
Les Cendres de l'amour, le Regret d'Archer
Chapitre 2
Amélie Bertrand est arrivée, l'air d'une fleur fragile sur le point de se faner. Elle portait une robe simple et pâle et serrait un petit sac à main comme si c'était une bouée de sauvetage. Ses yeux étaient grands et larmoyants quand elle a vu Faustine.
« Faustine », a-t-elle murmuré, sa voix à peine audible. « Je suis si heureuse pour toi et Adrien. »
« Vraiment ? » a répondu Faustine, la voix sèche. « Je ne savais pas que nous t'avions invitée. »
Adrien s'est immédiatement avancé, passant un bras protecteur autour des épaules d'Amélie. « Faustine, sois gentille. Amélie est notre invitée. »
Amélie s'est blottie contre lui. « Ce n'est pas grave, Adrien. Je sais que Faustine ne m'a jamais aimée. Je n'aurais pas dû venir. »
« N'importe quoi », a dit Adrien, son ton se durcissant en regardant Faustine. « C'est l'anniversaire d'Amélie la semaine prochaine. Je veux lui organiser une fête ici, pour la présenter correctement à nos amis. »
Il utilisait leur maison pour mettre en avant sa véritable amoureuse, juste devant sa fiancée. L'audace était à couper le souffle.
« Nous avons tous grandi ensemble », a poursuivi Adrien, avec une fausse gaieté dans la voix. « Nous sommes une famille. »
« Oui, une famille », a répété doucement Amélie, puis elle a fait un pas vers Faustine. « Faustine, je sais que nous avons eu nos différends. J'espérais... j'espérais que tu pourrais me pardonner. »
Avant que Faustine ne puisse répondre, Amélie a fait quelque chose d'extraordinaire. Elle s'est laissée tomber à genoux.
« S'il te plaît, Faustine. Pardonne-moi. Je veux juste que nous soyons tous heureux. »
C'était une performance digne d'un prix. La pauvre fille victimisée, suppliant le pardon de la cruelle héritière. Faustine a senti une vague de colère brûlante.
Amélie a levé les yeux, noyés de larmes, et a jeté un coup d'œil à Adrien. C'était un appel silencieux pour qu'il la sauve.
Adrien s'est précipité et a relevé Amélie. « Amélie, qu'est-ce que tu fais ? Tu n'as pas à faire ça. »
Il l'a tenue près de lui, lui caressant les cheveux alors qu'elle sanglotait contre sa poitrine. Puis il a tourné son regard furieux vers Faustine.
« Regarde ce que tu as fait », a-t-il sifflé. « Ne peux-tu pas montrer une once de compassion ? Sa famille a tout perdu à cause de la tienne. Son père a perdu son travail, et ils luttent depuis des années. »
Faustine le regarda, déconcertée. « De quoi parles-tu ? Son père a pris sa retraite avec une pension complète. Mon père lui a donné une prime généreuse. »
« Ne mens pas, Faustine ! » La voix d'Adrien était tranchante. « Amélie m'a tout raconté. »
« Et tu la crois ? » La voix de Faustine s'est brisée. « Tu la crois elle plutôt que moi ? Plutôt que ma famille, qui t'a recueilli ? »
« Arrête ! » a crié Adrien. « Arrête d'être si cruelle ! »
L'esprit de Faustine vacillait. C'était l'anniversaire de la mort de sa mère la semaine prochaine. L'anniversaire de sa mort dans un incendie sur leur domaine. Un incendie qui avait consumé la personne la plus importante de sa vie.
Et il voulait organiser une fête pour Amélie.
« Dehors », a dit Faustine, sa voix basse et tremblante de rage. « Tous les deux, sortez de ma maison. »
Adrien la regarda comme si elle était un monstre. « Faustine, je ne sais pas ce qui te prend. »
Il a essayé de prendre sa main, mais elle l'a arrachée. Il essayait de l'apaiser, de maintenir son complot de vengeance sur les rails.
« Calmons-nous tous », a-t-il suggéré, sa voix s'adoucissant dans ce faux ton doux qu'elle méprisait maintenant. « Pourquoi ne pas nous asseoir et en discuter ? »
« Je pars », a gémi Amélie, l'interrompant. Elle s'est éloignée d'Adrien, son visage un masque de tragédie. « Je ne fais que causer des problèmes. »
Elle s'est retournée et a couru hors de la pièce, ses sanglots résonnant dans le couloir.
Sans une seconde d'hésitation, Adrien a couru après elle. « Amélie, attends ! »
Faustine est restée seule dans le grand salon, le silence résonnant à ses oreilles. Il avait toujours fait ça. Il avait toujours couru pour la protéger.
Elle s'est souvenue de leur adolescence. Un groupe de garçons d'une école rivale l'avait coincée, se moquant de la richesse de sa famille. Adrien, qui était encore maigre et petit pour son âge, s'était jeté sur eux sans réfléchir.
Il avait été son ombre à l'époque, son protecteur. Il se battait pour elle, encaissant des coups qui lui étaient destinés sans jamais se plaindre. Il se tenait devant elle, son petit corps un bouclier, et fusillait du regard quiconque osait la regarder de travers.
Il avait eu un œil au beurre noir et une lèvre fendue ce jour-là. Il avait passé tout le combat à s'assurer qu'elle n'était pas touchée.
Quand ce fut fini, il s'était tourné vers elle, du sang coulant de sa bouche, et ses premiers mots avaient été : « Tu vas bien, Faustine ? »
Elle avait pris son visage dans ses mains, le cœur lui faisant mal pour lui. Il était son garçon féroce et loyal.
Quand avait-il changé ? Quand sa loyauté avait-elle si complètement basculé vers Amélie ?
Faustine a laissé échapper un rire amer. Peu importait quand. C'était arrivé. Le garçon qui aurait pris un coup pour elle était maintenant l'homme qui resterait là à la regarder brûler.
La fête pour Amélie était une affaire grandiose. Adrien n'avait reculé devant aucune dépense. Il avait transformé la salle de bal en un pays des merveilles de fleurs et de lumières scintillantes, tout ça pour présenter la fille du régisseur à la haute société parisienne.
Amélie se tenait en haut des escaliers dans une robe sur mesure, une vision de beauté sage. Elle a souri timidement alors qu'Adrien prenait sa main.
« Est-ce que je suis bien, Adrien ? » a-t-elle demandé, sa voix douce et pleine d'une fausse insécurité.
C'était une performance, et tout le monde y croyait.
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