
Mon premier amour, mon dernier amour
Chapitre 2
Les moments où l'on commence à découvrir quelqu'un sont souvent empreints d'une douce hésitation, comme si chaque geste, chaque mot, devait être soigneusement pesé. Pourtant, dès que Lucas s'approcha de Lila ce jour-là, avec un sourire en coin et cette lueur mystérieuse dans les yeux, il sembla balayer toutes les barrières invisibles qu'elle avait inconsciemment érigées.
La journée de cours touchait à sa fin, et Lila s'apprêtait à ranger ses affaires lorsqu'elle sentit une présence derrière elle. En se retournant, elle trouva Lucas, son sac à dos négligemment jeté sur une épaule, l'observant avec cet air à la fois tranquille et captivant qu'il semblait porter comme une seconde peau.
« Lila », dit-il d'un ton presque chantant, comme s'il testait son prénom sur sa langue. « Tu es libre maintenant ? »
Elle cligna des yeux, surprise par la question directe. « Ça dépend... pourquoi ? »
Il haussa les épaules, mais son sourire s'élargit légèrement. « Je me disais qu'une promenade au parc pourrait être une bonne façon de décompresser après une journée comme celle-ci. Qu'en penses-tu ? »
Une partie de Lila hésitait. Après tout, elle connaissait à peine Lucas, et ce garçon semblait porter plus de mystères qu'il n'en laissait paraître. Mais une autre partie, celle qui s'était sentie attirée par lui dès leur première rencontre, était déjà en train de céder.
« D'accord », répondit-elle enfin, non sans une pointe de timidité dans la voix.
Le parc était à quelques minutes à pied de l'université, un havre de tranquillité au milieu du tumulte de la ville. Les arbres déployaient leurs branches comme des voiles, projetant des ombres dansantes sur les chemins de gravier. Lucas et Lila marchaient côte à côte, leurs pas se synchronisant naturellement, comme s'ils avaient toujours eu l'habitude de se promener ensemble.
« Alors, pourquoi la biologie moléculaire ? » demanda Lucas, brisant le silence qui s'était installé entre eux.
Lila sourit légèrement, les mains croisées derrière son dos. « Parce que c'est fascinant de comprendre comment tout fonctionne. Les cellules, l'ADN, les interactions... Tout ça, c'est la base de la vie. Et toi ? Pourquoi l'art ? »
Lucas haussa un sourcil, amusé. « Parce que c'est fascinant de ne rien comprendre et d'essayer de créer du sens. »
Elle éclata de rire, un son léger qui sembla illuminer l'air autour d'eux. « Tu te moques de moi ? »
« Pas du tout », répliqua-t-il, faussement sérieux. « En fait, je pense qu'on est exactement opposés. Toi, tu cherches des réponses précises. Moi, je cherche à poser des questions. »
Lila le regarda un moment, surprise par la profondeur de sa réflexion. « C'est une façon intéressante de voir les choses. »
Leurs pas les conduisirent près d'un petit lac, où les reflets du soleil sur l'eau créaient des éclats dorés. Lucas s'arrêta et s'appuya contre un arbre, observant Lila avec une intensité qui la fit frissonner.
« Et toi, Lila ? Tu as des questions ? » demanda-t-il soudain.
Elle le fixa, légèrement déconcertée. « Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« Je veux dire... Est-ce que tu te contentes de comprendre le monde qui t'entoure, ou est-ce que tu te demandes parfois ce qui se cache en dehors de tout ça ? »
La question était étrange, presque déroutante, mais Lila sentit une pointe de défi dans sa voix, comme s'il la poussait à révéler une partie d'elle-même qu'elle gardait cachée.
« Je suppose que je me pose des questions aussi », répondit-elle prudemment. « Mais je préfère garder les pieds sur terre. »
Lucas hocha la tête, un sourire énigmatique sur les lèvres. « C'est peut-être une bonne chose. »
Ils continuèrent leur promenade, échangeant des anecdotes et des souvenirs. Lucas avait une façon de parler qui captivait Lila. Il jonglait entre des récits légers et des observations profondes, passant de l'humour à une sorte de mélancolie douce qui semblait imprégner chacune de ses paroles.
À un moment donné, alors qu'ils longeaient un chemin bordé de fleurs sauvages, leurs mains se frôlèrent accidentellement. Ce n'était qu'un contact bref, presque imperceptible, mais cela suffit à déclencher une vague de chaleur chez Lila. Elle sentit son cœur s'accélérer, et un silence gêné s'installa entre eux.
Lucas jeta un coup d'œil vers elle, un sourire en coin. « Désolé », murmura-t-il.
« Ce n'est rien », répondit-elle rapidement, mais sa voix trahissait une certaine nervosité.
Ils continuèrent à marcher, mais l'atmosphère entre eux avait changé. Il y avait une tension palpable, une énergie qui semblait vibrer dans l'air, rendant chaque geste, chaque mot, infiniment plus significatif.
Alors qu'ils approchaient de la sortie du parc, Lucas s'arrêta soudain et sortit son téléphone. Lila remarqua que son expression changea instantanément. Son visage, habituellement détendu et souriant, se ferma, et une ombre traversa ses traits.
« Excuse-moi une seconde », dit-il en s'éloignant légèrement.
Lila l'observa, intriguée. Lucas parlait à voix basse, mais elle pouvait percevoir une certaine urgence dans son ton. Il faisait les cent pas, une main dans ses cheveux, l'autre serrant son téléphone avec une force visible.
Elle ne voulait pas écouter, mais des bribes de conversation lui parvinrent malgré elle.
« ... Je t'ai dit que je m'en occupe... Non, pas maintenant... Je te rappelle plus tard. »
Lorsqu'il revint, il avait retrouvé son sourire, mais Lila n'était pas dupe. Il avait beau feindre la légèreté, quelque chose dans son regard avait changé.
« Tout va bien ? » osa-t-elle demander.
Lucas hocha la tête. « Oui, c'est rien. Juste... des trucs à régler. »
Mais Lila sentit qu'il ne disait pas tout. Une part d'elle voulait insister, mais elle savait que ce n'était ni le lieu ni le moment.
Ils marchèrent en silence jusqu'à l'entrée du parc, où ils se séparèrent. Alors qu'il s'éloignait, Lila ne pouvait s'empêcher de se demander ce qui le tourmentait, et pourquoi elle se sentait si attirée par un garçon qu'elle connaissait à peine, mais qui semblait déjà avoir tissé un fil invisible autour de son cœur.
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