
Quand la vérité te dévore
Chapitre 3
Éloïse POV:
« Coupable. » Le mot résonnait dans le vide de mon existence d'esprit.
J'avais ri. Un rire sans joie. Coupable de quoi ? D'avoir aimé un homme aveugle ? D'avoir eu confiance en une femme sans scrupules ?
Quelques jours plus tôt, le séminaire d'entreprise avait été l'occasion de mon triomphe. J'avais présenté une stratégie audacieuse, saluée par toute l'assemblée. Les vieux loups de mer de l'entreprise, les alliés de mon père, m'avaient regardée avec respect.
C'est là que Noémie était réapparue. Son sourire était mielleux, mais ses yeux brûlaient de jalousie.
Elle m'avait abordée, l'air innocent.
« Éloïse, tu es incroyable. » Elle avait feint l'admiration. « Romain a de la chance de t'avoir. »
Son compliment était une insulte. Elle ne supportait pas mon succès.
« Noémie. » J'avais répondu, ma voix polie, mais distante. « Ça fait longtemps. »
Elle avait froncé les sourcils, comme blessée.
« Tu m'évites ? » Son ton était plaintif. « Je pensais que nous pourrions… rattraper le temps perdu. »
Je savais qu'elle complotait. Je le sentais.
« Nous avons déjà nos places attitrées pour le dîner. » J'avais pointé du doigt la table, la sienne prévue loin de la nôtre.
Noémie avait refusé net. Son visage s'était tordu de colère.
« Je ne serai pas reléguée au second plan ! » Elle avait lâché les mots avec une fureur contenue. « Je suis l'amie d'enfance de Romain ! »
Quelques minutes plus tard, Noémie avait disparu. Le vent s'était levé, et les lumières avaient vacillé.
La panique avait éclaté. Un faux kidnapping. Elle avait tout orchestré.
Romain m'avait regardée, les yeux pleins d'accusations.
« Tu l'as abandonnée, Éloïse ! » Sa voix était un rugissement. « Tu l'as laissée seule, pour ton propre plaisir ! »
J'avais tenté de me défendre.
« Romain, je n'ai rien fait ! » J'avais tendu la main vers lui. « C'est un piège ! »
Mais il ne m'avait pas crue. Il ne m'avait jamais crue.
Il avait retrouvé Noémie, prostrée, en larmes.
« Éloïse m'a méprisée. » Elle avait sangloté. « Elle a dit que j'étais une moins que rien. »
Romain l'avait serrée contre lui, un regard de haine dans les yeux. Il avait juré qu'il me ferait payer.
Et il l'avait fait. Il m'avait enfermée dans cette chambre froide.
Il avait cru que je simulais. Il avait cru que je jouais la comédie.
Moi, Éloïse Lefort, mourir de froid dans une chambre désaffectée. C'était une ironie cruelle.
Mon esprit observa Romain. Il attendait. Il attendait que je cède. Que je le supplie.
Il n'avait jamais compris. Il n'avait jamais voulu comprendre.
Son attente serait longue. Éternelle.
Un cri perça le silence du bureau.
« Monsieur ! »
C'était un gardien. Son visage était livide, ses yeux exorbités.
« C'est… c'est Madame Éloïse ! » Il haletait, se tenant la poitrine. « Elle… elle est morte ! »
Romain se figea. Le verre qu'il tenait à la main faillit lui échapper. Il le posa sur le bureau avec une lenteur calculée.
Son regard se posa sur le gardien, un mélange d'incrédulité et d'une fureur contenue.
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