
Les princes divins - Tome 4: Afonso et Ramsès
Chapitre 2
1Arrivée à Atlantis
En l’an 1247, au lever du soleil de la deuxième lune de traversée, la flotte de l’alliance observa de loin les côtes Atlantes. Vers midi, le convoi de navires longea le port d’Artémis, sans jeter l’ancre et il continua sa route en s’engageant dans le fleuve Atlas afin de regagner la capitale. Tout en remontant le fleuve jusqu’à Atlantis, la population salua la flotte. Comme à chaque fois, le messager avait averti le roi Isidor du retour d’Arthur et de la famille. Arthur avait prévenu son père par télépathie, qu’il venait avec de nouveaux étudiants pour l’université. Il s’agissait de jeunes provenant du huitième royaume qui avait rejoint l’alliance. Le lendemain matin, le soleil encore couché, le convoi maritime s’approcha du port d’Atlantis. Les jeunes Vikings observaient avec attention la capitale de l’ancien royaume dont ils étaient originaires. Ils regardèrent avec attention et ressentirent au fond d’eux un bonheur jamais connu. Après plus d’un millier d’années, leur peuple n’était jamais retourné sur la terre d’où leur ancêtre était parti en quête du nouveau monde avant d’échouer sur leur terre actuelle. Ils attendraient le moment où ils raconteront à leur peuple la merveilleuse cité du roi magicien Atlas. Avant de quitter Dervio, Arthur avait fait embarquer sur son bateau Mérida, Halfdan, Guenièvre et ses enfants. Tout au long de la traversée, les deux enfants de Ragnar avaient suivi une préparation afin de les aider à mieux s’intégrer au cours de leur formation. Guenièvre dispensait aux deux Vikings la lecture et l’écriture. Elle fut soulagée de voir qu’ils maîtrisaient facilement le style d’écriture de l’alliance. Jusque-là, elle était commune à l’ensemble des membres de l’alliance et la langue était la même pour tous, ce qui avait simplifié la rencontre. Avec la rencontre de nouveaux peuples, Guenièvre prenait au sérieux les nouveaux moyens de communication. Arthur s’était chargé de l’apprentissage de la magie pour les deux jeunes et pour Halfdan, du combat pour rattraper son retard dans sa formation. Au fur et à mesure du voyage, des liens s’étaient resserrés entre Mérida et le couple. Elle jouait aussi avec les enfants. Mérida ne voulait plus jouer à cache-cache avec Atlas car il prenait l’habitude de se transporter ailleurs dès qu’elle s’approchait de lui. Elle avait remarqué dès la première partie de jeu, la faculté qu’il avait à se déplacer de cette manière. Arthur lui avait dit qu’Atlas était le seul être vivant à posséder cette faculté. Elle fut étonnée de la réponse. Elle comprit qu’il avait une grande qualité à posséder cette faculté pour un chevalier. Tout au cours du voyage, Mérida et Halfdan se donnèrent afin d’acquérir un maximum de connaissance avant d’atteindre Atlantis. Ils n’hésitaient pas à aller au bout de leurs forces pour mériter la place de leur peuple au sein de l’alliance. Au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient du port, tout le monde s’était pressé sur les ponts des bateaux. Aux premiers rayons de soleil, la cité resplendissait, lui donnant l’aspect d’une cité d’or. Arthur, Guenièvre, les jumeaux et les enfants de Ragnar venaient de prendre leur petit-déjeuner. Une demi-heure plus tard, la flotte atteignit la berge aménagée d’Atlantis afin de recevoir les bateaux. La foule était déjà très importante pour recevoir les héritiers du royaume. Le roi Isidor d’Atlante, accompagné de son épouse, la reine Adriana Calafas, reine d’Amazonie, se tenait en bordure du quai. Les ministres et les autres dignitaires attendaient cette venue royale. Entre la foule et les représentants du royaume, des chariots attendaient pour recevoir les affaires et marchandises venues d’outre-mer. Des hommes du port attendaient les amarres des bateaux afin de les maintenir à quai. Un peu moins d’une dizaine de navires composait cette petite flotte. Le roi comprit que près de la moitié des chevaliers étaient restés sur les terres du Berry. Les deux derniers bateaux étaient chargés de matériaux de construction. Tous les hommes descendirent des bateaux dès que les passerelles seraient mises en place. Une fois fait, Arthur fit signe et le débarquement commença. Les hommes s’alignaient machinalement et en silence, même les nouvelles recrues. Une fois que tout le monde fut aligné, Arthur s’avança vers son père, le roi Isidor d’Atlante. Voyant son père avancer, Atlas et Séverina prirent la même direction. Les jumeaux dépassèrent leur père et Atlas se jeta autour de la jambe droite du roi. Séverina fit de même mais s’accrocha à la jambe gauche de la reine. Les grands-parents étaient heureux de retrouver leurs petits-enfants. Les câlins et bisous terminés, les jumeaux retournèrent à terre puis ils tiennent la main de leurs grands-parents. Arthur et Guenièvre s’avancèrent et embrassèrent le couple royal. Arthur présenta les deux enfants du seigneur Ragnar le rouge, grand chef du peuple des Vikings. La prise de connaissance faite, ils firent ensemble la revue des détachements. Au bout des forces de l’alliance, Arthur présenta les nouvelles recrues venues du royaume Vikingar.
— Père, ce groupe est constitué de deux détachements de futurs chevaliers de l’alliance. L’une de ces unités est composée uniquement de guerriers qui ont déjà fait leurs preuves et que ces hommes m’ont prêté allégeance. Il sera commandé par Halfdan, le fils de Ragnar.
— Je vois que tu as fait un bon choix. Est-ce qu’il a été désigné par son père ou sélectionné comme nous l’avions fait pour vous ?
— Non, il s’est présenté lors de notre proposition d’une sélection et il répond aux critères pour faire un bon chef. Il possède déjà de grandes qualités magiques. Sa sœur, Mérida nous a demandées pour suivre notre enseignement de la magie. Nous lui avons recommandé de rejoindre l’université d’Atlantis pour suivre les cours de Maître Gaïus. Elle se destine à devenir la grande prêtresse d’Odin auprès de son peuple. Il nous a apporté son approbation pour son choix et il m’a choisi pour la guider dans sa quête. Il m’a affirmé que mes pouvoirs étaient aussi puissants que les siens. Je lui ai dit qu’elle bénéficiera de toute l’expérience de Maître Gaïus, mon formateur. Il a approuvé ma sollicitation. Elle ne demande qu’à apprendre afin de se montrer digne du poste qu’elle occupera auprès des dieux.
— Arthur, je constate que tu as continué à nous amener de jeunes élèves. J’ai remarqué qu’ils sont venus avec des matériaux pour construire leurs logis.
— Effectivement père. Ils sont informés qu’ils seront ici pour deux années et tant que leurs habitations ne seraient pas habitables, ils seraient logés au palais royal. Je n’ai apporté qu’une cession d’élèves par secteur de formation.
— Je remarque que ces jeunes sont forts et fiers.
— Père, ils sont totalement impressionnés d’être présents sur la terre de leur ancêtre. À l’idée de venir, ils étaient heureux d’être les représentants de leur peuple.
Le roi s’adressa aux jeunes venus du royaume Vikingar :
— Soyez les bienvenus à Atlantis. Je vous souhaite la bienvenue et de vous épanouir pour apporter à votre peuple tout ce que vous pourrez apprendre. Ici, notre devise est que la connaissance est pour tout le monde. Je vous demanderai de suivre la troupe jusqu’à ma demeure et celle de notre ancêtre commun.
Sur ces paroles, le roi et Arthur reprirent le chemin jusqu’à la tête du détachement d’Arthur. Arrivé devant Guenièvre, Arthur fit mettre l’ensemble de l’armée dans le sens parallèle du quai et mit l’unité en marche en direction du palais royal Atlante. Les enfants des chevaliers avaient été pris en charge par la reine Adriana et ils avaient ensuite regagné le chariot royal. Le roi et ses ministres avaient pris de l’avance devant Arthur. Tout au long de l’avenue principale, menant du port au palais, les citadins saluaient et acclamaient Arthur en disant « vive le prince Arthur d’Atlante ». Arthur était heureux d’entendre son peuple l’encourager. Dans les rangs de l’alliance, les hommes se sentaient fiers de leur chef. Halfdan n’avait jamais connu de sentiment d’encouragement si intense d’un peuple envers un membre dirigeant. Il se sentait honoré d’avoir rencontré le prince Arthur. Au bout de vingt minutes, le cortège arriva au pied du palais royal. Ils entrèrent dans le palais par un porche jusqu’à la cour intérieure. Des tables avaient été installées au fond de la cour. Dans un coin, près de l’entrée d’une tour, des animaux cuisaient à la broche. Des tables, situées proches du brasier, servaient à entreposer des plats et les aliments pour le repas. De l’autre côté de la tour, des barriques de vins étaient placées sur des tréteaux croisés spécialement conçus à cet effet. Ce parfum de cuisine titillait les estomacs des voyageurs. Le roi Isidor donna ses ordres au majordome du palais pour le placement des invités. Une dizaine de minutes plus tard, les places furent comblées et le roi commença son discours.
— Chers amis, c’est un grand plaisir de vous voir. Au fur et à mesure des aventures, de nouveaux membres rejoignent notre alliance. C’est une joie de retrouver des membres issus des six peuples fondés après la mort de notre ancêtre le roi magicien Atlas. Après ces expéditions parties en quête de cette terre promise, pour nombreux d’entre vous, vous avez échoué sur des terres désertes de population. De nouveaux peuples sont nés et se sont développés pour survivre, ne pouvant plus retrouver la terre de leur origine. Grâce à la détermination de mon fils, le prince Arthur d’Atlante, les peuples se retrouvent. Tous ces peuples s’aperçoivent qu’ils sont enfin réunis comme à l’époque du roi magicien Atlas. Unis, vous seriez plus déterminés à réussir cette mission. Je lève mon verre vers mon fils, le prince Arthur d’Atlante et à ses hommes ainsi qu’aux membres de l’alliance.
— Je vous remercie père pour cette reconnaissance. Comme mon père, le roi Isidor d’Atlante vous a dit, j’ai plein de choses à vous raconter. Notre voyage sur la terre du peuple Vikingar a été bref mais très riche en événements. La bataille, en elle-même, a duré moins de deux heures. Les pertes pour l’alliance ont été nulles pour nous mais chez les Vikings, elle a été faible, principalement due à l’effondrement des remparts de la cité. En me voyant face à lui, alors que je tenais dans une main mon épée et dans l’autre la foudre, Ragnar le rouge s’est incliné, genoux à terre, pensant à avoir affaire à un envoyé de son dieu Odin pour le punir. Je lui ai annoncé que je n’avais aucun lien avec ce dieu mais que j’étais venu pour que son peuple cesse ses attaques envers le peuple du Berry. Depuis ce moment-là, son peuple m’appelle « le prince divin ». Je leur ai fait comprendre que j’étais un être humain comme eux et non un dieu, avec une vie éphémère contrairement à ces divinités immortelles. Les dieux nous ont donné des pouvoirs magiques et c’est à nous de savoir les utiliser correctement. En aucun cas, je ne souhaite les employer à des fins personnelles. Je ne désire pas non plus en faire usage pour éliminer un adversaire par simple désir. Provoquer la mort d’autrui me répugne et quand il est nécessaire, j’essaie qu’il y en ait le moins possible. Je préfère procéder à des négociations qu’au sang versé. De nouvelles aventures nous attendent tant que nous n’aurons pas trouvé ce peuple désigné par notre ancêtre, le roi magicien Atlas. Je lève mon verre à tous ceux qui partagent cette aventure au sein de l’alliance. Je vous souhaite ainsi un bon appétit.
Arthur but son verre et s’assit. Tout le monde fit les mêmes gestes et les serviteurs commencèrent leurs voyages avec les bras chargés de victuailles qu’ils apportèrent sur les tables. Quelques minutes après, toutes les assiettes furent remplies et les convives attaquèrent leur repas. Des troubadours et saltimbanques animèrent l’ambiance du festin. Durant le repas, Arthur et son père, le roi Isidor d’Atlante, échangèrent des informations sur les prochaines destinations recueillies auprès du peuple Vikingar. Ragnar avait annoncé à Arthur que le peuple des pyramides redoutait les hommes des royaumes des terres du levant. Le roi Isidor conseilla donc à son fils de former de nouveaux détachements durant son excursion sur la terre désertique des pyramides mais de ne pas repartir vers la suivante destination tant que ses nouveaux chevaliers ne soient formés. Il craignait que ces peuples des terres du levant soient agressifs. Arthur l’avait averti qu’il avait pris cette même résolution avant de s’engager vers cette destination. Arthur avait dit à son père qu’il avait déjà lancé la formation d’un détachement du peuple du Berry dans son château et qu’il avait ramené du royaume Vikingar, deux détachements dont un, composé de guerriers aguerris.
Une fois le repas terminé, le roi Isidor demanda à Arthur de faire visiter l’université aux nouveaux venus. Arthur avait décidé à ce que tous les Vikings les suivent afin que chacun puisse donner son impression du site. Arrivés aux abords de l’édifice, tous les visiteurs furent surpris d’observer ce grand bâtiment ainsi que les différents groupes de petites bâtisses. Ils comprirent que ces bâtisses représentaient le style des habitations de chaque peuple. En avançant, Halfdan et Mérida avaient observé que les matériaux de construction en provenance de leur royaume avaient été déposés sur une parcelle dégagée. Le maître bâtisseur Vikingar donnait ses directives à des ouvriers Atlantes qui commençaient à délimiter les emplacements des sept logis. Des piquets laissaient apparaître une grande place au centre des futurs bâtiments. Le roi Isidor demanda à Arthur et à Halfdan si le peuple des Vikings était des hommes déterminés dans leurs actions. Halfdan confirma que son peuple est de nature très déterminée. Le roi annonça qu’avec cette volonté, les nouveaux étudiants occuperont rapidement leurs logis traditionnels. Des plantations de ce royaume attendaient au centre de la zone, à être plantées. La visite de la zone universitaire se poursuivit par l’extérieur en explorant les différentes habitations traditionnelles. Le tour terminé, ils entrèrent dans l’immense bâtisse. Les jeunes Vikings furent émerveillés par la taille et par sa beauté architecturale. Les étudiants s’approchèrent des visiteurs. Arthur sortit du groupe et présenta les nouveaux étudiants aux universitaires présents. Les différents groupes prirent en charge les nouveaux. Mérida fut surprise que ce soit un vieil homme avec une grande barbe poivre et sel qui l’avait prise en charge. Arthur s’adressa à l’homme en prenant Mérida par l’épaule de son bras.
— Bonjour Maître Gaïus. Je te présente ta nouvelle élève, Mérida, la fille de Ragnar le rouge, le chef du peuple des Vikings. Elle est pressentie à devenir la grande prêtresse de son royaume et ses dieux ont choisi à ce que nous la préparerons pour sa future mission.
— Merci mon cher Arthur. C’est avec joie et avec honneur que je me chargerai de former Mérida. Si ses dieux t’ont désigné pour sa formation, je suis comblé que tu me choisisses pour cette tâche.
— Maître Gaïus, le prince Arthur ne cesse de décrire vos qualités.
— Arthur a été mon meilleur élève mais maintenant, j’apprends beaucoup avec lui.
— Maître Gaïus, dit Arthur, tout ce j’ai acquis auprès de vous m’ont aidé à poursuivre ma formation. Votre méthode de travail est simple mais très efficace. Mérida mérite que ce soit vous son mentor.
— Je ne vous décevrais pas Maître Gaïus. J’ai confiance en Arthur et je respecte sa décision sans réticence.
— Maître Gaïus, je te confie Mérida et nous retrouverons ce soir pour le grand banquet. En attendant, elle dormira au palais, dans mes appartements avec son frère jusqu’à notre départ.
Le groupe s’éloigna de l’université laissant les jeunes étudiants vikings avec leurs instructeurs. Une dizaine de minutes plus tard, ils arrivèrent au palais. Arthur accompagna Halfdan et ses compagnons jusqu’au dortoir des chevaliers. Leurs affaires les attendaient sur le palier. Chacun prit ses affaires et les installa dans leur chambre. Pendant qu’ils rangeaient leurs affaires, Arthur demanda à Halfdan de le suivre avec ses affaires. Ils descendirent à l’étage inférieur et Arthur conduisit Halfdan jusqu’à sa chambre. Il lui indiqua ensuite la chambre de sa sœur qui se trouvait en face de la sienne. Arthur indiqua à Halfdan que les appartements situés en dessous étaient ceux de son père, le roi Isidor d’Atlante et de sa mère. Les affaires de Mérida avaient été déposées dans sa chambre à la demande d’Arthur. Au cours de l’après-midi, tout le monde était occupé à ranger ses affaires vers leur lieu de repos. Toutes les affaires des étudiants de l’université avaient regroupé au niveau des combles du palais.
La soirée venue, tous les visiteurs de la flotte d’Arthur s’étaient réunis dans la cour centrale du palais. Les différentes personnalités du royaume s’étaient regroupées aux côtés d’Arthur, leur prince héritier du royaume. Tout le monde attendait la venue du roi avant d’aller festoyer au banquet organisé pour la venue d’Arthur et de ses compagnons d’aventure. Soudain, les cors sonnèrent et ils annoncèrent le couple royal, accompagné de la nouvelle reine d’Amazonie en la personne d’Idrid Calafas, la sœur jumelle d’Arthur ainsi que des enfants d’Arthur, le prince Atlas et la princesse Séverina qui tenaient la main de leur tante. Arthur et Guenièvre furent heureux d’apercevoir leurs enfants avec leur tante. Les chérubins restèrent calmes et fiers jusqu’à ce qu’ils arrivassent à quelques pas de leurs parents en se jetant dans leurs bras. Le roi fit son petit discours en remerciant les personnes présentes et en les invitant à prendre place à table. Dans le silence, chacun gagna sa place et le repas put commencer. Jusqu’à tard dans la nuit, musiciens, troubadours et saltimbanques animèrent la soirée.
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