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Couverture du roman Le voisin

Le voisin

Brigitte s'investit corps et âme pour préserver l'équilibre de sa famille malgré les épreuves. Pourtant, face à l'indifférence croissante de son époux, elle sombre dans le découragement et finit par perdre pied. Fragilisée, elle accepte le réconfort et l'écoute d'une présence inattendue. Ce soutien devient un refuge où elle cherche consolation, avant de réaliser brutalement que ce chemin sinueux pourrait l'entraîner vers des conséquences irréparables.
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Chapitre 2

2. Franck

(Aimez avant lecture et laissez un commentaire après 😘)

La première fois que j’ai découvert cette facette de Franck, j’étais enceinte de notre deuxième enfant. J’étais presqu’à terme et l’instinct de nidification, que je n’avais pas expérimenté avec ma première grossesse, s’était manifesté avec force. Malgré la présence de l’aide-ménagère, je n’arrêtais pas de nettoyer et de tout ranger, c’était presque compulsif. Ce fut lors de cette crise de nettoyage que je découvris que Franck avait un autre téléphone dont j’ignorais l’existence ; il le cachait dans un compartiment secret derrière un tiroir dans son bureau, un code empêchait d’avoir accès au contenu. Voulant connaitre ce qu’il y avait là-dedans avant son retour du travail, je m’étais rendue à un centre en ville où il y avait des spécialistes en déverrouillage de téléphones. Ces jeunes gens étaient des pros qui pouvaient faire sauter les codes de n’importe quel appareil, peu importait sa provenance et sans poser de questions.

Ce que j’ai vu dans cet appareil après déverrouillage a brisé l’image que j’avais jusque-là de mon mari. Je découvrais un Franck menteur et infidèle. Je le croyais sans poser de questions toutes ces fois où il me disait devoir rester au bureau jusqu’à très tard, pour pouvoir finir des dessins dans le délai avec son équipe. Ou encore ces weekends où il disait devoir se rendre à des sites hors de la ville. Pas un instant n’avais-je imagé qu’il profitait de ces moments pour aller voir ailleurs.

Il profitait de ma confiance en lui pour me faire cocue, et pas qu’un peu.

La jeune femme avec qui il batifolait à l‘époque de ma fracassante découverte se prénommait Cynthia. Belle, début vingtaine, étudiante. Une petite vicieuse dont les photos, vidéos et les messages peu catholiques peuplaient le smartphone secret. J’étais choquée de découvrir qu’ils avaient même déjà eu à effectuer des voyages ensemble. Cape Town puis Dubaï. Ces voyages, je me rappelais, étaient pour l’achat des nouveaux matériels pour son entreprise. À mon insu, monsieur avait fait d’une pierre deux coups, business + plaisir, pendant que je l’attendais sagement à la maison.

Je ne comprenais pas pourquoi il ressentait le besoin de rechercher la compagnie d’une autre.

J’étais belle, éduquée et, malgré les grossesses, je prenais soin de moi. La douceur était ce qui me caractérisait même, j’étais une bonne femme d’intérieur et d’extérieur, je le respectais, le soutenais, l’encourageais, savais tenir des conversations intéressantes, j’avais toujours des idées innovantes pour casser la routine et pimenter notre vie de couple, et je ne me refusais jamais à lui. Je ne comprenais donc pas dans quel domaine j’avais échoué pour qu’il me trompe, et de façon aussi suivie.

Nous étions un couple chrétien et allions à l’église, nous assistions d’ailleurs aux programmes de couple qui se faisaient régulièrement. Il savait combien il était important de garder le lit conjugal exempt de toute souillure, mais je découvrais qu’il brisait et rebrisait allégrement nos vœux de mariage.

À son retour du travail, je l’ai confronté, preuve à la main. Une querelle a éclaté, il a sournoisement essayé de retourner la situation, je ne me suis pas laissée faire. Ayant fait le droit avant d’opter plus tard pour la gestion, je savais comment coincer un coupable qui essayait de se défiler. Et lorsqu’il s’est retrouvé à cours d’arguments et dos au mur, il a commencé à me jeter des accusations et des reproches qui n’avaient ni queue ni tête, avant de sortir, sans dire où il allait. Je ne le reconnaissais pas, il me révélait une facette de lui que je ne connaissais pas. Etant enceinte, ma tension artérielle en était affectée, mon petit monde bien rangé s’écroulait et les sentiments qui se bousculaient en moi étaient si désagréables. J’ai emballé quelques affaires et me suis rendue chez mes parents avec Sublime qui approchait les deux ans.

Ma mère m’a accueillie les bras ouverts, m’a écoutée et a séché mes larmes. Elle m’a ensuite prodigué des conseils qui ont défié ma logique. Les hommes ne sont pas comme nous, même ton père que tu vois tout sage là a aussi eu à me montrer des étincelles, mais il est resté un bon mari et un bon père, il me respectait, c’est ce qui comptait. Aussi longtemps que Franck remplit bien ses responsabilités, ce qu’il fait dehors ne doit absolument pas te déranger, Brigitte. Ne va pas fouiner dans ses affaires, ne l’espionne pas.

Travailles-tu pour le service des renseignements ? Es-tu de l’ANR, du FBI ou de la CIA ? Hein ?

Donne-lui son espace, ne l’étouffe pas avec des questions et des accusations. Vouloir tout savoir et tout contrôler ne t’apportera que de la douleur inutile et te volera ta paix. Concentre-toi sur tout ce qu’il fait de bon, et prie beaucoup pour lui, afin que Dieu Lui-même l’assagisse.

Les hommes ne sont pas comme nous hein, Brigitte. Leur sexe pend dehors alors que le nôtre est bien caché à l’intérieur. Donc naturellement, ils ont tendance à faire la chasse, ils sont prédateurs car ils ont une flèche entre les jambes qui doit percer les proies, c’est une nature qui tend à les dominer malgré toute leur bonne volonté, il faut comprendre et beaucoup prier. C’est nous les femmes qui avons découvert que le Seigneur Jésus n’était plus dans sa tombe, tu le sais non ? Une façon de te dire que c’est nous qui devons être les sentinelles de nos foyers, toujours debout dans la prière, tu comprends ? Les petites bêtises ne doivent pas te distraire. Ne permets jamais à la discorde de s’installer inutilement dans ton bon mariage, à cause des petits écarts de Franck. Ce sont des petites choses, tu ne dois surtout pas les laisser t’affecter. Aussi longtemps qu’il te respecte et remplit bien ses responsabilités, multiplie le reste par zéro.

Tout un long discours qui m’a plongée dans une confusion sans pareil.

Je ne comprenais pas comment quelqu’un pouvait te respecter et te tromper en même temps. Ça n’avait pas de sens. M’être fidèle n’était-il pas aussi une de ses responsabilités ? Je devais multiplier le reste par zéro. Et les maladies ? Elles se multipliaient par zéro aussi ? Comment savoir si cette autre jeune femme avec qui il entretenait une liaison avait une bonne hygiène de vie ? Mon mari était-il son seul partenaire sexuel ? Et spirituellement, que me ramenait Franck après avoir couché avec elle ? À ces questions, ma mère a répondu :

- Dieu va te protéger. Trop réfléchir n’est pas bon. Il y a des femmes qui vivent pire dans leurs foyers, ceci est un petit problème. Franck est juste un homme avec un défaut. Tu dois savoir gérer sans faire d’esclandres, c’est cela être une femme mature. Il finira bien par se calmer, ils finissent toujours par se calmer. Les disputes n’arrangeront rien.

Franck qui a deviné que je m’étais rendue chez mes parents est passé autour de 20h, arborant la mine innocente d’une personne faussement accusée. Il fallait l’entendre expliquer tristement à ma mère comment j’avais découvert le téléphone que son ami lui avait demandé de garder pour lui. Ce n’était pas son téléphone, c’était à Kennedy.

- Je ne suis pas dans l’affaire de courir derrière les femmes. Si c’était le cas, je ne me serais pas marié, pour être libre de le faire. Tout ce qui prend ma tête, c’est mon travail et ma petite famille. Chaque jour, je travaille très dur pour pouvoir donner le meilleur à Brigitte, à ma princesse Sublime et à l’autre trésor qui est en route.

- Ah mon fils, est-ce que tu as besoin de t’expliquer ? Moi qui suis devant toi là, je sais que tu es un beau-fils exemplaire. Quand on parle des bosseurs et des jeune gens responsables dans ce pays, tu es dedans.

- Merci, maman Feza.

- Ta femme t’aime énormément, et avec les hormones de la grossesse, la jalousie est amplifiée, il faut comprendre. Tu dois simplement la rassurer et calmer son cœur, surtout dans son état hein.

- Je prends bonne note, Maman.

- Vous formez un très beau couple, Dieu même est d’accord. Il n’y a qu’à voir comment Il vous bénit chaque jour. Tu as dit l’autre jour que ton entreprise a encore eu le contrat du gouvernement, pour la construction des écoles publiques à l’intérieur du pays.

- Oui maman.

- Voila. Dieu vous bénit, le diable n’est pas content, il veut profiter pour semer la discorde, surtout qu’il n’aime pas le mariage.

- C’est ce que je disais à Brigitte. Je suis venu la chercher pour qu’on rentre à la maison. En passant en ville, j’ai fait escale au super marché. Je me suis rappelé que maman Feza aime le fromage, le saucisson et le vin rouge, je t’ai pris quelques courses.

- Ah mon fils, merci. Quand je dis souvent que j’ai le meilleur beau fils du pays, les gens osent douter.

- Voici l’enveloppe pour la situation dont tu m’as parlé l’autre fois. Je me suis dit que je devais l’apporter une fois, comme je venais.

- Eeeh Frank. Tends-moi tes mains, que je fasse une prière

Après la fameuse prière de bénédiction, maman s’est écriée :

- Brigitte, ton mari est venu te chercher. Il faut déjà commencer à partir, il se fait tard. Ce n’est pas très prudent de circuler la nuit.

Dans la voiture, aucun de nous n’a parlé. Ce n’est que lorsqu’on est arrivé qu’il a bredouillé des excuses. La tentation s’était présentée à un moment où il était stressé par le travail, mais que c’était fini.

J’ignorais que c’était la première et dernière fois qu’il reconnaissait son tort et s’excusait.

Lorsqu’il s’est fait prendre une seconde fois, une troisième, une quatrième puis une énième fois, même le verbe nier et tous ses synonymes étaient étonnés. Franck niait même avec des preuves devant lui et se mettait en colère jusqu’à asséner des coups de pieds aux chaises et aux lampes de chevet. J’ai depuis arrêté de le confronter et suis les conseils de ma mère et ceux de ma marraine chez qui je vais pleurer ces fois où je me retrouve saturée. Je prie seulement d’atteindre le stade où je pourrai enfin rester de marbre face à ses frasques.

**

- Déposez les tableaux là-bas, merci, ordonné-je aux jeunes gens de l’entreprise de déménagement.

Ils s’exécutent, avant de ressortir chercher les autres affaires dans les camions stationnés dans la cour. On est une bonne semaine plus tard, un samedi, et il est 15h par là. Presque tout a déjà été installé dans notre nouvelle demeure que mon personnel a bien nettoyé la veille. Je vais de pièce en pièce, supervisant comment mes deux aide-ménagères et les deux jeunes femme dont les services j’ai fait appel pour la journée font le rangement. 70% des affaires ici sont neuves, j’ai offert une bonne partie des meubles, appareils et ustensiles de l’ancienne maison à mes employés qui ont beaucoup apprécié ; ils étaient encore en très bon état, même si je m’en étais lassée. J’ai bien sûr demandé à ma mère de choisir ce qu’elle voulait, avant de remettre le reste au personnel de maison. Le déménagement a commencé autour de 8h, je voulais commencer tôt pour vite terminer, et à l’allure où vont les choses, je pourrai me reposer bientôt. Pour ne pas avoir Sublime et sa bande dans les pattes, je suis allée les déposer chez mes parents hier soir, chose qu’ils ont d’ailleurs adoré.

Une heure plus tard, je pousse un gros soupir de soulagement et remercie mes employés qui ont fait le gros du boulot, avant de les congédier. Je peux enfin me détendre, les déménagements m’ont toujours mise sur les dents. Tout a été bien rangé, j’adore le rendu, et je suis certaine que Frank qui est absent et les enfants aimeront aussi à leur retour. Notre chambre à coucher qui est à l’étage s’ouvre sur un balcon avec une vue sur tout l’avant-cour, l’avenue bordée des flamboyants encore jeunes et quelques lampadaires et la rangées des maisons clôturées en face. Ceci est un nouveau quartier et les personnes qui comme nous ont acquis des terrains dans la zone se sont assurés d’y élever des belles habitations. Les lopins de terre ne revenant pas moins chers, seules les personnes ayant un pouvoir d’achat élevé ont pu acheter, ce qui fait que les maisons qui poussent comme des champignons ne sont que luxueuses. C’est la naissance d’un petit Beverly Hills (rires). Je reste un moment debout sur ce balcon qui me plait tant, les mains posées sur les garde-fous, et admire mon nouveau quartier. J’aime la douce brise qui vient de temps en temps souffler sur moi. Je me vois bien passer mes soirées ici, à me lire un bon livre, avec un bon verre de jus en main. La demeure directement en face de la nôtre est également bâtie sur deux niveaux, le style moderne me plait bien, il y a à l’étage un balcon similaire au nôtre. Je sursaute malgré moi lorsqu’un homme y émerge, avec pour seul vêtement sur lui un bas de jogging. Il parle au téléphone en fumant une cigarette. Crâne chauve, imberbe, teint chocolat, il est grand de taille avec un corps musclé qui semble taillé dans du roc. Je suis choquée par la quantité des tatouages sur ses bras et sur une partie de son torse, on croirait un échappé du Yakuza. Moi qui croyais que j’aurai pour voisins d’en face une gentille petite famille, je découvre que je vis en face de monsieur tête de gangster. Bien que je sois choquée par tous ces dessins sur lui qui crient « danger », « bandit », je ne peux m’empêcher de le trouver beau. Dangereusement beau. Il a un charme thug qui m’intrigue. Cette pensée peu pieuse fait monter en moi une petite gêne. Je suis une femme très mariée, depuis quand ai-je des telles réflexions ? Honte à moi.

- Convoitise des yeux, je te chasse ! murmuré-je, tout en continuant quand-même à le regarder.

Je détourne vite le regard lorsque, sans arrêter de parler au téléphone en envoyant la fumée de sa clope partout, il regarde pile dans ma direction. J’ai envie de vite quitter le balcon pour échapper à son regard mais je juge que rentrer immédiatement ferait qu’il croie qu’il m’intimide. Je suis sur ma propriété, je vais faire comme s’il n’est pas là. Je continue mon observation du quartier, m’efforçant de ne plus regarder dans sa direction. La sonnerie de mon téléphone laissé dans la chambre me parvient, je quitte le balcon, soulagée qu’une excuse se soit présentée. C’est Frank au téléphone, il me fait savoir qu’il rentrera tard. Après le site de construction où il a passé plusieurs heures aujourd’hui pour prendre des mesures avec l’équipe, il se voit dans l’obligation de faire un saut au bureau. Je dis juste Ok. Les enfants ne sont pas là, je me sens un peu désœuvrée, je décide donc de faire un saut chez une de mes amies.

Des amies proches, j’en ai deux : Glorette et Arodi. Notre amitié remonte au Lycée, nous nous sommes vues grandir, obtenir nos diplômes, nous marier et faire des enfants. Glorette est femme au foyer. Bien qu’elle ait fait des bonnes études, son mari qui ne supporte pas que quelqu’un d’autre s’occupe de sa progéniture lui a imposé de rester à la maison. Tous les mois, il lui paie un salaire équivalent à ce qu’elle percevait lorsqu’elle était employée d’une banque, avant le mariage. Elle ne pourra regagner le marché du travail que lorsque tous leurs enfants seront à l’école secondaire, dixit son époux. Rester sans rien faire ne l’arrangeait pas, elle a donc lancé un commerce en ligne qui tourne bien. Arodi quant à elle travaille comme agent d’audit pour une compagnie de la place. Toutes les trois, nous avons fait ce que l’on appellerait des bons mariages. Sans être super riches, nos maris gagnent très bien leur vie et aucune de nous n’a eu de problème pour avoir des enfants.

Lorsque je parque dans la cour de Glorette et désembarque, ses enfants viennent m’étreindre en me lançant des « Bonjour Maman Brigitte ». Elle en a trois comme moi, son petit dernier qui a tout juste 3 ans s’agrippe à moi, me signifiant de le porter, ce que je fais. Nous allons trouver leur mère qui est avachie dans l’un des canapés du salon des adultes et regarde d’un œil rêveur une prédication du pasteur Joël Osteen qui passe à la télé. Elle est à son troisième trimestre de grossesse et cela la fatigue énormément, elle se redresse légèrement et me sourit.

- Madame Mayitango en personne.

- Coucou la baleine.

- Ah, fous-moi le camp !

Son sourire se fait plus large lorsqu’elle remarque que je lui ai apporté en bonne quantité des pommes de Cythère et des tondolos (maniguettes) déjà lavées. Les enfants retournent jouer dans leur salon, après avoir pris quelques pommes.

- Hmmm Brigiiiitteuh, si tu savais comment je mourrais d’en manger, dit-elle en mordant dans l’une des pommes.

Elle ferme les yeux et mâchouille gourmandement, ce qui me fait rire.

- Ce bébé a rendu ma bouche amère comme tu n’as pas idée. En tout cas, ceci est la dernière grossesse, je jure.

- Tu as dit la même chose avec la grossesse de Yohan.

- Cette fois, je suis sérieuse. Je suis fatiguée.

- Ethan (son mari) est-il là ?

- Il est sorti pour soi-disant aller s’acheter quelque chose sur la route. Pour bien me convaincre qu’il ne quittait pas le quartier, il est parti de la maison en débardeur, culotte et babouches. Il ne sait pas qu’il y a longtemps que j’ai compris son petit numéro. Tu vas fouiller et découvrir qu’il est déjà en Zambie, seulement avec cette culotte-là et les babouches, dit-elle avant d’éclater de rire.

Je me joins à son rire, me demandant une fois de plus comment elle fait pour ne pas être dérangée par les incartades de son mari. Elle en parle toujours avec beaucoup d’humour et en rit. C’est certainement parce qu’elle est issue d’un foyer polygamique. Sa mère est deuxième femme. Vivant dans cette atmosphère, Glorette a dû intégrer très jeune qu’un homme pouvait avoir plus d’une femme, voilà pourquoi elle est si en paix ces moment où Ethan déconne. Elle se sait femme légitime, rien ne peut donc l’ébranler, m’a-t-elle dit une fois. Je prie chaque jour de pouvoir devenir comme elle et d’arrêter de souffrir.

Je quitte son domicile autour de 20h. Pendant le trajet, j’appelle Franck, histoire de savoir s’il est encore au bureau, il répond qu’il y est actuellement et qu’il pourra terminer autour de 22h. Après avoir raccroché, l’idée me vient de faire un petit tour à Pioche Construction, juste pour voir s’il y est vraiment.

Une fois sur le lieu, les agents de sécurité à l’entrée m’informent qu’il n’est pas passé. Effectivement, d’où je me tiens, je peux voir que son Amarok à bord duquel il est sorti ce matin n’est pas sur le parking. Au fond, je le savais déjà, mais comme j’ai un côté masochiste, j’ai tenu à me torturer en venant vérifier. Je reprends le chemin de la maison, essayant de me convaincre que je vais bien alors que c’est tout le contraire.

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