Couverture du roman Ils m'ont sous-estimé, j'ai pris ma revanche

Ils m'ont sous-estimé, j'ai pris ma revanche

9.1 / 10.0
Camille a sacrifié son identité pour Lucas, devenant une épouse docile pendant quatre ans. Pourtant, le jour de leur anniversaire de mariage, il exige le divorce. Libérée de ce mépris, elle redevient l'héritière d'un empire financier et révèle ses talents cachés de chirurgienne et d'élite. Camille orchestre alors sa vengeance : elle humilie sa rivale et sabote les contrats de Lucas. Face à son ex-mari dévasté, elle savoure enfin le prix de sa trahison passée.

Ils m'ont sous-estimé, j'ai pris ma revanche Chapitre 1

Chapitre 1 : Le jour où tout s'est arrêté

La pluie battait contre les vitres du penthouse comme des coups de poignard répétés. Camille Delacroix regardait les gouttes couler sur la baie vitrée, sans vraiment les voir. Derrière son reflet, l'appartement semblait un musée : froid, impeccable, inhabité. Quatre ans de mariage, et pas une ride sur le canapé en cuir blanc. Pas une trace de vie.

Elle portait encore sa robe de chambre, celle qu'il avait offert à leur première nuit – une étoffe de soie couleur champagne, qu'il n'avait même pas choisie lui-même. Sa secrétaire, sans doute. Le tissu glissait sur ses épaules comme une caresse froide.

Dans sa main, une lettre. Cachet de cire bleue. Lettrage à l'ancienne. Toujours cette obsession du paraître.

Elle ne l'avait pas encore ouverte.

Pas besoin.

Elle savait ce qu'elle contenait. Elle l'avait vue venir depuis des mois. Depuis le jour où il avait commencé à rentrer après minuit, sans un mot. Depuis le jour où il avait cessé de la regarder. Vraiment la regarder.

Lucas Moreau. Son mari. L'homme pour lequel elle avait effacé son nom, son héritage, sa fierté. L'homme pour lequel elle avait appris à se faire petite, discrète, utile. Pendant quatre ans, elle avait joué la femme parfaite : dîners organisés, sourires de circonstance, silence poli dans les soirées mondaines. La femme fantôme.

Mais plus jamais.

La porte de la chambre s'ouvrit sans un grincement. Il entra comme il entrait toujours : sans bruit, sans chaleur, sans excuse. Un costume noir coupé sur mesure, les cheveux bruns parfaitement coiffés, le regard de glace. Lucas Moreau, trente-six ans, magnat de la finance, cœur en titane.

Il posa une petite mallette en cuir sur la table basse en marbre. Le claquement du fermoir résonna comme un coup de feu.

« Tu n'as pas ouvert la lettre. »

Sa voix n'était pas une question. Juste un constat. Plate. Asseptisée. Comme s'il parlait à une employée.

Camille ne bougea pas. Ses doigts serrèrent le papier.

« Je n'en ai pas besoin. »

Il haussa un sourcil. Ce geste qu'il croyait élégant. Un tic qu'elle avait trouvé charmant au début. Aujourd'hui, il lui donnait envie de vomir.

« Alors, nous sommes d'accord. » Il ouvrit la mallette. À l'intérieur : une liasse de documents, un stylo plume, et un petit flacon de parfum. Pas le sien. Une fragrance sucrée, artificielle. Ophélie. Cette odeur lui tourna les sangs.

Camille inspira profondément. Ne craque pas. Ne lui donne pas cette satisfaction.

« Je te propose deux millions, » dit-il, les yeux rivés sur les papiers. « La résidence secondaire de Biarritz reste à ton nom. Et tu gardes la voiture. C'est plus que généreux, compte tenu du contrat de mariage. »

Généreux. Le mot la claqua en plein visage comme une gifle glacée. Généreux. Comme s'il lui faisait l'aumône. Comme si quatre années de sacrifice, d'amour silencieux, de nuits à l'attendre, de repas brûlés qu'il ne venait jamais partager – comme si tout cela valait deux millions et une bagnole.

Elle reposa la lettre sur la table – doucement, très doucement – puis releva la tête. Pour la première fois, elle planta son regard dans le sien. Vraiment. Comme elle ne l'avait pas fait depuis longtemps.

« Lucas. » Un seul mot. Son prénom. Pas « mon chéri », pas « mon amour ». Juste Lucas. Comme un adieu.

Il parut surpris. La petite souris a des crocs ?

« J'étais prête à tout pour toi, » dit-elle, la voix calme. Terriblement calme. Le genre de calme qui précède les ouragans. « J'aurais traversé le feu. J'aurais renoncé à mon nom, à ma famille, à mon métier. Et je l'ai fait. Tu sais ce que j'ai laissé derrière moi pour devenir Mme Lucas Moreau ? »

Il ne répondit pas. Ses doigts tapotaient le cuir de la mallette. Impatient.

« Tu n'as jamais voulu savoir. » Elle esquissa un sourire – un sourire triste, presque maternel. « Tu as pris ce que je te donnais, sans jamais te demander d'où ça venait. »

« Camille, je n'ai pas de temps pour les drames. Signe. »

Elle éclata de rire. Un rire sec, brisé, qui résonna dans l'appartement trop grand. Drames. Il appelait ça des drames. La trahison, l'absence, l'humiliation – tout cela réduit à une scène de théâtre.

« D'accord. » Elle attrapa le stylo. La plume glissa sur le papier, traçant son nom en lettres parfaites. Camille Éléonore Delacroix. Son vrai nom. Qu'il n'avait jamais connu.

Lucas plissa les yeux en lisant la signature. « Delacroix ? »

Elle referma le stylo. Le remit dans son étui. Puis elle se leva. La robe de chambre tomba de ses épaules – elle portait déjà une robe noire, simple, élégante, comme un uniforme de deuil.

« Tu n'as jamais rien su de moi, Lucas. Et c'est ça, le pire. »

Elle se dirigea vers la porte. Il fit un pas vers elle. Un geste ? Un regret ? Non. Juste l'habitude de tout contrôler.

« Où vas-tu ? »

Elle se retourna. La pluie, dehors, redoublait d'intensité. Un éclair déchira le ciel, illuminant son visage. Dans cette lumière blanche, il la vit pour la première fois : pas une épouse docile, pas une potiche. Une guerrière en exil.

« Rentrer chez moi. »

« Mais... tu n'as nulle part où aller. »

Elle ricana. Un rire amer, définitif. « Tu crois vraiment que j'étais une orpheline sans le sou ? Que j'ai mendié l'amour d'un homme parce que je n'avais rien d'autre ? »

Elle ouvrit la porte. Dans l'encadrement, elle lui adressa un dernier regard. Ses yeux brillaient – mais pas de larmes. D'une rage froide, d'une promesse.

« Tu vas apprendre qui je suis, Lucas Moreau. Et tu le regretteras jusqu'à ton dernier souffle. »

La porte claqua. Le silence retomba. Lucas resta figé, la mallette ouverte, le parfum d'Ophélie imprégnant l'air. Pour la première fois de sa vie, il eut l'impression de venir de perdre quelque chose d'irremplaçable.

Mais il était trop fier pour le reconnaître.

Trop tard.

Dans l'ascenseur, Camille s'adossa à la paroi vitrée. Les larmes qu'elle avait retenues coulèrent enfin – brûlantes, silencieuses. Elle les essuya d'un geste vif.

« Plus jamais, » murmura-t-elle.

En bas, une berline noire l'attendait. À l'intérieur, son frère aîné, les poings serrés sur le volant.

« Il est temps, » dit-il simplement.

Elle hocha la tête.

« Oui. Il est temps de redevenir Camille Delacroix. »

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