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Couverture du roman MES SEJOURS SOUS LA MER

MES SEJOURS SOUS LA MER

Après avoir ingéré une banane offerte par sa camarade Aline, la vie d'une lycéenne bascule dans l'horreur. Métamorphosée en spectre, elle entame une dérive sanglante, assassinant plus de mille victimes sans le moindre remords. Son sillage de destruction n'épargne pas sa famille : sa mère finit paralysée tandis que son père perd son statut de héros pour devenir un moins que rien. Mes séjours sous la mer retrace ce parcours macabre marqué par une cruauté absolue.
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Chapitre 2

Une heure du matin.

Je ne pouvais dire avec exactitude, ce qui m'avait réveillée réellement de mon profond sommeil.

Lorsque je me suis réveillée, je me suis assise au bord du lit et pensais aux devoirs qui s’annonçaient dans quelques semaines lorsque tout à coup, je fus surprise par quelque chose de très étrange. Il s’agissait d’une silhouette d’homme. C'était bien un visage que je reconnaissais. Je m'étais mise à me frotter le visage tout comme si je rêvais. Prise de peur, je m'écriai :

– Aline, d'où viens-tu et que cherches-tu dans ma maison à cette heure tarde de la nuit ? Et comment es-tu arrivée à pénétrer ma chambre bien que les portes soient fermées ?

Ma copine me regardait et souriait narquoisement. De sa voix forte, Aline riait. Je me demandais intérieurement et étonnement si ses rires perturberaient pas le sommeil de mes parents qui dormaient à poing fermé dans leur chambre respective.

– Octavia, suis-moi ! finit-elle par lâcher.

Une grande peur me chatouilla le cœur.

– Pour aller où ? lui demandai-je.

– Lève-toi et suis-moi ou bien tu n’entends pas ? reprit-elle, ferme.

Troublée et confuse, je lui demandai où est-ce qu’elle voulait m’emmener ?

– Obtempère d’abord, me répliqua-t-elle.

– En ouvrant le portail, mes parents entendront le grincement.

– Tu n'as pas à t'en faire, je vais gérer ça ; c'est la reine qui t'appelle.

– Quelle reine ? De quelle reine tu parles ? lui demandai-je, étonnée.

– Ma chère, tu me perds le temps ; lève-toi nous allons partir avant que la furie ne m’obsède.

Pour éviter les cobayes, tranquillement, je me levai de mon lit et m'approchai de ma visiteuse. Une fois en face de sa nuque, moi qui la croyais au départ debout sur ses pieds, j’étais aussitôt surprise de la remarquer debout sur la queue d'une grande baleine.

– C'est quoi ça ? m'écriai-je, essoufflée.

– Tu as peur ? N'aie pas peur. Allons-y ; je ne te ferai aucun mal.

Cinq secondes plus tôt, nous atterrîmes un grand pays, un pays des gros poissons. Les poissons n'étaient pas de ceux d’ordinaires. Une partie de leur composition, soit de la tête jusqu'au rein était le corps humain. Du rein jusqu'aux pieds n'était que de queue de poisson.

Dans ce nouveau pays où m’avait conduite Aline, y étaient construites des maisons çà et là. Le sol était apercevable. Les arbres y étaient plantés. Mon cœur sautait. Ma respiration avait l’air de ce qui allait se bloquer. J’avais envie de fuir mais pour aller où ? Intérieurement, je me demandais si je pourrais revenir sous le toit de mes parents ou plutôt, dans mon monde habituel, celui des êtres humains. Honnêtement, j’avais peur et je savais que rien ne me restait que la mort.

Aline me traîna jusqu'à la face d'une grande dame qui assise dans un grand fauteuil royal. Celle-ci avait une couronne à la tête. Ses cheveux étaient aussi longs qu’un train. Les cheveux étaient tellement longs qu’ils balayaient le sol. A son service, femmes et hommes pilaient du sorgho et du mil. Certaines femmes préparaient de la sauce fumante sur de gros foyers.

Il y avait des enfants qui jouaient. Ils avaient la même composition de corps que les adultes du nouveau monde où étais-je venue avec ma copine. L’aspect de ce nouveau pays m’effrayait tellement que je perdais mon temps à tout observer.

– Ma reine, je suis de retour ! murmura ma compagne tout en se mettant à genoux.

– Sois la bienvenue, ma fille ! Bonne arrivée, lui répondit la présumée Reine.

– Merci, ma reine !

– Et pourquoi as-tu si tardé ?

– Ma reine, au commencement, elle avait refusé de me suivre.

– Ah bon ? Et pourquoi ?

– Elle avait peur !

– Peur ? Je vois ! Sois la bienvenue, jeune fille !

– Merci, madame ! lui répondis-je.

J'avais atrocement peur. Je n'avais aucun courage. Tout me faisait peur. Surtout quand je voyais leur queue balancer de gauche vers la droite. Je savais que ma vie était terminée. Je ne savais plus quoi faire. Debout en face de leur prétendue reine, je grelottais.

– Jeune fille, comment t'appelle-t-on au pays des humains ?

– On m'appelle Octavia, répondis-je d’un trait.

– On t'appelle Octavia. D'accord, bonne arrivée Octavia.

– Merci madame.

Elle me scruta de la tête aux pieds avant de continuer à me parler.

– Maintenant que tu es venue ici, veux-tu faire partie de notre communauté ?

Quelle était encore cette stupide question ? En tout cas, à cette question, je ne sus quoi lui répondre. Je secouai la tête parce que je ne pouvais jamais être d’accord.

– Si tu refuses d’en faire partie, alors, je te tue sur-le-champ, me menaça-t-elle.

Encore une grosse peur m’emballa le cœur. Et devant cette menace, je ne pouvais pas me taire.

– S'il vous plaît, ne me faites aucun mal je vous en prie.

– Si tu ne veux pas qu’on te fasse un mal, alors tu as intérêt d’accepter de faire partie de notre peuple.

Pour sauver ma tête et ma vie, j’acceptai.

– Heureusement pour toi, finit-elle de dire. Tu es donc prête à nouer l’alliance à laquelle je t’inviterai ?

– Oui, madame !

– On ne m'appelle pas madame. On m'appelle soit Oga ou Reine. A toi de choisir l’appellation qui te convient. Maintenant que tu es d’accord, déshabille-toi et mets-toi à genoux, là.

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