
L'héritier de la mafia
Chapitre 2
Le matin suivant, Irina se réveilla avec une sensation d'oppression qui refusait de s'estomper. Les mots de la veille, écrits sur ce papier froissé, dansaient encore dans son esprit comme une mélodie macabre. « Remboursez ce qui est dû ou il paiera. » Elle s'assit au bord de son lit, fixant le vide. Le soleil, timide derrière les rideaux tirés, projetait une lumière terne sur les murs défraîchis de sa chambre.
Elle savait qu'elle ne pouvait pas ignorer ce message. Nikita était dans de sales draps, et comme toujours, c'était à elle de gérer. Encore.
Après une douche rapide et un café noir avalé à la hâte, elle enfila son manteau et attrapa son sac. Sa première idée était de trouver Alexeï, un vieil ami de Nikita, qui traînait souvent dans un bar miteux du quartier. Il était peut-être la clé pour comprendre ce dans quoi son frère avait mis les pieds cette fois.
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Le bar était exactement comme elle se souvenait : sombre, collant, et imprégné d'une odeur tenace de bière éventée et de tabac froid. Les murs, recouverts de graffitis fatigués, semblaient refléter l'état d'esprit des habitués : usés, fatigués, à la limite de l'abandon.
Alexeï était là, assis au fond, une cigarette pendant mollement entre ses lèvres, une bouteille presque vide devant lui.
- Irina ! s'exclama-t-il en la voyant approcher. Ça fait longtemps.
Elle s'installa en face de lui sans répondre, ses yeux fixant les siens avec une froide détermination.
- Alexeï, je vais aller droit au but. Nikita a encore fait une connerie, et je veux savoir quoi.
Il haussa les sourcils, esquissant un sourire nerveux avant de tirer une longue bouffée de sa cigarette.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Ne joue pas à ça avec moi. Hier soir, j'ai reçu un message me menaçant à cause de lui. Alors, parle.
Le ton d'Irina avait changé, dur et tranchant, comme une lame prête à percer les défenses d'Alexeï. Il détourna les yeux, jouant distraitement avec le bord de sa bouteille.
- Écoute, Irina... Je voulais pas m'en mêler, mais ton frère... il a fait quelque chose de stupide.
- Stupide comment ?
- Il a... volé de l'argent.
Elle resta silencieuse, attendant qu'il continue.
- Une grosse somme, ajouta-t-il. À des types qu'il aurait jamais dû chercher à entuber.
- Quels types ? demanda-t-elle, le cœur serré.
- Les Santoro.
Le nom tomba comme un couperet. Même si elle ne connaissait pas en détail le fonctionnement du crime organisé, ce nom-là était suffisamment célèbre dans les rues de New York pour donner des frissons.
- Dis-moi que tu plaisantes.
Alexeï secoua la tête, visiblement mal à l'aise.
- J'aimerais bien. Mais Nikita est malin... enfin, c'est ce qu'il croit. Il pensait pouvoir jouer avec eux, mais maintenant ils veulent leur argent, et ils sont pas du genre à laisser passer.
Irina sentit une boule se former dans son estomac.
- Et où est-il maintenant ?
Alexeï haussa les épaules.
- Je sais pas. Il s'est tiré y a deux jours, et il m'a rien dit. J'ai juste entendu dire que les Santoro avaient envoyé quelqu'un pour le trouver.
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Pendant ce temps, dans un bureau somptueusement décoré, Lorenzo Santoro était assis derrière un large bureau en acajou. La pièce, un mélange d'élégance et de froideur, reflétait sa personnalité. Les murs étaient ornés de tableaux discrets mais coûteux, et une bibliothèque regorgeait de volumes anciens impeccablement alignés.
Face à lui, un homme en sueur se tordait les mains, visiblement mal à l'aise sous le regard perçant de Lorenzo.
- Tu sais pourquoi tu es ici, n'est-ce pas ? demanda Lorenzo d'une voix calme mais glaciale.
L'homme hocha la tête, incapable de croiser son regard.
- Alors explique-moi, reprit Lorenzo, pourquoi je devrais te laisser partir après une telle erreur ?
- Monsieur Santoro, je... je peux expliquer...
- Non, coupa Lorenzo en se levant. Tu as eu ta chance de parler. Maintenant, c'est à moi.
Il fit lentement le tour de son bureau, chaque pas résonnant comme une sentence. L'homme recula instinctivement, ses mains moites s'agrippant aux accoudoirs de sa chaise.
- Tu vois, dans ce business, la confiance est tout, continua Lorenzo. Et toi, tu as choisi de trahir cette confiance.
Il s'arrêta devant l'homme, son regard sombre et perçant comme celui d'un prédateur.
- Je ne peux pas tolérer ça, conclut-il simplement.
L'homme tenta de balbutier une défense, mais Lorenzo leva une main pour le faire taire.
- Emil, prends-le.
Un colosse en costume noir, posté près de la porte, s'avança et attrapa l'homme par le col. Lorenzo observa la scène avec une expression neutre, presque indifférente.
- Fais en sorte qu'il comprenne, ajouta-t-il avant de se rasseoir.
Une fois seul, Lorenzo ouvrit un dossier posé sur son bureau. Le nom de Nikita Novikova était imprimé en haut, accompagné d'une photo.
- Il a pris un peu trop de liberté, murmura-t-il pour lui-même.
Il se tourna vers Emil, qui était revenu.
- Tu sais ce qu'il faut faire. Trouve sa sœur. Elle nous mènera à lui.
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Irina, de son côté, marchait dans les rues de New York, le vent froid mordant ses joues. Ses pensées tourbillonnaient. Les révélations d'Alexeï avaient confirmé ses pires craintes. Nikita était dans une situation désespérée, et elle n'avait aucune idée de comment s'en sortir.
Elle se demanda brièvement ce qu'elle pouvait faire. Appeler la police ? Non, ils ne feraient rien contre une famille comme les Santoro. Partir chercher Nikita elle-même ? Mais où ?
Ses réflexions furent interrompues par une sensation étrange. Elle avait l'impression d'être observée. Elle s'arrêta, regardant autour d'elle, mais les passants semblaient vaquer à leurs occupations habituelles. Pourtant, ce sentiment d'être suivie persistait.
Elle accéléra le pas, son cœur battant un peu plus vite. Les ombres des immeubles semblaient plus menaçantes qu'à l'accoutumée, et chaque bruit de pas derrière elle la faisait sursauter.
Arrivée devant son immeuble, elle se retourna une dernière fois. Rien. Juste la rue vide et lointaine, où les lumières des lampadaires projetaient des halos tremblotants.
Mais au moment où elle insérait la clé dans la serrure, une silhouette sombre, immobile de l'autre côté de la rue, attira son attention.
Irina resta figée, son instinct lui criant de ne pas détourner le regard. Mais avant qu'elle ne puisse réagir, la silhouette disparut dans la pénombre, comme si elle n'avait jamais été là.
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