
Demain est une promesse
Chapitre 2
La blonde ne tenait plus en place. Elle était peut-être la suivante et en prendre conscience la faisait paniquer. Elle se leva, posa son livre sur la chaise et bredouilla quelques sons incompréhensibles avant de pouvoir se faire entendre.
— Heu… Pardon… excusez-moi… Les… les toilettes… où sont les toilettes ? demanda-t-elle étrangement essoufflée.
Sa question était destinée à tout le monde comme à personne. D'ailleurs personne ne répondit tout de suite. Élisa se tourna machinalement vers la femme au chapeau fleuri qui restait désespérément muette. Le garçon fit une grimace explicite signifiant qu'il n'en savait rien ou qu'il n'en avait rien à foutre.
— Je ne sais pas, conclut Élisa d'un simple murmure.
La blonde se dirigea alors vers la jeune femme aux baskets noires. Elle s'assit à ses côtés, légèrement rassurée qu'un autre humain lui ait finalement répondu.
— Bonjour…, je peux m'asseoir ?
— C'est déjà fait il me semble, s'amusa Élisa en lui offrant un sourire amical. Oui, je t'en prie. Tu devrais regarder dans le couloir.
— Quoi ?
— Pour les toilettes… peut-être derrière cette porte, là, montra Élisa du bout du nez.
— Pour être honnête avec toi, je n'en ai pas envie. J'ai horreur d'aller aux toilettes dans les lieux publics. C'est juste que…
La blonde soupira profondément. Élisa fixait les chaussures immobiles du garçon en face d'elle.
— Tu as peur ? comprit-elle en tournant son visage gracile vers celui beaucoup plus maquillé de son interlocutrice.
— Heu… un peu… non… Enfin, je suis un peu angoissée à l'idée de… de…
— Moi aussi, t'inquiète pas. Tu lis quoi ?
— Comment ?
— Ton livre, celui que tu as posé sur ton siège, là-bas… C'est quoi ?
— Oh, ça… Rien d'important, juste un roman d'amour débile, déglutit la blonde.
— Je peux te demander ton nom ? s'enquit Élisa, plutôt surprise de son propre allant à vouloir faire connaissance avec cette fille.
— Penny. Moi c'est Penny. Et toi ?
— Élisa. T'es la suivante ?
— Non, la dame au chapeau était là avant moi.
— Ok…
La conversation sombra rapidement dans un silence pesant. Élisa ne parvenait plus à motiver son intellect pour l'alimenter comme si elle connaissait déjà tout de la blonde. Une fatigue langoureuse la fit bailler. Penny se tordait les doigts machinalement en observant les portraits en face d'elle et un portemanteau où une longue blouse vert opaline et un parapluie avec les mots « West Haven » gravés sur le manche y étaient négligemment accrochés. Elle souffla deux fois, grimaça un sourire de façade, se leva, s'en retourna vers son siège, s'assit et reprit la lecture de son livre, sans conviction. Les araignées continuaient à tisser au plafond.
Et le temps continuait à passer, lentement.
Vous aimerez aussi





