Suivre
Chapitres
Partager
Couverture du roman Sa maladie, une arme

Sa maladie, une arme

Durant six ans, j'ai soigné les troubles obsessionnels de mon mari, Maxime, acceptant un quotidien de privations. Sa guérison apparente avec sa maîtresse a révélé une cruelle vérité : sa maladie n'était qu'un outil de manipulation. Pour protéger sa réputation, il exige que j'avoue une stérilité imaginaire et que j'accueille son enfant illégitime, menaçant la santé de ma mère. Face à la presse, au lieu de subir l'humiliation prévue, je déchire son script et annonce notre divorce.
Chapitres
Partager

Chapitre 2

Point de vue d'Alix Fournier :

Maxime a froissé les papiers de divorce dans son poing, ses jointures devenant blanches. Il ne les a pas signés. Au lieu de ça, il m'a juste regardée, ses yeux brûlants, avant de déchirer les documents en minuscules morceaux et de les jeter à mes pieds.

« Tu crois que ça se termine comme ça, Alix ? Tu crois que tu peux juste t'en aller ? »

Sa voix était un grognement sourd, teinté d'une menace qui m'a donné la chair de poule.

« C'est déjà fini, Maxime, » ai-je dit, ma voix plate, dépourvue de toute émotion. Je savais alors que de simples exigences ne fonctionneraient pas. Il ne comprenait qu'un seul langage : le contrôle. Et j'étais sur le point de démanteler le sien.

Cette nuit-là, j'ai commencé ma guerre. Je suis rentrée à la maison, passant devant les sols en marbre blanc étrangement immaculés, les meubles sur mesure, la perfection stérile qu'il exigeait. Je me suis arrêtée dans le vestibule, traînant délibérément de la terre épaisse et humide du jardin sur ses sols blancs sacrés. J'ai laissé des empreintes de bottes boueuses jusqu'au salon.

Puis, avec une bouteille de son précieux grand cru, j'ai « accidentellement » renversé une généreuse quantité sur le tapis persan de couleur crème au centre de la pièce. Une tache cramoisie, profonde et accusatrice, contre le blanc virginal. J'ai laissé la bouteille débouchée, à l'envers, laissant le reste du vin s'infiltrer dans les fibres.

J'ai souri, une courbe froide et sans humour sur mes lèvres. Je m'attendais à ce qu'il entre en trombe, rugissant, exigeant des réponses, exigeant la propreté. J'ai attendu, mon cœur battant frénétiquement contre mes côtes, mais il n'est jamais venu. La maison est restée silencieuse, le seul son étant le lent goutte-à-goutte du vin sur le tapis.

Le lendemain matin, la maison était toujours calme et vide. Maxime n'était pas rentré. Mon triomphe initial a commencé à se transformer en une douleur sourde de déception. Mon sabotage n'avait-il servi à rien ?

Mon téléphone a vibré. C'était un message d'un numéro inconnu. Mes doigts tremblaient en l'ouvrant. L'image qui s'est chargée a envoyé une onde de choc à travers mon corps, plus froide que n'importe quelle glace, plus chaude que n'importe quelle flamme.

C'était Chloé. Et Maxime.

La photo montrait Chloé, ses doigts potelés gras de ce qui ressemblait à du poulet frit, en train de mettre un morceau directement dans la bouche de Maxime. Ses yeux étaient fermés, un léger sourire sur ses lèvres, complètement indifférent à l'huile qui maculait sa peau, ou aux miettes qui pourraient tomber. Sur une autre, ils riaient, partageant un seul cône de glace dégoulinant, leurs mains pratiquement entrelacées, leurs visages incroyablement proches.

Mon souffle s'est coupé. Ma vision s'est brouillée. C'était l'homme qui me faisait prendre deux douches, me frotter les mains jusqu'à ce qu'elles soient à vif, enfiler des vêtements fraîchement désinfectés, et me tenir à une distance méticuleuse avant même d'envisager de me toucher la main. L'homme qui me voyait comme un vecteur de maladie, une source de contamination. Il me voyait comme sale.

Mais avec elle ? Il brisait chacune de ses règles pathologiques. Son TOC, une condition que j'avais passé six ans de ma vie à gérer, à atténuer, à endurer, n'était apparemment pas une vraie condition. C'était une arme. Une répulsion soigneusement orchestrée, spécifiquement conçue pour moi.

Mon estomac s'est tordu en un nœud violent. Toutes ces années. Toutes ces fois où je me suis sentie comme un germe, une infection qu'il tolérait. Toutes les fois où je me suis convaincue que sa distance n'était pas personnelle, que c'était juste sa maladie. Tout était un mensonge. Il n'avait pas de TOC ; il avait un dégoût sélectif. Et j'étais la cible.

La rage, pure et non diluée, a déferlé en moi, brûlant les derniers vestiges de ma douleur. Il ne m'avait pas seulement trahie. Il m'avait manipulée, pendant des années, pour me faire croire que j'étais le problème.

Je me suis précipitée dans mon bureau, mes mains tremblant alors que je composais le numéro des RH.

« Ici Madame Fournier. Je veux que Chloé Lambert soit licenciée immédiatement. »

Ma voix était tranchante, empreinte d'une autorité que je ne savais pas posséder.

La responsable des RH, une femme timide nommée Brenda, a bégayé :

« Madame Fournier, je... je ne peux pas. Monsieur Dubois a mis une clause spéciale dans son contrat. Elle ne peut être licenciée qu'avec son consentement écrit exprès, et même dans ce cas, il y a une indemnité de départ à six chiffres. »

Ma mâchoire s'est crispée. Il avait planifié ça. Il l'avait protégée. Il l'avait isolée de toute conséquence. L'audace, la cruauté calculée, était à couper le souffle.

Juste à ce moment, mon téléphone a sonné. C'était Maxime. Sa voix était froide, accusatrice.

« Mais qu'est-ce que tu fabriques, Alix ? Tu essaies de saboter mon entreprise maintenant ? Tu crois que tu peux virer mes employés comme ça ? »

« Tes employés ? » ai-je ricané, un rire amer s'échappant de mes lèvres. « Ou ta maîtresse, Maxime ? Celle avec qui tu partages une pizza grasse, celle que tu laisses te barbouiller le visage de poulet frit ? Celle pour qui tu as risqué ton hygiène personnelle immaculée ? »

La ligne est restée silencieuse un instant. Puis, sa voix a baissé, devenant venimeuse.

« Tu n'as aucun droit de me questionner. Tu es ma femme. Ton travail est de me soutenir, pas de ridiculiser tout ce que j'ai construit. Tu devrais peut-être te regarder dans le miroir, Alix. Peut-être que tes propres problèmes te font réagir de manière excessive. »

Mon sang s'est glacé. Il me manipulait à nouveau, transformant ma douleur en ma faute. Réfléchir sur moi-même ? Mes problèmes ? C'était lui qui me tenait à distance, lui qui me voyait comme intrinsèquement impure, tout en embrassant la saleté avec une autre femme.

« Tu veux que je me regarde dans le miroir, Maxime ? » ai-je grondé dans le téléphone. « Très bien. Mais je m'assurerai que tout le monde regarde dans le tien aussi. »

J'ai mis fin à l'appel. Mes mains, toujours tremblantes, ont trouvé les profils de Chloé sur les réseaux sociaux. Son image soigneusement entretenue de douce innocence. Mais j'étais psychologue. Je savais comment creuser. Il n'a pas fallu longtemps pour trouver les vieilles photos, les fêtes débridées, les compagnies douteuses, l'opportunisme effronté. J'ai sélectionné les plus accablantes. Puis, avec un regard féroce et déterminé, je me suis connectée au réseau interne de l'entreprise.

J'ai imprimé chaque image ignoble. Des centaines d'entre elles. Puis, je suis retournée au siège du Groupe Dubois. Cette fois, je n'ai pas pris la peine d'utiliser mon badge. J'ai marché droit dans le hall, dépassant les gardes de sécurité stupéfaits, et j'ai commencé à placarder les photos sur les murs blancs immaculés. Sur les cloisons en verre, les portes d'ascenseur, même sur la mosaïque géante du blason de la famille Dubois.

Le hall, autrefois digne, a sombré dans le chaos. Des chuchotements, des halètements, le cliquetis frénétique des téléphones alors que les employés prenaient des photos. La façade « innocente » de Chloé s'est brisée, remplacée par des images d'elle dansant ivre sur des tables, embrassant des inconnus, faisant des choses qui feraient rougir même un fêtard aguerri. L'hypocrisie du monde parfait de Maxime, et du jeu d'innocente de Chloé, était exposée aux yeux de tous.

Maxime a jailli des ascenseurs de la direction, son visage un masque de fureur écarlate. Il a vu les photos, ses yeux s'écarquillant d'horreur, puis se rétrécissant sur moi. Il les a arrachées avec des gestes frénétiques, presque violents, sa précieuse propreté oubliée dans sa rage.

« Tu es folle, Alix ! » a-t-il rugi, sa voix résonnant dans le hall soudainement silencieux. « Tu es une maniaque ! »

Chloé, qui l'avait suivi, s'est cachée derrière son dos, jetant un coup d'œil avec de grands yeux larmoyants, jouant la victime. Mais ses larmes semblaient fausses maintenant, son innocence un costume.

Maxime a attrapé un interphone à la réception.

« Tout le monde au travail ! » a-t-il hurlé, sa voix amplifiée, secouant les fondations mêmes du bâtiment. « Quiconque est surpris à bavarder, quiconque est surpris avec ces photos, sera licencié immédiatement ! Vous m'entendez ?! »

Les employés se sont dispersés, la peur gravée sur leurs visages. Maxime s'est tourné vers moi, sa poitrine se soulevant, ses yeux brûlant d'une haine qui reflétait la mienne.

« Chloé n'est plus une simple assistante juridique, » a-t-il grondé, la tirant en avant. « Elle est ma nouvelle Conseillère Juridique Senior, avec effet immédiat ! Et son salaire vient de doubler ! Essaie de la virer maintenant, sale folle ! »

Mon cœur a sombré, une pierre lourde tombant dans un puits froid et sombre. J'avais mal calculé. Il avait fait monter les enchères, m'humiliant publiquement tout en l'élevant. J'avais échoué. Encore.

Chloé m'a adressé un sourire sirupeux et triomphant alors que Maxime l'emmenait, son bras enroulé autour d'elle.

« Certaines personnes ne savent tout simplement pas quand abandonner, n'est-ce pas, Madame Fournier ? » a-t-elle ronronné, ses yeux brillant d'un plaisir malveillant.

Je me suis retournée et je suis sortie, les chuchotements et les regards détournés des employés restants me suivant comme des ombres. Je suis montée dans ma voiture, mes mains agrippées au volant, mon corps tremblant de manière incontrôlable.

Je me suis rendue à mon cabinet, cherchant refuge dans le seul endroit où je me sentais toujours en sécurité. Mon sanctuaire. Mais quand j'ai déverrouillé la porte, une vague de nausée m'a submergée. L'endroit tout entier était en ruines. Des meubles renversés, des dossiers éparpillés, mes diplômes arrachés des murs, des éclats de verre de cadres photo brisés jonchant le sol. Mes livres de médecine, méticuleusement organisés, étaient déchirés et jetés partout.

Sur mon bureau, au milieu des débris, il y avait une seule photo, brute. Une photo de Maxime d'il y a des années, décharné, hanté, ses yeux remplis d'une terreur désespérée. C'était une photo que j'avais prise pendant ses jours les plus sombres, quand son TOC l'avait paralysé, quand il était prisonnier dans sa propre maison, incapable de fonctionner. C'était une photo de son dossier médical. Mon dossier médical.

Je suis tombée à genoux, le verre brisé crissant sous moi. Je me suis souvenue comment je l'avais trouvé, un reclus, paralysé par sa peur de la contamination. Ses riches parents, désespérés de trouver une solution, me l'avaient amené. Je lui avais consacré des années, reconstruisant minutieusement sa vie, lui apprenant des mécanismes d'adaptation, l'aidant à retrouver un semblant de normalité. Je l'avais littéralement sauvé d'une vie confinée à l'isolement stérile. Je lui avais donné les outils pour devenir le PDG puissant qu'il était aujourd'hui.

Et c'était sa récompense. Pas seulement la trahison, mais l'anéantissement total. Il avait détruit l'espace même où je guérissais les autres, l'endroit qui me définissait, l'endroit où j'avais mis tous mes efforts pour le sauver. L'ironie était un goût amer et métallique dans ma bouche. Tout ça pour rien ? Mon amour, mes soins, mon sacrifice, n'étaient-ils qu'une prescription insensée de médecin pour ma propre perte ?

J'ai senti un froid profond s'installer dans mes os, plus froid que n'importe quelle salle d'opération stérile. Ce n'était pas seulement mon cabinet qu'il avait détruit. C'était ma foi, mon espoir, et la dernière parcelle de ma croyance en lui. La photo, son visage brisé d'il y a des années, se moquait maintenant de moi, un rappel douloureux du monstre que j'avais déchaîné sur moi-même. Mes mains ont atteint le cadre brisé, un bord tranchant coupant mon doigt, mais je l'ai à peine senti. Tout ce que je sentais, c'était le poids écrasant de tout ce que j'avais perdu, de tout ce que j'avais sacrifié pour un homme qui ne me voyait que comme un outil pratique et jetable.

Vous aimerez aussi

Couverture du roman Démasquer mon fiancé mafieux
8.8
Mon fiancé, un mafieux violent, m'a droguée pour masquer ses abus et me voler mon projet de casino à un milliard. Avec sa maîtresse Olivia, il a même causé ma fausse couche, jugeant notre enfant gênant pour son ascension. Après une humiliation publique de trop, mon amour s'est changé en haine. J'ai fui vers Paris après lui avoir envoyé les preuves de ses crimes. Désormais, je m'allie à son pire ennemi. Ce n'est plus une rupture, c'est une guerre sans merci.
Couverture du roman Entre scènes et séduction
9.4
Chanteur iconique du groupe Killer Valentine, Xan incarne une virilité sauvage qui fascine Georgie. Malgré son amour pour cet homme imprévisible, la jeune femme se retrouve dans une impasse quand son ex-petit ami intègre la formation musicale. En tentant de fuir cette situation étouffante, elle tombe entre les mains de la mafia russe. Kidnappée, elle craint désormais pour la vie de Xan : ses ravisseurs jurent de l'abattre s'il intervient, mais elle sait qu'il risquera tout pour la secourir.
Couverture du roman La Dette du Roi de la Mafia : La Fureur de ma Famille
8.2
Lors d’un baptême, je découvre avec horreur que Damien, mon mari et chef de la mafia, présente le fils de sa maîtresse Solène comme son héritier. Enceinte de quatre mois, je subis l’humiliation ultime quand il prend le parti de l’autre femme face à mes douleurs. Après une mise en scène macabre orchestrée par sa rivale, Damien m'abandonne pour elle. À mon réveil à l'hôpital, il exige des excuses. C'est la fin de la soumission : une femme assoiffée de vengeance vient de naître.
Couverture du roman L'Amour Trahi, La Vengeance D'Aline
7.9
Incarcérée à tort après une machination de ses parents et de son fiancé Raphaël, Aline sort de prison cinq ans plus tard. Sa sœur Dalie, coupable du crime, lui a tout volé : sa place au sein du foyer et même son acte héroïque de don de moelle osseuse. Persuadé que Dalie l'a sauvé, Raphaël s'apprête à l'épouser. Ignorant qu'Aline connaît leur trahison, ils tentent de l'humilier. Mais la jeune femme prépare déjà sa fuite. Dans dix jours, sa nouvelle identité effacera son passé.
Couverture du roman  Le Pacte de la Mafia
8.9
Pour Élise, l'indépendance est sacrée, mais elle se voit forcée d'épouser Vito, un redoutable parrain de la mafia. Malgré sa méfiance initiale et sa résistance farouche face à l'autorité de cet homme, une connexion inattendue commence à s'installer. Sous ses airs impitoyables, Vito dissimule des failles secrètes. Élise réalise alors que ce chef dangereux pourrait devenir son protecteur le plus dévoué, ébranlant toutes ses certitudes sur leur union forcée.
Couverture du roman Le père de mes triplés est un impitoyable mafieux
9.3
Après une nuit passionnée, Romy Inaya se retrouve enceinte de triplés. Sans ressources et trahie par les siens, elle fuit pour protéger ses enfants. Déterminée, elle veut récupérer ses biens et se venger de ceux qui l'ont bafouée. Entre la maladie de l'un de ses fils, le retour d'un ancien amant et la rencontre d'un homme puissant, Inaya entame un combat acharné. Face à un mafieux impitoyable qui veut lui prendre sa progéniture, elle jure de ne jamais plier.