Couverture du roman  Lame solitaire

Lame solitaire

7.9 / 10.0
Dans Lame solitaire, Elena Krovac traque chaque vampire pour venger sa famille. Capturée par l'Alpha Darius Vinter, elle doit s'allier à ce clan de Werewolf Stories pour affronter un dieu corrompu. Ce fantasy novel dévoile une vérité sur son sang maudit au cœur d'une hiérarchie brutale.
Résumé de Lame solitaire
Elena Krovac a voué son existence à l'extermination du surnaturel depuis le massacre de sa famille. Mais lors d'une traque dans les Balkans, cette chasseuse impitoyable tombe aux mains de Darius Vinter, un Alpha mystérieux. Au cœur de ce clan de loups-garous, elle découvre l'imminence d'une menace divine corrompue. Tandis qu'une attirance interdite pour Darius la trouble, Elena doit affronter la réalité sur son sang maudit et remettre en question ses certitudes.
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Lame solitaire Chapitre 1

La pluie s'abattait sur la ville comme un murmure de fin du monde. L'odeur de l'orage se mêlait à celle du sang, poisseuse et entêtante. Sous la lumière vacillante des lampadaires, Elena avançait sans un bruit, l'ombre de son manteau noir se fondant dans la nuit. Sa proie était là, quelque part, dissimulée entre les ruelles étroites et les bâtiments délabrés qui suintaient la misère et la peur.

Ses doigts effleurèrent la garde de l'une de ses lames bénites, une lame effilée imprégnée d'argent et d'aconit. Un souffle, un bruissement imperceptible. Elle pivota brusquement, sa respiration parfaitement maîtrisée, et aperçut une silhouette s'échapper dans l'obscurité. Un sourire carnassier étira ses lèvres. La traque pouvait commencer.

Elle se fondit dans l'ombre, ses pas silencieux épousant le rythme de la ville endormie. Le vampire qu'elle poursuivait n'était pas un simple charognard. Il savait qu'elle était là, il savait ce qu'elle était venue faire. Cela ne changeait rien. Il allait mourir, comme tous les autres avant lui.

Les souvenirs brûlèrent un instant son esprit – le rire de sa sœur, le cri étranglé de sa mère, le silence abject de son père lorsque les crocs s'étaient refermés sur sa gorge. Elle les avait tous vus mourir. Elle n'avait rien pu faire. Mais aujourd'hui, elle faisait ce qui aurait dû être accompli depuis longtemps : exterminer chaque créature immonde qui osait souiller cette terre.

Un bruit derrière elle. Trop proche.

Elle esquiva à la dernière seconde, roulant sur le pavé humide, sentant une main griffue lacérer le vide à l'endroit où son cou se trouvait une seconde plus tôt. Son assaillant se redressa lentement, un sourire figé sur son visage blême. Ses yeux rouges luisaient dans la nuit, affamés, moqueurs.

- Tu as mis du temps à me trouver, chasseuse.

Elle ne répondit pas. Pas besoin. Elle savait déjà comment cela allait finir. Une lame surgit de sa manche, dans un éclat d'acier terne. Le vampire se jeta sur elle. La danse mortelle s'engagea.

Les coups furent rapides, brutaux. Lui, rapide comme l'éclair, elle, méthodique et implacable. Son couteau trancha la chair morte, l'odeur de l'argent brûlant les narines de sa proie. Il hurla, recula, mais elle ne lui laissa pas le temps de respirer. Un pas, une rotation, et la lame s'enfonça entre ses côtes, atteignant le cœur dans un craquement sinistre.

Le corps s'effondra avant même qu'il ne puisse hurler.

Elena s'agenouilla, essuya lentement son arme sur son propre manteau, avant de lever les yeux vers le ciel noir. Une chasse de plus. Une vie de moins. Mais le vide en elle ne se comblait pas. Il ne se comblerait jamais.

Elle se releva et disparut dans la nuit, prête pour la prochaine traque.

L'aube ne s'était pas encore levée sur la ville, et pourtant, Elena marchait déjà dans ses rues désertes, l'ombre de la nuit encore accrochée à ses pas. Ses bottes frappaient silencieusement le pavé humide, laissant derrière elles des empreintes qui disparaîtraient bientôt sous la bruine fine qui commençait à tomber. Autour d'elle, les lampadaires fatigués projetaient des halos pâles sur les façades délabrées des immeubles, révélant des fissures béantes, des murs souillés par le temps et la négligence. Ici, dans ce quartier oublié, personne ne poserait de questions sur le cadavre laissé dans la ruelle. Personne ne chercherait à comprendre pourquoi un homme avait été retrouvé, le cœur transpercé d'une lame imprégnée d'argent.

Ce n'était qu'un monstre de moins.

Elena sentit un frisson courir sur sa peau lorsqu'un courant d'air glacial s'engouffra sous son manteau. La chasse avait été brève, trop brève. Elle aurait voulu sentir plus longtemps l'adrénaline marteler ses veines, la peur de l'ennemi dans son dernier regard, le silence absolu qui suivait toujours l'instant où sa lame trouvait sa cible. Mais ce vampire était faible. Il n'avait été qu'un amuse-gueule, une distraction temporaire dans son éternelle traque.

Elle se dirigea vers un vieux bâtiment abandonné dont l'entrée était dissimulée derrière une grille tordue. Un ancien entrepôt, autrefois lieu de stockage pour des marchandises aujourd'hui disparues. C'était son refuge, une tanière temporaire dans ce monde où elle n'avait plus sa place.

D'un geste mécanique, elle poussa la porte et se glissa à l'intérieur. L'odeur familière de poussière et de métal rouillé l'accueillit, accompagnée du grincement sinistre des charnières fatiguées. Elle s'adossa contre le mur, laissant son corps glisser lentement jusqu'au sol. L'humidité s'infiltra à travers ses vêtements, mais elle n'y prêta pas attention. Son regard se perdit dans l'obscurité.

Ses mains tremblaient encore légèrement, une réaction qu'elle connaissait bien. Ce n'était pas la peur. Non, elle ne craignait plus ces créatures depuis longtemps. C'était autre chose. Quelque chose de plus profond, de plus vicieux. Une faim insatiable. Pas celle du sang ou de la chair, mais celle de l'oubli.

Elle plongea la main dans son sac, en sortit une vieille flasque cabossée. L'alcool brûla sa gorge lorsqu'elle en but une gorgée, mais la chaleur qui s'en suivit ne parvint pas à la réconforter.

Une fatigue sourde s'abattit sur elle, pesant sur ses muscles tendus. Pourtant, elle savait qu'elle ne dormirait pas. Elle ne dormait presque plus. Chaque fois qu'elle fermait les yeux, des visages surgissaient dans l'obscurité, des cris résonnaient dans sa tête. Elle revoyait les silhouettes de ceux qu'elle avait aimés, leur chair déchirée, leurs corps exsangues, les pupilles éteintes dans l'horreur de leur dernier souffle.

Elle releva les yeux vers le plafond fissuré, observant les filaments de lumière qui filtraient à travers une verrière brisée. L'aube approchait, et bientôt, la ville reprendrait vie, ignorant tout des monstres qui rôdaient dans ses entrailles.

Mais elle, elle ne s'arrêterait pas.

Elle était une ombre parmi les ombres, un fantôme errant dans un monde qui n'était plus le sien.

Et tant qu'il resterait une seule de ces créatures à traquer, elle continuerait.

Le froid s'était intensifié à l'aube, s'infiltrant à travers les fissures des murs de l'entrepôt. Elena resta immobile un long moment, le regard perdu dans l'obscurité, écoutant le silence. L'adrénaline de la chasse s'était dissipée, laissant derrière elle un vide encore plus oppressant.

Elle poussa un soupir et se redressa lentement. Son corps protestait, engourdi par la fatigue et les vieilles blessures qui ne guérissaient jamais vraiment. D'un geste machinal, elle vérifia ses armes : ses lames bénites, son revolver chargé de balles en argent, les petites fioles d'eau bénite attachées à son ceinturon. Tout était là.

Un faible rayon de lumière perça à travers la verrière brisée, projetant un éclat blafard sur le sol poussiéreux. La nuit avait été longue, mais une nouvelle journée commençait. Une journée où les monstres se tapiraient dans l'ombre, où elle traquerait leur présence, où elle tuerait encore.

Elle quitta l'entrepôt sans un bruit, longeant les ruelles désertes. La ville s'éveillait lentement, les premiers travailleurs sortant de chez eux, emmitouflés dans leurs manteaux, ignorant tout de la guerre silencieuse qui se jouait dans leurs rues. Elena les observa un instant, une lueur indéfinissable dans le regard. Ces gens avaient des vies ordinaires, des soucis futiles. Ils ne savaient rien de la noirceur qui rôdait sous la surface.

Elle détourna les yeux et continua sa route. Une nouvelle piste l'attendait.

Les rumeurs parlaient d'une série de disparitions dans un village reculé, quelque part dans les Balkans. Des corps retrouvés exsangues, des marques de griffes sur les murs, des silhouettes aperçues dans la brume. Les superstitions locales parlaient de loups démoniaques, de créatures rôdant dans la forêt.

Elena n'était pas dupe. Ce n'étaient pas de simples bêtes sauvages.

Elle avait vu ce genre de massacre auparavant.

Et elle savait exactement ce que cela signifiait.

Des loups-garous.

Un nouveau territoire à purger.

Elle sentit un frisson lui parcourir l'échine, mais ce n'était ni de la peur ni de l'appréhension. C'était une anticipation froide, méthodique. Une nouvelle chasse allait commencer.

Et cette fois, elle ne comptait pas laisser le moindre survivant.

Le voyage jusqu'aux Balkans fut long et éprouvant. Elena traversa plusieurs frontières sous des identités différentes, effaçant chaque trace de son passage comme une ombre insaisissable. Elle dormait peu, se contentant de quelques heures de repos dans des motels miteux ou des aires de repos désertées. Chaque nuit, les souvenirs revenaient. Le sang. Les cris. Les corps éventrés. L'odeur métallique de la mort qui imprégnait sa peau et qu'elle ne parvenait jamais à faire disparaître, peu importe combien elle se lavait.

Elle se réveillait toujours avec le même goût amer dans la bouche : celui de la vengeance inachevée.

Lorsqu'elle atteignit enfin son point de destination, le paysage avait changé. Les lumières artificielles de la ville avaient laissé place à une nature sauvage, indomptée. La route sinueuse serpentait entre des collines boisées, disparaissant par moments sous la brume épaisse qui recouvrait la vallée. Ici, tout semblait figé dans un autre temps. Les villages, disséminés comme des îlots dans un océan de forêts, étaient silencieux, repliés sur eux-mêmes.

Elena s'arrêta au bord d'un chemin de terre, observant les montagnes qui se découpaient à l'horizon. Un vent froid s'infiltra sous son manteau, soulevant des frissons sur sa peau. Elle savait reconnaître un territoire hostile. Elle l'avait vu des dizaines de fois auparavant.

Mais cette fois, quelque chose était différent.

Elle pouvait le sentir dans l'air. Une présence invisible, oppressante.

Elle reprit la route, ses doigts effleurant instinctivement le manche de son couteau.

Le village apparaissait enfin au détour d'un dernier virage. De petites maisons de pierre aux toits de tuiles noires s'alignaient le long d'une rue principale déserte. Aucune lumière aux fenêtres, aucun bruit. Même le vent semblait s'être tu.

Elle gara son véhicule près d'une auberge à l'allure austère. Une enseigne vieillie pendait au-dessus de la porte, grinçant doucement sous l'effet du vent.

Elena descendit du véhicule et referma la portière sans un bruit.

Une silhouette apparut dans l'ombre du porche. Un vieil homme, voûté, le regard perdu dans les profondeurs de son âme. Lorsqu'il croisa celui d'Elena, un frisson traversa son visage ridé.

- Vous êtes venue pour eux, n'est-ce pas ? murmura-t-il d'une voix rauque.

Elle ne répondit pas immédiatement.

- Où sont-ils ?

L'homme détourna les yeux, comme s'il redoutait la réponse qu'il allait donner.

- Ils rôdent dans la forêt. Mais vous ne devriez pas être ici. Vous n'êtes pas la première à venir... et aucun de ceux qui sont venus avant vous n'est reparti.

Elena soutint son regard, impassible.

- Je ne suis pas comme eux.

Un silence s'installa, lourd, chargé d'une vérité indicible.

Puis, dans un souffle presque imperceptible, le vieil homme murmura :

- Ils savent que vous êtes là.

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