
Vendue Au Vampire
Chapitre 2
Chapitre 2
Le lendemain, Camille n'avait pas pu se défaire de l'image de Lucien. Elle se sentait troublée, comme si sa rencontre avait marqué un tournant dans sa vie, bien que cela semblait irréel. Ses pensées s'étaient perdues entre la réalité et le surnaturel, entre ce qu'elle croyait être une simple rencontre fortuite et ce qui semblait être une destinée qui l'appelait. Il y avait quelque chose en lui, quelque chose de puissant et d'inexplicable, qui ne laissait personne indifférent. Elle avait voulu se convaincre que ce n'était qu'un moment étrange, une simple rencontre dans les rues sombres de la ville. Mais chaque fois qu'elle fermait les yeux, l'image de ses yeux d'un bleu profond, insondables, venait hanter ses pensées.
Ce matin-là, elle s'était rendue dans son café habituel, un endroit qu'elle fréquentait chaque matin pour échapper à la frénésie de la journée, un petit coin tranquille au fond d'une ruelle où l'odeur de café fraîchement moulu se mêlait à celle des vieux livres. C'était l'un de ces lieux où les gens se perdaient dans leurs pensées, où l'instant semblait suspendu. Camille se percha sur un tabouret près de la fenêtre, un livre ouvert devant elle, mais les mots semblaient se brouiller, comme si sa tête était trop occupée à se concentrer sur autre chose.
Soudain, la porte du café s'ouvrit avec un léger tintement. Un courant d'air froid traversa la pièce, emportant avec lui une bouffée de neige fondue. Camille leva les yeux, et ses yeux croisèrent ceux de Lucien. Un frisson parcourut son corps, une vague de chaleur la submergea, et en un instant, tout autour d'elle sembla disparaître. Il était là, debout dans l'entrée, observant la pièce comme s'il cherchait quelque chose... ou quelqu'un. Lorsqu'il aperçut Camille, un sourire subtil, presque imperceptible, se dessina sur ses lèvres. Il se dirigea vers elle, ses pas légers et gracieux, presque irréels, comme s'il flottait au-dessus du sol.
« Je ne m'attendais pas à vous voir ici », dit-il en s'installant lentement en face d'elle, ses yeux brillant d'une intensité qui la fit frissonner une nouvelle fois.
Camille se sentit prise au piège dans ses yeux, une sensation qu'elle n'avait jamais ressentie auparavant. C'était comme si le temps se suspendait à chaque mot qu'il prononçait. « Je pourrais dire la même chose », répondit-elle, mais sa voix tremblait malgré elle, comme si elle n'avait pas le contrôle de ses propres paroles.
Lucien la fixa un instant, et un léger sourire se dessina sur son visage. « Les coïncidences semblent avoir une manière étrange de se tordre et de se mélanger », murmura-t-il d'une voix presque hypnotique. Il observa le livre ouvert devant elle, sans toucher les pages, comme si chaque mot écrit était aussi important que l'air qu'elle respirait. « Vous aimez lire, n'est-ce pas ? »
« Oui », répondit-elle, se sentant soudainement un peu plus vulnérable sous son regard. « Les livres sont une échappatoire. Un moyen de... fuir, je suppose. »
« Fuir ? Pourquoi fuir quand on peut comprendre ? Les livres ne sont-ils pas faits pour nous ouvrir à un autre monde, un monde plus grand ? »
Les paroles de Lucien étaient à la fois profondes et déstabilisantes. Camille sentit un frisson lui parcourir la nuque. Elle se pinça discrètement la peau pour s'assurer qu'elle n'était pas en train de rêver. Mais non, il était bien là, et chaque mot qu'il prononçait semblait se glisser dans son esprit comme une vérité incontestable.
« Qu'est-ce que vous cherchez dans ces livres ? », demanda Lucien, son regard ne quittant pas le sien. Il n'avait pas l'air de poser une simple question. Il semblait sonder son âme, comme si chaque réponse pouvait lui révéler un secret enfoui.
« Je... je cherche à comprendre », dit-elle, surprise par la sincérité de ses propres paroles. « Comprendre ce que je ressens, ce que j'ai toujours ressenti, ce désir insatiable de comprendre l'inconnu, de percer les mystères. »
Lucien ne dit rien pendant un moment, puis il inclina légèrement la tête. « L'inconnu est une chose fascinante, Camille. Mais parfois, l'inconnu nous trouve bien plus vite que nous ne le croyons. »
Elle sentit son cœur battre plus fort, une sensation étrange la traversant. Elle ne savait pas comment répondre à cela. « Est-ce que vous croyez à l'invisible ? À ce qu'on ne peut pas voir, mais qui est là, tout de même ? »
Lucien la fixa, son regard perçant, avant de répondre dans un murmure presque imperceptible : « Je crois que nous sommes tous aveugles, Camille, jusqu'à ce qu'on apprenne à voir. Et parfois, ce que nous voyons nous fait peur. Mais la peur est nécessaire, n'est-ce pas ? Elle nous pousse à explorer, à chercher ce qui se cache dans l'obscurité. »
Les mots résonnèrent dans son esprit comme un écho, et Camille se sentit envahie par un étrange mélange de curiosité et de crainte. Elle se sentait attirée par lui d'une manière qu'elle ne pouvait pas expliquer, comme si une force invisible les liait. Chaque mot qu'il prononçait semblait résonner avec une vérité qu'elle avait toujours soupçonnée, mais jamais pleinement comprise.
« Et vous ? » demanda-t-elle soudainement, sans savoir exactement pourquoi elle posait cette question. « Que cherchez-vous dans cet obscurité ? »
Lucien sourit, mais cette fois, c'était un sourire qui semblait plus mystérieux que réconfortant. « Je cherche... des réponses », répondit-il lentement. « Des réponses à des questions que je ne peux poser à personne d'autre. Des réponses à des choses que je ne peux pas expliquer. »
Camille se sentit submergée par la tension qui émanait de lui. C'était comme si chaque parole, chaque geste, cachait quelque chose de plus grand. Elle avait l'impression que chaque seconde passée à ses côtés la plongeait plus profondément dans un abîme sans fin.
Un silence pesant s'installa entre eux, et Camille se rendit compte qu'elle était totalement absorbée par lui. Tout en elle semblait se tendre vers cet homme, vers cette connexion étrange qui la liait à lui de manière presque inexplicable. Ses pensées tourbillonnaient, mais il était si difficile de penser clairement en sa présence. Lucien ne disait rien, mais son regard, ce regard perçant, semblait la guider vers un chemin qu'elle n'avait jamais imaginé.
« Vous êtes... étrange », murmura Camille, ses lèvres tremblant légèrement. « Il y a quelque chose en vous que je ne comprends pas. Quelque chose... de différent. »
Lucien ne répondit pas immédiatement. Il prit une longue inspiration, comme s'il rassemblait ses pensées avant de dire : « Peut-être que nous avons tous quelque chose de différent en nous, Camille. Quelque chose qui nous rend uniques, mais qui nous fait aussi porter un fardeau. Vous et moi, nous sommes liés d'une manière que vous ne comprenez pas encore. Mais vous le comprendrez, un jour. »
Ses mots résonnaient dans l'air, lourds de sens, et Camille sentit un frisson parcourir son corps. Elle n'avait jamais cru à ce genre de choses. Mais avec lui, tout semblait possible, et elle commençait à se demander si, peut-être, il n'y avait pas quelque chose de vrai dans ses paroles. Ce qui l'effrayait et l'attirait à la fois, c'était qu'elle avait envie d'en savoir plus, envie de découvrir jusqu'où cette connexion pouvait la mener.
Lucien se leva alors lentement, et Camille sentit un vide se créer autour d'elle, comme si sa présence avait marqué un avant et un après. « Ne vous inquiétez pas, Camille », dit-il avant de partir. « Vous comprendrez. Tout ça fait partie du voyage. Le vôtre comme le mien. »
Il quitta le café sans un autre regard, et Camille resta là, seule, plongée dans ses pensées. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle était certaine d'une chose : sa vie venait de changer, et Lucien en serait à jamais le catalyseur.
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