
Mon contrat de mariage avec l'alpha
Chapitre 3
La nuit tombait lentement sur la demeure d'Amjad, et l'air dans les couloirs semblait plus lourd qu'à l'habitude. Le vent se levait doucement dehors, agitant les rideaux, mais à l'intérieur, c'était une atmosphère d'oppression qui régnait. Amal avait passé les dernières heures dans sa chambre, à tourner et retourner dans son esprit ce qui s'était passé plus tôt dans la journée. La rencontre avec Amjad, la froideur de ses mots, le vide qu'elle ressentait dans chaque interaction avec lui. Elle n'arrivait pas à comprendre comment tout avait pu basculer si vite. Un mariage. Elle avait été prête à faire face à la trahison de sa sœur, à la perte de ce qu'elle croyait être son avenir, mais là, face à cet homme, elle ne savait plus où elle en était. Tout lui échappait.
Et puis, il y avait cette pression qui l'écrasait, cette pression qui venait de son père, de sa mère, de la meute d'Amjad. Tous attendaient d'elle qu'elle accepte ce mariage comme un fait accompli, comme si tout était déjà écrit dans les étoiles. Mais pour elle, rien n'était aussi simple. Elle n'était pas prête à se soumettre à cette vie. Pas prête à épouser un homme qu'elle ne connaissait pas, qu'elle n'aimait pas.
La porte de sa chambre s'ouvrit brusquement, et son père entra sans frapper, l'air déterminé, mais aussi un peu fatigué, comme si la tension qui régnait dans la maison avait épuisé ses dernières réserves de patience. Il la fixa un moment, ses yeux d'un bleu glacial, habitués à la discipline et à l'ordre, se posant sur elle avec une intensité qu'elle avait du mal à supporter.
« Amal, il est temps que tu comprennes la situation, » dit-il enfin, sa voix grave et autoritaire. « Ce mariage n'est pas une option, c'est une nécessité. La meute a besoin de stabilité, et toi, tu as besoin de sécurité. Tu fais partie d'une dynastie, et il est temps que tu prennes ta place. »
Amal se leva brusquement, son cœur battant la chamade. Elle n'en pouvait plus de ce discours. De ces mots qu'on lui répétait depuis son enfance. Sécurité. Stabilité. Mais à quel prix ? À quel prix tout cela ?
« Et si je ne veux pas de cette sécurité ? Et si je ne veux pas être la pièce dans ce jeu de pouvoir ? » s'écria-t-elle, sa voix brisée par la colère et la frustration.
Son père la fixa longuement, et pour un instant, elle crut qu'il allait exploser de colère. Mais il se contenta de soupirer, comme s'il en avait assez. « Ce n'est pas toi qui choisis, Amal. Nous n'avons jamais choisi. C'est la tradition, c'est la meute. Nous n'avons pas le luxe de choisir nos alliés, surtout pas maintenant. »
Il s'approcha d'elle, posant une main ferme sur son épaule, comme pour lui transmettre une force qu'elle ne ressentait pas. « Tu fais ce qui est juste pour la meute. Ce mariage est l'option la plus viable, et je ne veux pas entendre d'objection. Amjad est un Alpha puissant, et il protégera notre lignée. »
Amal sentit la douleur de ses paroles, et la froideur de l'acier de ses décisions. Elle était une simple pion, et il n'y avait aucune place pour le cœur dans cette équation. Ses yeux s'embuaient de larmes qu'elle ne voulait pas laisser couler, mais la frustration était trop grande. « Alors, vous m'utilisez comme monnaie d'échange. C'est ça ? » dit-elle dans un murmure, la voix tremblante.
Son père la regarda sans répondre, et avant qu'elle ne puisse répliquer, il tourna les talons, la laissant seule avec sa douleur. Amal se laissa tomber sur son lit, les poings serrés, tentant de maîtriser les sanglots qui montaient en elle. Elle avait l'impression que son monde s'effondrait autour d'elle. La trahison de sa sœur, le mariage forcé avec Amjad, tout cela l'étouffait.
À ce moment-là, la porte s'ouvrit à nouveau, et cette fois, c'était Amjad qui entra. Il se tenait sur le seuil, dans le cadre de la porte, l'air aussi distant qu'à leur première rencontre. Il portait un manteau sombre, ses cheveux sombres tombant légèrement sur son front, mais ses yeux... Ses yeux étaient durs, froids, presque inaccessibles. Il la regarda un moment en silence, comme s'il attendait qu'elle lui dise quelque chose. Mais elle ne dit rien, restée là, sans voix, les bras croisés autour d'elle dans une posture défensive.
« Ton père m'a demandé de te remettre ce document, » dit-il enfin, rompant le silence de sa voix basse et métallique. Il avança vers elle et déposa un épais dossier sur la table de chevet. Amal le fixa un instant, ses yeux se posant sur l'intitulé du document : « Contrat de Lune. » Elle ressentit un frisson glacial la traverser. Ce n'était pas simplement un contrat de mariage. C'était quelque chose de plus sombre, de plus contraignant.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-elle, sa voix faible malgré elle.
Amjad se pencha légèrement en avant, ses bras croisés sur son torse. « C'est le contrat qui scelle notre union, » répondit-il, presque avec indifférence. « C'est formel, légal, et il stipule les conditions de notre mariage. Aucun sentiment. Aucun attachement. Ce n'est qu'une formalité. Une formalité nécessaire. »
Amal sentit un poids sur ses épaules. Elle n'avait jamais envisagé qu'il puisse être aussi direct, aussi dépourvu de tout semblant de romance ou de douceur. Il n'y avait pas de place pour l'amour ici. Seulement pour les obligations, les devoirs. Et cette idée la fit suffoquer. Elle baissa les yeux, fixant le contrat devant elle. Chaque mot semblait la faire s'enfoncer davantage dans la douleur. Ce n'était pas un mariage. C'était un acte de soumission.
« Je... je ne veux pas de ce mariage, » murmura-t-elle, sa voix brisée. « Je n'ai jamais voulu ça. Je ne peux pas accepter... accepter de devenir une simple marchandise dans ce jeu de pouvoir. »
Amjad ne répondit pas immédiatement. Il resta là, silencieux, observant chaque émotion qui traversait son visage. Puis, d'un ton plus calme, presque compatissant, il dit : « Tu n'as pas le choix, Amal. Ce n'est pas moi qui ai décidé cela. Ni toi, ni moi n'avons le contrôle. Mais il est inutile de lutter contre cela. La meute a besoin de cet engagement, et tu as un rôle à jouer. Même si ce n'est pas celui que tu rêvais. »
Amal leva les yeux, mais il n'y avait aucune chaleur dans son regard. Seulement une froide acceptation de la réalité, une réalité qu'il semblait avoir intégrée depuis longtemps. Il n'y avait pas de place pour la rébellion, pas de place pour le rêve. Elle n'était qu'une pièce dans un puzzle qu'il ne contrôlait même pas entièrement.
« Alors, je n'ai pas le choix, » dit-elle, la voix tremblante. « Je dois accepter ce... mariage. Même si cela me détruit. »
Amjad la fixa un instant, comme s'il cherchait quelque chose dans ses yeux. Puis, il hocha lentement la tête. « Oui, » répondit-il, sans émotion. « Tu dois accepter. Parce que c'est ce qui est nécessaire. »
Amal prit une profonde inspiration, se levant lentement. Elle s'approcha du dossier, ses mains tremblantes alors qu'elle en saisissait le contenu. La signature. Ce fut comme une déchirure dans son âme, mais elle ne pouvait pas revenir en arrière.
Avec une ultime hésitation, elle signa le contrat. Ce n'était pas un choix. Ce n'était qu'une nécessité. Une nécessité imposée par ceux qui la dirigeaient, ceux qui contrôlaient son destin. Et dans un souffle coupé, elle se tourna vers Amjad, ses yeux noyés de larmes, mais d'une détermination glaciale.
« Je le fais, » dit-elle, sa voix ferme, bien que brisée. « Je vais porter ce fardeau. »
Amjad ne dit rien, se contentant de la regarder, sans un mot, sans un regard de réconfort. C'était un acte de soumission, et dans ses yeux, elle vit une tristesse qui ne venait pas de lui, mais de ce monde impitoyable dans lequel ils étaient tous piégés.
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