
MES SEJOURS SOUS LA MER
Chapitre 3
Je me déshabillai et me mis à genoux. La dame au corps poisson traîna en effet sa main gauche jusqu'à mon pubis et m’y arracha quelques poils qu'elle mit à la surface d'un petit plateau.
– Soulève tes bras, m'ordonna-t-elle.
À contrecœur, je soulevai mon bras gauche puis celui droit. Elle m’arracha ensuite quelques-uns de mes cheveux. Pour finir, elle me tailla tous les ongles, des doigts aux orteils.
Elle rassembla enfin tous ces composants de mon corps qu’elle mit dans un petit gobelet. Elle cassa un œuf et le versa sur le contenu et en fit un mélange. Oga était torse nu. Sur sa poitrine, reposaient deux jolies grosses mamelles. Elle pressa celle d’à gauche, en recueillit du lait qu’elle laissa entrer dans le gobelet. Elle pressa aussi celle de la droite et, au lieu d’un liquide blanc, ce fut plutôt un liquide rouge qui en sortit. Elle le recueillit dans le même gobelet. Elle remua enfin tout le contenu et me le fit boire. Et pour finir, elle saisit un autre œuf qu’elle cassa sur ma tête en disant :
– A partir d’aujourd'hui, tu ne seras plus Octavia. Je te baptise au nom des saints de la mer. On t’appellera dorénavant Founkè. Founkè, à partir d'aujourd'hui, quiconque qui te demandera comment on t'appelle, tu leur répondras sans honte qu’on t’appelle Founkè sinon ma malédiction te suivra toute ta vie. A partir d'aujourd'hui, tu es comblée de ma grâce et de tout pouvoir destructeur. C'est ce que tu diras à la tempête qu'elle exécutera. Si tu lui dis que tu voudrais la voir en personne, elle se transformera en personne. Même si tu recommandes au jour de se lever en pleine nuit, il t'obtempérera. Founkè, tu es désormais une femme douée de puissance. La nature, à partir de ce jour, t'obtempérera. Tu as donc toute ma grâce. Tu peux également m'appeler à tout moment et je te répondrai sur-le-champ. Lève-toi et va t’ajouter à tes prédécesseurs.
Impuissante, je me levai sans dire merci à la dame et me dirigeai vers ceux que j’appellerai dorénavant, amis ou camarades. Aline était déjà à table en train de croquer de la pâte accompagnée de la sauce, une sauce que je ne saurais à base de quoi elle était faite. A gauche et à droite, il y avait de l'ambiance. Les baffles crachaient de très belles mélodies, on dirait une grande fête.
Puisque c’étaient les pas d’Aline que j’avais suivis, je me dirigeai à son adresse. Ensemble, nous vidâmes le plat.
– Après, je vais te présenter à mes copains et copines, me promit Aline.
– D'accord ! Mais je trouve ici joli que le monde qui m’a vue naître ! lui chuchotai-je.
– Oui, ici, on ne souffre pas ! Il ne fait jamais nuit non plus. Et toujours, on est en fête.
Ma copine et moi nous mîmes à jaser pendant plusieurs minutes. Je ne savais même plus ce qu’on appelait sommeil puisque celui-ci avait pris le large.
***
Enfin le lever du jour.
Honnêtement, je ne saurais expliquer comment étais-je revenue au monde des humains parce que je m’étais tout simplement retrouvée dans mon lit avec autour, mon drap bleu.
Mais je sentais la fatigue. Malgré ça, j’ai balayé ma chambre, rangé mon arrière-cour et me suis apprêtée pour l’école.
Ce matin-là, j’avais vu ma copine à l’école. On s’était saluées comme si on ne s’était pas vues il y avait quelques heures. Après nos salutations d’usage, on s’était souri.
A ma place, je m’étais mise à me souvenir des événements de la nuit. Certains chapitres m’arrachaient des rires. J’en riais sans que personne ne sût la vraie raison de mes fou-rires. Parmi les séquences lesquelles je m’en souvenais, figurait celle au cours de laquelle j’entendais les gens parler plusieurs langues. Puisque j'étais nouvelle, il me fallait des jours pour comprendre ces langues.
Avec cette diabolique puissance, j'étais à la fois sous la mer et à la fois dans le monde des humains. Je m'amusais parfois avec mes copines comme à l'accoutumée alors qu’un autre être de moi était sous la mer.
En réalité, j’étais présente dans le monde des humains et étais aussi dans mon nouveau monde. Puisqu’il fallait que je finalise tous les rituels de l’alliance.
Le sixième jour était en fait le dernier jour des rituels où je devrais être libérée. A ce jour, Oga, notre mère et reine des eaux me remit une bague.
– Porte-la ! m'ordonna-t-elle tout sourire. C'est cette bague qui exaucera tout ce que tu désireras ou voudras. Si tu accomplis bien tes missions à bon escient, crois-moi, je te ferai avaler le plus puissant des pouvoirs et tu n'auras plus jamais à te craindre. En ce jour, je te libère ! Va et entre dans ta peau pour commencer ma mission.
– Merci Oga ! Merci de m'avoir accueillie et de m'avoir acceptée parmi vous. Merci infiniment.
– Founkè, vas-y ! Tu as ma bénédiction.
Je quittai le lieu accompagnée de ma copine. Au bout de quelques instants, je me retrouvai à la maison. Sur le lit, je me vis couchée. Doucement, je pénétrai ma peau innocente qui était au service de mes parents.
***
Aujourd’hui, c’est samedi, jour de repos.
Ma mère venait de me commander au marché. Avant ma sortie de la maison, je m'étais mirée. Dans la glace, je savais combien j'étais devenue encore belle qu’avant. Toute heureuse, je me jetai au pavé.
Le marché était un peu distancé de notre maison et jamais et je n'aimais m'y rendre à pieds. Aujourd'hui, j'ai choisi y aller à pieds car, je voulais tenter pour la première fois, ma magie spirituelle parce que je savais qu’avec ma tenue sexy, un imbécile allait tomber dans mon piège. Je voulais effectivement voir si ce que m'avait dit Oga était d’une réalité pure. Je voulais tenter voir si effectivement la tempête se transformerait en ouragan si je le désirais.
Je marchais en déhanchant mes reins qui communiquaient avec mes fesses. Tout à coup, un conducteur d'une grosse caisse s'arrêta et me héla. Je fis semblant de ne rien entendre. Au lieu de continuer son chemin, il me suivit tout en me klaxonnant. Sans contrefaçon, je finis par le considérer et par l'approcher.
– Bonjour mademoiselle, comment ça va ? me dit-il, en me souriant.
Debout à côté de son véhicule, je gesticulais. Je faisais des simagrées telle une guenon. Mes seins, ce jour-là, étaient sans soutien-gorge. Mes tétons étaient debout et pointus tel un pistolet en position de tir.
En fait, j'avais juste porté un sweat-shirt et avais laissé les mamelons à découverts. Les bouts de mes mamelons influençaient davantage l'intrus. Il était excité. Oui, je le voyais baver d’envie. Il ne regardait autre chose que ma poitrine. Eh oui, il avait envie de les dévorer voir la façon dont il les regardait. Je lui souriais pendant qu’il perdait son temps à me parler avec ses yeux fixés sur ma poitrine. Jamais il ne pouvait imaginer combien il faisait face à un grand danger.
– Je vais très bien, merci, lui répondis-je.
– Où allez-vous avec cette belle corpulence ?
– Au supermarché.
– Waouh ! Que vous êtes belle et mignonne !
D'un demi-sourire, je lui répondis « merci ».
– Je vous en prie, belle créature ; vous me plaisez beaucoup.
– Ah bon ?
– Franchement, vive serait ma joie si vous acceptiez l’honneur de vous tenir compagnie.
– Oh désolée, j'ai juste envie de faire un peu le sport.
– Je savais que vous alliez décliner mon service ! Pour l'amour de Dieu, laissez-moi vous remorquer je vous en prie.
Dans mon for intérieur, je me demandais s'il connaissait vraiment un Dieu, lui. D'ailleurs, comme c'était mon tout premier essai, je ne déclinai plus l'offre. J'acceptai et montai à bord de son véhicule. Dans le véhicule, j'étais devenue un miroir que, à chaque instant, mon compagnon n'hasardait point de s’y mirer. Il était excité par ma beauté. Oui, j'étais devenue une déesse qu'il n'avait jamais vue. Honnêtement, je savais combien je brillais sous ses yeux.
– Où habitez-vous ?
– Je suis du quartier ; ma maison est non loin d'ici, lui répondis-je.
– Ça me ferait beaucoup plaisir si vous me programmiez pour un rendez-vous avec vous.
– Il n'y a pas de problème. Seulement que c'est notre première rencontre, peut-être une autre fois.
– Oui, je ne disais par forcément aujourd’hui ! Vous êtes vraiment attrayante !
– Merci monsieur !
Mon pote n'avait toujours pas cessé de me regarder et de m’admirer. C'était en me regardant que subitement, nous nous retrouvâmes en face de la mer.
– C'est quoi ? Où sommes-nous arrivés ? s'écria-t-il abasourdi.
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