
Les clochettes
Chapitre 2
Lola est tombée malade. J'ai pris un jour de congé pour l'emmener à l'hôpital.
En commandant le taxi, j'ai donné machinalement une adresse... Ce n'était qu'en descendant que j'ai réalisé : c'était l'hôpital du groupe de Cédric.
Ma fille serrait les dents pendant la prise de sang, son petit visage crispé de douleur. J'ai caressé tendrement ses cheveux pour la réconforter.
Soudain, une agitation dans le couloir. J'ai levé les yeux et ai reconnu immédiatement cette silhouette. Cédric.
Je me suis souvenue alors : après l'accident de Mireille, Blandine, sa mère, avait insisté pour qu'elle se repose à l'hôpital. Elle devait donc être hospitalisée ici même.
Cédric nous a aperçues, ses yeux s'écarquillant : « Qu'est-ce qui ne va pas chez Lola ? Tu ne m'as rien dit ! »
À ces mots, un rire froid m'a échappé. J'ai sorti mon téléphone, ouvrant notre conversation : mon message envoyé trois heures plus tôt s'affichait clairement à l'écran.
Il a rougi, a bredouillé quelques excuses, puis a détourné habilement la conversation : « À propos... Ma mère veut te voir à l'étage. »
J'ai pris alors Lola dans mes bras et l'ai suivi.
La chambre de Mireille se trouvait au dernier niveau, la suite VIP réservée à la famille Morel.
En entrant, je l'ai vue, son ventre imposant la faisant peine à se lever. Cédric s'est précipité pour la soutenir, son regard empreint d'une tendresse que je lui connaissais trop bien.
Quant à Blandine, ses yeux m'ont transpercée avec ce mépris dont elle avait le secret.
Cette vieille femme ne m'avait jamais acceptée. Notre conflit venait de nos divergences sur le mariage. Même lorsque j'expliquais que le Pacte civil était notre choix mutuel, elle persistait à me voir comme une femme irresponsable et de mœurs légères.
Blandine a tourné son regard vers Mireille, son expression se métamorphosant instantanément en une bienveillance exagérée, sa bouche s'étirant jusqu'aux oreilles :
« Ma chérie, ce traumatisme que tu as subi... Heureusement, le bébé et toi allez bien. Il est temps de régler cette situation une fois pour toutes. »
D'une tape sur l'épaule de son fils, elle m'a jeté un regard chargé de dégoût : « Une traînée comme elle ne peut pondre que des bâtards. Elles saliraient notre nom. Officiellement, l'enfant de Mireille sera le tien. »
Les sourcils froncés, Cédric a répliqué : « Maman, c'est excessif. Aude mérite tout de même... »
J'ai pris une profonde inspiration, serrant Lola contre moi tout en m'avançant vers Cédric : « Viens, ma chérie. Désormais, tu l'appelleras 'oncle', pas 'papa'. »
Pivotant vers Blandine, j'ai ajouté d'une voix douce : « Comme vous le souhaitez. »
La stupéfaction s'est peinte sur le visage de Cédric.
Lola, confuse, s'est mise à pleurnicher faiblement.
J'ai détourné les yeux de Cédric pour tapoter affectueusement la joue de ma fille, essayant de la distraire.
Soudain, Mireille m'a interpellée, son timbre chargé d'une fausse fragilité : « Aude, tu dois comprendre... J'étais si terrifiée. J'ai failli perdre le bébé... »
Esquissant une larme théâtrale, elle a poursuivi : « Cédric m'a dit que ton bracelet porte bonheur... qu'il protège les grossesses. Celui que tu portais quand Lola est née... »
Son regard s'est fixé sans ambiguïté sur mon poignet. Mais ce bracelet... Cédric me l'avait offert pour notre troisième anniversaire...
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