
Le rugissement de mon Alpha
Chapitre 3
[Cinq jours plus tôt]
Roxanne se retourna dans son lit, agitant ses bras et ses jambes dans un sommeil agité, comme si quelque chose d'indéfinissable la hantait même dans ses rêves. Des murmures incompréhensibles s'échappaient de ses lèvres tandis qu'elle serrait son oreiller contre elle, cherchant un semblant de réconfort dans sa douce étreinte.
Une voix retentit alors, tranchante et pressante, brisant l'atmosphère feutrée de la chambre : « Roxanne ! Tu n'es pas encore levée ? À ce rythme, tu vas être en retard à l'école ! »
C'était sa mère, dont l'inquiétude grandissait à mesure que ses appels restaient sans réponse. La femme monta les escaliers en murmurant avec une pointe de résignation : « Cette fille... »
En quelques pas rapides, elle se retrouva devant la porte laquée de la chambre de Roxanne, cette simple façade agissant comme un rempart fragile entre elle et sa fille. Avec détermination, elle frappa doucement contre le bois poli : toc, toc, toc. Le son de ses mains contre la porte résonna dans le silence du couloir.
L'effet fut immédiat. Roxanne cligna des yeux, émergeant lentement de son sommeil. Ses iris bleu clair reflétaient faiblement la lumière matinale tandis qu'elle essayait de bouger, luttant pour se redresser. Ses mouvements étaient lents, maladroits, et se lever totalement semblait un effort presque impossible. Elle se contenta de glisser vers la tête de lit, utilisant le bois comme appui, ses mains cherchant un équilibre précaire.
« Je t'entends, maman... je suis réveillée... » murmura-t-elle d'une voix rauque, tandis que ses longs cheveux noirs, en désordre, tombaient sur ses joues et dansaient autour de son visage fatigué.
Se forçant à se lever, elle traîna ses pieds jusqu'à la porte, où sa mère attendait. La serrure fut tournée et la porte entrouverte avec lenteur, laissant apparaître le visage inquiet de sa mère.
« Bonjour, maman », dit Roxanne d'un ton las, luttant pour faire bonne figure.
« Roxanne ?! » s'exclama sa mère, les yeux écarquillés. « Je n'arrive pas à y croire... tu es dans un état ! Ça n'arrive jamais. As-tu... »
« Tu as dormi là toute la nuit ? » demanda sa mère, sa voix empreinte d'inquiétude.
Roxanne esquissa un sourire maladroit, consciente qu'elle ne pouvait en aucun cas avouer la vérité sur la nuit précédente. Comme toujours, elle inventa une excuse soigneusement préparée : un mensonge inoffensif mais crédible.
« Je... je révisais. Nous avons des examens en fin de semaine, avant les vacances d'hiver », marmonna-t-elle, essayant de paraître convaincante.
Sa mère hocha la tête, visiblement soulagée, mais elle ne tarda pas à rappeler l'urgence : « Très bien... c'est bien, mais ne te fatigue pas trop, d'accord ? Dépêche-toi pour ne pas être en retard à l'école. »
Elle ajouta avec douceur : « Allez, vite ! Rafraîchis-toi, tu sais combien ton assiduité compte. »
Roxanne avait entendu ce discours mille fois et y était parfaitement habituée. « Oui, maman », répondit-elle, refermant la porte avant que sa mère n'ait eu le temps de dire un mot de plus.
Se retrouvant seule, elle soupira et se frotta les muscles endoloris. « Aïe... j'ai mal partout... la nuit dernière ne s'est vraiment pas passée comme prévu », pensa-t-elle en s'étirant longuement et en bâillant, relâchant la tension accumulée.
Elle tourna la tête, et ses cheveux noirs s'agitaient derrière elle, s'interposant devant son visage. Une mèche résistante demeura coincée sur son front, lui donnant un air légèrement renfrogné.
« Ouh ! Ouh ! Ouh ! » s'exclama-t-elle, expirant avec force pour tenter de chasser ce brin de cheveux rebelle. Elle pinça les lèvres, concentrant son souffle, espérant que le vent artificiel qu'elle créait avec sa bouche guiderait la mèche vers le reste de sa chevelure. Mais ses efforts furent vains.
Roxanne abandonna finalement, laissant la mèche danser librement autour de son visage. Elle se redressa sur le lit, encore engourdie, consciente que sa matinée venait à peine de commencer et qu'elle allait devoir affronter une nouvelle journée malgré le corps fatigué et l'esprit embrumé par ses activités nocturnes.
Chaque mouvement semblait réclamer un effort supplémentaire. Elle se leva lentement, traînant les pieds, sentant chaque muscle protester contre le réveil brutal. Les souvenirs de la nuit précédente l'accompagnaient à peine, noyés dans la fatigue et l'anticipation de la journée à venir.
Elle s'étira à nouveau, essayant de réveiller ses membres endoloris, et relâcha un dernier bâillement avant de quitter le lit. Son regard croisa celui de son miroir, et elle ne put s'empêcher de remarquer l'expression légèrement renfrognée que lui donnait cette mèche rebelle. Elle soupira, un sourire à peine esquissé venant adoucir son visage fatigué.
Le calme relatif de sa chambre contrastait avec l'agitation de ses pensées. La lumière du matin filtrait à travers les rideaux, illuminant les mèches éparses de ses cheveux noirs et faisant scintiller ses yeux fatigués. Roxanne prit une profonde inspiration, sentant le froid de la pièce piquer sa peau, mais aussi une étrange énergie remonter en elle.
Elle savait que, malgré la fatigue et les douleurs qui persistaient, la journée ne pouvait attendre. Elle devait se préparer, affronter l'école, les examens et les regards curieux de ses camarades. Avec un dernier effort, elle fit quelques pas vers la porte, prête à sortir et à faire face à la routine quotidienne, tout en gardant pour elle le secret de la nuit passée, soigneusement enveloppé dans le mensonge qu'elle avait inventé.
Chaque geste, chaque mouvement, chaque souffle marquait la transition entre l'intimité de son sommeil agité et la réalité pressante du monde extérieur. Roxanne ajusta ses vêtements, arrangea rapidement ses cheveux, et, malgré la mèche rebelle toujours en place, elle se força à sourire faiblement. La journée pouvait commencer. Elle était prête, ou du moins, elle ferait semblant de l'être.
Le silence de sa chambre fut seulement interrompu par le léger claquement de la porte en se fermant derrière elle, tandis qu'elle descendait les escaliers, consciente que la maison se réveillait peu à peu et que sa mère poursuivrait sa matinée, satisfaite d'avoir retrouvé sa fille éveillée, sans jamais se douter de la vérité cachée derrière ce sourire fatigué.
Roxanne inspira profondément, se préparant à affronter la journée avec sa routine habituelle, mais avec le poids discret d'une nuit qui avait laissé des traces invisibles sur son corps et dans son esprit. Elle savait qu'elle devrait faire preuve de vigilance, de discipline et de courage, tout en gardant précieusement son secret, celui qui lui appartenait uniquement et qui resterait soigneusement enfoui sous ses gestes quotidiens.
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