Suivre
Chapitres
Partager
Couverture du roman Mon Amour Interdit

Mon Amour Interdit

Après cinq ans d'un mariage sans âme avec Antoine, Camille voit enfin l'espoir du divorce. Mais son frère adoptif et amant secret, Romain, s'immisce dans leur séparation, déclenchant une spirale de violence et de jalousie. Entre une grossesse suspecte malgré une ligature des trompes et la mort brutale de Romain, Camille découvre les sombres secrets d'Antoine et l'existence d'un sosie troublant. Perdue dans ce labyrinthe de trahisons, pourra-t-elle un jour fuir ces liens toxiques ?
Chapitres
Partager

Chapitre 3

Le lendemain matin, je me suis réveillé avec un sentiment de légèreté que je n'avais pas connu depuis cinq ans. Le soleil filtrait à travers les rideaux, et pour la première fois, le lit à côté de moi, vide, ne me semblait pas froid et désolé, mais plein de promesses. J'ai rêvé de Sophie, du sud, d'une petite maison près de la mer, d'un atelier rempli de toiles et de l'odeur de la térébenthine. Une nouvelle vie. Une vie où le fantôme de Léa pourrait enfin trouver la paix, et moi aussi.

Je suis descendu pour prendre un café, mes valises déjà prêtes dans l'entrée. Mon vol était à midi. Je fredonnais presque. La liberté avait un goût sucré.

C'est alors que j'ai entendu le bruit d'une voiture dans l'allée. J'ai froncé les sourcils. Je n'attendais personne. J'ai regardé par la fenêtre et j'ai vu la voiture de Camille se garer, suivie d'une autre, un vieux break rempli à ras bord de matériel d'artiste.

La porte d'entrée s'est ouverte. Camille est entrée, l'air fatigué. Derrière elle, Romain Dubois la suivait, les bras chargés de toiles. Il m'a jeté un regard noir, un mélange de défi et de mépris.

« Qu'est-ce que... » ai-je commencé, stupéfait.

« Romain emménage ici, » a annoncé Camille d'une voix plate, évitant mon regard. « Son appartement a des problèmes de plomberie. Il va rester le temps des travaux. »

Des cartons, des chevalets, des pots de peinture ont commencé à envahir mon hall d'entrée impeccablement rangé. Le chaos de Romain s'installait dans l'ordre de ma vie.

« Camille, ce n'est pas possible, » ai-je dit, en essayant de garder mon calme. « Nous sommes divorcés. C'est ma maison maintenant. Tu peux rester, comme convenu, mais lui... »

« C'est aussi ma maison pour le moment, » a-t-elle rétorqué, sa voix se durcissant. « Il est mon frère. Il a besoin de moi. »

Romain a posé une caisse avec un bruit sourd. « Un problème, Lefevre ? Tu n'es plus son mari. Tu n'as plus rien à dire. »

Sa possessivité était palpable, suffocante. J'ai regardé Camille, attendant qu'elle dise quelque chose, qu'elle le remette à sa place. Mais elle est restée silencieuse, son regard fixé sur une fissure imaginaire dans le parquet.

« Je te dédommagerai pour le dérangement, » a-t-elle finalement dit, comme si l'argent pouvait tout régler.

« Je ne veux pas de ton argent, Camille, » ai-je répondu, la mâchoire serrée. « Je veux juste la paix. Je veux juste partir et commencer ma nouvelle vie. »

J'ai fait un pas vers mes valises, un geste symbolique pour montrer mes intentions.

« Tu peux partir, » a dit Romain avec un sourire narquois. « Personne ne te retient. Laisse-nous la maison. »

J'ai senti la colère monter en moi, une vague chaude et désagréable. Mais je me suis forcé à rester calme. C'était leur jeu, pas le mien. Je n'avais plus rien à faire ici.

« Très bien, » ai-je dit d'une voix glaciale. « Faites comme chez vous. De toute façon, je pars. »

Je me suis tourné vers Camille. « Fais juste en sorte que tes... affaires... ne débordent pas dans ma chambre. »

J'ai commencé à monter les escaliers. Romain m'a lancé une dernière pique. « Ne t'inquiète pas. On ne touchera pas à ton sanctuaire dédié à ta morte. »

Je me suis figé, la main sur la rampe. Le venin dans sa voix était ancien. Je me suis souvenu de toutes les fois où il avait montré cette même hostilité, même avant le mariage. Lors des dîners de famille, il me fixait toujours avec ce regard jaloux, comme si je lui volais quelque chose qui lui appartenait. Et Camille, elle ne voyait jamais rien. Ou elle ne voulait rien voir. Elle le défendait toujours, le protégeait, l'excusait. « Il est sensible, c'est un artiste. »

Je suis entré dans ma chambre et j'ai fermé la porte. J'ai essayé de me calmer, de me concentrer sur Sophie, sur le sud. Mais les bruits en bas – des meubles qu'on déplace, leurs voix en conversation – s'infiltraient sous la porte.

Plus tard dans la nuit, je n'arrivais pas à dormir. Je suis descendu boire un verre d'eau. La porte de la chambre d'amis, où Romain s'était installé, était entrouverte. J'ai entendu leurs voix.

« Tu n'aurais pas dû lui parler comme ça, Romain, » disait Camille.

« Pourquoi ? Il le mérite. Il t'a utilisée pendant cinq ans. »

« C'était un accord. Il a été respectueux. »

« Respectueux ? Il te touchait, Camille ! Le corps de ma sœur ! » Sa voix était pleine d'une fureur contenue.

« Romain, arrête. C'est fini maintenant. Il part demain. Nous serons seuls. » Sa voix était douce, apaisante. C'était la voix qu'elle lui réservait toujours, une voix que je n'avais jamais entendue pour moi.

« Je ne veux pas qu'il te touche une dernière fois. Promets-le-moi. »

Il y eut un silence. Je retins mon souffle.

« Je te le promets, » a-t-elle finalement murmuré.

Je me suis retiré dans l'ombre du couloir, mon cœur battant lourdement. Ce n'était pas de la jalousie, c'était autre chose. Une sorte de dégoût. J'ai remonté les escaliers en silence.

De retour dans ma chambre, j'ai remarqué que ma valise, que j'avais laissée près de la porte, avait été déplacée. Je l'ai ouverte. Mes vêtements étaient en désordre, comme si quelqu'un avait fouillé dedans. Mais ce n'était pas ça le plus étrange. Sur le dessus, posé bien en évidence, se trouvait mon billet d'avion pour Nice.

Camille. Elle avait fouillé mes affaires. Elle savait que je partais.

Quelques minutes plus tard, on a frappé doucement à ma porte.

« Antoine ? » C'était sa voix.

Je n'ai pas répondu.

La porte s'est ouverte. Elle est entrée, vêtue d'une fine nuisette de soie. C'était celle que je préférais. Elle ne la mettait que les jours où notre "devoir" devait être accompli.

« Tu ne dors pas ? » a-t-elle demandé.

« Que veux-tu, Camille ? »

Elle s'est approchée du lit. « C'est notre dernière nuit. Le contrat... »

« Tu as promis à ton frère, » ai-je dit froidement. « Je vous ai entendus. »

Elle a tressailli, surprise. Une rougeur a coloré ses joues. « Ce n'est pas ce que tu crois... »

« Je crois que tu m'as menti. Tu savais que je partais. Tu as fouillé mes affaires. »

« Je... » Elle a baissé les yeux. « Je voulais juste être sûre. »

Je me suis levé du lit, furieux. « Sûre de quoi ? Que j'allais enfin te laisser tranquille avec lui ? »

Elle a reculé, l'air blessé. « Ce n'est pas juste. »

« Rien dans cette histoire n'est juste, Camille. »

Je me suis approché d'elle, la dominant de ma hauteur. J'ai vu la peur dans ses yeux, mais aussi autre chose. Une sorte de résignation.

« Tu veux remplir le contrat jusqu'au bout ? » ai-je murmuré, ma voix rauque. « Très bien. Une dernière fois. »

Elle a hésité, son regard allant de mes yeux à la porte fermée de la chambre. Puis, elle a lentement hoché la tête. Elle pensait peut-être que c'était une autre formalité, un dernier acte sans conséquence. Elle se trompait. Cette fois, ce ne serait pas un devoir. Ce serait une punition.

Continuez à regarder !
L'histoire devient intense ! Passez sur l'application pour continuer la lecture
Débloquer tous les épisodes
Ouvrir le site officiel

Vous aimerez aussi

Couverture du roman Amour après le divorce
9.0
Durant trois ans, Adeline a subi l'indifférence de son mari Brendan. Le retour d'une ancienne flamme pousse la jeune femme à bout : elle réclame le divorce pour fuir ce mépris. Persuadé qu'elle reviendra en rampant, Brendan parie sur son échec. Pourtant, il découvre bientôt une Adeline épanouie, fêtant sa liberté et courtisée par un autre. Face à cette métamorphose, l'arrogance du milliardaire s'effondre. Paniqué, il réalise que celle qui l'aimait l'a définitivement oublié.
Couverture du roman Brûler son monde : La fureur d'une épouse
8.9
Agonisante et enceinte de sept mois, j’ai vu mon mariage s'effondrer par un simple appel. Mon époux a préféré secourir sa stagiaire plutôt que sa propre famille. Pire encore, il a laissé sa maîtresse s'en prendre à notre nouveau-né, m’humiliant pour sauver ses ambitions politiques. Traitée de folle alors qu'elle volait ma vie, j'ai atteint mon point de rupture quand il a renommé mon fils. Désormais, fuir ne suffit plus : je vais anéantir son existence.
Couverture du roman Comme au bon vieux temps
8.5
Six ans après une nuit d'égarement dont elle n'a gardé aucun souvenir de son partenaire, une femme voit sa vie basculer. Devenue mère célibataire suite à cet événement imprévu, elle a tout quitté pour élever son enfant loin de son passé. Le destin la place pourtant sur le chemin du père, devenant malgré elle sa secrétaire. Bien qu'il semble l'avoir oubliée, cet homme puissant ressent une attirance irrépressible envers elle, ignorant tout de leur lien secret.
Couverture du roman Je me suis mariée avec l’oncle de mon fiancé
7.9
Trahie dans sa vie antérieure par Benoit, qui aimait secrètement sa sœur, l'héroïne obtient une seconde chance. Lors du choix de son mariage arrangé, elle rejette son ex-fiancé indifférent pour désigner Charlie Gautier, l'oncle de ce dernier et véritable patriarche de la dynastie. Ce choix inattendu stupéfie ses proches. Mais alors que les alliances s'échangent, Benoit réalise sa perte et sombre dans la folie. Entre vengeance et passion, le destin s'apprête à être réécrit.
Couverture du roman LA FILLE DU BOSS
9.2
À Lagos, Chioma vit recluse sous la protection étouffante de son père, Victor Ndozi, qui craint de la perdre comme son épouse. Privée de liberté, elle finit par s'éprendre de Chude, son chauffeur issu d'un milieu précaire. Malgré les secrets familiaux entourant les origines de Chude et l'opposition farouche de Victor, les amants choisissent de tout quitter. Déshéritée et confrontée à la pauvreté, Chioma défie l'autorité paternelle pour vivre cet amour interdit et risqué.
Couverture du roman La fille potelée et le beau PDG
8.4
Harcelée pour son physique lors d'un gala, Maralysbeth est secourue par le fils d'une puissante dynastie qui feint d'être son amant. Quand elle reçoit une balle pour le protéger, une dispute éclate : blessée par son refus de l'aimer, elle part à l'étranger pour se transformer radicalement. Sept ans plus tard, celle qui s'est jurée de ne plus aimer revient métamorphosée. Elle ignore que cet homme, hanté par son souvenir, l'attend avec passion. Leurs retrouvailles s'annoncent explosives.