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Couverture du roman L'épouse rejetée est milliardaire

L'épouse rejetée est milliardaire

Après trois ans de mariage, la vie de l'héroïne bascule quand un test ADN erroné la désigne comme une imposture. Rejetée par les Sylvestre et abandonnée sans pitié par son mari Joseph, elle finit à la rue sous la pluie. Sauvée par sa vraie famille, l'empire des Épines, elle devient six ans plus tard une neurochirurgienne renommée. Le destin frappe quand le fils de Joseph la supplie de sauver son père. Elle seule détient désormais la vie de l'homme qui l'avait brisée.
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Chapitre 1

Le document que Giselle tenait entre ses mains n'était pas un simple document ; c'était l'arrêt de mort de la vie qu'elle avait patiemment construite. Les résultats du test ADN pesaient lourd, le papier, épais et coûteux, se moquant des mains tremblantes et sans valeur qui le tenaient. Dehors, la tempête s'abattait sur les baies vitrées du manoir Villarreal, le tonnerre faisant vibrer le verre à un rythme qui épousait les battements effrénés de son cœur.

Incompatibilité totale.

Le test avait été exigé par la famille Woods dès l'instant où Clydie avait refait surface, confirmation finale et brutale destinée à rompre les liens que Giselle avait si désespérément tenté de nouer. Le texte en rouge au bas de la page se brouilla tandis que les yeux de Giselle s'emplissaient de larmes qu'elle refusait de verser. Elle se tenait au centre du bureau aux murs lambrissés d'acajou, se sentant petite. Insignifiante.

Les lourdes portes en chêne s'ouvrirent brusquement derrière elle. Le cliquetis sec des talons aiguilles sur le marbre résonna avant même que la femme n'entre. Buna Villarreal. Sa belle-mère.

Elle ne marchait pas ; elle paradait. Une phalange d'avocats la suivait, tels des charognards attendant une carcasse. Elle jeta un dossier sur le bureau. Il atterrit avec un bruit sourd qui fit sursauter Giselle.

« Tu es une sacrée comédienne, Giselle », cracha Buna, la voix suintant une satisfaction venimeuse. « Une fausse héritière. Une imposture. La famille Woods a déjà publié un communiqué. Ils t'ont reniée. Tu n'es rien. Tu n'es personne. »

« Je ne savais pas », murmura Giselle. Elle avait l'impression d'avoir la gorge remplie de coton. « Buna, s'il vous plaît, je ne savais pas. »

« N'ose plus jamais m'appeler comme ça », lança-t-elle sèchement. « Tu as humilié cette famille pour la dernière fois. Tu es un rebut, Giselle. Un parasite dont nous nous débarrassons enfin. »

L'un des avocats s'avança, le visage impassible, professionnel. Il décapuchonna un stylo-plume et le lui tendit. La plume en or scintillait sous la lumière du lustre. Il désigna la ligne en pointillés sur les papiers du divorce étalés sur le bureau.

Giselle ne prit pas le stylo. Ses yeux étaient rivés sur l'embrasure de la porte. Elle attendait. Elle priait.

Joseph.

Il devait venir. Il devait l'écouter. Trois ans. Ils étaient mariés depuis trois ans. Il y avait eu des moments – de petits moments de quiétude – où elle avait cru qu'il la voyait, elle. Pas la fusion, pas le contrat, mais elle.

L'atmosphère de la pièce changea. Elle devint plus froide, plus tranchante.

Joseph Villarreal entra.

Il portait un costume noir sur mesure qui épousait parfaitement ses larges épaules. Il paraissait immaculé, que le chaos de la tempête au-dehors ou la destruction de la vie de Giselle à l'intérieur ne semblait pas atteindre. Il ne regarda pas sa mère. Il ne regarda pas les avocats.

Ses yeux sombres se posèrent sur Giselle.

Elle y chercha de la colère. De la tristesse. N'importe quoi. Mais il n'y avait rien. C'était comme regarder dans le vide. Il la regarda avec la même indifférence qu'il aurait montrée à un graphique boursier fluctuant.

Giselle fit un pas vers lui, tendant instinctivement la main. « Joseph… »

Il fit un pas de côté pour l'éviter. Avec aisance. Sans effort. Comme si elle était contagieuse.

Il contourna l'imposant bureau et s'assit dans son fauteuil en cuir. Il prit un coupe-cigare, dont le claquement métallique retentit dans le silence. Il alluma le cigare, tira une bouffée et expira un panache de fumée grise qui s'éleva entre eux tel un mur.

« Signe », dit-il.

Sa voix était grave, de baryton, et totalement dénuée d'émotion.

La poitrine de Giselle se serra. Respirer était physiquement douloureux. « C'est tout ? » demanda-t-elle, la voix tremblante. « Trois ans, Joseph. Est-ce que ça ne signifie rien pour toi ? »

Il tapota la cendre dans un cendrier en cristal. Il ne leva même pas les yeux. « Ce mariage était une transaction commerciale, Giselle. Et l'actif que j'ai acquis s'est avéré frauduleux. La famille Woods a menti. Tu n'es pas celle que tu prétendais être. »

« Je n'ai pas menti ! » s'écria-t-elle. « Je suis la même personne qui te préparait ton café tous les matins. Je suis la même personne qui… »

« Tu es un passif », l'interrompit Buna, avec un sourire cruel. « Et Joseph mérite mieux. Il mérite Clydie. La vraie fille. Celle qui a le pedigree. »

Clydie. Ce nom était un couteau qui se tordait dans les entrailles de Giselle. Cette femme qui avait toujours gravité en marge de leur cercle social, toujours souriante, toujours à l'affût.

Giselle reporta son regard sur Joseph. Il lisait un dossier sur son bureau, ignorant totalement la conversation. Il s'ennuyait. C'était terminé.

La prise de conscience la frappa avec la force d'un coup. Il ne l'avait jamais aimée. Il ne la haïssait même pas. Pour lui, elle n'était qu'un actif dont la valeur était tombée à zéro. L'espoir qui l'avait soutenue pendant trois ans s'évapora, laissant derrière lui une clarté froide et anesthésiante. Il n'y avait aucune pitié ici. Seulement du calcul.

Giselle tendit la main et prit le stylo de l'avocat. Le corps en métal était glacial contre sa peau.

Elle se pencha sur le bureau. Sa main tremblait, mais elle la força à se stabiliser. Elle pressa la plume sur le papier. L'encre coula, sombre et permanente.

Giselle.

Elle signa de son nom. Elle signa l'abandon de sa maison. Elle signa l'abandon de son cœur.

Joseph regarda le stylo bouger. Pendant une seconde – une fraction de seconde – son front se plissa. Une micro-expression de gêne. Mais il cligna des yeux, et elle avait disparu.

L'avocat arracha les papiers à l'instant même où elle releva le stylo.

« Sortez ses affaires », ordonna Buna au personnel. « Maintenant. »

Giselle se redressa. Cela lui demanda chaque once de force qui lui restait. Elle regarda Joseph une dernière fois. Le désespoir avait disparu, remplacé par un vide béant là où se trouvait autrefois son amour.

« J'espère », dit-elle, sa voix calme mais ferme, née de la ruine la plus totale, « que vous ne regretterez jamais ce que vous avez fait aujourd'hui. »

Joseph laissa échapper un petit rire sec. Il fit un geste de la main vers la porte pour la congédier. « Partez. »

Giselle se retourna. Ses jambes lui semblaient être de plomb. Elle passa devant les avocats, devant le sourire narquois et triomphant de Buna. Elle se dirigea vers les lourdes portes doubles.

Elle pouvait sentir son eau de Cologne – bois de santal et pluie. C'était autrefois le parfum de sa sécurité. Maintenant, c'était celui de sa ruine.

Elle poussa les portes. Le tonnerre gronda, l'accueillant dans les ténèbres.

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