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Couverture du roman Mon mari de la mafia

Mon mari de la mafia

Damiano Ricci, chef d'un domaine toscan, doit protéger son héritage après le décès de son frère. Homme d'affaires impitoyable mais tuteur dépassé de sa nièce Emilia, il accepte un mariage arrangé pour respecter la tradition. Elena, une Française de 19 ans passionnée de botanique, l'épouse par devoir familial. Face à la froideur de son mari, la jeune femme refuse de plier. En s'alliant à l'enfant et en modernisant les vignes, elle tente d'apprivoiser cet univers autoritaire.
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Chapitre 2

Le lendemain matin, le soleil inonda la maison d'une lumière crue qui semblait accentuer encore plus la décrépitude des lieux. Elena s'était réveillée tôt, incapable de dormir à cause des souvenirs et des questions qui tournaient en boucle dans sa tête. Elle avait passé une partie de la nuit à repenser à l'homme mystérieux qu'elle avait vu à la villa Monteverdi. Damiano Ricci. Pourquoi avait-il l'air de la connaître ? Et pourquoi ce ton si... détaché ?

Elle repoussa ces pensées pour l'instant et décida de s'occuper en explorant la maison familiale. La cuisine était son premier arrêt. Le sol en carreaux rouges, fissurés par endroits, semblait presque glacial sous ses pieds nus. Elle ouvrit les placards, découvrant des bocaux de confitures poussiéreux et une vieille boîte en fer remplie de lettres jaunies par le temps. Elle les mit de côté pour plus tard et continua.

Dans le salon, elle souleva un autre drap. La vieille horloge de son père était là, figée à l'heure exacte où elle s'était arrêtée des années plus tôt. 15 h 27. Elle se souvenait de cette horloge qui battait autrefois comme un cœur, accompagnant chaque moment de leur vie quotidienne.

C'est dans le bureau, cependant, qu'elle trouva quelque chose de plus intriguant. Une pile de cahiers recouverts de cuir était rangée dans un coin, sous une couche de poussière. L'un d'eux attira particulièrement son attention. Le carnet, d'un brun écaillé, portait les initiales "A.M." gravées sur la couverture. Antonio Moretti. Son père.

Elle s'assit à l'ancien bureau, le carnet dans les mains tremblantes. Lorsqu'elle l'ouvrit, elle fut frappée par l'écriture nerveuse et serrée de son père. Les premières pages contenaient des notes sur les vignes, des calculs et des listes de tâches. Mais plus elle avançait, plus le ton changeait. Les phrases devenaient hachées, presque cryptiques.

"Les Ricci veulent tout contrôler. Ils ne reculeront devant rien..."

"Monteverdi ne leur appartient pas. Pas encore."

"Si quelque chose m'arrive, Elena doit savoir."

Son souffle se coupa. Elle relut ces mots plusieurs fois, les doigts crispés sur le carnet. De quoi parlait-il ? Pourquoi son père était-il si inquiet au sujet des Ricci ?

Elle était plongée dans ses pensées quand un coup sec à la porte la fit sursauter. Déposant le carnet sur le bureau, elle alla ouvrir, et se retrouva nez à nez avec une femme aux traits durs mais élégants. Sophia Mancini.

- « Sophia, » dit Elena, surprise. « Qu'est-ce que tu fais là ? »

Sophia la détailla de haut en bas avant de répondre d'un ton légèrement moqueur :

- « Je pourrais te poser la même question. Je ne pensais pas te revoir à Monteverdi un jour. »

Elena recula pour la laisser entrer, incertaine de ce que cette visite signifiait. Sophia, autrefois sa meilleure amie, semblait aujourd'hui bien différente. Sa posture était rigide, son sourire plus acéré qu'accueillant.

- « Je voulais juste te rendre une petite visite de courtoisie, » dit-elle en regardant autour d'elle, le nez froncé devant la poussière. « Ça fait longtemps, hein ? »

Elena hocha la tête, refermant la porte derrière elle.

- « Oui, très longtemps. Comment vas-tu ? »

Sophia haussa les épaules, puis s'assit sur le canapé comme si elle était chez elle.

- « Ça va. Moi, je suis restée ici, tu sais. Monteverdi, c'est chez moi. Mais toi, Elena... tu pars sans prévenir, tu ne donnes plus de nouvelles, et puis tu réapparais comme ça. Pourquoi maintenant ? »

Le ton de Sophia était tranchant, presque accusateur. Elena se tendit.

- « J'ai mes raisons. Je n'ai pas envie d'en parler, » répondit-elle.

Sophia haussa un sourcil, visiblement peu impressionnée par cette réponse.

- « Bon, comme tu veux. Mais fais attention. Ce village a changé, et certaines personnes ne sont pas ce qu'elles semblent être. »

Elena fronça les sourcils, ses pensées revenant immédiatement à Damiano Ricci.

- « Qui, par exemple ? » demanda-t-elle, feignant l'indifférence.

Sophia se pencha légèrement, son sourire devenant presque conspirateur.

- « Tu ne l'as pas encore rencontré, n'est-ce pas ? Damiano. »

Elena sentit un frisson lui parcourir l'échine.

- « Je l'ai croisé, » admit-elle. « Pourquoi ? »

Sophia éclata d'un rire sec.

- « Oh, ma chère Elena, Damiano Ricci n'est pas un homme à qui tu peux faire confiance. Ce type est un serpent. Il a passé sa vie à manipuler les gens pour arriver à ses fins. Crois-moi, tu devrais rester loin de lui. »

- « Et toi, tu le connais si bien ? » répondit Elena, le ton plus dur qu'elle ne l'avait voulu.

Sophia haussa les épaules, un éclat étrange dans ses yeux.

- « Disons que je connais suffisamment de choses sur lui pour savoir qu'il ne te fera aucun bien. Mais bon, tu fais ce que tu veux. Tu as toujours été têtue. »

Sur ces mots, Sophia se leva, lissant sa jupe d'un geste mécanique.

- « Bonne chance, Elena. Tu en auras besoin. »

Elle partit sans un mot de plus, laissant derrière elle un parfum floral qui semblait étrangement oppressant.

Le reste de la journée, Elena ne cessa de repenser aux paroles de Sophia. Était-ce de la jalousie ? De la sincérité ? Ou peut-être une tentative de manipulation ? Elle n'en savait rien, mais une chose était certaine : elle devait en savoir plus sur Damiano Ricci.

Elle quitta la maison au crépuscule, prenant le chemin qui menait à la villa Monteverdi. La lumière dorée du soleil couchant baignait les collines, mais le vent avait fraîchi, portant avec lui une odeur de terre humide.

Lorsqu'elle atteignit la villa, elle trouva Damiano près de l'entrée, donnant des instructions à un ouvrier qui transportait des outils. Il portait une chemise blanche roulée jusqu'aux coudes, et ses cheveux étaient ébouriffés, comme s'il avait passé la journée à travailler.

Il la remarqua immédiatement et s'arrêta, croisant les bras sur sa poitrine.

- « Elena Moretti, » dit-il, sa voix teintée d'une légère ironie. « Que me vaut le plaisir de cette visite ? »

Elle sentit une vague de chaleur monter à ses joues, mais elle resta droite.

- « J'ai des questions, » répondit-elle.

Il haussa un sourcil, un sourire en coin apparaissant sur son visage.

- « Des questions, hein ? Et tu pensais que j'étais la meilleure personne pour te donner des réponses ? »

Elle avança d'un pas, ses yeux plongeant dans les siens.

- « Pourquoi mon père parlait-il des Ricci dans son carnet ? Qu'est-ce que vous avez à voir avec lui ? »

Il ne cilla pas, mais son sourire disparut.

- « Ton père et ma famille... disons que nos relations n'étaient pas toujours au beau fixe. Mais je doute que ce soit vraiment une surprise pour toi. »

Elle serra les poings, frustrée par son ton détaché.

- « Et toi, qu'est-ce que tu veux ? Pourquoi es-tu ici ? »

Il s'approcha d'elle, si près qu'elle pouvait sentir l'odeur de bois et de savon sur lui.

- « Je veux ce qui me revient de droit, » dit-il, sa voix basse et tranchante. « Et crois-moi, Elena, on va se croiser bien plus souvent que tu ne le penses. »

Avant qu'elle ne puisse répondre, il tourna les talons et disparut à l'intérieur de la villa, la laissant seule face à ses doutes et à ses craintes.

La maison était silencieuse, mais les pensées d'Elena résonnaient comme un tumulte impossible à ignorer. Installée sur le vieux canapé du salon, le carnet de son père ouvert sur ses genoux, elle tentait de mettre de l'ordre dans ce chaos. Chaque mot griffonné dans le carnet semblait être un écho du passé, une vérité qu'elle n'avait jamais su voir. Pourtant, c'était autre chose qui envahissait son esprit à cet instant.

Rome.

Elle ferma les yeux, mais le visage de Luca surgit immédiatement. Son regard bleu perçant, autrefois plein de promesses, lui revenait comme une lame froide en travers du cœur. Luca avait été son plus grand amour et sa plus grande erreur.

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