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Couverture du roman La Revanche d'une Fille Trahie

La Revanche d'une Fille Trahie

Amélie Dubois a péri, trahie par son père Jean-Luc qui a sacrifié sa vie et celle d'Isabelle, sa mère, pour sauver son fils illégitime Lucas. Miraculeusement renvoyée dans le passé, Amélie s'éveille le jour même du sabotage mortel des freins. Face au sourire hypocrite de son géniteur, la jeune fille feint un malaise pour échapper au piège. Armée de ses souvenirs, elle entame une vengeance glaciale contre lui et sa maîtresse Sophie. La traque contre ses bourreaux commence.
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Chapitre 2

La dernière chose que j'ai sentie, c'était le froid. Un froid qui n'avait rien à voir avec la température de la pièce, mais qui venait de l'intérieur, gelant mes veines. Le bip régulier du moniteur cardiaque à côté de mon lit s'est transformé en une ligne droite, un son strident et continu qui a déchiré le silence de l'hôpital.

J'ai vu des infirmières se précipiter. J'ai vu le visage de mon père, Jean-Luc, déformé par une grimace qui se voulait du chagrin, mais qui cachait mal un triomphe sinistre. Il a signé les papiers. D'abord l'arrêt des soins, puis le don d'organes. Pour moi, Amélie Dubois, et pour ma mère, Isabelle, qui gisait dans le coma dans la chambre voisine.

Tout ça pour un rein. Nos reins. Compatibles avec son fils illégitime, Lucas, que sa maîtresse Sophie venait de lui donner. Un héritier, enfin. Un héritier qui avait besoin de nos pièces détachées pour vivre.

L'obscurité m'a avalée. C'était la fin.

Puis, une lumière violente m'a aveuglée.

J'ai cligné des yeux, désorientée. L'odeur stérile de l'hôpital avait disparu, remplacée par celle, familière, du café et des croissants chauds. J'étais dans mon lit, dans ma chambre d'adolescente. Le soleil du matin filtrait à travers les rideaux.

Un bruit dans la cuisine... C'était le rire de ma mère.

Un rire que je n'avais plus entendu depuis ce qui me semblait une éternité.

Mon cœur a martelé ma poitrine. J'ai attrapé mon téléphone sur la table de chevet. La date affichée à l'écran m'a glacé le sang.

C'était aujourd'hui. Le jour de l'accident.

Je suis sortie du lit, mes jambes tremblantes. Dans le couloir, j'ai croisé ma mère. Elle portait son tablier, une trace de farine sur la joue. Ses yeux étaient cernés par la fatigue, mais elle me souriait.

« Bonjour ma chérie, bien dormi ? Ton père et toi, vous allez faire une belle balade aujourd'hui. »

Ce sourire. Ce sourire aimant et fatigué. Le sourire d'une femme qui donnait tout pour sa famille, sans jamais rien demander en retour. Une femme aveuglée par l'amour qu'elle portait à l'homme qui avait planifié sa mort.

La nausée m'a prise. Je me suis souvenue. Je me suis souvenue de toutes les petites choses. Les absences répétées de mon père, ses "réunions tardives". L'odeur d'un parfum inconnu sur ses chemises. Son indifférence grandissante envers ma mère, sa froideur envers moi. Il voulait un fils. Il me l'avait dit, un soir où il avait trop bu, que les filles, ça ne servait à rien pour perpétuer le nom des Dubois. Ma mère l'avait défendu, disant qu'il ne le pensait pas.

Mais il le pensait. Tellement fort qu'il était prêt à nous tuer pour l'obtenir.

À ce moment-là, il est entré dans le couloir. Jean-Luc Dubois. Mon père. Fraîchement rasé, impeccable dans sa chemise bien repassée. Il m'a adressé un grand sourire.

« Amélie, ma princesse ! Prête pour notre sortie ? »

Ce sourire hypocrite. Ce ton faussement enjoué. J'ai vu à travers. J'ai vu le monstre calculateur qui se cachait derrière le masque du père de famille respectable. L'homme qui, dans quelques heures, allait vérifier que les freins de la voiture de ma mère avaient bien été sabotés, avant de nous envoyer à la mort.

Mon corps s'est raidi. La haine, pure et glaciale, m'a envahie.

Non. Pas cette fois.

Cette fois, je savais. Et j'allais lui faire payer. À lui, et à cette garce de Sophie. Je le jure sur la vie de ma mère.

J'ai forcé un sourire.

« Bonjour Papa. En fait, je ne me sens pas très bien. J'ai un mal de tête terrible. Je ne pense pas que je vais pouvoir venir. »

Le visage de mon père s'est figé une fraction de seconde. Une lueur d'agacement a traversé son regard avant d'être immédiatement remplacée par une fausse inquiétude.

« Oh ? Ma pauvre chérie. Tu veux que j'aille te chercher quelque chose à la pharmacie ? »

« Non, ça va aller. Mais Maman devrait rester avec moi. On pourrait peut-être reporter la sortie ? »

Ma mère s'est approchée, posant une main fraîche sur mon front.

« Tu n'as pas de fièvre. Amélie, on avait prévu ça depuis une semaine. Tu es sûre que ça ne va pas ? C'est dommage, il fait si beau. »

Sa voix était pleine de déception. Elle se faisait une telle joie de cette journée, une rare occasion de passer du temps en famille. Mon cœur s'est serré.

« Je suis désolée, Maman. Vraiment. J'ai très mal à la tête. On pourrait juste rester à la maison, regarder un film toutes les deux ? »

Jean-Luc a insisté, son ton se faisant plus pressant.

« Ne sois pas capricieuse, Amélie. Un peu d'air frais te fera du bien. Allez, habille-toi. »

Je l'ai regardé droit dans les yeux.

« Non. »

Le mot est sorti, sec et définitif. Un silence pesant s'est installé. Ma mère nous regardait, mal à l'aise. Elle n'avait pas l'habitude que je tienne tête à mon père de cette façon.

Pour gagner du temps, pour détourner l'attention, j'ai changé de sujet. Je me suis tournée vers ma mère.

« Maman, tu ne me parles jamais de ta famille. De ton frère. Comment il s'appelle déjà ? »

Isabelle a paru surprise.

« Mon frère ? Antoine ? Pourquoi tu me demandes ça tout d'un coup ? »

« Je ne sais pas, j'y pensais. Il fait quoi dans la vie ? On ne le voit jamais. »

Ma mère a soupiré, un voile de tristesse dans le regard.

« Oh, ton oncle Antoine... C'est un homme très occupé. Il a une grosse entreprise à Paris. On ne se parle pas beaucoup. Il a toujours été... très protecteur. Il n'a jamais vraiment apprécié ton père. »

Une information. Une information cruciale. Un allié potentiel. Un oncle influent à Paris qui n'aimait pas mon père. Le destin m'offrait une carte. Il fallait que je la joue.

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