
Piégée par son amour du passé.
Chapitre 3
De retour chez moi, je salue Kévin. Après avoir ma porte, il m'interpelle.
- Oui ?
- Je suis content de t'avoir revu après toutes ces années.
Il me sourit et là je rougis(encore). J'incline légèrement la tête et rentre.
Il faut vraiment que mon corps arrête de réagir au moindre de ses compliments. Et que mon cœur arrête de battre aussi fort.
Le lendemain, il fait un temps tellement morose que j'envisage de rester chez moi. Mais il a fallu que Patrick dérange ma tranquillité.
- Oui allô ?
- Ne me dis pas que tu es encore malade ?
- Patrick, s'il te plaît je veux juste une journée de repos. Je te rappelle que c'est à cause de toi si je suis épuisée. Tu m'as surchargé de boulot hier.
- Je sais mais comme tu étais partie travailler avec Kévin du coup je t'avis laissé du boulot mais je ne m'en étais pas rendu compte que c'était trop.
T'appelle ça travailler toi ? Il a littéralement essayé de me séduire même si ça ne m'a pas déplu.
- D'accord, j'arrive.
La journée a été infernale, à peine arrivée que je suis bombardée de boulot avec les publications des livres, les signatures et la vente des livres pourtant on est quand même 2500 salariés à croire que Patrick est obsédé par moi.
En rentrant, dans l'après-midi, une voiture s'arrête à mon niveau.
- Vous êtes bien Linda Clark ?
- Oui pourquoi ?
- Montez s'il vous plaît, le patron veut vous voir.
- Euh mais je peux prendre quelques affaires d'abord ?
- Vous n'habitez plus là.
- Qu'es ce que…
Je me retourne et voit effectivement qu'il a raison le nom sur la boite aux lettres a changé. Je suis presque en train de m'énerver lorsque trois voyous s'avancer vers moi couteau à la main. Je panique et monte dans la voiture en vitesse avant qu'il ne démarre.
Arrivée devant un hôtel de luxe, j'entre, surprise, et voit Kévin assis dans un salon avec une femme qui lui sourit et essaye de le séduire.
- La voici patron.
Kévin se retourne, tout souriant ignorant littéralement la femme devant lui, et se lève.
- Merci James, tu peux disposer.
James part et la femme me fusille du regard.
- Qui est donc cette jeune femme ?
- Natasha, je te présente Linda une ancienne amie et ma future collaboratrice. C'est une romancière qui travaille dans la meilleure maison d'édition de la ville et avec qui je vais travailler.
- Une ancienne amie ?Dit-elle en me dévisageant.
- Oui, dit-il en lui souriant, pour l'instant, dit-il en se penchant pour le chuchoter dans mon oreille.
Je rougis en m'inclinant pour la saluer. C'est pas pour lui témoigner du respect, non, c'est pour cacher ma gêne causée par ce crétin.
- Bonjour madame.
- Bon je vais y aller, dit-elle en m'ignorant, et si on se voyait ce soir ?
- Non j'ai une journée chargée avec Linda.
- Très bien, alors aurevoir.
Elle passe à côté de moi en me bousculant presque.
- Dis donc ce ne sont pas toutes tes maîtresses qui connaissent la politesse.
- Primo, ce n'est pas ma maîtresse c'est une connaissance qui essaie toujours de me séduire alors qu'elle est mariée, puis je n'ai de maîtresses.
- Quoi elle est...oh mon dieu. Je plains son mari. Tes connaissances sont-elles toutes comme ça ?
- Comme quoi ? Dit-il en me regardant.
- Perfides, infidèles et irrespectueuses ?
- La plupart oui sauf toi. Tu es belle, adorable quand tu rougis, respectueuse et très sérieuse dans ton tout ce que tu fais.
- M-merci. Au fait Kévin qu'es ce que tu as encore manigancé dans mon dos ?
- Je t'ai déménagé. Désormais tu vis ici dans mon hôtel qui est aussi ma résidence secondaire.
- C'est encore une blague que tu me fais parce que si c'est le cas, je ne l'aime pas du tout.
- Je suis très sérieux. Toutes tes affaires sont ici.
- Mais pourquoi ?
- Je n'ai aucune envie que tu continues d'habiter dans un lieu aussi dangereux. En plus James m'a envoyé que étais sur le point de te faire tuer avant de venir. C'est vrai Linda ?
- …
- Linda ?
- Oui c'est vrai.
- Ok, alors dis moi tout, depuis quand ta vie est-elle si dangereuse ?
- En quoi ma vie peut t'intéresser ?
- Elle m'intéresse et en plus, il serait favorable qu'on se connaisse mieux et qu'on se fasse confiance pour notre future collaboration.
- Tu as conscience que dans cette collaboration, je suis ta soumise ?
- Oui raison de plus pour mieux connaître celle à qui je vais faire découvrir les plaisirs du sexe.
Je rougis instantanément en baissant la tête.
- Et puis si tu me dis tout je ferai de même car de toute façon je n'ai pas tout dit dans ma biographie. Et tu sera la seule à me connaître parfaitement. une chose que dois déjà savoir: je déteste le mensonge.
Je le sais en effet.
- Alors Linda ?
- Un moment.
- Tu ne réponds pas à ma question Linda.
Je soupire.
- Depuis la sortie de la fac.
- Tes parents sont-ils au courant ?
Mon point sensible et mon secret. Sydney a peut-être raison, peut-être que je peux lui faire confiance.
- …Je suis orpheline.
- Quoi mais qui s'occupait de toi alors au lycée ?
- Ma tante maternelle. Elle se faisait passer pour ma mère pour ne pas éveiller des questions trop personnelles.
- Oh…
- Et non elle n'est pas au courant, personne n'est au courant même pas mes collègues ni Patrick, tu es le seul à le savoir maintenant. Après la fac, je me faisais suivre tout le temps et je suis allée porter plainte à la police. Ca s'est arrêté pendant une semaine puis ça a recommencé mais j'avais rencontré Sydney qui me raccompagnait tout le temps pour passer du temps avec moi. Comme on est de plus en plus occupées et qu'on ne finit pas en même temps ça a recommencé du coup je marche le plus vite possible pour vite rentrer mais une fois j'ai pas réussi, sous le coup de la fatigue, et… je me suis faite agresser. Sydney passait par-là pour me saluer et l'a abattu avec un bâton. Ca continue mais j'essaie d'être vigilante pour me cacher. Et en ce moment ma tante est en France en voyage d'affaires du coup je ne veux pas la déranger.
J'étais tellement concentrée sur mon récit que j'ai pas vu qu'il est passé de visage souriant à visage énervé.
- Linda ?
- Oui ?
- Es ce que tu te rends compte de ce que tu me dis ?! Quelle genre de tante serait dérangée que sa nièce l'appelle parce qu'elle se fait harceler et agressée en permanence depuis la fin de ses études ?! Et tu voulais continuer à te cacher comme ça un jour tu te fera violer, c'est ça ?! Je ne pense pas que tes parents t'aient mise au monde pour servir de repas à ces obsédés sexuels. Et tu crois que avec ce que tu viens de me raconter je vais te laisser repartir vivre là-bas ?
- J'imagine que non.
- Très bonne réponse.
- Kévin je n'ai pas besoin de ta pitié ni de ta compassion, je m'en sors comme je peux.
- Ah oui t'appelle ça t'en sortir ?! En te faisant agresser tous les jours ?! Pourquoi refuses-tu mon aide ?
- Je te rappelle que 9ans plus tôt c'était toi qui me faisait peur.
Il s'assoit et me regarde dans les yeux avec une lueur de douceur.
- Je sais et je m'excuse de mon comportement, de mon comportement d'avant, j'étais très immature et heureusement ma mère m'a remis sur le droit chemin. Mais sache que maintenant je ne compte pas te laisser repartir. Je mettrai une voiture à ta disposition et un garde du corps ainsi qu'un chauffeur.
Il avait repris sa lueur de colère.
- Merci Kévin mais…
- Il n'y a pas de mais, je n'accepte aucune protestation. Maintenant viens que je te montre tes appartements.
Du coup, c'est fort possible qu'on se retrouve sous le même toit ou à habiter ensemble, ce que j'aurai aimé évité.
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