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Couverture du roman Sans lendemain

Sans lendemain

Aria a toujours su qu’Ethan Barringer était un interdit, un rêve inaccessible. Pourtant, face à lui, la raison s'efface. Malgré ses doutes et l'avertissement d'Ethan sur l'impossibilité de faire marche arrière, elle choisit de succomber à l'instant présent. Entre hésitation et désir dévastateur, leur étreinte marque un tournant irréversible. Aria s'abandonne à cette liaison nocturne, consciente que cette passion éphémère pourrait bien causer sa propre perte.
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Chapitre 3

- Probablement davantage, précisa-t-elle d'un ton léger. Tu es le plus souvent à Houston. Quant à moi, j'ai deux jobs en même temps.

Dans le silence qui suivit, Ethan sentit planer une certaine tension, comme un étrange courant qui le rendait un peu nerveux. Elle n'avait pas répondu à sa première question, un peu trop directe, reconnut-il, et, en mentionnant ses deux emplois, elle ne suggérait pas qu'elle y avait été poussée par des contraintes financières. Elle n'était pas dans la misère, le magasin d'articles de sport de ses parents rapportant de jolis bénéfices, et surtout elle était la directrice administrative du Texas Cattleman's Club de Royal.

- Es-tu heureuse ? s'enquit-il.

Cette question avait franchi ses lèvres presque malgré lui, et il le regretta aussitôt. Là encore, le sujet était peut-être un peu trop intime pour deux personnes qui ne s'étaient pas vues depuis longtemps, même si, à une époque, Aria et lui avaient été assez proches.

Des années plus tôt, en refusant d'avoir une relation avec elle, il avait cru lui rendre service. Aujourd'hui, il se demandait si ce sacrifice n'avait pas été une absurdité.

Son père avait été un coureur de jupons notoire, et il craignait d'avoir hérité ses gènes. Alors il faisait en sorte que ses relations féminines restent brèves, et que les sentiments n'entrent pas en jeu.

Et cependant il était là, brûlant de revisiter le passé avec une femme qui, au cours des années, avait été témoin de ses meilleurs et de ses pires moments.

Aria hocha la tête, et, plongeant son regard dans le sien, déclara d'une voix ferme :

- Oui. Je suis très heureuse. J'ai une vie formidable.

- Très bien, marmonna-t-il. Parfait.

Il réprima une grimace, conscient de lui parler comme un vieil oncle un peu gâteux. Heureusement, Amanda lui sauva la mise en arrivant avec la commande d'Aria.

- Voilà, dit-elle en le regardant d'un air curieux. Bon appétit.

Lorsqu'elle fut partie, Aria se jeta sur son sandwich et sa soupe comme si elle n'avait rien mangé depuis des jours.

Il ne put s'empêcher de l'observer. Son enthousiasme et la volupté évidente que lui procuraient ces mets tout simples éveillèrent en lui des sentiments totalement déplacés. Était-elle aussi passionnée au lit, lorsqu'un homme lui donnait du plaisir ?

Il avait la bouche sèche, tout à coup, et une embarrassante érection tendait son pantalon.

N'était-il pas bizarre de ressentir un tel désir en regardant simplement une femme en train de déguster un bol de soupe ?

Heureusement pour lui, Aria ne paraissait pas consciente de son trouble. Elle fit disparaître d'un petit coup de langue une miette de fromage au coin de sa bouche, et lui lança un regard interrogateur par-dessus le bord de sa tasse de porcelaine blanche.

- Et toi, Ethan ? Es-tu heureux ? J'ai entendu vanter le travail que tu fais. Et pourtant je suis certaine que travailler sous les ordres de Sterling Perry n'est pas une partie de plaisir.

Cette remarque le fit éclater de rire, et le stress de ces dix dernières semaines commença à se dissiper. Piloter le vaisseau géant constitué par Perry Holdings consumait en effet toute son énergie vitale.

- Là, tu n'as pas tout à fait tort, convint-il. Mais Sterling et moi nous entendons raisonnablement bien. Suffisamment, en tout cas, pour faire du bon boulot.

- C'est probablement parce que tu ne fais pas partie de sa famille, répliqua Aria d'un ton moqueur.

- Sûrement. Les quatre enfants de Sterling ont des relations compliquées avec leur père.

- J'ai entendu quelques rumeurs très excitantes au club, aujourd'hui.

- Elles sont vraies. Je viens d'apprendre cet après-midi même que notre division travaux publics avait obtenu le contrat pour la rénovation du nouveau bâtiment du Texas Cattleman's Club de Houston. Cela couronne des mois de travail. Je suis épuisé.

- C'est fabuleux ! s'exclama Aria, lui offrant un sourire franc pour la première fois depuis qu'il l'avait abordée au comptoir. J'en suis très heureuse pour toi.

La sincérité de cette réponse et le sourire éblouissant qui l'accompagnait lui mirent du baume au cœur.

- Je n'étais pas sûr que nous gagnerions la partie, reconnut-il.

- Alors pourquoi es-tu ici, à Royal ?

- J'ai participé à quelques réunions avec le conseil d'administration du Texas Cattleman's Club de Royal, pour m'assurer que nous comprenons bien ce qu'ils désirent. Dorénavant, je travaillerai principalement à Houston, mais je ferai de fréquents allers-retours.

- J'ai été surprise par ce projet de rénovation. Je n'étais pas toujours en ville, et j'ai manqué une partie des débats. Pourquoi ne pas avoir opté pour une construction neuve ?

- Ryder Currin a déniché un bâtiment magnifique situé à un carrefour stratégique, en plein centre-ville, expliqua-t-il. C'était une boutique-hôtel de luxe qui a fait faillite durant la récession, et qui était à l'abandon.

- Et à présent tu comptes lui offrir une seconde jeunesse.

- Une rénovation totale, du sol au plafond.

L'enthousiasme d'Aria lui faisait plaisir. Il aurait menti en affirmant que ce projet serait un travail facile. Même si Sterling Perry avait remporté l'appel d'offres pour cette rénovation, son plus grand rival, Ryder Currin, un homme beaucoup plus jeune, avait été le vrai moteur de la décision de créer une nouvelle branche du prestigieux club de Royal à Houston.

Et à présent les deux hommes étaient en compétition pour s'en assurer le contrôle. Comme ils se détestaient cordialement, on pouvait s'attendre à quelques dommages collatéraux.

Mais il chassa vivement ces préoccupations de son esprit.

Pour l'instant, il profitait pleinement de la présence d'Aria. Et il ne s'agissait pas simplement du plaisir de discuter avec son amie d'enfance. La jeune fille qu'il avait repoussée était devenue une belle jeune femme dont les charmes l'émoustillaient dangereusement...

- Tu devrais venir à Houston, suggéra-t-il soudain. Dès que nous aurons fait quelques progrès, je te ferai faire le tour du propriétaire.

- Que je vienne à Houston ? répéta-t-elle d'un air étonné.

- Ce n'est pas le bout du monde. Nous avons des appareils très modernes que l'on appelle « avions ».

- Très drôle, dit-elle en rougissant de nouveau. Mais oui, j'adorerais cela.

Quelque chose dans son regard augmenta encore son embarras. Il aimait à considérer Aria comme une amie d'enfance. Et pourtant cette femme n'avait plus rien d'enfantin. Elle était sexy et absolument adorable dans son exquise féminité.

Il imaginait sans peine une bonne douzaine de manières de lui ôter un à un tous ses vêtements jusqu'à ce qu'elle soit totalement nue et voir ce qui se passerait ensuite.

À son immense surprise, elle s'empara de sa main.

- Je suis tellement fière de toi, Ethan !

Le contact de ses doigts délicats sur sa main déclencha un éclair de désir dans tout son corps.

- J'avais envie de fêter l'événement, avoua-t-il d'une voix un peu rauque. Le problème, c'est que j'ai perdu de vue tous mes amis depuis bien longtemps.

- C'est parce que tu ne vis que pour ton travail.

- C'est tout ce que j'ai, dit-il en soupirant. Je suis ambitieux. Personne ne réussit dans le monde où nous vivons, à moins d'y mettre tout son cœur.

- Et tu ne désires rien d'autre ?

Sa question, prononcée à mi-voix, lui coupa le souffle. Bien sûr que si ! Il désirait bien davantage. Mais Aria n'était pas une femme pour lui. Elle était douce, pure. Elle rêvait de bébés et d'une bague à son doigt.

- Dans la vie, on est obligé de faire certains choix, dit-il, effleurant délicatement sa paume, incapable de la regarder en face, craignant qu'elle ne devine sa fringale sexuelle et qu'elle ne soit effrayée.

- C'est peut-être simplement que tu as peur, fit-elle remarquer en retirant sa main, le laissant désemparé et surtout blessé par sa remarque acide.

- Je n'ai peur de rien, protesta-t-il.

Aria croisa les bras, attirant son regard vers le doux renflement de ses seins. Elle portait un pull de cachemire rose pâle à col roulé, et elle était resplendissante comme une rose d'hiver.

Ce face-à-face silencieux ne dura que quelques secondes, mais elles lui parurent durer une éternité.

Amanda réapparut pour débarrasser leur table ; elle ne semblait pas consciente du flot d'émotions qui circulait entre Aria et lui.

Lorsqu'ils se retrouvèrent seuls, Aria lui décocha un sourire malicieux, un peu moqueur.

- Prouve-le, répliqua-t-elle.

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