
Les Cendres de l'amour, le Regret d'Archer
Chapitre 3
Les yeux d'Adrien s'adoucirent en regardant Amélie. C'était un regard d'une tendresse authentique, un regard qu'il n'avait jamais accordé à Faustine, pas même lorsqu'il l'avait demandée en mariage.
« Tu es magnifique, Amélie », dit-il, sa voix une caresse grave. « Plus belle que n'importe qui ici. »
Faustine sentit une douleur aiguë dans sa poitrine, mais elle la repoussa, la remplaçant par une fureur glaciale. Elle s'avança vers eux, ses talons claquant bruyamment sur le sol en marbre.
« Tiens, tiens », dit-elle, sa voix dégoulinant de sarcasme. « Si ce n'est pas l'invitée d'honneur. Tu es bien mise, Amélie. Pour une fille de domestique. »
Les mots étaient cruels, et elle le savait. Mais la vue d'eux deux ensemble, ressemblant tant au couple parfait, avait fait voler en éclats son sang-froid.
Le visage d'Adrien se durcit, ses yeux se transformant en glace. Il regarda Faustine avec un dégoût pur. « Excuse-toi auprès d'elle. Maintenant. »
Amélie tira sur son bras, les yeux se remplissant de larmes. « Ce n'est rien, Adrien. Faustine est juste contrariée. Je comprends. »
Elle se tourna vers Faustine, une image d'innocence blessée. « On était amies avant, Faustine. Tu te souviens quand on était petites ? On partageait tout. »
« Oh, je me souviens », dit Faustine, sa voix dangereusement basse. « Je me souviens que tu voulais toujours ce qui était à moi. Tu avais même un surnom pour Adrien, n'est-ce pas ? 'Adri'. »
L'utilisation du surnom enfantin était une pique délibérée. C'était un nom que seule Amélie utilisait, un symbole de leur histoire secrète et partagée.
Faustine vit une lueur de triomphe dans les yeux d'Amélie avant qu'ils ne se remplissent à nouveau de larmes.
« C'est toi qui m'as offert cette robe, Adri », dit Amélie en s'adressant à lui, touchant doucement le tissu de sa robe. « C'est ma couleur préférée. »
Le sang de Faustine se glaça. Elle reconnut le modèle. C'était l'un des siens, un croquis de son portfolio privé. Un modèle qu'elle n'avait montré qu'à Adrien.
Elle se souvint d'Amélie essayant de voler ses croquis de design à l'université, prétendant qu'ils étaient les siens. Faustine avait été furieuse.
« Tu es une voleuse, Amélie », dit Faustine, sa voix tremblant de rage. « Ce modèle est à moi. Tu l'as volé, comme tu le fais toujours. »
Amélie haleta et recula, s'effondrant en un tas sur le sol comme si Faustine l'avait frappée. « Faustine, non ! Pourquoi dis-tu ça ? »
Elle rampa vers Adrien, attrapant le bas de son pantalon. « Adri, aide-moi. Elle me fait peur. »
Adrien s'agenouilla, son visage un masque de fureur dirigé contre Faustine. Il aida Amélie à se relever, son contact doux. « C'est bon. Je suis là. »
Il regarda Faustine, et ses yeux étaient pleins d'une haine si profonde que cela ressemblait à un coup physique. « Tu es incroyable. Tu ne supportes pas de voir quelqu'un d'autre heureux, n'est-ce pas ? »
Faustine sentit son cœur se briser en un million de morceaux. Il ne la croyait pas. Il ne la croirait jamais.
Plus tard dans la soirée, elle s'approcha de lui, tenant une petite boîte en velours. C'était une offrande de paix, un dernier effort désespéré. À l'intérieur se trouvaient une paire de boutons de manchette anciens en diamant qu'elle avait achetés pour lui.
« Adrien », dit-elle doucement. « Je suis désolée pour mon comportement tout à l'heure. »
Il prit la boîte sans la regarder. Il l'ouvrit, jeta un coup d'œil aux boutons de manchette, puis se dirigea vers Amélie.
« Tiens », dit-il en lui tendant la boîte. « Un petit quelque chose pour ton père. »
Il avait donné son cadeau, un cadeau destiné à lui, à la famille de la femme qu'il aimait vraiment. C'était un rejet si total, si complet, qu'elle pouvait à peine respirer.
« Ne t'inquiète pas, Amélie », dit-il en se retournant vers elle avec un sourire. « Je t'obtiendrai cet atelier de design que tu as toujours voulu. Tout ce que tu désires. »
Faustine les regarda, une vague de nausée la submergeant. Elle se tourna pour partir, ne voulant qu'échapper à leur étalage suffocant d'affection.
Soudain, il y eut un grand fracas. Une immense sculpture de glace décorative au centre de la pièce était devenue instable et basculait. Elle se dirigeait droit vers l'endroit où se tenaient Amélie et Faustine.
En une fraction de seconde, Adrien bougea. Il se jeta devant Amélie, la protégeant de son corps alors que le bloc de glace massif se brisait autour d'eux.
Il ne regarda même pas Faustine.
Un grand éclat de glace vola dans les airs, frappant durement Faustine sur le côté. La force de l'impact la fit tomber. Elle cria de douleur en heurtant le sol.
Sa vision se brouilla. La dernière chose qu'elle vit avant de perdre connaissance fut Adrien tenant une Amélie terrifiée, lui murmurant des mots de réconfort dans les cheveux, complètement inconscient du fait que sa fiancée saignait sur le sol à quelques mètres de là.
Elle se réveilla dans une chambre d'hôpital blanche et stérile. La première chose qu'elle vit fut Amélie, assise près de son lit, s'épongeant les yeux avec un mouchoir en dentelle.
« Oh, Faustine, tu es réveillée », s'écria Amélie, sa voix pleine d'une fausse inquiétude. « Je suis tellement, tellement désolée. Tout est de ma faute. »
Faustine se contenta de la fixer.
« Si ce n'était pas pour moi, tu n'aurais pas été blessée », continua Amélie, sa performance impeccable.
« Tu as raison », dit Faustine, sa voix rauque. « C'est de ta faute. Tu es une malédiction. Tout ce qui m'est arrivé de mal, c'est à cause de toi. »
Amélie recula, les yeux écarquillés de choc. « Faustine ! Comment peux-tu dire ça ? »
Adrien entra à ce moment-là, son visage un masque orageux. « Comment peux-tu être si cruelle ? Elle est restée à ton chevet toute la nuit, morte d'inquiétude pour toi, et c'est comme ça que tu la traites ? »
« C'est une actrice, Adrien », dit Faustine, regardant au-delà de lui, par la fenêtre. « Et tu es son fan le plus dévoué. »
Il ignora ses paroles. « Tu as toujours été comme ça. Gâtée, égoïste et cruelle. »
Faustine tourna lentement la tête pour le regarder. « Tu as juré un jour que tu me protégerais, Adrien. Tu t'en souviens ? »
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