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Couverture du roman Insouciance

Insouciance

Le quotidien est une source intarissable de dilemmes et d'épreuves qui jalonnent l'existence humaine. Face à ces flux incessants de difficultés, chaque individu détient le pouvoir de définir sa propre réaction. Ce récit explore la dualité entre subir passivement les aléas de la vie ou choisir de transformer chaque obstacle en une leçon enrichissante. C'est une réflexion profonde sur la résilience et la liberté personnelle face aux tourments du destin.
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Chapitre 1

—————-

Il est l’heure !

Après 365 jours à faire le tour du pays avec une couronne sur la tête. Il est l’heure de céder ma place. Cette place à laquelle que je me suis attachée. Cette place qui m’a ouvert des portes. Cette place grâce à laquelle j’ai fait des rencontres incroyables. Cette place qui a ressorti la guerrière que je suis.

Ce soir, j’enlève ma couronne de miss et c’est avec beaucoup d’émotion que je le fais.

Cette année est si vite passé. J’ai à peine eu le temps de m’occuper de moi.

Mais s’il fallait le refaire, j’allais participer encore et encore.

Quand je vois ces deux jeunes femmes qui attendent le verdict final, je repense à l’année dernière.

J’avais peur, je tremblais. Bien que certaines personnes me disaient que j’avais toutes mes chances, je ne savais pas si j’allais réellement porter cette couronne.

À l’annonce de la nouvelle miss, je me lève et je monte sur le podium. Je me rapproche d’elle et je lui mets sa couronne sur la tête.

Moi (la regardant dans les yeux) : bonne chance.

Elle me prend dans ses bras en me disant merci.

Je suis assez surprise mais je ne la repousse pas. Après tout, les caméras sont sur nous.

Je la laisse se détacher de moi pour prendre une photo.

Elle (la nouvelle miss) : j’espère être comme toi.

Moi : je te souhaite de faire mieux.

Je lui fait un sourire avant de descendre du podium.

Ça y est, c’est terminé !

Tous les photographes s’intéressent à elle. Je pense que c’est le plus dur après une année à être le centre du « monde ».

Tzs Tzs

Je prends mon téléphone dans ma pochette et je vois l’heure qu’il se fait.

Je refuse volontairement de répondre à cet appel parce que je n’ai pas envie de m’énerver. Ce n’est pas le moment.

Étant donné que tout le monde est occupé à célébrer, je profite pour m’éclipser.

Pas de bol pour moi car certains journalistes et blogueurs sont dehors.

Un blogueur s’approche de moi et me demande ce que je pense de la nouvelle miss.

Je n’ai honnêtement rien à dire de particulier mais je trouve des mots appréciatifs pour lui souhaiter le meilleur durant son mandat.

Lorsque je vois un autre s’approcher de moi, je fais semblant d’être pressée.

Je fonce vers le parking et je quitte les lieux.

Cette voiture, je l’ai eu en lot après mon élection l’an dernier.

Après 15 minutes de route, je m’arrête à la situation service pour faire le plein. J’ai appris qu’il y aura une grève, j’anticipe.

Une fois le réservoir plein à couler, je cède ma place à quelqu’un d’autre et je fonce chez moi.

Ce moment seul dans cette voiture avec une musique en fond me fait penser à ma vie.

Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire maintenant ? Vers quoi me diriger ?

Suis-je irresponsable d’y penser maintenant ? Oui, probablement. Surtout que j’ai quelqu’un à ma charge.

Après 10 minutes de route je me gare enfin dans ma concession.

Je retire la clé du contact et au lieu de descendre, je laisse tomber ma tête sur le volant.

Je reste dans cette position pendant une dizaine de minutes et c’est avec le bruit de mon téléphone que je sors de mes pensées.

J’hésite réellement à décrocher, je ne veux pas me prendre la tête avec lui.

Je décide une fois de plus de ne pas répondre.

J’élève mes talons et je descends de la voiture.

Le gardien : bonsoir madame.

Moi : bonsoir.

Lui : madame, le tonton qui d’habitude était là.

Je sais de qui il parle, je lui fais un simple de la tête et je rentre.

Une fois à l’intérieur de la maison, je vais jeter mon corps sur un canapé.

Mais c’est compter le bruit de Maya.

Ohlala pas ça !

Je me lève et je vais la voir dans son berceau.

Si son père apprend que je l’ai laissé ici avec la copine du gardien il va me tuer.

Je n’ai plus de nounou. Quand je sors la nuit, je laisse Maya avec la copine de mon gardien.

C’est une jeune femme de 25 ans qui jusqu’ici me rend service contre une somme assez raisonnable.

Elle est douce, c’est pour cela que je me permets de lui laisser ma fille.

Elle (venant derrière moi) : ah madame vous êtes de retour.

Moi : oui, je vais la prendre ne t’en fais pas.

Elle : si vous êtes fatiguée je peux la garder.

Moi : non c’est bon.

Je prends la petite dans mes bras et je lui demande de me suivre au salon.

Moi (lui remettant son argent) : merci beaucoup.

Elle (se baissant par respect) : non c’est rien madame.

Moi : à la prochaine.

Je l’accompagne à la porte puis je profite pour fermer la porte.

Moi (regardant la petite) : Maya qu’est-ce qu’il y a bébé ?

Tzs Tzs Tzs

Je regarde mon téléphone et je réponds.

Moi : allô ?

Il crie sur moi, comme un fou !

Lui : ah donc tu avais ton téléphone sur toi mais tu ne voulais pas me répondre c’est ça ? Tu joues avec moi ? Je t’appelle depuis plus d’une heure et tu fais exprès de ne pas répondre.

Moi : Stan j’étais occupé.

Lui : occupée ? À laisser mon enfant avec des inconnus ? Tu ne sais pas à qui tu as affaire j’ai l’impression. Tu vas dans tes concours de pute et tu laisses ma fille seule ?

Je lève mes yeux vers le ciel car j’en ai marre de l’entendre me répéter les choses mêmes.

Moi : tu sais faire quoi d’autre à part me crier dessus ?

Lui : tu l’as laissé avec qui ?

Moi : elle était en sécurité, c’est le plus important.

Lui : tu devrais avoir honte de toi ! Tu laisses ta fille d’un an pour aller montrer ton corps de pute au monde.

Moi : tu as terminé ?

Je ne lui laisse même pas l’occasion de répondre, je raccroche.

Je regarde Maya, qui me regarde les yeux grands ouverts.

Moi : j’espère que tu seras meilleure personne que moi. Je l’espère vraiment.

Dalina Mengue, ex miss Gabon !

J’ai 25 ans et pour une ex miss je mesure 1m73, pas très grande, j’en suis consciente.

J’ai un master 2 en Marketing mais je ne me vois pas travailler là dedans. À vrai dire, je ne me vois pas travailler pour l’instant.

Je pense que mon expérience en tant que miss n’a pas arrangée les choses. Tout était simple et accessible pour moi. Je n’avais pas grand choses à faire. Tout le monde obéissait à mes ordres, aussi vite que je les donnais.

J’ai hérité de mon teint clair de mes grands parents maternels, qui eux, avaient un métissage. Ce teint qui m’a souvent ouvert des portes d’ailleurs ! Comment ne pas en être fier.

Je fais un bonnet c (en poitrine) et je suis obsédé par celui-ci. Je n’hésite pas à porter des tenues qui valorisent ma poitrine (pas très grosse pour celles qui font des bonnets supérieur) mais parfaite pour moi.

J’ai également bénéficié des hanches généreuses de ma grand-mère.

Je lui dois tout cette femme !

Aujourd’hui je suis maman d’une petite fille : Maya !

Maya est venue au monde seulement quelques semaines avant que je me présente à Miss Gabon.

À vrai dire, j’ai bénéficié de l’aide d’une personne dans le comité pour poursuivre la compétition.

Il est vrai que pendant les présélections, personne ne pouvait se douter de mon état. À 9 mois j’avais le ventre d’une femme de deux mois, donc invisible.

J’avais peur de me faire cramer et de passer pour une irresponsable, heureusement cela n’a pas été le cas.

Maya était issue d’un amour compliqué. À cette période j’étais en couple avec Stan, son papa.

Il me disait quoi faire, comment le faire et j’en avais marre de cette vie ! Quand j’ai eu l’occasion de faire quelque chose que je voulais vraiment, je n’ai pas hésité.

Il a envoyé une dizaine de personnes me parler quand il a appris que j’allais participer à miss Gabon. Mais malgré cela je n’ai pas arrêté.

Il a même voulu récupérer sa fille mais je me suis battue pour la garder avec moi. Je n’ai pas porté Maya pour qu’on me la prenne, ça, jamais.

Je ne suis plus en couple avec lui depuis un an mais j’avoue qu’il a toujours de l’emprise dans ma vie. Cette emprise qui m’énerve d’ailleurs mais dont je suis incapable de me débarrasser depuis tout ce temps.

Stan me rend violente, agressive, méchante, manipulatrice. Cet homme ressort la pire version de moi. Mais je suis si vulnérable en sa présence.

Cette expérience de miss a été d’une grande aide dans ma vie. J’ai réussie, pour la première fois de ma vie à penser exclusivement à mon bien être. D’où mon état ce soir, je suis triste.

Je ne sais pas vers quoi je vais me tourner pour les prochains mois et je n’ai même pas envie d’y penser ce soir, ni demain.

—————-

Toc toc toc

Moi : c’est qui ?

La personne : Stan !

Moi : attends.

Je fonce dans la chambre mettre une robe, j’étais en sous-vêtements au salon.

Je reviens 3 minutes plus tard lui ouvrir la porte.

Moi (maintenant la porte) : oui ?

Lui : je suis venue voir la petite.

Moi : elle dort.

Lui : je peux attendre qu’elle se réveille.

Moi : je ne crois pas qu’elle va se réveiller maintenant.

Lui : Dalina tu m’empêches de voir Maya ?

Moi : pas du tout.

Au même moment j’entends Maya pleurer. Je le laisse là et je vais voir ce qui se passe dans sa chambre. Elle a les yeux ouverts alors je la sors de son berceau.

Moi (la regardant) : qu’est-ce qu’il y a chérie ?

Je la prends sur moi et je la berce.

Quand je me tourne, je suis surprise de le voir dans sa chambre.

Moi : je ne t’ai pas autorisé à entrer Stan.

Lui (me tendant ses bras) : passe la moi.

J’ai envie de refuser mais j’évite les problèmes. Je lui passe sa fille.

Lui (déposant une bise sur son front) : ça va bébé, c’est fini, papa est là.

Je le regarde la consoler jusqu’à ce qu’elle dorme à nouveau. Une fois qu’elle dort, je lui demande de la déposer dans son berceau, chose qu’il fait.

Moi : maintenant que tu l’as vu, je pense que tu peux partir.

Il me fait un signe de la tête pour me demander d’aller parler dehors.

Je sors de la chambre de Maya et il me suit. Tous les deux, on se diriger au salon sans rien se dire.

Lui (s’arrêtant au salon) : elle a encore du lait ?

Moi : une boite.

Lui : une boite pleine ?

Moi : à moitié.

Lui : tu comptais me le dire quand ?

Moi : je ne vais pas t’appeler chaque fois que ma fille n’a plus de lait. Je n’ai pas à courir derrière toi.

Lui : tu parles comme ci tu as de l’argent pour t’en occuper. Je ne suis même pas sûr que tu aies 15.000 CFA sur toi. Mais tu veux me sortir tes grandes phrases.

Moi : tant que je ne te demande rien, ça me va.

Lui : viens prendre les affaires dans la voiture. J’ai fait des courses pour la petite.

Moi : tu es là, tu peux les porter.

Lui : tu penses vraiment que je vais le faire ? Non seulement je fais des courses pour Maya mais en plus de cela je vais les transporter alors que tu es là ?

Moi : tu peux retourner avec tes courses Stan. Personne ne t’a rien demandé.

Au fonds de moi j’ai envie d’aller récupérer les courses dans la voiture. Maya n’a quasiment plus de nourriture.

J’ai menti, elle a à peine de quoi faire trois biberons.

Mais je ne vais pas donner cette satisfaction à Stan. Il ne le fait pas pour sa fille.

Cet homme c’est un manipulateur. Il le fait pour me le chanter en pleine face chaque fois qu’il en aura l’occasion.

Il me regarde et il croise ses bras.

Lui : Dalina tu es drôle. Tu sais que je sais que tu n’as rien, même pas une miette. Mais tu fais le malin. Je suis passé pour voir les unités qu’il te reste dans le compteur. Tu n’as même pas de quoi tenir jusqu’à demain soir. Mais tu joues à miss monde.

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