
L'Escort Qui A Changé Ma Vie
Chapitre 3
"Je veux me fiancer à nouveau, et me marier, le tout en trois mois. Après le mariage, nous divorcerons immédiatement. Donc, trois mois," répondit Colette, sa voix plate, comme si elle discutait d'un contrat d'affaires. Elle avait besoin de ce temps pour démanteler le réseau de mensonges que les Dubois avaient tissé autour d'elle.
Jean-Luc laissa échapper un petit rire, un son grave qui vibra dans l'air feutré du bar. Il se pencha en arrière, croisant les bras sur sa poitrine musclée.
"Seulement trois mois ? Me sous-estimez-vous, ou sous-estimez-vous votre propre charme ?" demanda-t-il, un éclat de malice dans ses yeux. "Et si je tombais vraiment amoureux de vous ? Trois mois seraient bien trop courts."
Colette sentit une pointe d'agacement. Elle n'était pas d'humeur à plaisanter. Son regard se durcit.
"Monsieur Moreau, je suis sérieuse. C'est une transaction. J'ai besoin d'un partenaire pour une vengeance, pas d'une comédie romantique."
Le sourire de Jean-Luc s'effaça légèrement. Il sentit le changement dans son ton. Il se pencha de nouveau vers elle, son expression plus sérieuse.
"D'accord. Pas de comédie romantique. Mais trois mois, c'est un peu insultant pour mes compétences. Que diriez-vous... d'une vie entière ?"
Colette le dévisagea, stupéfaite. Une vie entière ? Était-il fou ? C'était une proposition tellement absurde, tellement décalée par rapport à la situation, qu'elle ne sut que répondre. L'homme était plus étrange qu'elle ne le pensait.
Elle a finalement réussi à quitter le bar, l'esprit embrouillé par leur conversation. En rentrant dans la somptueuse villa des Dubois, un sentiment de dégoût l'envahit. Les murs dorés, les lustres en cristal, tout semblait faux, tout comme les sourires de sa "famille".
"Maman, tu penses qu'Antoine va vraiment réussir à obtenir l'héritage de Colette ?" La voix de Manon flottait depuis le salon. "J'ai hâte de voir la tête qu'elle fera quand elle découvrira que son fiancé et sa sœur la trompent depuis des mois."
Madame Dubois, sa mère adoptive, gloussa. "Bien sûr, ma chérie. Colette est tellement naïve. Elle a toujours été l'idiote utile de la famille. Elle a travaillé si dur pour la maison de couture, pensant que c'était pour elle. Mais tout nous reviendra. Toi, tu seras la nouvelle reine de la mode parisienne."
Colette s'arrêta dans le couloir, le cœur glacé. L'idiote utile. C'était donc ce qu'elle était pour eux. Une simple marionnette, un outil pour leur ambition. La douleur était si vive qu'elle eut du mal à respirer. Elle avait passé sa vie à essayer de leur plaire, à gagner leur affection, à se sentir comme un membre de la famille. Tout n'avait été qu'une illusion.
Elle serra les poings, ses ongles s'enfonçant dans ses paumes. La tristesse laissa place à une rage froide. Ils allaient payer. Tous.
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