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Couverture du roman Colonia

Colonia

Au XXIVe siècle, les survivants de l'humanité errent dans le cosmos à bord du Colonia depuis l'explosion de la Terre. L'espoir renaît lorsqu'un monde habitable est enfin localisé, poussant le Conseil à organiser une exploration. Kyra, une serveuse, voit son destin lié à celui de l'officier Maverick Stone après une rencontre fortuite. Ensemble, ils se retrouvent piégés par une découverte énigmatique sur cette planète, déclenchant un engrenage dangereux dont nul ne sortira indemne.
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Chapitre 2

2

Allongé sur son lit, Maverick Stone observait distraitement le vide spatial à travers la baie vitrée de sa cabine. Il pensait à sa mission. Comment améliorer davantage sa productivité ? Quelle était la meilleure méthode à employer en termes d’efficacité ? Où ses limites s’arrêtaient-elles ? Toutes ces questions, auxquelles il trouvait parfois les réponses, l’empêchaient de dormir.

Il tourna la tête sur la gauche et contempla le corps nu de l’inconnue se trouvant à ses côtés. Maverick sourit. Les femmes, un des seuls vices qu’il s’autorisait. Son appétit sexuel se réveilla alors qu’il s’attardait trop sur les courbes généreuses de la jeune femme. Il tenta tant bien que mal de se rappeler son nom, sans résultat.

Athéna avait programmé la fenêtre génératrice d’ambiance pour qu’elle simule une vue sur la mer. Une lune se reflétait sur les vagues. L’écran géant illuminait légèrement la pièce plongée dans la pénombre. Même s’il n’avait jamais vu d’endroit de ce genre de ses propres yeux, il se sentait toujours apaisé face à cette immense étendue d’eau.

Son holocommunicateur, que tout le monde appelait « holocom », sonna.

Qui ça peut bien être ?

Spontanément, il tendit son bras droit pour attraper l’objet posé sur sa table de chevet. Puis, en se redressant, il observa le nom de son interlocuteur.

Le Capitaine Joan Renlay.

Maverick se racla instinctivement la gorge avant d’activer la communication en pressant un bouton situé au milieu de l’appareil, dans la cavité circulaire. Le visage du capitaine apparut en trois dimensions, quelques centimètres au-dessus de l’objet.

— Officier recruteur Maverick Stone, au rapport.

Comme à son habitude, le commandant apparaissait avec un air froid et implacable.

— Officier Stone, vous êtes immédiatement attendu au poste de commandement pour un rapport d’urgence des opérations

L’officier se demandait qu’elle pouvait être l’urgence pour que le commandant en chef décide de le convoquer en dehors des horaires de travail. Il s’agissait probablement d’une convocation générale. Cependant, le ton qu’avait emprunté Renlay ne permettait pas de deviner le motif de ce rassemblement inattendu.

— Très bien, mon Capitaine. J’y serai dans une dizaine de minutes.

Le visage holographique fronça les sourcils.

— Je vous en donne cinq.

L’hologramme disparut.

C’est parti

Maverick se jeta hors de son lit et s’empressa de récupérer une tenue fraîchement repassée se trouvant dans son dressing. Dans la pénombre, il prit le temps d’ajuster convenablement son uniforme pour faire bonne mesure. Une fois vêtu, il se rua vers la salle de bain pour arranger sa parfaite chevelure, puis, tout en se dirigeant vers le sas de sortie, il consulta sa montre pour s’assurer qu’il se trouvait toujours dans les temps.

Deux minutes.

Avant de s’engager dans une course frénétique à travers les coursives, il prit une pastille de menthe et observa la jeune femme qui n’avait pas bougé d’un pouce.

Navré, ma belle.

— Athéna, quand elle se réveillera, offre-lui toute l’hospitalité nécessaire et fais-la rentrer chez elle.

— Entendu, ce sera tout, monsieur ?

Maverick hésita un instant avant de répondre.

— Efface mon numéro de son holocom.

Il n’attendit pas la réponse de la voix synthétique. Le sas blindé de ses appartements se referma derrière lui lorsqu’il s’élança en dehors du secteur des officiers.

Le poste de commandement était formé d’une grande pièce circulaire avec une vue directe sur le vide spatial. Des consoles et des tableaux de commande étaient disposés sur toutes les parois des murs métallisés. Devant chaque console se trouvaient des officiers subalternes et des premières classes en formation dans l’analyse et l’interprétation de données.

Sans surprise, Maverick put constater qu’il n’avait pas été le seul convoqué au poste de commandement. Une demi-douzaine d’officiers, lui y compris, s’était réunie autour d’une grande table ronde. L’holocarte au centre de la table projetait ce qui ressemblait à une planète. Les officiers attendaient patiemment que le Capitaine Renlay décide de débuter cette réunion, mais ce dernier semblait attendre quelque chose.

L’officier recruteur jeta un coup d’œil aux écrans autour de lui dans le but de trouver ce qui faisait l’objet de ce rassemblement tardif. Évidemment, il n’était pas en mesure d’analyser les données scientifiques se trouvant sur les moniteurs. Il observa alors les premières classes pianoter sur leurs interfaces.

— Bien, nous allons… commença le capitaine, avant de s’interrompre.

La porte principale du poste de commandement s’ouvrit et un officier entra, décoiffé, les vêtements débraillés et à bout de souffle. Il arriva jusqu’à la table ronde et entreprit de réajuster son uniforme avant de s’exprimer, haletant :

— Capitaine… Messieurs… Je vous présente m…

— Nous nous passerons volontiers de vos excuses, officier Vasyl, sermonna le capitaine. Peut-être que si vous passiez plus de temps à cultiver vos herbes qu’à les fumer, vous arriveriez à l’heure.

— Mais… Capitaine… C’est juste que…

— Silence, officier, ou je vous fais exclure sur le champ.

La tension était palpable et l’espace d’un instant, personne ne fit le moindre mouvement. Pas même les officiers subalternes en arrière-plan. L’homme qui venait de se faire réprimander était Libheni Vasyl, l’officier agriculteur. Son air constamment amorphe lui avait valu la réputation d’être consommateur de plantes hallucinogènes. En cet instant, il paraissait plus éveillé que jamais.

— Comme vous le savez tous, reprit Renlay, après s’être assuré de la docilité de son subordonné, le Colonia a quitté la station suborbitale terrestre depuis maintenant cent vingt-huit ans. Notre mission était claire, mais pas des plus simples : trouver une nouvelle planète habitable et y fonder une colonie. Nous avons dû nous adapter très rapidement à notre nouvel environnement, mettant en place un système que nous savions éphémère. Nous avons essuyé pas moins de deux crises alimentaires et une crise énergétique. Néanmoins, nous avons jusqu’ici contribué à la survie de l’humanité et j’ai aujourd’hui l’honneur de vous annoncer, messieurs, que nous avons enfin trouvé notre terre promise.

Des rires et des exclamations fusèrent dans la pièce. Le Capitaine Renlay, qui arborait lui-même un sourire en coin, laissa le temps aux officiers de digérer l’information. Alors que certains applaudissaient et que d’autres s’enlaçaient, Maverick célébra cette nouvelle à sa façon : en restant en retrait. Malgré le côté réjouissant de cette information, quelque chose sonnait faux dans la façon dont le capitaine leur faisait part de cette découverte.

À chaque fois que les scanners détectaient une planète présentant des critères viables, ils avaient pour habitude d’envoyer des sondes afin de récolter des données supplémentaires à analyser. Le capitaine aurait dû les tenir informés dès les premiers repérages du scanner. L’officier recruteur décida de franchir cet écran de fumée :

— Capitaine, êtes-vous certain que cette planète est habitable ?

Les officiers dans le poste de commandement se calmèrent peu à peu. Très vite, tous les regards se tournèrent vers Maverick. Il n’avait pas pour habitude de mettre des personnes dans l’embarras et encore moins son supérieur. Il se reprit aussitôt :

— Avez-vous envoyé des sondes afin d’y collecter des données ? précisa-t-il.

Toborn Steelwolf, l’officier militaire, lui adressa un regard mauvais, comme si, d’une façon ou d’une autre, cette question venait de priver l’équipage d’un rêve tant attendu.

Joan Renlay s’approcha de l’officier recruteur. Son imposante carrure et ses sourcils froncés ne laissaient présager rien de bon. Maverick resta immobile à mesure que son supérieur approchait. Le silence régnait. Le capitaine s’arrêta à environ un mètre de l’officier et posa une main sur son épaule, ce qui était très inhabituel.

— Oui, officier Stone. Nous avons envoyé des sondes, et nous les avons déjà récupérées.

Les acclamations repartirent de plus belle. Cette fois, le commandant en chef les dissipa aussitôt d’un geste de la main.

— Nous avons effectivement collecté assez de données pour considérer cette planète comme habitable. J’ai pris moi-même la décision de garder secrète l’existence de cet astre jusqu’au retour des sondes.

Maverick s’étonnait du comportement de son supérieur. En règle générale, Renlay n’avait pas de secret pour les membres du Conseil.

— Si je puis me permettre, pourquoi avoir procédé ainsi, mon Capitaine ? demanda-t-il.

— Eh bien tout simplement pour arrêter de nourrir de faux espoirs. Cette planète était notre dix-neuvième tentative et beaucoup de passagers au sein de ce vaisseau se voyaient mourir entre ces murs de métal.

Ce n’était pas faux, Maverick lui-même, du haut de sa quarantaine d’années, ne se rappelait rien d’autre que le Colonia. Il n’imaginait pas la vie ailleurs que sur ce vaisseau.

— Pour le besoin des recherches et le traitement des données, seul l’officier scientifique, Bonos Mera, ici présent, était dans la confidence.

Évidemment.

Maverick n’avait jamais aimé Bonos Mera. Son comportement à la fois discret et sérieux lui donnait constamment un air conspirationniste. D’après ce qu’il avait pu analyser, le scientifique était l’officier le plus proche du capitaine.

— Si je vous ai réunis en cet instant, continua Renlay, c’est d’une part pour vous annoncer cette bonne nouvelle à tous, et d’autre part pour vous tenir informés de la suite des opérations.

Tous observaient à présent l’hologramme de la planète se trouvant devant eux.

— Voici notre objectif, Melore Prime, dit-il en pointant du doigt l’astre en question. Une exoplanète tellurique dont la surface se constitue principalement de terre et de roche. On y trouve également des parcelles de végétation à sa surface. Nous ne possédons pas encore les résultats de l’analyse minéralogique, mais ça ne saurait tarder. Son rayon équatorial est de cinq mille six cents kilomètres, son atmosphère est composée de vingt-quatre pour cent d’oxygène, donc théoriquement respirable. Sa gravité d’environ 0,96 g. On estime que la température à la surface peut varier entre moins vingt-deux et douze degrés Celsius. Athéna, effectue le transfert de fichiers.

— Très bien, Capitaine, répondit l’intelligence artificielle.

— Cela étant, vous pourrez consulter l’intégralité de ces données via vos holopad. Un rapport détaillé de la mission à suivre y est également accessible. Pour l’heure je vous demande à tous de ne pas ébruiter cette découverte. Je ne tiens pas à me retrouver avec une foule hystérique sur les bras. Chaque passager du Coloniasera informé en temps et en heure que leur potentielle nouvelle maisonles attend.

Toborn Steelwolf décida d’intervenir :

— Reçu, mon capitaine, mais à ce jour quelle est notre mission ?

— J’y viens…

Ah, enfin le moment intéressant.

— Les données que nous avons relevées nous ont appris beaucoup de choses sur cette planète, mais nous avons besoin de plus d’analyses si nous voulons entreprendre une future colonisation. C’est pourquoi la prochaine mission consistera à y envoyer une troupe d’éclaireurs, dans les prochaines quarante-huit heures.

— Vous voulez dire là-bas ? En bas ? Sur la planète ? balbutia Agara Domiel, l’officier logistique.

— Absolument. Une escouade d’au minimum quatre personnes, comprenant un pilote, un scientifique et au moins deux soldats. Tous volontaires, si possible.

Volontaires ?

Maverick ignorait pourquoi le capitaine souhaitait envoyer une escouade de volontaires sur cette planète. Les miliciens, étant des soldats entraînés et dociles, étaient tout indiqués pour mener à bien cette mission. Renlay, qui semblait avoir perçu le scepticisme de ses subordonnées, précisa :

— Nous ignorons à ce jour si Melore Prime est habité. Il ne faut pas oublier que si la vie y semble possible pour nous, elle peut aussi bien l’être pour d’autres espèces. Je ne tiens pas à abuser de la loyauté de mes hommes en mettant leur vie en danger.

Il marqua une pause.

— Officier Steelwolf, pensez-vous avoir une telle équipe disponible et volontaire pour cette mission ? demanda Renlay, en se tournant vers la personne concernée.

Toborn bomba le torse, leva le menton et mit ses mains derrière son dos.

— Assurément, répondit-il, en parlant fortement. Mais puis-je parler librement, mon Capitaine ?

— Je vous en prie.

— Nous ne disposons que d’un nombre limité d’hommes, et la plupart sont irremplaçables. Je préconise de ne pas gaspiller nos meilleurs éléments pour une simple mission de reconnaissance. D’autant plus que nous ne disposons pas des ressources nécessaires à la formation de nouveaux soldats. En revanche, si l’équipe au sol venait à découvrir la présence d’une potentielle menace, nous pourrions alors réfléchir a posteriori quant aux mesures les plus adéquates.

Toborn attendit un instant avant de reprendre :

— Pour l’heure, je pense qu’il est préférable de maintenir nos hommes opérationnels, ici, à bord du Colonia, conclut-il.

Joan Renlay fit mine de réfléchir. Il observa ses officiers un à un. Lorsque son regard croisa celui de Maverick, celui-ci eut une idée. Son devoir en tant qu’officier recruteur consistait à rencontrer quotidiennement des passagers du Colonia et à les affecter à un corps de métier en fonction de leurs capacités. En parallèle de sa mission, Maverick avait rassemblé, à l’intérieur d’un seul et même dossier, différents profils dont les capacités pourraient s’avérer utiles dans ce genre d’événements exceptionnels. Il avait d’autres projets pour exploiter le potentiel de ces personnes. Cependant, ce moment était pour lui une bonne occasion de prouver qu’il faisait du bon travail, et de tomber dans les bonnes grâces du capitaine.

— Je vous remercie pour votre franchise, officier Steelwolf, dit enfin Renlay.

Maverick prit soudainement la parole :

— J’ai peut-être une solution, mon capitaine.

À présent, tous le regardaient.

— On vous écoute, officier Stone.

— Je pense avoir justement l’équipe qu’il vous faut, commença-t-il. Comme vous le savez tous, mon travail consiste à affecter les passagers du Colonia à un corps de métiers qui, selon leurs compétences, leur correspondrait au mieux.

Maverick marqua une pause.

— En parallèle, je m’efforce depuis quelques mois de repérer, au sein des passagers du Colonia, des personnes répondant à des critères spécifiques, disposant de certaines facultés et d’une capacité d’adaptation impressionnante. Pour faire court, des personnes qui pourraient plus ou moins correspondre à ce que nous recherchons actuellement.

— Pensez-vous que leur capacité d’adaptation serait assez développée pour participer à une mission de reconnaissance d’ici quarante-huit heures ? lui demanda Renlay.

— Absolument, répondit-il, confiant. Et il se trouve que j’ai justement constitué un dossier, jusque-là composé de trois sujets, dont fait partie l’un de nos lieutenants.

— Trois sujets, ce n’est pas assez pour une mission de reconnaissance, surtout si certains ne disposent d’aucune notion militaire, répliqua le capitaine. Que suggérez-vous, officier Stone ?

Maverick tenta le tout pour le tout. Il avait l’opportunité de se mettre en valeur, il ne devait pas la gâcher.

— Je pourrais les convaincre de participer à l’opération. Ils seront alors brièvement formés, puis ils constitueront l’équipe dont nous avons besoin. Tout me laisse à penser qu’ils ne refuseront pas le privilège de pouvoir poser le pied sur une planète. Je m’en porte garant.

Maintenant, le coup de grâce.

— Si la mission est un succès, vous aurez à la fois rendu heureux des passagers, mais vous aurez aussi gagné une escouade de plus dans vos rangs. Enfin, si nos soldats sont irremplaçables, comme le prétend l’officier Steelwolf, alors une unité supplémentaire ne serait pas négligeable.

Enfin,vous constaterez que je suis l’officier le plus compétent de ce vaisseau

Renlay fit mine de réfléchir. Quelques secondes passèrent avant qu’il se prononce.

— Très bien, dites-m’en un peu plus sur ces personnes.

Lorsque le commandant en chef avait convoqué Maverick deux heures auparavant, ce dernier n’aurait jamais pensé qu’il sortirait du poste de commandement victorieux, le sourire aux lèvres.

Après avoir lu attentivement le dossier que l’officier recruteur avait constitué, Renlay accepta sa proposition, à plusieurs conditions. Tout d’abord, Maverick devrait trouver une quatrième personne susceptible de participer à l’opération. Trois sujets sous-entraînés ne suffiraient pas pour mener à bien une mission de reconnaissance. Ensuite, il donna l’ordre de prodiguer à ces personnes une formation militaire, aussi minime soit-elle. Pour finir, il réaffecta Maverick à la supervision de cette opération, de façon immédiate. Il devrait, à présent, se consacrer à cette tâche qui devenait officiellement sa mission principale.

Après avoir assimilé la surprenante découverte dont le capitaine leur avait fait part, l’officier recruteur fut satisfait en comprenant que, d’une certaine manière, l’humanité s’apprêtait à renaître de ses cendres. Néanmoins, vivre sur un vaisseau ou sur une planète ne faisait aucune différence à ses yeux. Tout ce qui lui importait était son travail, sa meilleure voie de réussite.

Les coursives du vaisseau étaient toujours bien éclairées. Les lumières se reflétaient sur le sol et sur les murs de métal. L’officier recruteur errait, tout en réfléchissant à la tâche qui l’attendait. Il se remémora la tête de ses confrères lorsque, vingt ans auparavant, il avait rejoint le corps officier. Ils l’avaient tous observé hautainement, le regard méprisant, à cause de sa réussite contestable. Aujourd’hui, les choses étaient bien différentes. Il avait le sentiment d’être un homme accompli plus solide qu’aucun autre.

Maverick secoua la tête pour se reprendre. Il ne devait pas se perdre dans ses pensées égocentriques.

À présent, il devait se hâter de trouver une quatrième personne susceptible de participer à l’opération, et il avait justement une petite idée d’où la trouver.

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