Couverture du roman Il pleuvait ce jour-là quand c'est arrivé

Il pleuvait ce jour-là quand c'est arrivé

9.3 / 10.0
Dans Il pleuvait ce jour-là quand c'est arrivé, la Belgique fait face à un mystère d'origine inconnue. Suivez Douglas, Sabrina et Violaine dans cette sci-fi haletante. Entre action et survie, ce web novel explore une crise nationale majeure. Une mystery story intense à lire absolument.
Résumé de Il pleuvait ce jour-là quand c'est arrivé
Sous une pluie battante, la Belgique bascule dans le chaos. Entre évacuations scolaires et rumeurs d'invasion extraterrestre, trois destins s'entrecroisent lors de cette crise historique : Douglas, un veuf luttant contre ses addictions et ses pulsions pyromanes ; Sabrina, journaliste ambitieuse en plein procès terroriste ; et Violaine, la Première ministre marquée par un traumatisme de jeunesse. Ce récit singulier mêle suspense, satire et techno-thriller pour explorer cet événement.
Lire plus

Il pleuvait ce jour-là quand c'est arrivé Chapitre 1

Je dédicace ce livre à ma fille Lola, dans l’espoir qu’elle connaisse une société plus égalitaire…

1

Sabrina

La femme, trempée de la tête aux pieds, tapa la bise à quelques collègues, francophones comme néerlandophones, se connecta au Wi-Fi et écrivit : « Bonjour, je suis Sabrina Bex et je vais vous faire suivre le procès Akrani en direct. » Le message partit et elle put lire en haut à droite de son écran que déjà 4 678 internautes étaient connectés. À 6 h 54, le livecommençait. Cette journée hors normes commençait.

Elle goba son cachet d’iode, sirota un peu de son café fumant pour l’avaler et regarda autour d’elle. Les journalistes chuchotaient entre eux, mais leurs voix amplifiées par le gigantesque plafond de la cour donnaient un brouhaha agaçant. Un berger malinois passa à côté de Sabrina quand elle déposa son gobelet à ses pieds. L’animal était tenu en laisse par un policier maigrichon très concentré. Pour les services de sécurité, la tension devait être maximale.

Il y avait deux checkpoints. Le premier se trouvait en face même du Palais de Justice. Les journalistes devaient montrer leur carte d’accréditation (envoyée il y a deux semaines aux rédactions et aussi infalsifiables qu’un passeport) et se laisser fouiller la taille et le torse – par crainte du port d’une ceinture explosive. Au deuxième, à l’intérieur même de l’enceinte judiciaire, c’était un détecteur de métaux classique : les hommes et femmes retiraient leurs affaires puis les reprenaient comme dans un aéroport. Enfin, ils traversaient un long couloir, deux escaliers, et c’était l’entrée dans la Cour d’assises, impressionnante, qui avait vu passer entre ses murs les pires psychopathes du royaume – du pédophile au cannibale.

Ce ne fut que vers 7 h 30 – 40, à l’arrivée des familles des victimes et des magistrats, que les journalistes stoppèrent leur piaillement. Par respect du deuil, pour les uns, de l’autorité pour les autres.

Et vers 8 h 10, un fourgon blindé arriva par une entrée secrète.

Le prévenu était menotté aux mains et aux pieds, entouré de cinq membres des unités spéciales, cagoulés. Sur la manche qui couvrait leur biceps herculéen, on lisait GOTTS, la team policière spécialisée dans le transfert de détenus dangereux et l’escorte de transports de valeurs. Quand ce fut son tour d’entrer dans la salle d’audience, tout le monde se tut. Un silence pesant qui fit frissonner Sabrina. Il était pourtant banal, cet Akrani, petit, quelconque, ordinaire et pourtant sa présence coupait le souffle. Sabrina le vit pour la première fois en vrai et tandis que ses collègues s’empressaient de taper « Akrani vient d’entrer dans la salle, le procès commence », elle le regarda longuement. Il était pris en sandwich par quatre des cinq hommes baraqués, presque aussi impressionnants que l’aura explosive de ce petit terroriste qui avait semé le chaos à la rue Neuve de Bruxelles voilà trois ans de cela. Les membres des GOTTS ressemblaient aux bourreaux du Moyen-Âge, mi-ogres, mi-hommes.

La Juge Deneuve pria tout le monde de s’asseoir et rappela aux journalistes présents que le prévenu voulait que son visage soit brouillé par les caméras de télévision, au nom du « droit à l’image », non négociable.

« Akrani est présent. Le procès commence. », écrivit Sabrina Bex aux désormais 14.899 internautes.

2

Douglas

Des rapaces. Des rapaces avec de grandes ailes majestueuses…

Ça ne lui était jamais arrivé le matin. Jamais. Le soir, bien sûr, jusqu’à l’excès, jusqu’au bout de la nuit même parfois. Mais jamais le matin. Pourtant, ce jour-là, quand c’est arrivé, il pleuvait, et Douglas Coninck s’était vidé une bouteille de vin, entre 6 h 50 et 7 h 10.

Dans le wagon bondé du train, des passagers le dévisageaient comme on dévisageait un vieux moustachu aux abords d’une cour de récré. On toussotait un rien trop fort d’un côté, on fusillait du regard de l’autre. C’est que certaines odeurs n’avaient leur place qu’en un temps T et un lieu X. Son haleine de Bordeaux avant 8 heures était aussi étrangère que la fumée de barbecue en plein hiver. Il était conscient de son alcoolisme. Son regard se perdait au loin, vers le ciel et les volatiles observables au milieu du déluge.

De grands oiseaux. De grands oiseaux gris, rapides, très rapides…

Le vendredi. Le vendredi et le samedi. Le jeudi aussi. Puis tous les jours de la semaine. Enfin le matin. Ça allait vite, plus vite qu’on ne le pensait. Un jour, tu penses avoir le contrôle, le lendemain, c’est la bouteille qui a le contrôle sur toi.

La première heure, il avait les 6 TC et la classe devait écrire une « prise de position personnelle argumentée » sur le conflit Espagne-Catalogne. Il évaluait surtout l’originalité : trouver une résolution au conflit à l’aide des savoirs appris. Le Pays basque et la Navarre, deux des dix-sept communautés autonomes du royaume, disposaient par exemple d’une autonomie fiscale. La Catalogne, région la plus riche de la péninsule ibérique, jalousait cet avantage. La lui accorder pouvait calmer les volontés indépendantistes. Un exemple parmi d’autres.

Des faucons…

Il relit une énième fois la lettre qu’il avait écrite pour Marie, sa femme.

À travers cette bague, considère que nous nous marions.

Pas à travers une cérémonie officielle, administrative, procédurale, bureaucratique. Je te demande en mariage sans paperasse ni témoin, parce qu’il n’y a pas besoin de l’un ou l’autre quand tout un chacun peut être spectateur de l’amour qui se dégage de notre couple ; cette complicité, cette unicité entre nos deux êtres, si visible, si frappante, si éblouissante aux yeux de toutes et tous. Il n’y a pas besoin de témoin quand tout le monde est témoin.

Faisons fi de la commune, de l’État, de l’autorité ; cette demande est anarchiste, viscérale, elle vient des tripes, elle vient du cœur, elle vient du plus profond de mon âme, parce que je t’ai dans la peau depuis le premier jour, je ne vis plus qu’à travers toi.

Il ne s’agit pas non plus d’une demande orale, à genoux comme dans les films, au milieu du pont de Brooklyn, du Trocadéro à Paris ou devant Big Ben à Londres, avec le costard bien taillé, bref, un conte féérique. Il s’agit de coucher quelques mots sur une feuille, une feuille que tu pourras garder, encadrer, relire, brandir à l’occasion. Fais ce que tu veux de ces mots, ma petite blonde aux yeux bleus, ma chérie, ma Suédoise, ma princesse scandinave.

Je ne vivais pas avant toi, je menais une vie morne, noire, décevante, je subissais, j’étais seul au monde, et toi tu m’as découvert, du haut de ton mètre soixante, tu m’as accouché pour que je vive ma deuxième vie, une vie avec toi, ma meilleure amie, ma deuxième mère, ma femme. Je t’aime comme personne ne t’a aimée et comme personne ne m’a aimé, parce qu’un bouclier magique entoure notre relation. On devait se trouver toi et moi, et des forces invisibles ont joué leur rôle.

Nous sommes désormais à deux et je veux passer le reste de ma vie à me réveiller à tes côtés, je veux que tu continues à colorer ma vie, mon arc-en-ciel à moi.

Considère que je suis ton mari et que tu es ma femme. Je te promets de t’aider, de t’aimer, de te chérir, de te faire jouir, jusqu’à ce que mon cœur cesse de battre.

Ton homme,

Douglas

L’accompagnateur prit son micro : « Mesdames et messieurs, nous arrivons prochainement à Bruxelles. Le premier arrêt de ce train sera Bruxelles-Midi, suivi de Bruxelles-Central, Bruxelles-Nord et Bruxelles-Zaventem, terminus de ce train. »

Marie, emportée par une fusillade à la rue Neuve il y a trois ans, ne lut jamais la lettre de Douglas.

Et Douglas ne sut jamais que ce qu’il prenait pour des rapaces était des F-16 qui traversaient en flèche le ciel d’un pays prochainement dans le chaos.

Continuer la lecture

Table des matières de Il pleuvait ce jour-là quand c'est arrivé

Ch. 1 Ch. 2 Ch. 3
Ch. 4
Ch. 5
Ch. 6
Ch. 7
Ch. 8
Ch. 9
Ch. 10
Ch. 11
all

Vous aimerez aussi

Romans Nouvellement Sortis

Couverture du roman Dans le parcours d'une prostituée
9.5
Originaire du village le plus dénué du Sénégal, la jeune Bella décide de rejoindre la ville avec l'espoir tenace de vaincre la précarité. Elle aspire à une existence meilleure, loin de la misère de son enfance. Cependant, la réalité urbaine s'avère cruelle et ses désillusions s'accumulent rapidement. Ce nouveau départ, censé être son salut, lui réserve des épreuves aussi sombres que son passé, transformant son rêve d'ascension en un parcours semé d'embûches.
Couverture du roman Érreur d'adolescence
9.5
Inesse, dix-sept ans, voit son destin basculer par un simple acte d'imprudence. Malgré une éducation rigoureuse et des valeurs solides, cette élève de première succombe à une tentation qui menace son équilibre. Tout commence lorsque Sandra lui confie un téléphone pour l'éloigner d'elle durant cette année d'examen cruciale. Ce récit authentique et loin des contes de fées retrace la chute d'une adolescente naïve dont la vie défile suite à une erreur fatale.
Couverture du roman La Plus Cruelle Leçon du Milliardaire
9.1
On me disait chanceuse d'avoir épousé Hugo Scott, le milliardaire amnésique que j'avais sauvé. Mais sous l'image du mari idéal se cache un monstre possessif. Pour plaire à sa nouvelle muse, Ginger, Hugo n'hésite plus à me torturer psychologiquement. Il a simulé l'exécution de ma mère infirme dans un incendie pour m'arracher des aveux forcés. Ce traumatisme est la goutte de trop. Prête à tout pour me venger, je contacte mon passé pour disparaître et réduire son empire en cendres.
Couverture du roman Le secret de l'héritière oubliée
8.1
Lily mène une existence paisible jusqu'à la découverte de ses origines : elle est la fille de puissants magnats. Propulsée dans l'opulence, elle affronte l'hostilité de son frère jumeau, un héritier glacial qui la rejette. Tandis qu'un homme d'affaires énigmatique prétend qu'elle est la seule légataire d'un trésor occulte, les complots se multiplient. Entre secrets industriels et trahisons, la jeune femme devra trancher entre son sang et l'appel de la fortune.
Couverture du roman Ma colombe blanche
8.5
Ma rencontre avec une jeune femme d'une beauté saisissante a bouleversé mon existence. Dotée d'une bonté rare et d'un cœur d'ange, elle a apporté une lumière nouvelle dans mon quotidien. Ensemble, nous avons tissé les liens d'une idylle sincère, traversant les étapes d'une relation profonde et marquante. Ce récit retrace l'évolution de notre lien unique, né d'un coup de foudre inattendu, au sein d'une aventure sentimentale aussi douce que mémorable.
Couverture du roman toxique love
8.7
Graciela Evans, une lycéenne sans histoire, voit son existence basculer lorsqu'elle devient la proie d'Hayden Mcandrew. Ce badboy influent exige le remboursement d'une dette mystérieuse et ne compte pas la lâcher. Prise au piège par son emprise obsessionnelle, la jeune femme subit sa domination et sa cruauté. Entre larmes et peur, elle se retrouve brisée, corps et âme, par cet homme qui veut la marquer à jamais. Pourra-t-elle échapper à cette relation toxique et étouffante ?
Chapitres
Lire
Partager