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Couverture du roman L'héritier de la mafia

L'héritier de la mafia

À New York, l'avocate Irina voit son destin basculer quand son frère vole le clan Santoro avant de disparaître. Pour le protéger, elle défie Lorenzo, le futur parrain de la mafia. Ce dernier lui impose alors un pacte : elle doit infiltrer des avocats corrompus en simulant une soumission totale. Entre faux-semblants et manipulation, un lien complexe naît. Tandis qu'Irina découvre l'homme derrière le criminel, leur attirance interdite menace de les perdre dans un abîme de violence.
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Chapitre 1

L'air dans la salle d'audience était lourd, saturé de tension et d'attentes silencieuses. Les bancs de bois usés semblaient gémir sous le poids des spectateurs, tandis que le juge, un homme aux lunettes épaisses et au visage sévère, épluchait calmement les documents devant lui. Irina Novikova se tenait droite à la barre, son tailleur gris impeccable reflétant la discipline qu'elle imposait à sa vie. Ses cheveux blonds, tirés en un chignon strict, ne laissaient aucun doute sur sa détermination.

La mère célibataire qu'elle défendait, une certaine Sofia Petrenko, semblait minuscule à ses côtés. Ses mains tremblaient légèrement alors qu'elle agrippait un mouchoir en papier chiffonné. Ses joues creusées témoignaient de nuits sans sommeil, et ses yeux fatigués cherchaient une lueur d'espoir dans ceux de son avocate.

Irina se racla la gorge, le regard fixé sur le juge.

- Votre Honneur, commença-t-elle, ma cliente n'est pas une criminelle. Elle est une mère. Une femme désespérée qui a pris une décision regrettable dans un moment de besoin extrême.

Elle laissa sa voix s'élever dans la salle, son ton contrôlé, presque glacial, mais teinté d'une chaleur calculée.

- Ce qu'elle a volé, c'est un sac de couches et une boîte de lait en poudre. Rien d'autre. Pas de bijoux, pas d'électronique. Juste de quoi nourrir son enfant.

Un murmure parcourut la salle. Le procureur, un homme maigre et au visage anguleux, fronça les sourcils mais ne l'interrompit pas. Irina savait qu'il n'oserait pas.

- La question que nous devons nous poser, continua-t-elle, est la suivante : devons-nous punir une femme qui tente simplement de subvenir aux besoins de son bébé dans une société qui l'a abandonnée ?

Elle jeta un regard furtif à Sofia, qui avait les yeux embués de larmes. Irina n'avait pas besoin de dire plus. Son éloquence avait fait mouche.

Le juge émit un soupir profond avant de rendre son verdict :

- Après examen des circonstances, le tribunal accorde une dispense de peine. Toutefois, Madame Petrenko, assurez-vous de ne plus vous retrouver dans cette situation.

Un éclat de soulagement illumina le visage de Sofia, tandis qu'Irina la guidait hors de la salle.

- Merci, murmura Sofia, ses mains agrippant celles d'Irina avec une gratitude palpable. Vous n'imaginez pas ce que cela signifie pour moi... pour nous.

Irina se contenta de hocher la tête avec un léger sourire. Elle avait entendu ces mots mille fois. Ce n'était pas la reconnaissance qu'elle recherchait, mais la justice, ou du moins l'illusion d'une justice imparfaite qu'elle pouvait parfois arracher au système.

---

De retour dans son bureau exigu, Irina posa son sac sur son bureau encombré de dossiers. Le néon au plafond clignotait par intermittence, renforçant l'ambiance morose du lieu. Elle attrapa une tasse de café froid, son esprit encore absorbé par l'audience. Mais avant qu'elle ne puisse s'installer pour examiner son prochain dossier, son téléphone vibra.

Elle hésita avant de décrocher en voyant le nom de Nikita s'afficher. Cela faisait des mois qu'ils n'avaient pas parlé, et ses appels n'étaient jamais anodins.

- Nikita, dit-elle d'une voix ferme, à quoi je dois cet honneur ?

- Irina, c'est bon de t'entendre, répondit une voix un peu rauque, marquée par la fatigue ou peut-être autre chose. Écoute, j'ai besoin de ton aide.

Elle s'appuya contre le bord de son bureau, croisant les bras.

- Et pourquoi est-ce que je sens que ça implique de l'argent ?

Il y eut un silence à l'autre bout de la ligne. Puis Nikita soupira.

- Je suis dans une mauvaise passe, d'accord ? J'ai juste besoin de quoi tenir le coup... rien de dramatique.

Irina sentit la colère monter.

- Rien de dramatique ? Tu disparais pendant des mois, tu ignores mes messages, et maintenant tu réapparais pour me demander de l'argent ?

- Ce n'est pas ce que tu crois, protesta-t-il. Je vais rembourser, promis. C'est juste temporaire.

Elle ferma les yeux, une main sur son front. Nikita avait toujours été comme ça, oscillant entre promesses vides et excuses pathétiques. Mais malgré tout, il restait son frère, le dernier lien vivant avec leur famille éclatée.

- Combien ? demanda-t-elle finalement, sa voix teintée d'exaspération.

- Mille dollars, dit-il après une brève hésitation.

- Mille ? Tu plaisantes, j'espère.

- Irina, s'il te plaît...

Elle pinça l'arête de son nez, cherchant à calmer la frustration qui grondait en elle.

- Je vais voir ce que je peux faire, finit-elle par dire. Mais c'est la dernière fois, Nikita. Je ne peux pas continuer à te sortir de tes ennuis.

- Merci, murmura-t-il, avant que la ligne ne se coupe abruptement.

---

Ce n'est que bien plus tard, en rentrant chez elle, qu'Irina commença à ressentir une étrange oppression. Sa conversation avec Nikita lui laissait un goût amer, un mélange de culpabilité et de méfiance. Elle monta les marches de son immeuble en jetant un regard autour d'elle, comme si elle pressentait une menace invisible.

Son appartement, petit mais fonctionnel, était plongé dans une semi-obscurité. Elle alluma la lampe du salon et posa son sac sur le canapé. Mais alors qu'elle se dirigeait vers la cuisine, quelque chose attira son attention.

Une enveloppe blanche, glissée sous la porte, reposait sur le tapis.

Irina fronça les sourcils et se pencha pour la ramasser. Il n'y avait ni adresse, ni nom. Juste un pli net et anonyme. Elle l'ouvrit avec précaution, son cœur battant un peu plus vite.

À l'intérieur, un simple morceau de papier portait un message écrit à la main :

**« Remboursez ce qui est dû ou il paiera. Vous avez 72 heures. »**

Ses doigts se crispèrent autour du papier. Ses pensées s'emballèrent. Nikita.

Un frisson glacé lui parcourut l'échine alors qu'elle relisait les mots encore et encore, cherchant désespérément une logique à cette menace.

- Nikita, murmura-t-elle, comme si prononcer son nom à voix haute pouvait apporter une réponse.

Son instinct lui disait que son frère était en grand danger. Et, comme toujours, c'était à elle de réparer les dégâts.

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