
Les gladiatrices du XXIe siècle - Tome II
Chapitre 2
Monsieur profite de cette attente, imité par Nana pour appeler la chaumière et leur dire que le voyage s’est bien passé et qu’ils sont maintenant à attendre la nuit pour embarquer. Onze heures cinquante-cinq, d’un coup ça remue autour et dans le camion, la navette arrive avec son petit fanal blanc à la proue qui permet de la distinguer, sinon on ne voit pas à plus de cinq mètres, une aubaine pour le transbordement. Si par malheur une personne venait à se promener ou à sortir le chien, il faudrait qu’elle soit collée au camion pour discerner quelque chose. Les filles sont sorties une à la fois et attachées chacune à son siège sur l’embarcation électrique, et une fois pleine, celle-ci prend en silence la direction du yacht. Au bout de vingt minutes, la revoilà et la deuxième fournée rejoint la première qui est suivie par la troisième. Demain matin, Yves repartira à Marseille pour rendre la camionnette et reviendra en taxi aussitôt après. Le voyage débutera vraiment vers quatorze heures, et après farniente, quasiment rien à faire qu’à prendre le soleil sur le pont, super. Les filles sont désormais attachées à leurs lits et les hommes pour leur porter à manger s’activent sans cesse. L’hôte invite toute l’équipe à prendre un apéritif, lui ne prenant que du thé noir, mais il y a du Ricard et du whisky, du Coca Cola et du Schweppes.
— Vraiment merci pour ces petites attentions qui vont agrémenter la traversée. Je vous préviens que les filles ont un grand appétit, ce sont des guerrières et elles ont acquis un redoutable coup de fourchette, vous pourrez vous en rendre compte par vous-même.
Sur le troisième pont, à l’arrière, il y a un grand espace qui sert de salon découvert, avec des banquettes et tables basses, juste à côté de la salle à manger couverte qui peut accueillir tous les invités résidents à bord. Il y a plusieurs membres d’équipage, tous des hommes, qui circulent autour de l’équipe pour leur proposer des rafraîchissements ; tous prennent un alcool sauf Mourad qui imite leur hôte en prenant du thé, il veut faire bonne figure car en France, il prenait lui aussi de la bière par exemple. Ils sirotent leurs boissons tout en discutant de choses et d’autres, jusqu’à la venue du maître d’hôtel annonçant le service. Le repas se déroule à l’intérieur car il fait frais avec la brise mais sans le soleil, ils sont mieux protégés ainsi. Le cuisinier du bord n’a rien à envier à Maria, ce qu’il propose est digne d’un chef et effectivement, lorsque la conversation vient à parler de lui, ils apprennent qu’il a fait sa formation en France durant des années avant de regagner son pays. Le voyage les a fatigués alors ils s’excusent aux alentours de deux heures et vont dormir dans les somptueuses cabines climatisées. Avant d’éteindre la lumière, monsieur rappelle son épouse pour lui dire à quel point ils sont bien accueillis sur le yacht, dommage qu’elle ne soit pas là avec lui, il enverra des photos au cours de la traversée. La nuit est calme, la mer aussi, alors toute la troupe passe les quelques heures restantes à se reposer tranquillement
L’équipe du capitaine Vianet a sollicité de nombreux contacts pour chercher les filles disparues, toujours rien alors ils ont eu l’idée de passer une annonce dans les médias pour essayer de toucher plus de monde. L’annonce précise qu’il faut donner toutes les informations susceptibles de trouver dix jeunes filles disparues de leurs domiciles. Dans les quarante-huit heures qui ont suivi, plusieurs personnes se sont manifestées dont une jeune femme d’une agence immobilière qui a noté quelque chose de louche pour une location à l’écart des routes et des habitations. Les deux OPJ, Vianet et Clauzon, vont la voir et après avoir discuté avec elle ils sont conviés à la suivre sur le lieu de la location. Ils conviennent qu’effectivement le lieu est désert et pourrait servir à séquestrer plusieurs personnes. Mais le bâtiment est fermé et la porte est épaisse et lourde, il faut une clé pour l’ouvrir. La jeune femme a donné les clés au monsieur qui a loué le hangar et n’en possède pas d’autres. Il leur faut une commission rogatoire signée par un juge d’instruction. Bruno Clauzon appelle le juge de permanence et après accord il cherche sur son smartphone un serrurier et l’appelle pour qu’il vienne ouvrir une porte d’entrepôt à Villepinte, il lui donne les coordonnées et dit qu’il l’attend sur place. Vingt minutes après, le monsieur arrive et, une fois assuré qu’ils sont bien policiers, sort son trousseau de clés et s’affaire sur la serrure. En un rien de temps, l’affaire est résolue et le vantail s’ouvre comme une huître. Il rédige une facture qu’il donne au capitaine Clauzon et repart satisfait du devoir accompli. Les deux policiers pénètrent avec précaution à l’intérieur, ils trouvent des pièces aménagées en lieux de vie, pour un entrepôt cela paraît bizarre et ils découvrent la cuisine avec ses cinq chaises, le dortoir et ses dix couchages, un lieu avec cinq lits et une salle de bain avec des douches et des toilettes.
Il fait couler de l’eau chaude et constate qu’elle est brûlante, ils ne sont pas partis depuis longtemps, dommage, il y a aussi deux télévisions et de la nourriture en quantité. À la tête des dix lits, ils observent les pitons encrés dans le mur, certainement pour y fixer des chaînes
— Putain, on a trouvé l’endroit où elles étaient retenues mais on arrive trop tard, ils ont filé, mais où ça ? Comment ont-ils fait pour disparaître à nouveau, où sont-ils allés ? Dix lits plus cinq autres, ça fait quinze personnes recherchées, ça ne doit pas passer inaperçu tout de même, alors il faut se bouger le cul. appelle la scientifique pour qu’ils passent le hangar au crible, il doit y avoir des tonnes d’indices, ça nous servira pour retrouver les kidnappeurs. Le capitaine Vianet a pris les choses en main et organise le travail sur place, il renvoie la jeune femme en la remerciant chaleureusement, donne les directives à son copain et lui-même téléphone à son patron pour lui annoncer la bonne nouvelle qu’ils attendaient depuis des mois, ça y est, on tient enfin des preuves du passage des filles et de leurs geôliers. Venez voir ce bâtiment, ils avaient tout aménagé en lieu de vie et de sport aussi, il y a des haltères, des poids à fixer aux poignets et aux chevilles, visiblement ils les ont entraînées mais pourquoi, ça on ne
— D’accord, je vous attends sur place, on a contacté l’équipe scientifique, ils sont en route.
— OK, à tout de suite.
Nana est levée tôt pour ne rien perdre de l’arrivée du soleil sur le plat bord bâbord. Le spectacle est surréaliste, il y a un tel décalage avec le soleil de la Région Parisienne, ici il se réverbère sur l’eau et cela irise la mer. C’est grandiose, telle est son expression lorsque monsieur l’a rejoint sur le gaillard d’avant, il admire lui aussi le panorama qu’il trouve à son tour superbe. Être réchauffée par les rayons de l’astre solaire dès le réveil est tellement nouveau pour elle qu’elle décide de rester encore un long moment sur le pont, avant de rentrer prendre son petit déjeuner. Yves vient leur dire bonjour et part avec la camionnette pour la rendre à Marseille. Après son départ, ils contemplent silencieusement la beauté d’un matin sur la mer, au loin on devine quelques embarcations mouillées à quelques encablures de la plage. Puis ils finissent par réintégrer l’intérieur afin de casser la croûte ; ils font le tour du buffet disposé sur la table centrale et se servent copieusement, tout a l’air très bon.
— Décidément, cette escapade maritime démarre sous de bons auspices, laissons-nous aller à prendre du bon temps tout au long de la croisière de rêve qui nous est offerte.
Monsieur est enthousiasmé par tant de richesses étalées à la vue des invités, c’est un yacht de luxe qui doit coûter très cher ; bientôt, il aura des millions mais ça ne suffira pas pour acquérir un tel joyau, il se contentera de son domaine en Australie avec les diverses activités offertes aux touristes. Après la collation, il demande à Nana de venir avec lui inspecter les cabines occupées par les prisonnières, il faut surveiller qu’elles soient en forme et bien installées pour que le voyage ne soit pas néfaste à ses captives, elles doivent rester au top, à leur plus haut niveau. À deux, ils font le tour des otages, discutent un moment avec elles et leur précisent que pendant la traversée elles auront le droit de venir sur le pont prendre le soleil pendant une à deux heures par jour, à tour de rôle. Ils constatent qu’elles sont bien installées et ne manquent de rien, l’équipage fait le maximum pour approvisionner les détenues en boissons et vivre. À heure régulière, l’équipe passe pour leur permettre de se laver et se soulager, comme elles mangent bien, ça nécessite de nombreuses visites. Dix heures vingt-cinq, Yves revient à bord et tend les papiers du contrat à son patron, tout s’est bien passé, il a trouvé facilement l’agence et cela n’a pris que vingt minutes en tout, le plus long a été le contrôle du véhicule pour l’état des lieux. En revanche, il y a du monde dans les rues Marseillaises, comme à Paris, c’est le souk le plus complet pour se diriger, si tu ne connais pas ton itinéraire, tu ne t’en sors pas. Heureusement, il avait le GPS, ça lui a facilité le trajet.
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