
L'oubli impardonnable - Tome 2: Le Celio
Chapitre 2
C’était une belle journée qui commençait. Les rayons du soleil filtraient à travers les feuillages. Une brise légère faisait danser la cime des arbres. Une danse lente et apaisante. Au loin, le chant des moineaux s’élevait dans les airs, annonçant l’éveil de la faune. Un groupe de jeunes écureuils s’aventuraient sur les troncs d’arbres morts, se cachant tour à tour dans les racines arrachées.
L’air était encore frais à cette heure de la matinée. La rosée encore fraîche perlait sur la pelouse et les feuilles mortes. L’odeur douceâtre de l’humus était agréable. Cette odeur de terre, de feuillage et d’eau. La clairière semblait briller de mille minuscules étoiles. C’est dans ce cadre merveilleux que Lucius démarrait sa journée.
Le visage enfoui dans l’herbe, barbouillé de boue, Lucius Savierily tentait de se relever encore une fois. Après la dernière rencontre avec la harpie Bloody Freddie, le jeune homme avait ardemment réclamé, auprès de son ami Charlie, un entraînement qui lui permettrait d’agir enfin. De ne plus avoir à rester caché. Il ne voulait plus avoir la sensation d’être un couard. Il ne voulait plus laisser les autres agir à sa place.
Endolori par les coups assénés par l’ange, se relever devenait aussi douloureux que de se battre. Charlie, alias Iezalel, ne lui faisait pas de cadeaux. Il l’avait prévenu : pas de pitié. Pas de ménagement. Car les ennemis n’en auront pas. Il ne serait peut-être pas le meilleur, mais il saurait se défendre tout seul. L’ange n’y allait pas de main morte. Bien qu’il retenait ses coups, sa force restait considérable.
« Allez, relève-toi ! »
Facile à dire ! Il ne sentait plus ses poignets. En voulant riposter, il avait reculé son pied pour avoir meilleur appui. C’était sans compter un caillou qui se trouvait là. Ce simple petit caillou l’avait fait fléchir. Sa cheville a vacillé sur ce petitcaillou. Ce qui lui valut sa dernière chute.
« Allez, Lucius ! Debout ! »
Reprenant courage, il s’appuya sur ses poignets, et se releva avec peine. Sa cuisse devenait raide. Il n’avait pas pensé à s’échauffer. Charlie l’avait pourtant prévenu. Échauffer ses muscles, avant un entraînement, permettait une meilleure endurance, et la possibilité de progresser plus rapidement. Mais Lucius n’était pas un sportif dans l’âme, bien au contraire. Des gouttes de sueur ruisselaient sur sa peau embuant sa vue. Le soleil brillait. Il sentait sa chaleur, encore timide, sur sa peau. Il se retourna, et fit face à son maître d’armes. Charlie se tenait droit. Les épaules en arrière, les bras le long du corps, les jambes tendues, il se tenait prêt à attaquer de nouveau. Lui, en revanche, n’était pas sûr de pouvoir donner une simple pichenette.
« Recommence ce que tu as fait, lui ordonna Charlie. Prends l’épée et remets-toi en position. »
Fatigué, il scruta le sol à la recherche de l’épée. Elle était à quelques mètres de lui. L’arme mesurait cinquante centimètres, forgée par les elfes. Deux lames en spirale, parsemée d’épines de plomb. Les blessures qu’elle pouvait infliger étaient terribles lorsque les lames étaient affûtées. Une fois en main, il se demanda quelle approche il comptait utiliser pour attaquer Charlie. L’ange était trop rapide. Trop vif. Trop précis. Alors, Lucius courut, épée au poing, le regard rivé sur son adversaire. Il visa les jambes, mais Charlie le bloqua, le repoussa, et l’attaqua à son tour. Le coup fut porté à l’épaule. Un nerf fut touché, ce qui engourdit son bras. N’ayant plus qu’un faible contrôle douloureux de son bras gauche, il lança avec élan son épée en direction des cuisses de son adversaire.
Contré. Un coup dans les côtes. La douleur le brûlait de l’intérieur. Un coup derrière les genoux. Plus d’équilibre. Une pointe glacée lui piquait la gorge, le visage de Charlie au-dessus du sien. Lucius tentait de reprendre son souffle. La force de son adversaire était plus grande que la sienne. Pourtant, le jeune homme n’avait d’autres choix que de continuer ! Cet entraînement lui permettrait d’être actif, il se devait de ne pas renoncer !
Charlie baissa sa lame, et tendit sa main vers son ami, qui la saisit pour se relever. L’ange était de bonne humeur, aucune fatigue ne se lisait dans ses yeux. Lucius se demandait s’il serait capable de pareil prodige un jour. Était-il seulement possible pour un humain d’avoir une telle énergie ? La curiosité le motivait à continuer.
« Arrêtons-nous là pour aujourd’hui, lui dit Charlie, comme s’il avait lu dans ses pensées.
Avec un soulagement non dissimulé, le jeune homme ferma les yeux, prenant plaisir à respirer l’air frais de cette magnifique forêt. Il entendit son ami ricaner doucement. Souriant à son tour, il s’imagina à sa place, essayant d’enseigner l’art de l’escrime à un débutant peu agile. L’image était assez amusante.
— Je ne savais pas que les anges savaient se battre ! se moqua-t-il gentiment. D’habitude, vous êtes les fesses à l’air avec un petit arc et des flèches, non ?
— Figure toi que mes fesses sont une distraction parfaite face à l’ennemi ! se vanta Charlie fièrement. Ces petites merveilles ont déjà fait leurs preuves !
— Oh je n’ai aucun mal à croire que tu en aies fait souvent usage !
— Saurais-je te narrer mes nombreuses victoires, se mit-il à fanfaronner d’un air faussement prétentieux, dont ce corps idéal en fut le héros ?
— Oh je me passerais des détails, répondit Lucius, ne pouvant s’empêcher de sourire en réponse aux imbécilités de son ami. Dis-moi, tu as appris tout ça chez les divins ? Je veux dire, vous avez… des cours ?
— En quelque sorte, répondit Charlie en retrouvant un semblant de sérieux. En fait, nous sommes créés avec des capacités. Certains d’entre nous ont une spécialité, mais nous avons les mêmes enseignements.
Ils s’assirent sur un énorme tronc mort, faisant fuir un petit moineau posé là. Sortant deux sandwichs de sa besace, il en tendit un à Lucius, qui ne se fit pas prier pour le dévorer.
— Je ne t’ai pas demandé mais, tu préfères que je t’appelle comment ? Est-ce que Charlie fait partie de tes prénoms ? Ou seulement Iezalel ?
— Tu peux continuer de m’appeler Charlie, répondit ce dernier la bouche pleine. C’est un de mes noms d’emprunt dans votre monde. Iezalel est bien plus formel. Mais nous n’avons pas ce genre de relation toi et moi, lui lança-t-il avec un clin d’œil.
— Tu as dit que Marlène et Mathis sont au courant pour toi. Mais, as-tu une famille ? Une femme ? Des enfants ?
— Hmm… pouffa-t-il. Tu ne sais donc rien sur les divins ?
Lucius remua la tête.
— Bien, je suppose donc que j’ai beaucoup de choses à t’apprendre. Je n’ai pas de femme. Je n’ai pas d’enfants non plus. Pas de mon sang ni de ma chair. Mais, je considère chacune des personnes que j’ai protégées comme mon enfant. Je n’arrive pas pour trois jours dans la vie de quelqu’un. Mes missions durent des années. Je me suis souvent attaché aux humains. C’est d’ailleurs ce qui m’a valu de nombreux conflits avec les autres anges. Les démons s’en fichaient. Ils ne comprenaient pas que les anges refusent tout contact affectif avec les humains. Ils estiment, dit-il avec amertume, que nous ne devons pas nous mélanger. Que nous ne devons pas nous abaisser à les aimer. Que notre mission est de les empêcher d’anéantir le monde. Rien de plus.
— Les anges n’ont pas l’air aussi gentils et bienveillants que dans les histoires.
— Nous ne sommes pas les gentils petits êtres ailés des contes de fées, admit Charlie en essuyant la mayonnaise qu’il avait au coin des lèvres. Tout comme les démons ne cherchent pas à semer le chaos et la destruction. Les nouveau-nés sont rares chez les divins. Cela ne fonctionne pas comme chez les humains. Nous pouvons avoir des relations sexuelles et y prendre du plaisir. Mais il n’y a pas de grossesse. Nous sommes créés. Chacun d’entre nous existe jusqu’à ce que sa tâche soit accomplie. Ensuite, nous appartenons au monde.
Lucius n’avait pas imaginé un seul instant que la conversation serait si triste. Passionnante, certes. Les anges semblaient si durs. Si froids. Pourtant, ils n’étaient pas égoïstes, puisqu’ils venaient en aide aux humains. Cela paraissait effrayant. Charlie ne semblait pas ainsi pourtant.
En repensant à la question qu’il lui avait posée, Lucius se demanda si Charlie n’avait pas menti. Son ami savait depuis longtemps que lorsque Charlie pouffait de rire quand on lui posait une question, c’est qu’il s’apprêtait à mentir. Peut-être n’avait-il pas le droit de parler de sa famille. Ou bien l’avaient-ils abandonné, et Charlie estimait qu’il n’avait plus de famille ?
— Tu ne ressembles pas aux anges que tu décris », lui fit remarquer Lucius.
Une tristesse s’empara de l’ange. Lucius s’en voulut aussitôt. Il était évident que son ami avait connu des douleurs dont il ignorait tout. Charlie se mua dans le silence. Un silence parlant. Sa vie n’avait pas dû être facile.
Que dit-on à un divin pour le réconforter ? Lucius se contenta de rester là, à finir son sandwich à ses côtés.
Sur le chemin du retour, Charlie n’avait pas prononcé un mot. Il n’était plus aussi taciturne, mais leur discussion avait certainement réveillé des souvenirs marquants. Arrivés au potager de Gayette, l’ange lui tapota l’épaule avant de s’enfoncer dans la forêt. La culpabilité lui donna des maux de ventre. C’est dans la cuisine qu’il retrouva Gayette. Le doux fumet d’une délicieuse compote de pommes toute chaude se dégagea de sa petite marmite. Les étagères étaient remplies de bocaux dans lesquels étaient rangés des herbes, des légumes secs, des perles, des plumes, des écailles, des liquides de différentes couleurs, et même des bulles. Sur la table en bois, grossièrement taillée, étaient disposés des tasses d’argile, de bambou et des paniers de paille. L’un des murs servait de potager d’herbes aromatiques et d’herbes magiques. Les boutures de mandragore commençaient à gémir et se tortiller.
« Que t’es-tu cassé cette fois, petit bonhomme en sucre ? demanda Gayette en lui lançant en regard en coin rempli de malice.
— Qui te dit que je me suis cassé quelque chose ? répondit-il en lui souriant. Par contre, il m’a pas loupé, je dois l’admettre !
— Assieds-toi.
Lucius tira la première chaise qui se présentait sous sa main. Enfin, il pouvait étendre ses jambes. Il en profita pour se masser doucement la cuisse.
— Tu trouveras de la pommade dans ta chambre. Tiens, dit-elle en lui versant une tasse de thé. Ça peut pas te faire de mal. Ne t’inquiète pas pour lui.
— C’est si évident que ça ?
— Iezalel a connu de nombreuses épreuves douloureuses. Il est différent de la plupart de ses semblables. Il est unique en son genre.
— Je ne peux pas m’empêcher de me dire que j’ai dit quelque chose qu’il ne fallait pas.
— La mémoire a des conséquences et des pouvoirs impensables. Et la sienne détient beaucoup de données, dit-elle en s’asseyant face à lui. Laisse-le avec ses pensées un moment. On a tous besoin de petits moments de solitude. Tu as eu de nouvelles visions ?
— Non, répondit-il sombrement. Je ne fais que ressasser ce que j’ai déjà vu. Je n’arrive pas à comprendre comment il se peut que je voie les souvenirs de ma mère. Et encore moins pourquoi ça arrive maintenant !
Gayette pinça les lèvres, acquiesçant Lucius. En effet, c’était étrange. Les mains crispées autour de sa tasse de thé, Lucius tentait de retrouver son calme. Tout cela était très stressant. Il avait l’impression d’être embarqué dans une mission contre son gré. Sauf qu’il n’y avait aucune feuille de route ni aucune consigne.
De plus, Alistair n’avait donné aucune nouvelle depuis bien trop longtemps. Bien qu’ils n’échangeaient pas beaucoup par téléphone, les circonstances des évènements récents changeaient la donne. Si luis’était fait à nouveau attaquer par cette harpie, alors qu’en était-il de son père ? Il fallait sortir de la forêt. Il devait retourner chez lui. Se terrer ici ne rimait à rien. Les gens finiraient par avoir des soupçons ! Et il avait hâte de reprendre les entraînements du professeur Turpin. La magie serait certainement plus utile que le maniement des armes. Même s’il reconnaissait volontiers que cela pourrait se révéler nécessaire sur le terrain.
— Je dois retrouver mon père, déclara-t-il déterminé. Personne n’a eu de nouvelles, ni de lui ni d’Alice. On ne sait même pas s’ils sont arrivés chez les Elfes ! Il faut combien de temps pour y aller ?
— Tout dépend le déroulement de l’entrevue avec les gardiens.
— Les gardiens ?
— Tu ne crois quand même pas que les Elfes laissent l’entrée libre aux premiers clampins venus ? Ils filtrent les allées et venues bien sûr ! Surtout depuis que notre président a déclaré que les elfes devaient reconnaître la suprématie intellectuelle des humains… Comme quoi les longues études ne sont pas synonymes d’intelligence ! dit-elle en pinçant les lèvres et haussant un sourcil. Autant te dire que les Elfes sont sur la défensive. Ils n’ont pas laissé entrer beaucoup de monde depuis ces trente dernières années. Mais je serais quand même étonnée que ton père ne passe pas la sécurité. Après tout, il s’est marié avec Ta mère !
Son regard se perdit dans le vide, un tendre sourire flottant sur son visage marqué par le temps. Lucius pouvait lire dans ses yeux qu’elle se remémorait d’agréables souvenirs à propos de Sa mère. D’habitude, il n’aurait pas osé la déranger ni remuer le couteau dans la plaie, mais ces derniers temps, il n’avait plus envie de rester poli.
— Gayette ?
— Hmm ?
— Je veux savoir… Pourquoi Ma mère a l’air si importante ?
— Par où commencer… murmura-t-elle en déposant sa tasse. Tu sais qu’Elle avait des pouvoirs ? En fait, Elle en avait beaucoup. Avec une puissance incroyable. Elle était fascinante ! Il lui arrivait d’intervenir dans des conflits juste avant le point de non-retour. On lui a demandé de stopper des êtres maléfiques comme des ensorceleurs, des nécromanciens, des adeptes de magie noire avancée, et des créatures venues des limbes. Les Elfes et les fées du monde entier la considéraient comme leur égale. Elle n’abusait jamais de Sa magie. De nombreuses forêts, plages, grottes et glaciers ont été protégés de tout impact néfaste. Il fallait La voir !
Les yeux de Gayette révélaient une admiration presque juvénile envers Elle. Cette joie le rendait heureux, et lui donner envie d’en savoir encore plus.
— C’est Ta mère qui a redonné vie à la Forêt Obscure ! Elle a anéanti les entités malfaisantes qui avaient empoisonné les sols et les eaux de ce lieu féerique sacré. La lutte était acharnée. Les entités étaient là depuis plusieurs siècles, et le mal profondément ancré. Tu sais gamin, quand on veut débarrasser un endroit ou une personne de forces malveillantes, il faut d’abord la dominer. Il faut pouvoir la contrôler. Il ne suffit pas d’arriver, de faire apparaître des étincelles, et pouf ! Non ! Il faut avoir une puissance aussi forte, voire plus, pour contrôler, dominer, puis définir l’étendue des dégâts. Ensuite, il faut l’absorber complètement.
— L’absorber ? s’exclama Lucius. Mais pourquoi ? Enfin, ça tuerait n’importe qui !
— Pas Ta mère, répondit Gayette avec un sourire malicieux. La magie est un échange de matière. Tu ne peux rien faire apparaître du néant. C’est impossible. Alors, Elle absorbait les forces obscures, et utilisait leur puissance pour défaire ce qu’elles avaient causé.
— Et, Ma mère a fait ça ? s’étonna Lucius impressionné à la fois par la puissance de Sa mère, et aussi par la complexité du processus de la magie.
— Et plusieurs fois, mon garçon ! Elle était incroyable. Ses combats L’épuisaient énormément. Elle en ressortait blessée, et épuisée. Plusieurs fois, Elle a frôlé la mort. Mais Elle n’a jamais voulu arrêter. Jamais Elle n’a refusé d’aider quelqu’un. Même ceux qu’on estimait perdus.
— Tu veux dire qu’Elle réussissait à changer la mentalité des gens ?
— Pas vraiment. Elle lisait en eux pour savoir d’où leur venaient leurs ressentiments. Les gens ne naissent pas monstres. Ils le deviennent. Ta mère le savait, et essayer de les raisonner. Elle était capable de contrôler les esprits, mais elle a toujours refusé de le faire. La liberté de choisir était une liberté essentielle selon Elle. Forcer quelqu’un à faire quelque chose n’a pas la même valeur qu’une prise de conscience. Mais Elle se trompait : certains sont foncièrement mauvais. Et pour ceux-là, Elle n’avait aucune pitié.
— Est-ce que…
Lucius avait peur de poser la question. Il n’était pas sûr d’avoir envie d’entendre la réponse. Mais il avait envie de savoir. De La connaître !
— Est-ce qu’Elle a… tué ?
Gayette le regarda tristement tout à coup. Tout son récit était un éloge merveilleux envers une femme qui a agi pour le bien du monde. Mais chaque pièce a son revers…
— Lorsque c’était nécessaire, oui. Tu te souviens du célèbre mage noir Fabien Guirmi ? Celui qui s’acharnait sur les enfants. Les sévices étaient si atroces qu’Elle n’a pas supporté ce qu’Elle a lu en lui. Il était heureux de les tuer. Il en était si fier ! Elle n’avait vu aucune douleur dans son passé. Et il était impossible de lui faire comprendre que ce qu’il faisait était inadmissible. Il en était si heureux, qu’on dit qu’il riait à gorge déployée lorsque Ta mère l’a condamné. En réalité, ils étaient entourés des dépouilles des enfants. Lui continuait de dépecer un nourrisson, avec un plaisir malsain. Alors, Elle l’a détruit.
Cela n’avait rien à voir avec ce que son père lui racontait. Il avait du mal à croire que la femme décrite avec amour par Alistair, et la guerrière décrite par Gayette, était la même personne.
— Mon père n’a pas de pouvoirs lui, reprit Lucius songeur. Alors, comment se sont-ils rencontrés ?
Gayette éclata de rire. Laissant Lucius perplexe.
— Alors ça, c’est ce qu’on appelle la force du destin ! dit-elle en s’essuyant les yeux. Ils n’étaient pas du même monde. Ta mère fréquentait la magie, et ton père n’y était pas très familier. Et puis, un ami de Ta mère L’a invitée à venir passer le réveillon du Nouvel An avec lui et des amis à lui. Elle a accepté, et…
— Il l’a vue, la coupa Lucius. Oui, cette histoire je la connais. Alors, c’est simplement le hasard ? Mais, personne ne Lui tournait autour ? Je veux dire…
Lucius se sentit gêné. C’était méprisant de le dire, et encore plus de le penser. Surtout venant de lui…
— Elle a fait de grandes choses ! Et, papa, lui, il a pas vraiment le même caractère !
— Tu en es sûr ? » lui susurra Gayette avec un regard interrogateur qui signifiait qu’il se trompait lourdement.
Son père aurait été différent ? Ça, c’était un scoop !
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