
L'Ombre d'un Amour Trahi
Chapitre 3
Je suis de retour.
Le bruit assourdissant des cris et des insultes a frappé mes oreilles.
« Où est le Dr. Lefevre ! Faites venir le Dr. Lefevre tout de suite ! Si ma mère meurt, je vous tue tous ! »
Je me tenais dans le couloir bondé de l'hôpital, l'odeur d'antiseptique et de peur flottant dans l'air. C'était le chaos. La famille d'une patiente en état critique avait perdu tout contrôle.
Le directeur adjoint, le Dr. Philippe Moreau, le visage en sueur, essayait de calmer la situation.
« S'il vous plaît, calmez-vous ! Nous faisons tout notre possible ! »
Il s'est tourné vers moi, l'air affolé.
« Émilie ! Où est Antoine ? Sa patiente est en train de mourir, et il est introuvable ! »
Je savais exactement où il était.
Avant que je puisse répondre, un homme grand et costaud, le fils de la patiente, a saisi le Dr. Moreau par le col.
« On s'en fout de vos excuses ! Trouvez-le maintenant ! »
Ses yeux étaient fous de rage et de chagrin. Derrière lui, quelques hommes à l'allure menaçante bloquaient le passage, les poings serrés.
J'ai pris une profonde inspiration, le cœur battant à tout rompre, mais mon esprit était d'une clarté glaciale.
J'ai regardé l'homme costaud, puis le Dr. Moreau.
« Antoine n'est pas joignable pour le moment. »
Ma voix était calme, trop calme.
« Il aide sa jeune collègue, le Dr. Sophie Bernard, à retrouver son chat. Il m'a dit que c'était très important pour elle. »
Un silence s'est installé.
Les infirmières et les médecins présents ont échangé des regards stupéfaits. Leurs chuchotements ont commencé à s'élever comme un essaim d'abeilles.
« Le chat de Sophie Bernard ? »
« Mais... ils sont très proches, n'est-ce pas ? »
« En pleine urgence vitale, il cherche un chat ? C'est une blague ? »
L'homme costaud, Marc Dupont, a lâché le Dr. Moreau. Son regard s'est fixé sur moi, dur et perçant.
« Vous êtes sa femme, n'est-ce pas ? Appelez-le. Dites-lui de ramener ses fesses ici immédiatement. »
J'ai hoché la tête, sortant mon téléphone.
Dans ma vie précédente, j'avais paniqué. J'avais supplié Antoine de revenir, j'avais pleuré.
Cette fois, j'ai composé son numéro avec un calme sinistre.
Il a répondu, la voix agacée, avec le miaulement lointain d'un chat en fond sonore.
« Quoi encore, Émilie ? Je suis occupé ! »
J'ai mis le haut-parleur.
« Antoine, la famille de Mme Durand est ici. Ils sont... très en colère. La situation est hors de contrôle. Le Dr. Moreau te cherche partout. »
J'ai délibérément omis de lui dire de revenir.
« Merde ! Je ne peux pas tout faire ! Dis-leur d'attendre ! Sophie est en larmes, je ne peux pas la laisser comme ça ! »
Sa voix, pleine d'impatience et de préoccupation pour une autre femme, a résonné dans le couloir silencieux.
Le visage de Marc Dupont s'est assombri.
« Coupez ! » a-t-il ordonné.
Il m'a arraché le téléphone des mains et l'a jeté à l'un de ses hommes.
« Toi, et vous tous, » dit-il en balayant la pièce du regard, « vous allez rester ici. Personne ne sort, personne ne passe d'appel. »
Ses hommes ont immédiatement bloqué toutes les sorties de l'étage.
Nous étions pris au piège.
Les infirmières se sont regroupées, terrifiées.
« Mais qui sont ces gens ? Ce ne sont pas juste des membres de la famille... » a murmuré l'une d'elles.
« Ils ressemblent à des gangsters... »
Exactement.
Et mon cher mari, dans son arrogance, venait de déclencher une bombe à retardement. Une bombe qui, cette fois, n'exploserait que sur lui.
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