
Le rugissement de mon Alpha
Chapitre 2
La racine saillante surgit sans avertissement sous ses pieds, et Roxanne perdit l'équilibre. Son corps s'écrasa dans la neige glaciale, la morsure du gel s'insinuant jusque dans ses os. Ses jambes, engourdies par le froid, refusaient de répondre, et chaque mouvement lui tirait des douleurs aiguës qui irradiaient dans tout son corps. La fatigue la submergeait, l'épuisement se mêlant à la peur pour créer un poids presque insupportable.
Combien de temps avait-elle couru ? Elle n'en avait aucune idée. Le temps s'était dissous dans la panique, les sensations se mélangeant en un chaos indistinct où peur et désespoir dominaient chaque pensée. Pourtant, malgré la douleur et le froid, son corps continuait à se forcer à avancer, comme guidé par une énergie que seule l'adrénaline pouvait offrir.
« N-Non... juste... un... petit... peu... » murmura-t-elle, sa voix étranglée par l'effort et le froid. Ses mains tremblantes se tendirent vers un espoir insaisissable de fuite, mais quelque part au fond d'elle, elle savait que ce geste était vain. Aucun secours n'arriverait à temps ; ses cris se perdaient dans l'immensité du bois et ses doigts glacés ne pouvaient rien contre l'inévitable destin qui se profilait.
« P-Pourquoi... pourquoi ça m'arrive à moi ? » pensa-t-elle, luttant pour que son corps obéisse encore, pour que ses jambes se redressent et la portent hors du danger.
Soudain, une silhouette émergea du haut des arbres, bondissant avec une fluidité presque surnaturelle. La créature glissa dans les airs, semblant défier la gravité, et atterrit devant elle avec une précision mortelle. Roxanne leva lentement les yeux et comprit que l'auteur de ce chaos n'était pas humain.
La bête se tenait là, accroupie, sa fourrure noire comme l'encre scintillant sous les faibles rayons du soleil d'hiver. Sa mâchoire, hérissée de crocs imposants, semblait prête à broyer tout ce qui se trouvait devant elle, et les griffes acérées qui sortaient de ses mains laissaient deviner une force inhumaine. La créature était immense, d'une stature qui dépassait tout ce qu'elle avait pu imaginer. Son corps puissant et parfaitement sculpté dégageait une aura de danger absolu.
Un parfum étrange flottait autour de la bête, un mélange enivrant et nauséeux de bois brûlé, d'olive et de châtaigne, qui envahissait les narines de Roxanne et ne laissait aucun répit à ses sens. Chaque respiration semblait l'emprisonner davantage dans cette atmosphère oppressante, lui interdisant toute clarté de pensée.
« Q-Qu... qu'est-ce que vous êtes... » balbutia-t-elle, sa voix se perdant dans le vent glacial et l'épuisement qui la rongeait. Ses genoux fléchirent, et elle s'affaissa davantage dans la neige, incapable de bouger plus qu'un souffle.
La bête resta immobile, ses yeux rouge carmin brillant sous le soleil hivernal. Il ne fit aucun geste, ne prononça aucun mot, mais son regard transperçait Roxanne, implacable et hypnotique. Elle sentit ses forces s'évanouir, sa vision se brouiller, et bientôt ses paupières se fermèrent d'elles-mêmes. Le froid et la peur se mêlaient dans un vertige qui l'entraînait vers l'inconscience, la laissant totalement vulnérable face à ce prédateur.
Elle se demanda comment sa vie avait pu basculer si brutalement. Une jeune fille de dix-neuf ans, ordinaire, dont les journées se résumaient à l'école et au stade, se retrouvait maintenant face à un danger inimaginable. Était-ce une punition pour ses pensées irréfléchies, pour ces paroles blessantes qu'elle avait parfois lancées à sa mère ? Ou bien était-ce le prix de son attachement obstiné à un passé qu'elle regrettait tant ? Roxanne ne savait plus que penser. Le destin semblait s'être acharné contre elle, la plongeant dans un cauchemar éveillé.
Alors, un son grave et profond résonna, parcourant l'air comme un fracas sourd dans la forêt silencieuse. Roxanne leva lentement la tête, entendant la voix émaner de la bête elle-même. Les mots vibraient d'une puissance étrange, d'une autorité sombre qui glaçait le sang. « Je t'ai enfin trouvée... »
Elle resta figée, incapable de répondre, ses pensées se dissolvant dans un mélange de peur et de désorientation. Le son de cette voix, à la fois familier et terrifiant, la fit vaciller à la frontière de la conscience et de l'inconscience. Tout autour d'elle semblait s'effacer, le monde réel se confondant avec un royaume de cauchemar.
« ...Tu es à moi... » murmura la bête, et ces derniers mots frappèrent Roxanne comme un coup de tonnerre dans son esprit déjà assiégé. Le froid, l'épuisement et la terreur la submergèrent totalement. Ses yeux se fermèrent définitivement, la plongeant dans l'obscurité la plus complète. La forêt, le vent, la neige, tout s'évanouit, ne laissant que le silence oppressant et la menace imminente du prédateur qui dominait désormais son existence.
Elle sombra dans l'inconscience, abandonnée, sans défense, entièrement à la merci de cette créature colossale. Tout son passé, toute sa vie ordinaire, semblait n'avoir été qu'une prologue à ce moment de confrontation fatale. Le goût amer de l'injustice, la stupeur de l'horreur et la froideur mortelle de la neige se mêlaient dans un dernier souffle d'adrénaline. Roxanne n'avait plus qu'à attendre, impuissante, que le destin décide de son sort.
Et dans ce silence glacé, la silhouette massive de la bête se pencha légèrement vers elle, ses yeux rougeoyants scrutant chaque micro-mouvement, chaque souffle encore hésitant. Rien ne pouvait distraire ce prédateur, rien ne pouvait interrompre l'issue imminente de ce jeu cruel. Roxanne sentit le monde vaciller autour d'elle, ses pensées se dissoudre dans un mélange de panique et de résignation. Le froid pénétrait ses os, le vent sifflait entre les branches, mais la seule chose qui comptait maintenant était cette présence titanesque devant elle, immobile, dominante, et prête à conclure ce qui avait commencé comme une simple course désespérée à travers les bois.
Puis, une dernière fois, la voix grave de la créature résonna dans son esprit, répétant avec une intensité terrifiante : « Tu es à moi... »
Et le monde s'éteignit complètement. La neige, le bois, le vent et la peur disparaissaient enfin dans l'obscurité totale, laissant Roxanne suspendue dans le vide de l'inconscience, à la merci de ce monstre gigantesque et impitoyable.
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