
L'enfant du diable milliardaire Azzario
Chapitre 3
E
Pour masquer son énervement, Azzario détourna la tête et ferma brièvement les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, Azzario s'arrêta sur une frêle silhouette au loin. Il plissa les yeux et son sang se mit à couler plus vite dans ses veines... pas de doute, Azzario avait devant lui la petite Anglaise qui quelques semaines auparavant s'était introduite dans sa propriété. Il l'aurait reconnue entre mille ! Son teint diaphane ne passait pas inaperçu, sa silhouette gracile et ses yeux bleus étaient impossibles à éviter. Ses cheveux noirs étaient cette fois-ci détachés, son visage était dégagé par un peigne en papillon, l'ondulation de ses cheveux descendait en cascades sur sa poitrine, laissant entrevoir quelques reflets roux.
Jamais il n'aurait cru revoir cette jeune femme...
Mais le fait de la voir ici lui retirait tout soupçon qu'il avait eu à son égard. En effet, elle n'avait rien à voir avec le profil d'une journaliste. Ses yeux bleus reflétaient la panique comme une biche prise dans les griffes d'un chasseur, mais pourtant, ils semblaient pleins de vie.
Quand elle se retourna complètement vers lui sans pour autant l'apercevoir, Azzario se redressa instantanément quand il vit sur elle un petit détail impossible à éviter. Son ventre était légèrement arrondi, moulé par un débardeur simple.
Immédiatement, il se sentit coupable tandis que ses mauvais souvenirs remontèrent en lui comme une mer déchaînée. Était-elle déjà enceinte quand il l'avait brutalisée ? Azzario serra ses mâchoires et s'avança d'un pas pour mieux voir son ventre. Il était presque en train de s'attendrir pour cette inconnue. Il devait immédiatement se reprendre !
- Qui a débranché le câble !
La voix du photographe coupa court à ses réflexions. Il quitta des yeux la jeune femme pour jeter un coup d'œil rapide vers le jeune homme.
- Trouvez-moi ce câble !
Azzario reporta son attention sur la jeune Anglaise. Elle avait disparu. Il sortit ses mains de ses poches et se mit à balayer le studio du regard. Telle fut sa stupéfaction quand il la vit ramper à quatre pattes dans sa direction, suivant les câbles électriques des yeux.
- Dios mio ! Murmura-t-il d'une voix grave.
Personne ne semblait se soucier d'elle, et de ce qu'elle faisait.
Enceinte.
Azzario décida de mettre un terme à ce moment inconcevable à ses yeux et posa son pied sur le câble. Quand elle se retrouva devant lui, bloquée par son pied, elle tenta de tirer le câble sans relever la tête.
- Pourriez-vous retirer votre pied monsieur ?
Sa voix ne s'éleva pas plus haut qu'un murmure.
Azzario ne bougea pas jusqu'à ce qu'elle relève enfin la tête.
Ses grands yeux bleus s'écarquillèrent et il y trouva une certaine satisfaction.
Sa peau blanche devint rouge, effaçant ses petites taches de rousseur.
- Comme on se retrouve...
Emma sentit tout son corps s'immobiliser. Son visage déjà brûlant à cause de ses bouffées de chaleur devint sur-le-champ cramoisi. Rien ne pourrait lui retirer son bonheur avait-elle dit dans sa tête il y a moins de dix minutes. Et bien elle venait lourdement se tromper. La situation aussi embarrassante soit-elle, Emma crut être victime d'une hallucination quand elle avait relevé la tête. Hélas, elle était bel et bien à quatre pattes devant le père de son bébé. Cet homme froid, qui avait en lui une forme de dureté impitoyable, qui l'avait menacé de l'envoyer en prison. Cet homme qu'elle pensait ne jamais revoir de sa vie.
Emma trouva la force de se relever d'un pas maladroit.
- Vous... mais qu'est-ce que vous faites ici ? Demanda-t-elle en serrant le câble électrique dans sa main.
- Je pourrais vous retourner la question, mademoiselle Brok.
- Et... et bien je travaille, dit-elle en un froncement de sourcils, vous, vous vous souvenez de mon prénom ?
Impassible, il retira son pied du filet et baissa son regard sur son ventre rond.
Immédiatement, Emma sentit son cœur battre dans le bout de ses doigts, et mit son avant-bras sur ce dernier.
- Je n'oublie jamais un nom et un visage, déclara-t-il en arrimant ses yeux aux siens.
Ne pas céder à la panique, songea-t-elle en prenant une attitude parfaitement détendue. Mais comment rester flasque et insensible devant cet homme implacable, qui recommençait à l'étudier sans vergogne ?
- Donc, vous étiez réellement perdue ?
Emma papillonna des cils pour comprendre sa phrase.
- Oui... je l'étais monsieur.
Mon dieu s'il savait vraiment l'origine de sa visite !
- Et pourquoi ne pas m'en avoir mis au courant ? Demanda-t-il avec un rictus qui se voulait étrange.
Emma avait l'impression que le sol se dérobait sous ses pieds. L'avait-il démasquée ? Était-il au courant ?
- Qu... quoi ? Bredouilla-t-elle en feignant de ne pas comprendre.
- Votre grossesse, dit-il en manifestant un ton presque dédaigneux, pourquoi ne pas avoir joué cette carte ? J'aurais pu vous laisser partir bien plus vite.
Consternée qu'il puisse croire qu'elle se servirait de son enfant... son enfant ! Emma serra les mâchoires, mais se sentit détendue qu'il ne se doute de rien.
- Est-ce que vous, vous vous seriez montré moins brutal pour autant ?
- Peut-être. Répondit-il d'une voix énigmatique.
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