Couverture du roman Captive de son Patron

Captive de son Patron

9.2 / 10.0
Fraîchement diplômée, Haylee intègre la prestigieuse Carrera Corporation. Son départ pour New York l'immerge dans un milieu compétitif où ses rivaux ne lui font aucun cadeau. Sa rencontre avec Emilio, son patron aussi puissant que magnétique, bouleverse son quotidien. Si cet homme d'affaires charismatique suscite toutes les convoitises, Haylee pense pouvoir rester de marbre. Entre ambition professionnelle et émois naissants, parviendra-t-elle à ne pas céder à la tentation ?

Captive de son Patron Chapitre 1

Haylee

Étudiante chevronnée et première de ma promotion, je me réveille ce matin, la tête dans les nuages.

Aujourd'hui, le grand départ, celui qui est essentiel pour ma nouvelle vie a sonné. Je vais déserter ma ville natale et quitter ma famille, mais également ma meilleure amie, Nina.

Suis-je réellement prête à sauter dans le grand bain ? pensé-je.

Cette question qui ne cesse de tourner dans mon esprit restera sans réponse si je continue de me

bloquer. La solution est à portée de main; pourtant, au fond de moi, une voix fluette résonne. Elle me crie de faire attention et de ne pas me jeter tête baissée. Elle serait rationnelle, si ma nature de fonceuse ne faisait pas surface de temps à autre. Malgré tout, je demeure une fille paisible et mesurée. J'observe d'abord l'environnement qui m'entoure et la situation dans laquelle je me trouve. Evidemment, dans certains cas, mon impulsivité me joue des tours, mais avec de la patience, j'arrive à trouver une stabilité réelle.

Je consulte mon réveil, celui-ci affiche 6 h 30, il est temps pour moi de me dépêcher si je ne veux pas

rater mon avion. Surtout que je dois avoir au minimum deux heures d'avance, le temps de m'enregistrer et d'effectuer le reste des formalités. Destination la Grande Pomme, ville lumière pour une vie naissante.

Heureusement, que je suis organisée. Sinon, ce serait la catastrophe.

Après une douche rapide, j'ai à peine le temps de sortir de la salle de bain, enroulée dans une

serviette moelleuse signée Kenzo, que ma meilleure amie débarque comme une fusée dans mon appartement et arrive en courant pour me foncer dessus comme une tornade. Elle me saute littéralement dans les bras et a bien failli nous faire tomber à la renverse.

- Tu vas tellement me manquer ma chérie, m'annonce-t-elle les larmes au bord des yeux.

- Et toi, encore plus réponds-je la gorge nouée.

Je la câline avec douceur pour ne pas la brusquer plus qu'elle ne l'est déjà. Après ce petit instant riche

en émotions fortes, je m'écarte avec précaution et lui intime en un regard de me suivre jusqu'à ma chambre.

Je boucle ma valise et jette une œillade morose à ce qui représente ma chambre. Elle n'était pas

vraiment grande, à peine seize mètres carré, mais bien plus que suffisante pour moi. Mon lit qui se trouve en face de la porte, s'appuie sur un mur au papier peint violet, apportant un petit côté cocooning à la pièce. Au-dessus, une étagère avec ma petite collection de livres aux univers variés, du fantastique à la romance, ou bien encore de la Dark romance et le comble du bonheur les incontournables 50 nuances de Grey de E L James. À droite de mon lit, mon bureau et ma commode composée de tiroirs dont un réservé à mes sous-vêtements sexy et affriolants comme le dit si bien Nina sans oublier mon indispensable compagnon pour mes soirées coquines. Et à gauche, mon armoire et une porte fenêtre qui donne sur mon petit jardin secret.

Bientôt une nouvelle existence, un nouvel appartement et je l'espère, une vie trépidante et pleine

d'aventures. Mon regard se pose immédiatement sur mon unique amie et nous voilà parties à pleurer comme des madeleines. Je me précipite dans ses bras, pour un dernier câlin réconfortant. Cette fois, les rôles sont inversés.

Que vais-je devenir sans elle ? C'est la personne la plus gentille que je connaisse. Elle représente

l'unique personne qui va me manquer dans cette ville. Même ma propre famille ne me fait rien comparé à elle.

- Tu me promets de m'appeler tous les jours ? quémande Nina de sa voix fluette, empreinte d'une

tristesse à fendre l'âme.

- Évidemment ! Tu seras au courant de toutes mes aventures, affirmé-je.

La sonnette retentit, c'est le moment. Plus de retour en arrière possible. Je récupère mon bagage puis

part en direction de l'entrée, Nina sur mes talons. Comme un réflexe de survie depuis ce drame, je regarde à travers le judas et vois mes parents ainsi que ma sœur sur le palier. J'ouvre la porte avec appréhension, sentant le stress monter en flèche.

Sois forte ! Pas de larmes, pas de regrets, martelé-je mon esprit de ce mantra.

À peine un pied à l'extérieur de mon cocon, pas de bonjour ou autre que ma mère s'empresse de me

réprimander.

- Haylee, pourquoi prends-tu une grosse valise !? Tu n'as pas besoin de tout cela. J'ai investi dans ta

garde-robe, les plus grandes marques de prêt-à-porter ornent ton futur dressing.

Je mordille l'intérieur de la joue pour ne pas accentuer ma gêne et surtout pour ne pas ajouter de

l'huile sur le feu.

- Maman, je te remercie pour tout; seulement, tu n'avais pas besoin de faire de frais inutiles. J'ai

déjà tout ce qu'il me faut.

- Elle a raison, Haylee. Tu vas travailler pour le milliardaire le plus connu du monde et tes vêtements

ne sont pas à la hauteur. Ils sont démodés et immondes. Un peu de classe ne te fera pas de mal, rétorque Brooke un sourire arrogant collé au visage.

C'était sans compter sur l'intervention de madame rabat-joie qui ne peut s'empêcher de m'humilier et

de me rabaisser. Mon sang ne fait qu'un tour, elle a le don de mettre sur les nerfs.

- Personnellement, je m'en moque de ton avis. Et d'ailleurs qu'est-ce que tu y connais à la mode ?

Regarde-toi ! Tu es d'une vulgarité affligeante, répliqué-je sèchement.

- Ça suffit toutes les deux, intervient mon père. Vous avez quel âge ? Un peu de tenue quand même.

Je me renfrogne et cède encore une fois. Désormais, je sais pourquoi j'ai décidé de postuler dans une

autre ville. Ma sœur me tape sur le système. Au moins à New York, je n'aurais plus à subir ses piques en permanence. Je prends mon père dans mes bras pour une dernière accolade. Comme à son habitude, ma mère me salue d'un hochement de tête et Brooke ne me calcule pas.

Tant mieux!

******

Nina et moi sommes arrivées à l'aéroport. Durant tout le trajet, elle n'a pas arrêté de pleurer. De mon

côté, mon altercation avec ma sœur m'a, une fois de plus, mis les nerfs en pelote. Notre relation a toujours été conflictuelle depuis notre enfance. À se demander si nous sommes réellement jumelles.

Enfin, c'est la vie!

J'ai procédé à mon enregistrement et pris une dernière fois, mon amie dans mes bras. Elle va atrocement me manquer, si j'avais pu je l'aurais emmenée avec moi, mais très vite, je balaye cette pensée. Lui imposer cela serait uniquement pur égoïsme de ma part et je m'y refuse.

- Nina, arrête de pleurer s'il te plaît ! demandé-je doucement en lui frottant le dos.

- Désolée, s'excuse-t-elle. Seulement ma meilleure amie part à plusieurs kilomètres et ça me rend

triste.

- On s'appellera tous les jours et on se reverra aussi.

- Absolument ! s'exclame-t-elle. Tu ne te débarrasseras pas de moi comme ça. Amie pour la vie.

Une voix résonne dans le haut-parleur informant que le vol en direction de New York est ouvert. Je

resserre notre étreinte une dernière fois et me dirige vers la porte d'embarcation, non sans ressentir ce poids qui me compresse la poitrine. J'avance d'un pas incertain, les yeux embués de larmes que je m'efforce de retenir.

Nouvelle vie, me voilà !

Le vol s'est bien déroulé. Pas de perturbations, pas de cris, rien. À peine un pied posé sur le sol new-

yorkais que je me suis dirigée dans mon nouvel appartement acheté par mes parents qui veulent toujour voir les choses en grand. Le logement est magnifique, mais il ne correspond pas à mes goûts. Trop grand, trop luxueux, il reflète parfaitement l'image hautaine et pourrie gâtée de Brooke.

Moi jalouse ?! Non, je suis juste réaliste.

Je vais devoir m'occuper de ce petit détail pour le transformer en cocon chaleureux et douillet. Je

poursuis la visite de mon nouveau lieu de vie et finis par ranger mes affaires. Je considère mon dressing qui déborde de vêtements en tout genre. Ma mère ne s'est pas foutue de moi; seulement ces habits ne me représentent pas. Je souffle désespérée puis décide de prendre un bain salutaire pour me relaxer totalement.

Après une heure de détente et de soins, je sors de celui-ci, enfile un peignoir en soie de couleur

crème et pars dans la cuisine pour me servir une coupe de champagne. Autant profiter de ce nouveau confort. Pour ce soir, un repas frugal et rapide, cela ira parfaitement bien et en tout état de cause, je n'ai pas eu le temps de faire les courses.

Ce matin, je me réveille difficilement.

Effectivement, j'ai consacré ma soirée à cogiter. Une véritable

boule de nerfs incapable de se tranquilliser un minimum. Je n'ai pas arrêté de penser à mon futur patron, Emilio Carrera. Je ne l'ai encore jamais vu, même pas dans les magazines. Je préfère préserver le mystère et le rencontrer en chair et en os. Comment est-il physiquement ? Quel comportement a-t-il envers ses employés ? Plein de questions de ce genre ont tourné dans mon esprit.

Je me suis également remémoré tous les moments que j'ai passés avec Nina. Et le plus récent

remonte à la validation de ma candidature. J'avais postulé en découvrant que le PDG recherchait une assistante de communication et marketing. Quand la réponse est tombée, j'ai littéralement bondi du lit et sauté dans tous les sens.

Mon stress s'était envolé pour laisser place à la délivrance et à l'enthousiasme.

Je finis par me lever et me dirige directement dans ma salle de bain. Aujourd'hui, c'est mon premier

jour dans ma nouvelle vie, mais aussi dans le véritable marché du travail. Finis les petits boulots pour pouvoir gagner de l'argent. Je rentre dans la cour des grands. Il faut que je sois irréprochable. Je me déshabille et entre aussitôt dans ma douche à l'Italienne. Après une bonne dizaine de minutes, je sors, m'enroule dans une serviette et prends la direction de mon dressing.

Je regarde à l'intérieur de celui-ci et jette mon dévolu sur une tenue chic et décontractée en même

temps, rien de mieux qu'un pantalon noir taille haute, un haut blanc à col rond et le tout accompagné d'un blazer noir également, sans oublier une paire d'escarpins. Je me regarde une dernière fois dans le miroir et constate que tout est parfait. Je récupère mon téléphone sur ma table de chevet et pars en direction du salon. J'organise mon sac et lance l'appel avec Nina. Elle décroche au bout de la quatrième sonnerie.

- Salut ma chérie ! Dis, tu n'as pas oublié de me téléphoner hier en arrivant ?

- Salut ! Oui désolée, j'avais l'esprit ailleurs. Tu ne m'en veux pas ?

- Bien sûr que non. Et sinon, tout se passe bien ? Tu as bien dormi ? Pas trop stressée ? enchaîne-t-

elle les questions.

Nina, doucement, tu vas finir par manquer d'air, répondis-je amusée. Et donc, oui tout se passe

bien ; le logement est d'une beauté à couper le souffle même s'il ne me correspond pas. Hier soir, je me suis installée tranquillement, pris un bon bain et après dodo. Ensuite, pour le travail, je suis complètement stressée.

- Super tout ça. Et ne t'inquiète pas outre mesure. Tu vas être fabuleuse comme à chaque fois. Bon,

ma chérie, je dois te laisser, mais on s'appelle plus tard. Bonne chance pour ton premier jour et applique ce que je t'ai appris.

- Bisous et merci.

Une fois la conversation terminée, je raccroche, saisis mon sac à main et me dirige vers la sortie. Une

fois, dehors, je télécharge une application de taxi et passe commande. Mon moyen de transport sera sur place dans environ quinze minutes.

Tellement anxieuse que je me ronge les ongles. STOP ! Pense à la méthode de relaxation de Nina.

Inspire une grande bouffée d'air et expire doucement. Je réitère l'opération trois ou quatre fois, juste avant

d'apercevoir mon taxi arriver.

En définitive, sa technique fonctionne plutôt bien. Me voilà beaucoup plus calme et apaisée, en

direction de mon lieu de travail.

Au bout de quelques minutes seulement, le taxi s'arrête devant un immense bâtiment. Je descends du

véhicule et paie ma course.

Je me retourne face à l'immeuble dans lequel je vais travailler à compter de ce jour et reste quelques

secondes, abasourdie par la vue qui s'offre à moi. Il est gigantesque !

Bon, assez tergiverser, maintenant, c'est l'heure de montrer qui tu es !

Je franchis le tourniquet et pénètre dans le hall. Mon souffle se coupe instantanément. Si de

l'extérieur, il paraît superbe, de l'intérieur, il est sublime. Tout est d'un blanc immaculé. Les gigantesques baies vitrées offrent une luminosité éblouissante. Le sol en marbre blanc est ciré à la perfection. Le plafond est habillé de lustres grandioses. Le mobilier, d'un blanc laqué, s'accorde parfaitement à la luxure de l'immeuble.

J'arrête ma contemplation et me dirige vers la réception. Une jeune femme - qui selon moi ressemble

énormément à ma jumelle - au maquillage démesuré, forte poitrine, robe très courte et serrée avec un décolleté exagéré, et des talons d'au moins dix centimètres, reluque sans gêne les hommes installés dans le petit salon.

Je confirme, c'est Brooke numéro deux.

Tellement absorbée par son inspection écœurante, qu'elle ne me remarque aucunement. Pour mettre

fin à cette vision d'horreur, je me racle la gorge. Celle-ci me lance une œillade noire, mais je m'en contrefiche.

Je suis ici pour travailler et non pour draguer tous les hommes qui se présentent. À croire que les

rôles sont inversés et que cette fois-ci, ce sont eux les morceaux de viande mis en vente sur l'étalage du boucher.

- Bonjour ! Que puis-je faire pour vous ? demande-t-elle d'un ton hautain.

- Bonjour ! Je souhaite rencontrer monsieur Carrera, répliqué-je froidement.

L'hôtesse me regarde en biais. Je hais ces femmes qui se croient tout permis. Elle déteste son travail,

en revanche, elle adore dévisager les hommes de façon suggestive.

Désolée de te déranger dans ta contemplation, mais j'ai horreur qu'on me snobe ou qu'on me prenne

de haut.

- C'est à quel sujet ? reprit-elle plus mielleuse.

- J'ai rendez-vous avec lui à neuf heures précisément.

- Je vais vérifier, un instant ! Et vous êtes...

Elle commence à me sortir par les yeux, cette dinde !

- Mademoiselle Graham.

- Un instant, je vous prie. Ah oui, effectivement. Son bureau est au dernier étage, présentez-vous à

la secrétaire. Elle vous conduira a lui, rétorque-t-elle tranchante.

- Merci et bonne journée à vous aussi, sifflé-je.

J'espère que la secrétaire sera plus humble et plus aimable que cette cruche. Sinon ça va être difficile

de travailler ici. Ainsi, j'entre dans l'ascenseur et appuie sur le bouton qui correspond au dernier étage. Arrivée à destination, je m'avance jusqu'au bureau de l'assistante. Assurément, je me retrouve avec une nouvelle Brooke.

Décidément, il ne recrute que des filles vulgaires dans cette entreprise.

- Bonjour, en quoi puis-je vous aider ?

- Bonjour, j'ai rendez-vous avec monsieur Carrera, pour le poste d'assistante.

- Très bien, mademoiselle ?

- Pardon ! Mademoiselle Graham, Haylee Graham.

- Monsieur Carrera est pour le moment en réunion. Veuillez patienter dans le petit patio, au bout du

couloir, explique-t-elle en me désignant l'espace de son doigt manucuré.

- Très bien, merci.

Je pars m'installer sur l'un des fauteuils de l'espace qui propose une vue imprenable de Manhattan.

Mes jambes commencent à s'ankyloser à force de rester assise sans rien faire. Heureusement pour moi, la secrétaire arrive et m'informe que monsieur Carrera va me recevoir.

Enfin ! J'ai cru qu'il m'avait oublié. Une heure à attendre, c'est abuser franchement.

- Son bureau se situe au fond du couloir à droite.

Je la remercie et pars pour le bureau du PDG. Au moment d'arriver devant sa porte, mon stress

revient à son paroxysme. Je prends quelques minutes pour apaiser mon rythme cardiaque. Je ne perds pas plus de temps et cogne à la porte. Une voix imposante résonne jusqu'à mes oreilles.

- Entrez !

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