
L'énigme d'Alexandra
Chapitre 3
7
— Ils nous ont retrouvés, sauve les enfants, allez va, tu nepeux plus rien faire pour moi.
Elle ferma les yeux, comme endormie elle était, il la trouvait toujours aussi belle.
Il se releva. Sauver les enfants, elle lui avait dit et il partit en courant, sans précaution. Il reviendrait, pour le moment, seuls lesenfants comptaient. Arrivé presque en haut du chemin, la maison n’était plus qu’à quelques dizaines de mètres, un bruit étouffé l’arrêtanet, il porta la main à la poitrine, déjà du sang coulait, il tomba àgenoux, il devait se lever pour mettre les enfants à l’abri. Avec la manche de sa chemise, il appuya fort sur la plaie afin de stopper l’affluxde sang. Il se releva, titubant il avança, jusqu’à la baie d’aubépines quile protégea, mais cet effort était trop grand, et il s’écroula à quelquesmètres de la maison.
Éva et Lucas, avaient tout vu, de la fenêtre du chalet, son Père courir en haut de la colline, tomber, puis se relever et s’effondrer toutprès de la maison.
Lucas pressa sa sœur d’aller chercher Papa. Éva le retint et lui dit :
— Attends.
Elle eut raison, car deux personnes arrivaient armes à la main.
— Viens Lucas, on ne peut pas rester, c’est ce que Papa voulait.
Ils descendirent au sous-sol. Éva récupéra, les deux sacs à dos etune enveloppe cachetée. Ils se dirigèrent vers les galeries. Il y en avait cinq, son Père lui avait dit la troisième, ils ne pouvaient pas se tromper,c’était celle du milieu. Ils s’y engouffrèrent. Plusieurs ouvertures seprésentaient à eux, ils prirent à droite, puis encore à droite, enfin àgauche et tout droit devant.
Arrivés au bout de la galerie, la sortie était impressionnante lapente très abrupte tombait sur la côte rocheuse, balayée par la mer, impossible d’avancer.
Lucas s’avança lentement, c’était vertigineux, il regarda àdroite puis à gauche.
8
— Éva, il y a un passage étroit à gauche, on peut le prendre.
Elle regarda aussi, c’était risqué, mais ils n’avaient pas lechoix. Ils ne pouvaient plus reculer. Ils serpentèrent unmoment et ça devenait moins dangereux, ce qui leur permitd’avancer plus vite.
Une heure qu’ils marchaient, fatigués, ils s’arrêtèrent unmoment. Ils burent un peu d’eau et grignotèrent quelquesbiscuits que leur Père leur avait prévus
Enfin, épuisés, ils arrivèrent devant cette bâtisse, le monastère de Frère Joseph.
Frère Joseph ne fut pas surpris de les voir. Il savait que cejour arriverait. Luc lui avait dit qu’il aurait besoin de lui,pour s’occuper des enfants. Il s’était lié plus qu’une amitiéentre eux.
— Venez, mes enfants et racontez-moi
Ils racontèrent les événements écoulés. Ils étaient tristes, maisaucune larme ne coulait de leurs yeux. Leur Père leur avaitdit, il ne faut pas pleurer, c’est ainsi la vie, on vient, on part.
— Frère Joseph, Papa m’a donné cette enveloppe pour toi.
Frère Joseph prit la lettre, l’ouvrit, la lut au début à haute voix, puis pour lui.
« Mon cher ami », si tu lis cette lettre c’est qu’un grand malheur est arrivé. Je te demande de t’occuper de mesenfants, dans les sacs à dos, il y a suffisamment pour leuréducation et une aide bienfaitrice pour le monastère. Il yavait tous les détails nécessaires pour le faire.
Puis Lucas donna son sac à Frère Joseph.
9
Il ouvrit le sac, enveloppé dans un sac plastique, des liassesde 500 empilées, une trentaine de liasses peut être plus. Éva s’avança et ouvrit le sien, qui était plus grand. Et, même chose, des liasses, des liasses, encore des liasses. Unvéritable trésor.
Frère Joseph leva les yeux au ciel, et dit :
— Mon Frère Luc, mon ami, jamais je ne pensais voir autant d’argent. Grâce à toi, comme je t’en avais parlé, mon rêve va se réaliser, je vais pouvoir donner à tous ces orphelins une nouvelle vie. Olga et Lucas auront les meilleurs professeurs,je m’en occuperais personnellement.
C’est à ce moment qu’on entendit au loin la sirène des pompiers et on aperçut sur la colline une fumée noire quis’élevait, haut dans le ciel.
Frère Joseph fit un signe de croix et dit :
— Venez mes enfants, nous allons prier pour eux.
Ils n’étaient pas croyants. Frère Joseph respecta cette position, et lui seul, après avoir laissé les enfants dans la sallecommune de lecture avec les autres orphelins, allas’enfermer dans la petite chapelle pour prier.
Éva et Lucas s’assirent sur un banc, le long du mur, etregardèrent cette dizaine de jeunes qui lisaient ou dessinaientsur leur petit bureau. Le silence régnait et c’est à peine, si cesjeunes s’étaient aperçus que deux nouveaux pensionnairesétaient là.
Éva tenait la main de son petit frère, et pensait à ce qui étaitarrivé. Elle était triste, pourtant elle avait été avertie, son Père lui avait expliqué que les femmes, les hommes naissent et meurent un jour, c’était comme ça. Et si… elle ne devait pas pleurer... elle devait s’occuper de son petit frère.
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