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Couverture du roman Les Regrets du Milliardaire

Les Regrets du Milliardaire

Héritière déchue, Aurélia voit sa vie basculer quand Leonard Wolfe, un milliardaire scandaleux, nie sa paternité. Rejetée par son père influent, elle fuit pour élever son fils dans l'anonymat. Des années plus tard, devenue indépendante, son passé la rattrape : Leonard découvre l'existence de l'enfant et exige de s'impliquer. Pourquoi ce revirement soudain ? Entre secrets de famille et menaces extérieures, Aurélia doit protéger son fils tout en résistant au charme de cet homme qui l'a jadis brisée.
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Chapitre 3

Aurélia marchait sans but précis, les rues se transformant en un labyrinthe flou sous ses pas. Les bâtiments de la ville semblaient s'élever comme des murs autour d'elle, la coupant du reste du monde, la piégeant dans un univers où elle n'avait plus sa place. Elle n'avait pas pris de décision claire quant à sa destination, elle s'était juste laissée emporter par l'urgence de fuir. Il n'y avait plus de retour en arrière. Son père l'avait définitivement reniée, et avec lui, tout ce qu'elle avait connu. Le monde qu'elle avait appris à apprécier s'était effondré d'un seul coup, comme une chape de plomb qui l'écrasait.

Elle s'arrêta un instant, la fatigue l'envahissant alors qu'elle observait les passants autour d'elle, inconscients de la tornade qui dévastait sa vie. Elle ne savait même pas où elle allait. Ni où elle pourrait aller. Le seul sentiment qu'elle ressentait à ce moment précis était celui de l'abandon. La maison familiale était derrière elle, tout comme son ancienne vie. Rien ne l'ancrait ici. Elle avait l'impression d'être un fantôme, errant sans but dans une ville qui ne lui offrait aucune compassion.

Elle fouilla dans son sac, cherchant son téléphone pour contacter quelqu'un, n'importe qui. Peut-être sa mère, mais elle savait au fond d'elle qu'il n'y avait rien que sa mère puisse faire. Elle chercha aussi ses cartes bancaires, ses moyens de paiement. Mais à peine eut-elle le temps de les sortir qu'une pensée la frappa, un pressentiment glacé. Ses doigts tremblants ouvrirent l'application bancaire sur son téléphone. Elle avait besoin d'être sûre, de voir si la situation était aussi grave qu'elle le craignait.

Lorsqu'elle consulta son solde, une vague de panique la saisit. Zéro. Rien. Aucun argent, aucun fond disponible. Son cœur rata un battement, une nausée l'envahissant. Elle avait imaginé que la situation serait difficile, qu'elle devrait peut-être se débrouiller autrement, mais pas cela. Pas ce vide absolu. C'était comme si tout ce qu'elle avait, tout ce qu'elle croyait être, venait de lui être arraché en un instant.

Elle appuya sur l'écran, vérifiant les transactions récentes, mais la réponse ne tarda pas à apparaître. Ses comptes étaient bloqués. Elle tenta de joindre la banque, espérant qu'il s'agissait d'une erreur, mais à chaque appel, la même réponse froide et distante. Aucun moyen de récupérer l'accès à ses fonds. Elle comprenait maintenant. Son père avait pris des mesures drastiques pour l'empêcher d'avoir un accès quelconque à l'argent qu'elle avait hérité. Tout était fini. Elle n'avait plus rien. Ni son père, ni ses biens.

Auréla se sentit soudainement vulnérable, exposée à la cruauté du monde. Sans ressources, sans toit, sans famille. Elle se sentait comme une étrangère sur cette Terre, noyée dans une mer d'incertitudes. Les larmes qu'elle retenait depuis si longtemps commencèrent à couler sans qu'elle puisse les arrêter. Elle se laissa glisser contre un mur, les genoux repliés sous elle. Le froid de la pierre contre sa peau ne la réconfortait même pas. Elle ferma les yeux, laissant les bruits de la ville se fondre en un brouhaha lointain.

C'est alors qu'elle sentit une main se poser doucement sur son épaule. Elle sursauta, surprise, avant de tourner la tête pour voir une silhouette familière. Clara. Une vieille amie de l'université, qu'elle n'avait pas vue depuis des années. Clara se tenait là, avec un air de préoccupation sur le visage. « Aurélia ? » dit-elle doucement. « Qu'est-ce que tu fais ici ? »

Auréla se redressa péniblement, les yeux rouges de larmes. « Je... Je ne sais pas où aller, Clara. Je n'ai plus rien. Plus de famille, plus d'argent. Mon père m'a reniée, et Leonard m'a laissée seule. » Elle prit une inspiration, mais la douleur de ses mots la fit à nouveau se laisser tomber contre le mur. « Je suis perdue. »

Clara la regarda un instant, une expression de tristesse se peignant sur ses traits. Elle s'accroupit devant elle et posa une main rassurante sur son bras. « Tu sais que tu peux compter sur moi, n'est-ce pas ? Je ne sais pas ce qui se passe, mais il est évident que tu traverses quelque chose d'immense. Tu n'as pas à le faire seule. »

Les mots de Clara étaient comme une bouffée d'air frais dans une pièce trop étouffante. Aurélia leva les yeux vers elle, et un mince sourire de gratitude se dessina sur son visage. « Merci. Mais je... Je ne sais même pas où aller. Je ne peux pas rester ici, pas après ce que j'ai fait. Pas après... »

Clara secoua la tête. « Ne parle pas de ce genre de choses, Aurélia. Viens avec moi. Je t'emmène. On va trouver un endroit où tu pourras te poser, reprendre tes forces. Tu as droit à un peu de répit. »

Auréla hésita un instant, mais l'épuisement mental et physique pesait trop lourdement sur elle pour qu'elle puisse refuser. Clara la soutint pour l'aider à se lever, et ensemble, elles partirent en silence.

Clara l'emmena dans un petit appartement en périphérie de la ville, un endroit modeste mais tranquille, à l'écart des regards curieux. C'était un appartement qu'elle partageait avec un colocataire, un jeune homme que Clara connaissait depuis peu, et qui n'avait aucune objection à ce qu'Auréla y trouve un refuge temporaire. La porte s'ouvrit sur une pièce chaleureuse, avec des meubles simples et une lumière tamisée qui donnait l'impression d'une quiétude retrouvée.

« Installe-toi, repose-toi. Tu n'as rien à craindre ici, » dit Clara en lui offrant un verre d'eau. « Je vais m'occuper de tout. Tu n'as plus à t'inquiéter de ton passé, on va trouver une solution. »

Auréla s'effondra sur le canapé, épuisée, mais en même temps, un étrange soulagement l'envahit. Ce petit coin de tranquillité, loin du tumulte de sa vie actuelle, était exactement ce dont elle avait besoin. Elle s'était habituée à la perfection du monde qu'elle avait connu, un monde où chaque détail était contrôlé, chaque mouvement calculé. Mais là, elle n'avait pas à jouer ce rôle. Elle pouvait juste être elle-même, sans masque.

Clara s'assit à côté d'elle, et elles restèrent là, à parler doucement, jusqu'à ce qu'Auréla se sente un peu plus apaisée. La situation n'avait pas changé, et elle savait que les problèmes étaient loin d'être résolus. Mais au moins, pour l'instant, elle n'était plus seule. Elle avait un toit, un abri temporaire, et une amie prête à l'aider.

Au fil des heures, elle se sentait peu à peu reprendre le contrôle sur ses émotions. Elle se dit qu'elle devait être forte. Elle ne pourrait pas compter sur ses parents, sur Leonard, sur personne d'autre. Mais elle avait Clara, et cela signifiait plus qu'elle n'aurait pu l'imaginer. Elle se redressa sur le canapé, son regard se fixant dans le vide.

« Merci, Clara. Je... je ne sais même pas ce que j'aurais fait sans toi. »

Clara sourit doucement. « Tu n'as pas à me remercier. Je suis là pour toi, Aurélia. Tu n'as pas à affronter tout cela seule. »

La jeune femme ferma les yeux, un poids s'allégeant en elle. C'était peut-être le début d'un nouveau chapitre, mais pour la première fois depuis des semaines, elle sentait une lueur d'espoir.

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