
L'Escort Qui A Changé Ma Vie
Chapitre 2
Dans le bar chic du Bristol, l'air était saturé du parfum des fortunes anciennes et des ambitions nouvelles. Colette Dubois, assise seule dans un coin sombre, regardait fixement le verre de vin rouge qu'elle n'avait pas touché. Il était presque minuit. C'était l'heure qu'elle avait choisie.
Elle a sorti son téléphone, ses doigts tremblants glissant sur l'écran froid. Elle a ouvert une application de messagerie cryptée et a envoyé un simple message à un contact qu'elle venait d'enregistrer sous le nom de "Le Paon" : "J'attends."
Une minute plus tard, un homme s'est approché de sa table.
Il était grand, bien plus grand qu'elle ne l'imaginait. Son costume noir sur mesure épousait parfaitement ses larges épaules et sa taille fine. Ses cheveux noirs étaient coiffés avec une fausse négligence, et ses yeux, profonds et sombres, la fixaient avec une intensité qui semblait tout voir. Il n'était pas seulement beau, il dégageait une aura de danger et de séduction.
Colette a pris une profonde inspiration, l'odeur de son eau de Cologne, un mélange de bois de santal et d'agrumes, envahissant ses sens. C'était lui, Jean-Luc Moreau, l'escort le plus cher et le plus exclusif de Paris.
Une image a surgi dans son esprit, la raison pour laquelle elle était là. Il y a à peine deux heures, elle était rentrée chez elle plus tôt que prévu, excitée à l'idée de surprendre son fiancé, Antoine Chevalier, le célèbre chef cuisinier.
Elle l'avait trouvé, mais pas seul. Dans leur chambre, sur le lit qu'ils partageaient, il était avec sa demi-sœur, Manon Dubois. La bague de fiançailles qu'Antoine lui avait offerte était posée sur la table de chevet, à côté d'un verre de champagne à moitié vide.
"Antoine, chéri, tu es sûr que Colette ne se doutera de rien ?" avait susurré Manon, sa voix mielleuse contrastant avec la cruauté de ses paroles. "Une fois que vous serez mariés et que l'héritage de ses vrais parents sera entre ses mains, tout reviendra à notre famille. Tu auras le restaurant de tes rêves, et moi, je serai la seule et unique Mademoiselle Dubois, la maîtresse de la maison de couture."
Colette avait senti son monde s'effondrer. Elle, la talentueuse styliste, l'héritière cachée, n'était qu'un pion. Sa famille adoptive, les Dubois, ne l'avaient jamais aimée. Ils ne voyaient en elle qu'un moyen d'accéder à la fortune que ses parents biologiques lui avaient laissée.
Secouant la tête pour chasser ce souvenir douloureux, Colette a levé les yeux vers Jean-Luc. Sa décision était prise. La vengeance serait son seul réconfort.
"Je veux vous louer," a-t-elle dit, sa voix étonnamment ferme.
Jean-Luc a haussé un sourcil, un sourire amusé jouant sur ses lèvres. Il s'est assis en face d'elle, se penchant légèrement en avant. Sa présence était écrasante.
"Me louer ?" a-t-il répété, sa voix grave et veloutée. "C'est une proposition intéressante. Mais les choses intéressantes ont un prix."
"Le prix n'est pas un problème," a répondu Colette, sortant une carte de crédit noire de son sac à main et la posant sur la table. "Je veux que vous jouiez le rôle de mon amant. Je veux que vous soyez à mes côtés, que vous fassiez semblant d'être follement amoureux de moi, et que vous m'aidiez à détruire ceux qui m'ont trahie."
Elle se sentait vide, mais déterminée. Si elle devait jouer un jeu, elle le ferait avec les meilleures cartes. Et cet homme, avec son charisme et son mystère, était son atout maître. C'était une folie, mais une folie nécessaire. C'était sa seule façon de riposter.
Jean-Luc a regardé la carte, puis a reporté son regard sur elle. Ses yeux semblaient sonder son âme. Il y avait une lueur de curiosité, peut-être même de pitié, dans son regard.
"Intéressant," a-t-il murmuré. "Pour combien de temps avez-vous besoin de mes services, Mademoiselle Dubois ?"
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