
L'enfant du diable milliardaire Azzario
Chapitre 2
Ainsi c'était lui le père de son enfant ? Emma se haïssait d'avoir écouté son cœur et de s'être introduite dans cette propriété dans l'unique but de faire sa connaissance.
Maintenant, son choix était fait...
Elle devait seulement trouver un moyen de s'enfuir.
- Je suis arrivée en Toscane il y a peu de temps, je suis Anglaise, je voulais faire une petite balade et je me suis perdue.
Emma fit une pause dans laquelle il demeura toujours aussi insensible et froid.
- Quand j'ai vu votre Palazzo je me suis montrée curieuse et je voulais juste l'admirer, veuillez me pardonner monsieur...
Il relâcha son bras et se redressa.
Emma massa son coude douloureux en réprimant une grimace.
- Partez vite, avant que je ne change d'avis ! Dit-il abruptement.
Elle s'éloigna de ce monstre sans un regard en arrière. Jamais elle n'aurait pensé que cet homme pourtant diaboliquement séduisant serait aussi méprisant et sans pitié.
Emma sauta dans sa voiture, jeta un coup d'œil à la dérobée dans sa direction. Quand elle le vit se rapprocher de sa voiture les poings serrés, elle démarra et fit crisser ses pneus sur les graviers en écrasant son pied sur l'accélérateur.
Elle en perdit le contrôle de sa voiture quand elle croisa son regard dans le rétroviseur extérieur. Son cœur se mit à battre rapidement, elle sortit de l'allée interdite et s'arrêta au stop pour reprendre son souffle.
- Seigneur ! Murmura-t-elle d'une voix étranglée.
À son plus grand désarroi, elle n'eut pas le temps de se remettre de cette effroyable rencontre, car un moteur féroce se mit à vrombir derrière sa voiture. Une Lamborghini noire était juste derrière elle. Emma changea son clignotant de direction et emprunta la voie de gauche. Une bouffée de chaleur lui monta aux joues quand la Lamborghini emprunta la même direction.
- Reste calme Emma... s'ordonna-t-elle en prenant soin de reprendre la route principale.
Il la suivait dans l'unique but de s'assurer qu'elle n'était pas une journaliste, et Emma devait à tout prix aller dans un endroit neutre et non chez elle.
Il était hors de question que cet homme des cavernes sache où elle habitait.
Pour sa sécurité et celle de son bébé.
Alors que sa voiture noire lui collait au train, Emma garda une allure raisonnable pour ne pas lui donner une raison supplémentaire d'avoir davantage de soupçons.
Si jamais elle accélérait, si jamais la situation prenait des allures d'une course-poursuite, elle était définitivement fichue.
Grâce au ciel, une place se délivra à la dernière minute. Emma mit son clignotant au dernier moment pour se garer sur la droite, obligeant l'homme à freiner.
Elle inspira péniblement en attrapant son sac et son livre, il fallait absolument feindre de ne pas savoir que c'était lui. Elle descendit de la voiture d'une démarche qui se voulait détendue. La Lamborghini noire était toujours au milieu de la route, bloquant toute la circulation, mais pourtant personne ne semblait vouloir oser klaxonner. Emma traversa la route pour aller jusqu'au restaurant à proximité. Elle prit une place sur la terrasse et s'efforça de sourire au serveur.
- Un jus d'orange s'il... s'il vous plaît.
Au même instant, le bruit de la luxuriante Lamborghini se fit entendre, l'accélération était si brutale que le moteur avait raisonné dans l'étroite rue fleurie de belles fleurs violettes.
Emma ferma les yeux et poussa un soupir tremblant.
Elle sentit son cœur résonner dans ses tempes, des gouttes de sueur perlaient sur son front comme si elle venait de courir un marathon. Elle avait l'impression d'avoir été une biche acculée par un chasseur.
Emma se retint de verser une larme. Maintenant, elle savait laquelle des deux solutions, elle choisirait.
Elle prendrait le deuxième.
Cinq semaines plus tard :
- Encore !
Emma appliqua le fond de teint en tapotant sur le visage de la mannequin.
- Plus !
Elle tapota plus vite sur sa figure, en essayant de cacher ses traits fatigués de la veille. Elle avait la gueule de bois. La folie de sa soirée arrosée était affichée sur son teint pourtant bronzé.
- Vous voulez un verre d'eau ? Proposa-t-elle poliment.
- Ce que je veux, c'est que tu me caches mes cernes, espèce d'empotée ! Donne-moi ça !
Elle lui avait arraché des mains la poudre pour se l'appliquer elle-même.
Emma ravala une traînée de jurons et prit le fer à lisser.
- Ça se voit que tu es stagiaire ! Regarde-moi ça !
La mannequin était au bord de la crise de panique, mais Emma préféra ignorer son ton hautain et s'occupa silencieusement de ses cheveux. Elle laissait la chaleur du fer à lisser absorber son corps. Au premier toucher, Emma trouva que la texture de ses cheveux était rêche et très abîmée.
- Je fais des boucles ? Demanda-t-elle en regardant son reflet dans le miroir.
Elle poussa un râle rauque pour exprimer son agacement.
- Bonsang, mais qui m'a collé une gourde pareille ! Bien sûr que tu les boucles !
Emma s'activa à lui faire des boucles, elle avait envie de lui brûler les cheveux mais s'ordonna de reprendre une attitude professionnelle. Quand elle avait accepté de faire ce stage Emma n'avait pas prévu que l'insémination fonctionne si vite.
Maintenant, son ventre avait grossi, quinze semaines venaient de s'écouler et elle prenait conscience qu'elle était vraiment enceinte. Un sourire se dessina sur ses lèvres fermées, le sourire d'une jeune femme comblée. Son rêve prenait chaque jour un peu plus forme en elle et rien qui puisse se passer autour d'elle ne pouvait lui retirer ce bonheur.
- Allez ! Allez ! Tous à vos places !
La voix aiguë du photographe l'arracha à sa torpeur délicieuse. Emma termina la dernière boucle avant que l'actrice principale de ce shooting se lève d'un bond.
- Bonsang Sharon, tu es aussi cernée que mon grand-père ! Lança le photographe en la suivant du regard quand elle passa devant lui.
Emma retint un rire en se raclant la gorge et se retourna pour que son sourire ne soit pas perceptible.
Azzario exhala un soupir quand les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur lui, et avant même qu'elles ne s'ouvrent complètement, il les passa d'un pas vif et déterminé. Il détestait ce genre d'endroit, l'odeur de parfum et de produits de beauté lui était quasiment insupportable. Pour masquer son énervement, Azzario resta impassible et marcha plus lentement vers la musique assourdissante.
Azzario sortait d'une dépression longue et éprouvante qui avait duré une année entière, qui avait bien failli le conduire au suicide. Il était parvenu à s'en arracher uniquement en se concentrant sur son travail, sur la dynastie de sa famille. Au cours des longs mois qui avaient suivi cette dépression, Azzario avait dressé un rempart qui l'isolait de ses propres émotions. Il avait conscience d'être parfois inhumain...
Il ouvrit la porte et se glissa sur le côté, les mains dans les poches. La séance photo semblait s'éterniser à son plus grand désarroi. Il se retint de l'interrompre et observa Sharon d'un œil avisé. À cet instant, il se demandait pourquoi il l'avait prise comme maîtresse. Sans doute pour combler l'ennui au lit qu'il avait ressenti pendant des mois, sauf qu'il se rendait à présent compte qu'il avait été trop rapide. Même s'il s'agissait d'une courte idylle, il n'était pas prêt... plus du tout prêt à faire rentrer une femme dans sa vie, dans son intimité. Même en jouant l'indifférence, Azzario voyait en cette femme le soulèvement de souvenirs trop douloureux. Elle ressemblait à toutes les autres, sournoise, hautaine, sûre d'elle, issue de la mondanité et il devait malheureusement y faire face tous les jours.
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