Couverture du roman L'atome souriant - Opéra cosmique

L'atome souriant - Opéra cosmique

9.7 / 10.0
Projeté dans l'inconnu après un lynchage fatal, un défunt explore des dimensions colossales dans L'atome souriant - Opéra cosmique. Cette fantasy mêle sci-fi et adventure pour offrir un voyage initiatique unique. Découvrez cette fiction fantasy et lisez des web novels free en ligne.
Résumé de L'atome souriant - Opéra cosmique
La fin de vie n'est qu'un prélude. Victime d'un lynchage injuste, un homme trépasse et se voit propulsé par-delà les dimensions connues. Loin des dogmes religieux, il explore des mondes gigantesques et imprévisibles. Ce récit relate l'odyssée spirituelle d'un atome souriant voyageant vers les frontières de l'inimaginable. Véritable opéra cosmique, cette aventure nous entraîne dans une quête initiatique où chaque univers repousse les limites du possible.
Lire plus

L'atome souriant - Opéra cosmique Chapitre 1

Prologue

J’étais très occupé à mourir et malgré mon désir de m’extraire d’une telle situation, il m’était impossible de penser à autre chose…

Non que la mort – fut-ce la vôtre – soit intolérable à ce point : librement consentie, et même choisie, à défaut d’être souhaitée, elle peut être parfaitement supportable…

Je parle par expérience : j’ai tenté de me suicider. « Avant ».

Si je suis revenu à la surface, en définitive, je n’avais pas changé d’avis en cours de route, non, tout se passait très bien. Le suicide parfait. Ou presque. Et ne voilà-t-il pas qu’une bande de malencontreux imbéciles, aussi stupides que bien intentionnés, s’inquiètent de ma santé en pleine nuit, redoutent le pire et alertent gendarmes et pompiers pour forcer ma porte. Pour une fois que je dormais profondément !

Tous ces braves gens (à qui je n’avais rien demandé) me maintiennent en vie, me transportent à l’hôpital au « Service des Urgences ». Verdict : « Intoxication volontaire », appellation pudique pour ceux qui voudraient bien voir ce qui se passe « du côté d’Ailleurs ».

Le médecin de service cette nuit-là me prodigue des soins diligents, me retient de mourir (de quoi je me mêle ?) et me ramène fâcheusement dans ce pire des mondes que je quittais sans regret… Fausse sortie…

Mais cette expérience interrompue, poussée jusqu’aux extrêmes limites, m’avait convaincu qu’une mort bien réglée valait la peine d’être vécue (si « vécue » est le mot qui convient…)

Il me fallait continuer…

J’aurais sans doute traîné longtemps ma misérable existence, si je n’avais conservé la fâcheuse habitude de me fourrer dans les situations les plus invraisemblables…

Ma dernière bévue, bien involontaire, m’avait conduit à cette mort horrible qu’on était en train de m’infliger…

Être littéralement haché, mis en pièces par une foule d’individus animés d’une fureur hystérique et meurtrière, les voir à travers un brouillard rouge s’acharner sur un corps qui ne veut – ou ne peut – se décider à mourir et vous aurez une faible idée de ma situation…

J’avais franchi depuis longtemps le cap de la douleur intolérable. Celle-ci me parvenait atténuée, cotonneuse ; mes réflexes et mes sensations étaient plus lents, mais allez donc vous concentrer dans de telles conditions !

Il me fallait m’extraire totalement de ma douleur, sombrer dans le « non-être » pour atteindre d’autres rivages.

Bref, penser à autre chose…

Or, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais un lynchage ne se passe jamais bien :

Les gens sont bruyants, désordonnés, imprécis (dépense d’énergie inutile) et finalement vulgaires. Et si vous en trouvez pour m’affirmer le contraire, ne les croyez pas, ce n’est pas une mort convenable. Voyez le cinéma, la littérature, qui n’en usent qu’avec modération.

Ils ne la destinent jamais au Héros ! Les auteurs la réservent généralement à des comparses bien typés, fanatiques illuminés ou assassins monstrueux.

Je n’étais ni l’un ni l’autre : rien qu’un imbécile, qu’une fatalité jamais en repos avait placé là où il ne fallait pas, au moment le plus inopportun.

Alors, j’ai joué mon rôle malgré moi. Les apparences me condamnaient et de toute évidence, personne n’aurait voulu prendre ma place !

Mais le temps passe et je m’aperçois que je n’ai pas dit l’essentiel… S’ils pouvaient s’arrêter de taper, ne fut-ce qu’un instant, ou m’achever une fois pour toutes, j’entrerais dans le vif du sujet… Encore une expression inadéquate, je le crains…

Mais je n’ai pas le temps d’en chercher une meilleure.

Bref, j’assistais à un grand meeting populaire sur la non-violence avec des dizaines de milliers d’autres personnes sur un stade. J’étais très bien placé pour voir et entendre le discours de l’orateur, un Dominicain noir, célèbre pour ses prises de position courageuses contre le racisme et toutes formes d’intolérance, lorsque plusieurs détonations claquèrent derrière mes oreilles. Le prêtre s’effondra, sa soutane blanche tâchée de sang en un instant. Panique sur la tribune et dans la foule. Bousculade, cris. J’ai reçu un coup sur la tête et je suis tombé.

En me relevant, j’ai vu le revolver à mes pieds. L’assassin anonyme avait fui et personne n’avait vu son visage.

Comment avait-il franchi les contrôles de sécurité sans se faire remarquer ? Mystère…

Mais ces réflexions ne vinrent aux enquêteurs que beaucoup plus tard. Une voix cria :

« À l’assassin ! ».

Tout le monde me regardait ! Que pouvais-je faire ? Au sol, le revolver, énorme, obscène, m’accusait.

La suite, vous la devinez.

Un héros de tragédie serait sublime, en toutes circonstances.

J’ai assumé du mieux que j’ai pu…

Mais que mes assassins en portent la responsabilité ! Quand on se mêle de tuer les gens (surtout si on se trompe de coupable), il faut s’y prendre correctement !

L’Art et la Manière.

La classe, quoi !

***

Ouf : je suis mort !

Il était temps.

Chic je continue à penser ! Mais alors… Je suis LIBRE !

Vraiment libre. Quels horizons insoupçonnés ! Pas de rupture, les Grands Espaces Galactiques…

Mais il faut d’abord régler les détails…

La Bavure du Siècle ! La victime et moi-même sommes entrés ensemble au « Panthéon des Martyrs » : les empreintes relevées sur l’arme ne correspondaient pas du tout aux miennes ! (évidemment, je le savais !)… D’autant plus que l’assassin fut arrêté quelques minutes plus tard, dans sa fuite suspecte. Il a tout avoué, y compris son appartenance à une organisation criminelle extrémiste. Étonnant, non ?

Le plus drôle, c’est qu’il vivra ! Ici, la peine de mort est interdite. Il aura droit à un procès aussi régulier qu’interminable. Il fera tout au plus vingt ans de réclusion criminelle…

À la réflexion, il s’en tire mieux que moi : qui osera encore prétendre que « le crime ne paie pas ? »

Le Conseil des Ministres s’est réuni immédiatement : il fallait « réparer ».

L’opinion publique s’en est mêlée, le pays a frôlé la crise politique.

Finalement, le Gouvernement s’en tire à bon compte : j’étais seul au monde, pas d’enfants, plus de famille… Une chance, car les dommages versés aux héritiers auraient mis le Trésor Public en péril…

TRASIBULE (mon chat) n’a rien réclamé pour lui-même…

Mais on se l’est arraché à la S.P.A. où il avait atterri ! Tout le monde voulait adopter l’animal-relique du Martyr…

Le Chef de l’État a été très bien : pas de taxes aux contribuables, il a tenu absolument à payer mes funérailles sur sa fortune personnelle.

Je lui en sais gré, car je n’avais pas prévu de mourir à l’improviste et mon compte en banque était une fois de plus à sec !

Dans mon frigo, il restait trois boîtes pour le chat, deux citrons verts et une boîte de thon au naturel pour mon repas du soir… Enfin, celui que j’aurais dû prendre si j’étais rentré.

J’aurais préféré laisser un cadavre plus convenable, ça fait négligé, mais on m’a drôlement bien rafistolé pour les obsèques ! Des artistes ! (Cher Président !) L’enquête a déterminé que je votais pour lui (sans doute est-il désolé d’avoir perdu un électeur…).

Je sais que cela ne durera pas très longtemps, que je commencerai à me corrompre très rapidement, mais c’est un lieu-commun de dire que la mort égalise vraiment les choses : Socrate, Gengis-Khan, Copernic, Shakespeare, Molière, Napoléon, Pasteur, Chose ou Machin, c’est pareil ! Ça console. Le corps pourrit, l’âme fout le camp (n’écoutez pas les religions qui vous font croire qu’elle continue son petit bonhomme de chemin, toute seule, comme une grande !) Plus important est l’Esprit, qui survit.

Religion ou pas, c’est comme ça !

P.S. : Beaucoup ri à mon enterrement. Je ne voulais pas rater ça. Il faut se l’offrir au moins une fois dans sa vie (ou juste après).

Quelle dérision ! Mais quel spectacle !

Aucun rapport avec les funérailles des autres, où l’on est occupé à jouer son propre rôle, consciencieusement, sans aucune vision d’ensemble. Ici, je suis spectateur, et c’est moi – ou mon enveloppe vide – que quatre personnes inconnues portent en trébuchant…

Je me sens si léger… mais pas les porteurs : le cercueil est en chêne massif !

(Il n’a pas lésiné, le Président !)

Le Chef de l’État s’est fait représenter par son porte-parole. Le Ministre de l’Intérieur a fait de même. Les deux hommes croulent sous d’immenses gerbes de fleurs… Que le Grand Rabbin de Paris en personne a fait renvoyer discrètement (ni fleurs ni couronnes pour l’Amicale des Anciens du « Club de l’Étoile »… Jaune !)

Et j’ai droit à mon éloge funèbre ! (traduction simultanée Hébreu-Français) Je ne voulais pas de cérémonie religieuse ! Comme c’est émouvant ! Ils s’en sont donné, du mal, pour trouver toutes ces anecdotes pittoresques ou juteuses (quoique réelles) sur ma modeste existence !

Le clou : même TRASIBULE est présent, dans les bras de son nouveau maître (une femme encore jeune, entourée de deux membres de la S.P.A.)

Du grand spectacle : une mise en scène pleine d’idées. (Du Chéreau !)

Je contemple les assistants, un monde fou, et parmi tous ces visages inconnus, je repère, entre tous ces curieux, mes « meilleurs amis », qui m’avaient oublié depuis plus de vingt ans ! Acteurs, comme moi, ils espèrent se voir au Journal Télévisé !

Tous se composent un visage de circonstance. Envie de leur crier :

« Coucou, bande de zouaves, regardez, je suis sorti ! Mais oui, tournez la tête ! Par ici, les caméras ! Mais non, pas par là ! Zoom avant ! Bien sûr, vous ne me voyez pas, mais vous me percevez, vous sentez quelque chose de bizarre, et cela vous effraie. Rentrez chez vous :

C’EST TERMINÉ ! »

La tête qu’ils feraient !

Hélas, un esprit ne peut pas faire de pieds de nez !

Continuer la lecture

Table des matières de L'atome souriant - Opéra cosmique

Ch. 1 Ch. 2 Ch. 3
Ch. 4
Ch. 5
Ch. 6
Ch. 7
Ch. 8
Ch. 9
Ch. 10
Ch. 11
all

Vous aimerez aussi

Romans Nouvellement Sortis

Couverture du roman Abandonnée, je suis devenue Reine des Loups Blancs
8.0
Accusée d'infidélité par son compagnon, l'Alpha Kieran Ashford, Audra Frost est humiliée devant la meute de Silvermoon juste après avoir accouché. Le motif ? Son nouveau-né porte une marque argentée inconnue. Alors qu'Elara Voss se moque d'elle et que Kieran rejette son propre fils, personne ne réalise que ce signe appartient à la légendaire royauté des Loups Blancs. Exilée et brisée, Audra ignore que dans le Grand Nord, les siens ont senti l'éveil de cette lignée et partent déjà à sa recherche.
Couverture du roman La douce évasion de l'épouse de substitution
9.2
Camille a sacrifié sa carrière de musicienne et son identité pour remplacer sa jumelle auprès de Kilian Rochefort. Durant trois ans, elle a enduré l'indifférence de son époux et les pièges d'Inès, sa rivale, jusqu'à frôler la mort. Alors qu'Ambre revient réclamer sa place, Camille décide de briser ses chaînes. Rejetée par sa famille et lassée par la cruauté de Kilian, elle l'abandonne à ses regrets pour enfin embrasser la liberté et l'amour sincère d'un homme qui la valorise.
Couverture du roman La Luna , Médecin de L'Alpha
7.9
Stella, cardiologue de renom, voit sa vie basculer lorsqu'elle soigne un patient mystérieux. Mordue par ce loup-garou durant l'opération, elle développe des facultés surnaturelles. Contrainte d'épouser Calvin, un Alpha impitoyable exigeant une descendance, elle doit protéger ses triplés aux dons précoces. Entre ses nouvelles responsabilités au sein de la meute et la quête de ses origines, Stella affronte des ennemis redoutables et des secrets ancestraux enfouis.
Couverture du roman Le réveil d'un cœur brisé
9.5
Considérée comme la femme la plus comblée avant ses vingt-cinq ans, elle semblait vivre un conte de fées. Le prince héritier de Beaumont l'avait épousée par amour, restant dévoué malgré son infirmité. Pourtant, l'horreur éclate lorsqu'elle réalise que son mari est l'artisan de son propre calvaire physique. Brisée par cette trahison, elle décide de tout détruire par les flammes afin d'effacer les traces de ce passé tragique et de renaître de ses cendres.
Couverture du roman Plus Jamais Toi, Antoine
8.4
Après sept ans de vie commune, Léa voit son univers s'écrouler quand son compagnon, Antoine, reçoit une photo compromettante de sa stagiaire, Chloé. Loin de s'excuser, il minimise l'adultère et protège la jeune femme, traitant Léa d'hystérique. La trahison atteint son paroxysme lorsqu'il délaisse l'anniversaire de Léa pour festoyer avec sa maîtresse. Blessée mais lucide, Léa décide d'utiliser les conseils d'Antoine contre lui. La vengeance froide remplace l'amour.
Couverture du roman The Flame of Passion
8.4
Alençon, juin 1944. Alors que son père et son frère ont rejoint la Résistance pour fuir l'occupant, la jeune Anna Marchand mène une existence précaire. Une nuit, un fracas soudain la tire de son sommeil. Dans le jardin familial, elle découvre un aviateur anglais blessé, son parachute accroché aux arbres. Sans hésiter, Anna et sa mère décident de cacher ce soldat allié. Cet événement inattendu annonce-t-il le début de la libération tant espérée par la France ?
Chapitres
Lire
Partager