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Couverture du roman Trop tard, Monsieur Johnston: elle est partie

Trop tard, Monsieur Johnston: elle est partie

Agonisante aux urgences, j'ai imploré Bastien de m'aider. Sa réponse ? Un mépris glacial, persuadé que j'inventais ma grossesse. Tandis qu'il rejoignait sa maîtresse, j'ai sombré dans un piège machiavélique. Accusée de toxicomanie et de mythomanie par des preuves falsifiées, j'ai été abandonnée par mon mari. Mais ils ignorent qui je suis réellement. Sous le pseudonyme de « Le Fantôme », créatrice de mode adulée, je vais utiliser mon talent pour briser ceux qui m'ont trahie.
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Chapitre 2

Soline se réveilla avec l'odeur d'antiseptique et le ronronnement rythmique d'une machine. Son corps semblait creux. Ce n'était pas seulement le vide physique dans son utérus ; c'était un vide spirituel, comme si quelqu'un avait plongé la main à l'intérieur pour lui arracher l'âme.

Elle cligna des yeux, les paupières lourdes. La chambre était sombre. Il y avait une silhouette assise sur la chaise près de son lit.

Une étincelle d'espoir pathétique s'alluma dans sa poitrine.

- Bastien ? râla-t-elle.

La silhouette bougea. Une main couvrit la sienne. Elle était chaude, calleuse, douce.

- C'est moi, Soline. C'est Adrien.

L'espoir mourut instantanément, remplacé par une vague écrasante de déception. Sa vision s'éclaircit. Adrien Vaugrenard, l'infirmier de son grand-père, la regardait avec des yeux pleins d'inquiétude.

- Il n'est pas venu, n'est-ce pas ? demanda Soline.

Elle retira sa main et tourna la tête vers la fenêtre.

Adrien soupira. Il versa un verre d'eau d'un pichet en plastique.

- L'hôpital a appelé ton grand-père comme contact d'urgence. Il ne pouvait pas se déplacer, évidemment. Alors il m'a envoyé.

Soline fixa les stores.

- Le bébé est parti, Adrien.

- Je sais.

Adrien ajusta la couverture autour de ses épaules. Son regard dériva vers le porte-dossier métallique au pied du lit. La feuille du dessus était visible. Leucémie Aiguë Lymphoblastique.

Il se raidit. Soline vit ses yeux s'écarquiller. Elle tendit la main et agrippa son poignet.

- Ne dis rien à personne, siffla-t-elle. Surtout pas à mon grand-père. S'il sait que je suis malade, il abandonnera. Il ne vit que pour moi.

Adrien avait l'air en colère. Sa mâchoire travaillait.

- Tu as besoin d'un traitement, Soline. Un vrai traitement. Pas juste le cacher. L'argent... je peux aider.

Il s'arrêta. Il était censé être un infirmier salarié. Il ne pouvait pas expliquer comment il avait accès à des millions.

- Ça ne sert à rien, dit Soline en fermant les yeux. Je veux juste m'assurer que Grand-père est en sécurité avant de partir.

Bastien marchait dans le couloir de l'hôpital. Il avait quitté le gala plus tôt. Quelque chose dans la façon dont Soline avait crié au téléphone lui était resté en travers de la gorge.

Il se disait qu'il venait juste vérifier son mensonge. Pour prouver qu'elle simulait.

Il atteignit la porte de la chambre 304. Elle était entrouverte.

À travers l'ouverture, il la vit. Elle paraissait minuscule dans ce lit d'hôpital. Et penché sur elle, dangereusement proche, il y avait un homme. Un homme en blouse bon marché. L'homme remettait une mèche de cheveux derrière l'oreille de Soline.

Bastien sentit une bouffée de chaleur lui monter au cou. C'était une jalousie irrationnelle, violente.

Il claqua la porte pour l'ouvrir. Le son claqua comme un coup de feu dans la chambre calme.

Soline sursauta. Adrien pivota, s'interposant instinctivement entre le lit et la porte.

Bastien s'arrêta au pied du lit.

- Alors c'est ça ? ricana Bastien. C'est pour ça que tu étais si désespérée de te débarrasser de mon enfant ? Pour faire de la place au personnel de service ?

Soline se redressa, grimaçant alors que les points de suture dans son abdomen tiraient. Son visage s'empourpra de colère.

- Tu es un monstre, Bastien.

Adrien fit un pas en avant, les poings serrés sur les côtés.

- Vous n'avez aucune idée de ce qu'elle a traversé aujourd'hui.

Bastien ne regarda même pas Adrien. Il garda les yeux rivés sur Soline.

- Dégage de mon chemin, l'infirmier.

Il plongea la main dans la poche intérieure de sa veste de smoking et sortit un carnet de chèques. Il griffonna un chiffre, arracha le papier et le jeta sur le lit. Il voleta et atterrit sur les genoux de Soline.

- Tiens. C'est pour tes « frais médicaux », dit Bastien, le sarcasme dégoulinant de ses mots. Ou pour payer ton petit ami. Je m'en fiche. Arrête juste de m'appeler.

Soline regarda le chèque. Cinquante mille euros. Le prix de son traumatisme.

Elle le ramassa. Ses doigts tremblaient, non de peur, mais de rage. Elle déchira le chèque en deux. Puis encore en deux. Elle jeta les confettis sur lui.

- Sors, dit-elle.

Sa voix était calme, mortelle.

Bastien ressentit une lueur de malaise. Il ne l'avait jamais vue le regarder comme ça. D'habitude, ses yeux étaient suppliants, doux. Maintenant, ils étaient morts.

Il masqua son inconfort par la cruauté.

- Très bien, dit-il en tournant les talons. Mais ne t'attends pas à ce que je continue à payer pour la suite privée de ce vieil homme si tu comptes te comporter ainsi.

Il sortit.

Adrien fit mine de le poursuivre, mais Soline commença à tousser. C'était un son humide, caverneux. Elle couvrit sa bouche avec un mouchoir. Quand elle l'éloigna, il était tacheté de rouge.

Adrien se figea. Il enroula ses bras autour d'elle, la soutenant.

- Ramène-moi à la maison, Adrien, murmura-t-elle en appuyant sa tête contre sa poitrine. Je ne veux pas mourir dans cette chambre.

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