
Le Silence du Débarras: Mon père m'a laissé mourir de faim pour sa fille adoptive
Chapitre 2
Même maintenant, sous forme d’âme, en regardant la porte en bois du débarras, je me suis encore sentie suffoquée par la chaleur étouffante.
Paniquée, j’ai reculé précipitamment, m’éloignant du débarras aussi loin que possible, jusqu’à arriver dans la salle à manger.
Dans la salle de manger, mon père et mon frère entouraient Chloé de chaque côté, lui parlant doucement pour la réconforter.
Mon père l’a doucement prise dans ses bras en murmurant : « Chloé, tu as encore maigri ces derniers temps, il faut manger davantage pour te remettre en forme. Je sais que tu as souffert, et que tu as enduré tant de douleur, alors que Camille n’a eu qu’une si petite punition. Mais ne t’inquiète pas, je vais sévèrement la punir. »
Mon frère, lui, a cherché à l’amuser en plaisantant : « Chloé, tu es mon unique sœur ! »
Je suis restée debout derrière eux, écoutant leur conversation, voulant pleurer, mais incapable de verser la moindre larme. Nous étions pourtant une vraie famille, liés par le sang, mais à leurs yeux, ce n’était pas le cas.
Quand j’avais été enfermée dans ce débarras sombre, mon père pensait que ma souffrance n’était rien comparée à celle de Chloé qui avait été enfermée pendant seulement dix minutes.
Dans cet espace clos, j’avais été jetée à terre comme un déchet. J’avais toujours eu peur du noir et des lieux confinés. J’avais voulu sortir, mais j’étais paralysé. J’avais lutté, hurlé dans le désespoir, finalement, j’avais dû me briser les doigts pour réussir à me libérer des cordes.
J’avais frappé désespérément à la porte, priant pour sortir. Mais tout ce que j’avais reçu en retour, c’était le mépris froid de mon père :
« Ça fait si peu de temps et tu as déjà peur ? Quand tu as enfermé Chloé, as-tu seulement pensé à ce qu’elle pouvait ressentir ? Reste bien ici et ressens sa peur. Comme ça, la prochaine fois, tu ne t’en prendras plus à elle. »
J’avais tenté de creuser un petit trou, espérant laisser entrer un air ou une lumière. Mais même après avoir mis mes dix doigts en lambeaux, je n’y étais pas parvenue.
Le désespoir m’avait submergée et j’avais laissé le noir m’engloutir. Dans un moment de trouble, j’avais cru entendre la voix de Chloé : « Camille, il fait froid là-dedans, non ? Laisse-moi te réchauffer un peu. »
Vitement, j’avais compris que la climatisation du débarras avait été réglée sur de l’air chaud. C’était l’été, la pièce était déjà étouffante, et maintenant, elle était devenue un véritable four.
En quelques instants, la chaleur était devenue insupportable. J’avais fouillé dans le noir, cherchant désespérément de l’eau pour me rafraîchir, mais c’était alors que j’avais découvert que tout ce qui avait été laissé dans le débarras avait été remplacé par des déchets immangeables, j’ai réalisé que tout cela… c’était Chloé qui l’avait fait.
Anéantie, je m’étais effondrée au sol, jusqu’à ce que la douleur s’efface, jusqu’à ce que ma conscience disparaisse complètement.
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