
Une seconde chance, un baiser d'amour véritable
Chapitre 2
Marc regarda d'Inès à moi, une lueur de confusion dans les yeux.
« Alors, qu'en est-il de l'investissement pour la galerie ? » demanda-t-il.
Inès fit un geste dédaigneux de la main.
« Plus tard, Marc. C'est presque l'heure de mon vol pour Aspen, tu te souviens ? Tu as promis de m'accompagner à l'aéroport. »
Son attention se reporta sur elle. Instantanément.
« C'est vrai, bien sûr. Aspen. »
Il me jeta un regard rapide, presque indifférent.
« Ça va, Élise ? Tu as l'air pâle. »
J'ai juste hoché la tête.
Les mots semblaient inutiles.
Il n'attendit pas de réponse. Il guidait déjà Inès vers l'ascenseur, sa main sur son bras.
Les portes se refermèrent, me laissant seule dans son bureau opulent.
Le silence était un soulagement.
Je suis sortie, les papiers de divorce signés un poids solide dans mon sac à main.
Ce soir-là, Marc est rentré tard.
Il m'a trouvée dans le salon, fixant les lumières de la ville.
Il s'est approché derrière moi, a posé ses mains sur mes épaules.
Un geste familier. Avant, ça me rassurait.
Maintenant, je me sentais comme dans une cage.
« Désolé d'être en retard », dit-il, la voix douce. Essayant d'être gentil. « Le vol d'Inès a été retardé. »
Bien sûr qu'il l'avait été.
« Tu es toujours en colère pour hier soir ? » demanda-t-il.
En colère ? D'avoir été abandonnée sur une route sombre, malade et souffrante, pour son ex-petite amie ?
« Pourquoi serais-je en colère, Marc ? » demandai-je, ma voix plate.
Il soupira, un son de patience étudiée.
« Écoute, Inès avait vraiment peur. Sa voiture est vraiment tombée en panne. Qu'est-ce que j'étais censé faire ? »
« En effet, que pouvais-tu faire », dis-je en me tournant pour lui faire face.
Je sentis la légère odeur du parfum d'Inès sur sa chemise. Chanel N5. Sa signature.
« C'est la dernière fois, Marc », dis-je.
Il fronça les sourcils. « La dernière fois pour quoi ? Que j'aide Inès ? C'est ma plus vieille amie, Élise. Tu le sais. »
« Non », dis-je. « La dernière fois pour nous. »
Je sortis les papiers de divorce signés de mon sac et les lui tendis.
Il les fixa, puis me fixa.
L'incrédulité. Puis la colère.
« C'est quoi ce bordel ? Tu n'es pas sérieuse. »
Il trouvait toujours des excuses pour Inès.
Elle était fragile. Elle était seule. Elle avait eu une vie difficile, malgré les millions de sa famille.
Ma douleur, mes besoins, étaient toujours secondaires.
Ou invisibles.
Il avait l'habitude de m'apporter du café le matin. Noir, deux sucres.
Le lendemain matin, il ne l'a pas fait.
Il a dormi dans la chambre d'amis.
J'ai fait un petit sac.
Juste l'essentiel.
J'ai regardé notre chambre. Son côté du placard était impeccable, organisé.
Mais sur sa table de chevet, à côté de sa montre et de son portefeuille, il y avait une petite photo encadrée.
Ce n'était pas une photo de moi. C'était de lui et d'Inès, il y a des années, riant, leurs têtes rapprochées.
Quand était-elle apparue ?
Je ne l'avais jamais remarquée avant. Ou peut-être que je n'avais pas voulu la voir.
« Inès a dû la laisser quand elle m'a aidé à redécorer le mois dernier », avait-il dit une fois quand j'avais trouvé un de ses foulards drapé sur une chaise.
Il n'essayait même pas de le cacher.
J'ai pris mon pull en cachemire préféré, celui qui, selon lui, faisait ressortir le vert de mes yeux.
Je l'ai plié, puis déplié.
Je l'ai remis dans le tiroir.
Il me semblait souillé.
Tout dans cet appartement semblait souillé par ses choix, par la présence d'Inès.
J'ai traversé les pièces.
Mes projets de design étaient épinglés sur un tableau dans le petit bureau que j'utilisais. Les plans d'un nouvel hôtel-boutique en centre-ville. Une planche d'inspiration pour la rénovation d'un penthouse.
Mon travail. La seule chose qui était vraiment à moi.
J'ai décroché les projets du Groupe Fournier. Ceux liés à sa famille. Ceux où je me sentais toujours comme une simple exécutante.
Les dossiers de mes clients indépendants, eux, me semblaient propres.
Je devais aller à un gala de charité ce soir-là. Le Fonds pour l'alphabétisation des enfants.
Marc était un sponsor. Le Groupe Fournier.
Je savais qu'Inès serait là. Au premier plan.
Je n'allais pas y aller.
Mais ensuite j'ai pensé, pourquoi pas ?
Un dernier regard sur le monde que je quittais.
La salle de bal scintillait. Lustres, champagne, robes de créateurs.
Inès tenait salon près des tables de la vente aux enchères silencieuse.
Elle parlait avec animation à un groupe de femmes, sa voix portant.
« ...et Marc a été un véritable héros. Il a conduit jusqu'à la Corniche d'Or sous cette tempête épouvantable pour me secourir. Ma voiture était complètement morte. Il s'est même assuré que mon chauffeur la fasse remorquer le lendemain. »
Une des femmes, une chroniqueuse mondaine que je connaissais vaguement, s'extasia : « Il t'est si dévoué, Inès ! Il l'a toujours été. »
Inès sourit, une image de modeste gratitude.
Elle m'a vue alors. Son sourire s'élargit, mais il n'atteignit pas ses yeux.
Elle s'excusa et glissa vers moi.
« Élise ! Tu es venue ! Je suis si contente. Marc s'inquiétait que tu sois encore contrariée. »
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