vous préviens tout de suite que je ne serai pas présente dans 60 ans.

Ces propos déclenchèrent des applaudissements et des rires parmi les invités.

Puis Stéphane s’empara à son tour du micro et lança un tonitruant :

— Eh bien, moi, je relève le défi ; rendez-vous dans 60 ans et je souhaite bonne route aux anciens, nouveaux époux !

Carole estima que le spectacle avait assez duré et décida d’aller se changer. Olivier resta dans son costume blanc.

Stéphane, l’ami de toujours, tout fringant, comme à son habitude, une coupe de champagne à la main, s’était rapproché d’Olivier.

— 20 ans de mariage et combien d’infidélités, lui demanda-t-il, avec un petit sourire narquois ?

— Aucune, répondit Olivier sans hésitation

— Je ne te crois pas… Pas même un p’tit coup demanda-t-il en joignant le geste à la parole, avec une expression libidineuse dans le regard ?

— Je comprends que cela te paraisse bizarre, mais c’est vrai. J’aime vraiment Carole depuis plus de 20 ans avec la même passion et les mêmes désirs… Sais-tu au moins ce que c’est que d’aimer ?

— Tu ne vas pas m’apprendre çà ?

— Oui pour toi l’amour c’est tirer un coup !

— C’est pas mauvais non ?

— Oui bien sûr avec la personne que l’on aime.

— Te voilà plongé dans la philo comme quand on était au lycée. Tu n’es pas drôle tu sais et il s’éloigna en ricanant.

La soirée se poursuivit tard dans la nuit.

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Table des matières de Meurtres à Agen

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