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Couverture du roman DÉRANNE

DÉRANNE

Face à la précarité et à la maladie de sa mère, Déranne sacrifie ses études pour l'avenir de ses cadets. Déterminée à soutenir les siens, elle cherche un emploi pour compléter les revenus familiaux. Elle finit par être recrutée par Serges, un ancien ami de son père. Cependant, cet homme rancunier transforme sa vie en calvaire, l'exploitant sans pitié. Entre humiliations et chantage constant, le quotidien de Déranne s'assombrit, menaçant même son histoire d'amour naissante avec Joan.
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Chapitre 2

Le jour de l'entretien étant arrivé, ma mère m'avait réveillée à 5h du matin juste pour me rappeler que je ne devrais pas être en retard. j'avais tellement sommeil, en plus je trouvais que me lever à 5h était vraiment trop tôt.

Moins elle entendait les bruits de mes pas au salon, plus elle m'appellait depuis sa chambre :

Maman : Déranne...??? N'est-ce-pas toi que j'appelle depuis quelques minutes déjà ?

Quelques secondes plus tard, je répondis. Je sais pas trop si j'étais réellement éveillée ou encore endormie, mais c'était impossible de ne pas entendre car nos chambres étaient proches...

Moi : Oui maman. C'est moi ta fille que tu appelles depuis.

Maman : Toujours couchée ?

Sans vouloir lui dire oui, de peur qu'elle ne s'irrite contre moi, j'avais contourné sa question...

Moi : Ma'a je suis en train de chercher la tenue à mettre pour m'y rendre.

Maman : Très bien, mais dépêche-toi, tu n'as pas tout ton temps. C'est ton premier jour, faudrait pas donner l'image d'une retardataire.

Moi : D'accord ma'a Sido. C'est compris.

Je me levai enfin du lit après ma dévotion matinale, j'ouvris la porte et je me rendis dans la cuisine pour rapidement faire la vaisselle avant d'aller prendre mon bain.

Trente minutes après, il était environs 6h30 lorsque je me rendais à la douche pour mon bain. Pendant ce temps maman ne faisait que m'appeler.

J'étais même déjà stressée avant d'arriver au secrétariat St Luc. Elle insistait sur le fait qu'il n'était  pas question que je fasse mauvaise impression le jour de l'entretien. Elle n'arrêtait de me le rappeler.

Quant-à moi, j'avais enfin fini de prendre mon bain et de m'apprêter quand il était exactement 7h05 et j'étais sortie de la maison espérant rapidement trouver un taxi; chose qui ne m'avait pas été facile.

10 minutes après, un taxi m'avait finalement porté et malgré les embouteillages, j'arrivais au secrétariat aux environs de 7h40 minutes. J'étais dans les temps quoi !! Je devais passer cet entretien à 8h00.

Une fois arrivée au secrétariat Saint Luc, je dois avouer, j'avais un tout petit peu peur,  je manquais de courage pour y entrer, car j'ignorais si le Monsieur qui m'avait contacté y était déjà. Je savais même pas par où commencer, ni vers qui me tourner pour me renseigner.

Comme par miracle, pendant que je réfléchissais, je vis une belle jeune fille au teint clair et d'une taille assez raffinée causer au téléphone, tenue juste près de l'entrée principale. Puisqu'elle était encore occupée, je m'étais précipitée d'aller vers elle de peur qu'elle n'entre et que je ne me retrouve encore toute seule là dehors.

Peu de temps après, elle raccrocha son appel et au moment où elle voulait se tourner pour rentrer à l'intérieur j'avais profité pour lui adresser la parole question de savoir si j'étais au bon endroit :

Moi : Bonjour Madame

-  Bonjour ma chérie.

Moi : S'il vous plaît, j'ai besoin de quelques renseignements. Je sais pas si vous pouvez m'aider.

- D'accord. Dis-moi, en quoi puis-je t'aider ?

Moi : S'il vous plaît, travaillez-vous ici?

- Oui, je travaille ici. Cherches-tu quelqu'un ?

Moi : Eeuuuhh Madame. En fait, il y a quelques mois, j'avais déposé les dossiers dans ce secrétariat et le week-end dernier, j'ai reçu un appel venant d'un Monsieur qui me demandait de venir passer mon entretien aujourd'hui. C'est la raison de ma présence.

- D'accord, je comprends. Pourquoi n'es-tu pas entrée ? En tout cas c'est pas grave, je vais t'y conduire moi-même. Comment t'appelles-tu ?

Moi : Je m'appelle Déranne, madame.

- Enchantée Déranne. Appelle moi Clara.

Moi : D'accord Madame Clara.

-  Allez, viens on va y entrer !

Une fois entrées, elle m'avait demandé de patienter au hall, le temps pour elle de prévenir le boss que j'étais là.

Pendant que j'y étais, j'avais été frappée par le dynamisme du personnel de ce secrétariat, j'admirais la beauté intérieure de l'édifice, le décor de chaque coin et la manière avec laquelle chacun se dédiait à sa tâche. 

J'observais tous leurs faits et gestes, leur façon de se tenir et j'avoue, je me voyais déjà moi aussi en tenue de travail du secrétariat. Seulement, je me demandais juste si je serais bien à la hauteur.

Une heure de temps après, il était enfin temps pour moi d'en finir avec cet entretien. Clara m'avait rejoint pour m'y condure. J'étais stressée, j'avais peur et je transpirais tellement. L'ayant constaté pendant que nous marchions vers son bureau, elle n'avait pas manqué de me titiller un peu :

Clara : Hey, ça va aller? Je vois tu transpires de partout.

Moi : Eeeuuuh, je crois que ça va aller Madame.

Clara : C'est ton premier entretien ?

Moi : Oui Madame. Le tout premier de toute ma vie.

Clara : Je comprends, mais t'inquiètes, tout se passera bien. Ok?

Moi : D'accord. Merci beaucoup.

Clara : Pas de quoi chérie. Nous sommes tous passés par là. C'est rien. M. Serges te posera juste quelques questions et tu verras que c'est très facile. En passant tu peux me tutoyer.

Moi : Merci pour ces paroles, Clara.

Nous arrivions donc enfin devant la porte du boss à moitié-ouverte, ensuite elle toqua bien évidemment...

Toc toc toc toc...

M. Serges : C'est bon, allez-y, entrez !

Une fois entrées dans ce bureau, je vis un Monsieur de dos assez musclé, très élégant et dont les plis de son costume laissaient croire qu'il était un diplomate. Il avait un fort gabarit, un teint ébène et une chevelure d'apparence assez touffue et bien traitée. Je n'avais qu'une seule envie : qu'il se retourne vers moi et qu'on en finisse !!!

Clara me souffla donc à l'oreille de lui dire bonjour, ce que j'avais immédiatement fait..

Moi : Bonjour Monsieur.

Ensuite, il se retourna et répondit :

M. Serges : Bonjour Mademoiselle. C'est donc vous la nouvelle ?

Une fois retourné, j'avais reconnu le visage d'un ancien ami à mon père qu'il appellait Sergio! Jamais je n'aurais imaginé que c'était lui le boss de ce sécrétariat. Néanmoins, je lui répondis :

Moi : Oui Monsieur.

M'ayant également reconnu, il demanda à Clara de nous laisser tous les deux seuls dans son bureau. Et elle s'en alla.

Une fois partie, il n'avait pas manqué d'exprimer son excitation et sa joie de me revoir après tant d'années. Sachant qu'il n'avait pas toujours eu de très bons rapports avec mon père, j'étais sur la réserve et je n'avais aucunement l'intention de m'emporter. Ayant constaté que j'étais froide avec lui, il prit la parole :

M. Serges : Deranne la capricieuse,  pourquoi tant de froideur et de fureur dans ton regard ?

Moi : Rien de bien grave Monsieur Serges, je suis juste stressée par rapport à l'entretien que je suis venue passer.

M. Serges : Juste pour ça ou il y a autre chose ?

Moi : Juste le stress...

M. Serges : D'accord. Tu es quand même une fille que j'ai toujours admiré depuis ton bas âge. J'espère juste que le malentendu avec ton père il y a de cela quelques années n'affectera pas ta présence ici.

Moi : Non Monsieur. J'étais encore très jeune, je ne m'en souviens vraiment plus. Et même, c'est avec mon père que vous devriez en parler.

M. Serges : D'accord ma fille. Dis, comment se portent tes parents ?

Moi : Ils vont bien par la grâce de Dieu, merci.

M. Serges : D'accord. Puisque tu es là pour un entretien, allons-y.

Moi : D'accord Monsieur.

M.Serges : Quelles avaient été tes motivations en venant déposer tes dossiers ici pourtant j'ai lu mentionné que tu as un Baccalauréat scientifique ?

Moi : Tout d'abord, j'ai toujours aimé être en contact avec l'outil informatique mais c'est pas tout, j'ai toujours eu envie d'approfondir mes connaissances dans le domaine et enfin me faire des sous  afin de survenir aux besoins sanitaires de ma mère.

M. Serges : D'accord, très bien! Dis, ta mère ? Elle a quoi ma'a Sido?

Moi : Elle souffre du diabète. Mais Dieu fait grâce et elle se porte beaucoup mieux.

M. Serges : Je suis désolée pour vous. Tu as parlé toute à l'heure d'aimer être en contact avec les machines, dis moi, qu'est-ce que tu sais faire concrètement ?

Moi : Je ne suis pas une professionnelle, mais je ne me débrouille pas mal en bureautique et je fais très bien les saisies. En plus de cela, j'ai un bon sens de relation avec une très bonne capacité de persuasion.

M. Serges : D'accord, ça tombe bien parce que j'ai besoin d'une secrétaire pour m'alléger certaines tâches ici au bureau. Et puisque je sais que tu es issue d'une bonne famille, de bonne moralité, je pense que je vais mieux étudier ton dossier et je verrai ce que je peux faire pour toi. Je ne te promets rien, mais je verrai quoi faire.

Moi : D'accord Monsieur.

M. Serges : Tu peux me tutoyer, C'est pas comme si nous ne nous connaissons pas.

Moi : D'accord Monsieur, je vais essayer.

M. Serges : Garde ton portable ouvert, je pourrai t'appeler à n'importe quel moment pour commencer le travail.

Moi : D'accord.

M.Serges : Je dois assister à une réunion toute à l'heure, nous allons devoir nous séparer. Passe mes salutations à tes parents s'il te plaît. Et surtout porte toi bien Deranne.

Moi : Je ne manquerai pas Monsieur Serges, portez-vous également bien et excellente fin de journée à vous.

M. Serges : Merci ma fille.

Je me levai de mon siège, j'ouvris la porte et je sortis.

Pendant que je m'apprêtais à chercher Clara pour lui dire comment s'était passé l'entretien puisqu'elle a été super gentille avec moi, je la vis elle aussi sortir de son box et je me dirigeai vers elle.

Moi : Hey Clara..

Clara : Oui Déranne, comment c'était ?

Sans vouloir lui dire que je le connaissais, j'avais juste dit ce qu'elle devait savoir rien de plus !

Moi : Ça s'est bien passé. Il m'a posé deux questions et c'était bon. Moi qui m'attendais à bien plus. À dire que je stressais pour rien alors.

Clara : Super, je te l'avais dit nor. Suis contente pour toi et j'espère qu'on te retienne vraiment. T'es super sympa et simple.

Moi : Merci beaucoup miss Clara. Tu l'es toi aussi.

Clara : Dis, s'il te plaît pouvons-nous échanger nos numéros ? On sait jamais au cas où on t'appelle pas j'aimerais bien rester en contact avec toi.

Moi : D'accord. Sans problème.

Elle me donna son téléphone et je mis mon numéro, ensuite elle me raccompagna et nous nous séparions.

Après cela, j'avais hâte d'arriver à la maison et dire à papa que le boss du Secrétariat St Luc est un de ses amis. J'ignorais comment il le prendrait. Mais en moi-même je me demandais si ça vallait vraiment le coup de revenir même s'il venait à m'appeler.

Mais vous savez, ce genre de décision ne me revenait à moi toute seule, il fallait que j'en parle d'abord à mes parents. C'est alors que j'avais stoppé un taxi pour la maison.

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