Couverture du roman Les Cendres de l'amour, le Regret d'Archer

Les Cendres de l'amour, le Regret d'Archer

8.8 / 10.0
Faustine de Valois a aimé Adrien Chevalier pendant dix ans, depuis que son père l'a sauvé de la rue. Mais leur demande en mariage cache une vérité atroce : Adrien cherche à anéantir sa famille par vengeance. Manipulé par Amélie Bertrand, la responsable du meurtre de sa mère, il multiplie les humiliations et les violences envers Faustine. Face à cette trahison et à la haine aveugle de celui qu'elle chérissait, Faustine décide de disparaître pour toujours.

Les Cendres de l'amour, le Regret d'Archer Chapitre 1

Faustine de Valois aimait Adrien Chevalier depuis dix ans. Depuis le jour où son père avait ramené à la maison ce garçon maigre et silencieux, tout droit sorti de la rue. Il était devenu son frère de nom, mais dans son cœur, il avait toujours été bien plus.

Puis, le soir où il l'a demandée en mariage, elle a surpris sa conversation glaçante avec Amélie Bertrand : leurs fiançailles n'étaient que la première étape de sa vengeance calculée pour anéantir sa famille.

Chaque baiser, chaque mot tendre depuis, n'était qu'un mensonge. Il l'a traitée de malade, de monstre, et a envoyé ses hommes la battre, pendant qu'elle endurait tout, sachant qu'elle n'était qu'un pion dans son jeu cruel. Il a même donné le dernier souvenir de sa mère assassinée à Amélie, celle-là même qui avait orchestré l'incendie qui l'avait tuée.

Elle ne pouvait pas comprendre une telle trahison de la part du garçon qu'elle avait aimé, celui qui avait juré de la protéger. Pourquoi croyait-il les mensonges d'Amélie plutôt qu'elle, plutôt que la famille qui l'avait recueilli ?

Le cœur réduit en cendres, Faustine de Valois a fait un choix : elle allait effacer son identité, disparaître complètement, et laisser Adrien faire face aux conséquences de sa propre haine aveugle.

Chapitre 1

Faustine de Valois aimait Adrien Chevalier depuis dix ans. Tout a commencé le jour où son père a ramené à la maison ce garçon maigre et silencieux, tout droit sorti de la rue, les yeux pleins d'une noirceur qu'elle, héritière parisienne, n'avait jamais vue. Les de Valois l'ont adopté, et il est devenu son frère de nom, mais dans son cœur, il a toujours été bien plus.

Pendant des années, il n'était qu'Adrien, le garçon discret qui la suivait partout, celui qu'elle protégeait et commandait à la fois. Puis, tout a basculé.

Un avocat venu de nulle part s'est présenté un jour. Adrien Chevalier, l'adolescent sans-abri, était en réalité Adrien Sterling, l'héritier perdu d'un gigantesque empire technologique. La nouvelle a été un choc, mais pour Faustine, elle n'a fait que rendre une chose plus claire.

Ses sentiments pour lui n'étaient plus un simple béguin d'adolescente. C'était réel.

Après avoir réglé ses affaires de famille, il est revenu à Paris. Il n'est pas revenu en tant que le garçon silencieux qu'elle connaissait. Il est revenu en homme d'un pouvoir et d'une richesse immenses, un homme qui pouvait avoir tout ce qu'il voulait.

Et il a dit qu'il la voulait, elle.

Il l'a demandée en mariage sous les étoiles, sur la terrasse du toit de leur hôtel particulier, les lumières de la ville scintillant à leurs pieds comme un tapis de diamants. Il tenait une bague qui brillait si fort qu'elle lui faisait mal aux yeux.

« Faustine », a-t-il dit, sa voix basse et sérieuse, « épouse-moi. »

Le cœur de Faustine battait à tout rompre. C'était tout ce dont elle avait toujours rêvé. Depuis dix ans, elle l'aimait, et maintenant, il lui demandait d'être sa femme. Elle a ressenti une joie si pure et si écrasante qu'elle en a eu les larmes aux yeux.

« Oui », a-t-elle murmuré, la voix tremblante. « Oui, Adrien. Bien sûr que oui. »

Il a glissé la bague à son doigt et l'a attirée dans un baiser profond. Un instant, le monde était parfait. Elle allait épouser l'homme qu'elle aimait. Leur vie ensemble commençait enfin.

Plus tard cette nuit-là, incapable de dormir à cause de l'excitation, elle est allée à la cuisine pour un verre d'eau. Elle était sur le point d'allumer la lumière quand elle a entendu la voix d'Adrien depuis le bureau attenant. Il était au téléphone.

Elle s'est figée, un sourire heureux encore sur le visage, prête à entrer pour le surprendre. Mais ses mots suivants l'ont glacée sur place.

« Ne t'inquiète pas, Amélie. Les fiançailles ne sont que la première étape. »

Sa voix était différente. Froide. Dépouillée de la chaleur qu'il lui avait montrée quelques heures plus tôt. C'était une voix qu'elle ne lui avait jamais entendue.

« Je ne supporte pas de la voir », a-t-il dit, et Faustine a senti l'air lui manquer. « Chaque fois qu'elle me regarde avec ces yeux pleins d'adoration, ça me rend malade. »

Il parlait d'elle.

« Elle et toute sa famille paieront pour ce qu'ils t'ont fait. Je ferai de Faustine de Valois la risée de tout Paris, puis je détruirai tout ce que les de Valois possèdent. Ce mariage est mon moyen d'y parvenir. C'est pour toi, Amélie. Tout est pour toi. »

Le verre d'eau qu'elle n'avait pas encore versé lui parut lourd dans la main, bien qu'il fût vide. Sa bague de fiançailles, autrefois symbole de ses rêves les plus fous, ressemblait maintenant à une chaîne. Le bel avenir qu'elle avait imaginé quelques instants plus tôt s'est effondré en poussière.

Elle a reculé silencieusement de la porte, le corps engourdi. Elle est allée dans sa chambre et a appelé son avocat.

« Je dois annuler mon identité », a-t-elle dit, sa voix plate et sans émotion.

« Mademoiselle de Valois, c'est un processus complexe. Cela pourrait prendre jusqu'à une semaine. »

Une semaine. Faustine a ri, un son sec et sans joie. Une semaine pour effacer toute une vie. Une semaine pour endurer sa fausse affection, sa romance mise en scène, sa vengeance cruelle et calculée.

Elle a raccroché et est retournée dans le salon. Adrien était là, fredonnant un air en lui préparant une tisane à la camomille, comme il le faisait quand ils étaient plus jeunes et qu'elle n'arrivait pas à dormir. Il lui a souri, l'image parfaite d'un fiancé aimant.

Les de Valois avaient adopté Adrien quand il avait quinze ans. C'était un gamin décharné et rebelle qui était passé par le système d'accueil et ne faisait confiance à personne. Faustine, habituée à obtenir ce qu'elle voulait, l'avait déclaré son projet personnel.

« Tu es mon petit frère maintenant », avait-elle annoncé en lui attrapant le bras. « Ça veut dire que tu dois m'écouter. »

Il avait essayé de se défaire de son emprise. « Je ne suis rien à toi. »

Elle avait simplement resserré sa prise, la mâchoire obstinée. « Faux. Tu vis ici maintenant. Tu es à moi. »

À cette époque, elle était une petite peste. Elle lui pinçait fort le bras s'il ne répondait pas quand elle l'appelait.

Il détestait ça. « Ne me touche pas », sifflait-il en repoussant sa main.

Elle se contentait de sourire narquoisement. « Je te toucherai autant que je veux. Tu es mon frère. »

Mais maintenant, des années plus tard, c'était lui qui tendait la main vers elle. Il s'est approché d'elle par-derrière et a enroulé ses bras autour de sa taille, posant son menton sur son épaule.

« Tu n'arrivais pas à dormir ? » a-t-il murmuré à son oreille.

Faustine a tressailli, tout son corps se raidissant à son contact. L'étreinte qui l'aurait ravie la veille lui semblait aujourd'hui une cage. Elle s'est dégagée de lui.

« Je vais bien », a-t-elle dit, la voix tendue. « J'ai juste soif. »

Il n'a pas semblé remarquer sa froideur. « Je t'ai fait du thé. Ton préféré. »

Il lui a tendu la tasse fumante. Elle l'a regardée, puis a regardé son visage. Le visage de l'homme qui l'aimait. Le visage de l'homme qui la haïssait.

Tout Paris pensait que leur histoire était un conte de fées. L'héritière et l'orphelin, des frères et sœurs non biologiques devenus amants. Une romance moderne pour les annales. Ils n'avaient aucune idée que c'était une tragédie.

Elle s'est souvenue à nouveau de la demande en mariage. Le tour en hélicoptère au-dessus de la ville scintillante, le toit couvert de milliers de roses blanches, la façon dont il s'était agenouillé devant elle. Il l'avait regardée avec une telle intensité, un tel feu dans les yeux.

« Faustine », avait-il murmuré, la voix chargée d'émotion, « je t'aime depuis si longtemps. »

Il l'avait embrassée alors, un baiser si passionné qu'il l'avait laissée sans souffle. Cela semblait si réel.

Elle avait été complètement dupée.

Cette nuit-là, elle s'est réveillée à nouveau, une terreur glaciale l'envahissant. Elle est sortie de son lit et s'est de nouveau tenue près de la porte du bureau. Sa voix s'est de nouveau échappée, cette fois mêlée d'un venin qui lui a retourné l'estomac.

« Oui, Amélie, je te le promets. Bientôt. Une fois que j'aurai tout, je la jetterai comme une ordure. Tu es la seule que j'aie jamais aimée. »

Elle n'avait pas besoin d'en entendre plus. Elle est retournée furtivement dans sa chambre et a pris son téléphone. L'e-mail de confirmation de son avocat était là. Le processus pour effacer Faustine de Valois avait commencé.

Son cœur, qui avait brûlé si vivement d'amour pour lui, n'était plus qu'un tas de cendres froides. Tout était un mensonge. Son amour, sa demande en mariage, leur avenir.

Il ne l'aimait pas. Il aimait Amélie Bertrand, la fille de leur ancien régisseur.

Et il n'était avec Faustine que pour la ruiner. Pour se venger de quelque chose qu'elle ne pouvait même pas comprendre.

Elle a regardé son reflet dans la fenêtre sombre. Sa famille, son nom, son héritage. Il voulait tout détruire. Elle ne le laisserait pas faire. Si le prix à payer pour protéger sa famille était son propre cœur, sa propre existence, alors soit.

Elle jouerait son jeu pendant encore une semaine.

Le lendemain matin, il l'a trouvée regardant par la fenêtre. « Qu'est-ce qui ne va pas, Faustine ? Tu sembles distante. »

Sa voix était remplie d'une fausse inquiétude.

Elle s'est tournée vers lui, forçant un petit sourire. « Je réfléchissais. Quand as-tu réalisé que tu m'aimais, Adrien ? »

Il lui a souri en retour, un sourire parfait et étudié. « Au moment où je t'ai revue après toutes ces années. Ça m'a frappé comme une tonne de briques. J'ai su que je ne pouvais pas vivre sans toi. »

Le mensonge était si lisse, si facile. Ça la rendait malade.

Elle a hoché lentement la tête. « Je vois. »

« Je fais venir Amélie plus tard », a-t-il dit nonchalamment. « Elle est si excitée pour le mariage. J'ai pensé qu'elle pourrait t'aider avec une partie de l'organisation. »

Le sourire de Faustine n'a pas vacillé, mais à l'intérieur, elle a senti une partie d'elle mourir. La dernière semaine avait commencé.

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